La mobilité : au coeur des mobilisations et des débats

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La mobilité : au coeur des mobilisations et des débats

Les vélos à pistes cyclables “auto-portées” du collectif Bizi! devant l’hôtel Okko sur le boulevard du BAB de Bayonne, où l’aménagement d’une piste cyclable est au cœur des revendications. 

En 2019, le secteur du transport représente 19% des émissions des gaz à effet de serre (GES) [1] contribuant à l’aggravation du dérèglement climatique, mais participant aussi à de lourds problèmes de santé, notamment pour les enfants [2]. Alors que s’ouvrent les débats autour de la loi d’orientation des mobilités (LOM) au sein de l’Assemblée Nationale, la mobilité est au coeur des enjeux écologiques, politiques, économiques et de santé publique à l’échelle nationale mais aussi à l’échelle locale. Citoyen·ne·s, scientifiques, associations ne cessent de se mobiliser dans les rues, dans les journaux, par l’action non-violente pour alerter sur les dangers de la pollution de l’air pour nous et la planète et proposer des solutions concrètes.

Pourquoi agir à l’échelle locale contre la pollution de l’air

Si agir pour une meilleure mobilité est au coeur des mobilisations des citoyen·ne·s, l’échelle locale est un réel levier d’action. En effet, certaines intercommunalités (Métropoles, communauté urbaine, communauté d’agglomération) ont hérité d’une compétence en matière de transport, faisant d’elles les “autorités organisatrice de la mobilité”. A ce titre, il leur incombe un certain nombre de missions qu’elles doivent accomplir, et peuvent donc être porteuses d’alternatives en matière de mobilité.

Par ailleurs, le niveau local par définition apparaît comme plus proche de la population en comparaison du pouvoir central représenté dans la capitale. Dès lors, ouvrir le dialogue et porter des revendications auprès des autorités locales est plus aisé que de les porter au niveau national. De plus, chaque territoire est différent et les politiques doivent donc être adaptées à cette réalité : la mobilité ne peut pas faire l’objet d’une politique uniforme. Ainsi, même si des orientations générales peuvent être prises, la mobilité doit être le sujet d’intervention du local dans la mesure où ce sont les citoyen·e·s, et usagers les premiers impactés et où la mobilité diffère d’un territoire à l’autre.

Un certain nombre d’alternatives plus écologiques et plus sociales existent déjà aux mobilités actuelles, et peuvent être mises en place au niveau local. Développer la construction de pistes cyclables sécurisées, la possibilité d’avoir des vélos en libre service, apparaissent comme des projets nécessaires pour certaines aires urbaines. L’amélioration de l’offre des transports en commun a été expérimentée de multiples manières : agrandissement du réseau et augmentation de la fréquence ; gratuité des transports en commun, etc. . De même l’instauration de zones à faible émission, de zones piétonnes, l’amélioration de la logistique urbaine; etc. sont autant de solutions à disposition des collectivités, et pouvant répondre aux enjeux de mobilités des territoires.

Face à l’inaction des pouvoirs publics locaux, les jeunes lyonnais·e·s ont décidé d’aménager elleux même des pistes cyclables. 

La mobilité et la pollution de l’air au coeur des mobilisations

Les vendredi 24 et samedi 25, journées de grèves et de marches pour le climat avaient lieu partout en France un certain nombre de manifestations. Voici un panorama des revendications et des actions portées par les groupes locaux :

A Grenoble le samedi 25 avait lieu une vélorution à laquelle plus de 500 cyclistes ont pris part sur 12 km pour demander une réelle politique locale en faveur des mobilités douces, pour mettre en avant la lutte contre le projet d’élargissement de l’autoroute A480, tout en sensibilisant la population à l’imbrication entre justice sociale et justice climatique avec notamment une halte dans le quartier du Mistral pour échanger avec les habitant·e·s.

Le collectif Bizi! était également mobilisé le samedi 25 au Pays Basque pour dénoncer la non application de la loi Laure de 1996 (Loi sur l’Air et l’Utilisation Rationnelle de l’Energie). Dans ce contexte, et face aux retards en matière d’alternatives au tout-voiture, une vélorution a rejoint la marche pour le Climat. Les cyclistes ont ensuite défilé derrière une banderole exigeant “Une autre mobilité : ici et maintenant !” tandis que des vélos équipés de « pistes cyclables auto-portées » dénonçaient le manque de trajets cyclables continus et sécurisés pour se déplacer au quotidien sur Bayonne, Anglet et Biarritz.

Dans la Haute-Savoie, région fortement marquée par la pollution de l’air, ce n’est pas une, mais cinq vélorutions qui ont eu lieu simultanément le 25 mai avec l’implication de différentes associations du réseau air, regroupant au total 26 associations.

A Lyon, le vendredi 24, les jeunes avaient également décidé de mettre la mobilité au coeur de leur mobilisation. Six tronçons de pistes cyclables ont ainsi été peints aux abords de 5 écoles affectées par une forte pollution de l’air. Au total, ce sont 53% des écoles de la métropole lyonnaises qui affichent un taux de pollution au-dessus des normes européennes. Suite à la mobilisation, deux jeunes ont été interpellés et seront convoqués pour réparation pénale. Cet acte de désobéissance civile s’inscrit dans la continuité de la campagne contre la pollution de l’air et en faveur de plus de mobilité douce menée depuis déjà quelques mois par plusieurs organisations lyonnaises dont Greenpeace Lyon, Alternatiba et ANV-COP21 Lyon investies dans la campagne Alternatives Territoriales [3]. 

[1]  Rapport B&L Evolution
[2] UNICEF Rapport
[3] Lire le focus sur la campagne de Lyon


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