"Il est encore temps !"

Manifeste ‘Le temps de l’espoir et de l’action’

Manifeste ‘Le temps de l’espoir et de l’action’
Alternatiba Bayonne le 7 octobre 2018

(ci-dessous version basque, anglaise, espagnole et allemande)

Lu par Gaby, 16 ans, lycéenne, vivant à Poitiers et Moriba, 16 ans, migrant guinéen hébergé à Bayonne.

Je m’appelle Gaby, j’ai seize ans et je viens de Poitiers, en France. Il y a quelques mois, le Tour Alternatiba passait dans ma région.

Je m’appelle Moriba, j’ai seize ans et je viens de Conakry, en Guinée. Il y a quelques mois, j’ai traversé la Méditerranée sur un canot gonflable, avec quatre autres jeunes. Nous avons failli nous noyer mais nous avons été secourus par un bateau de sauvetage maritime.

Aujourd’hui, nos trajectoires se croisent, alors que nous sommes au carrefour de l’avenir de l’humanité. Nous sommes unis par un même défi qui concerne tous les êtres vivants sur la planète : le dérèglement du climat.

Le dérèglement du climat.

« Il est encore temps ! »

Nous pourrions le répéter 7 milliards de fois puisqu’il concerne chacune et chacun d’entre nous.

Aujourd’hui, avec seulement 1,1°C de réchauffement global, le monde a déjà beaucoup changé. Les pays du Nord sont de plus en plus affectés par les conséquences du dérèglement climatique. Et les pays du Sud les subissent de plein fouet depuis plusieurs années. Ils en sont pourtant si peu responsables, quelle injustice !

Depuis plus de 40 ans, les scientifiques ont multiplié les cris d’alarme. Depuis que nous sommes nés, il y a eu le sommet de Copenhague et la COP21 à Paris.

Mais rien n’a changé concrètement. Les émissions de gaz à effet de serre à l’origine du dérèglement climatique continuent à augmenter. Le pétrole, le gaz et le charbon particulièrement responsables de ces émissions destructrices sont toujours brûlés massivement. Le système économique actuel, capitaliste et productiviste réchauffe la Terre. Les lobbies et la finance dictent leur loi.

En continuant sur cette voie, nous fonçons vers un réchauffement d’au moins 3°C, vers un monde livré à des évènements climatiques extrêmes, aux conséquences immenses, à des changements si rapides et si profonds qu’il sera difficile voire impossible de s’y adapter. Un monde de pénuries au coût humain tragique, où les inégalités, la faim, la soif, la misère exploseront comme jamais.

Un monde de conflits et de guerres incessantes pour l’accès aux ressources ou pour contenir les centaines de millions de personnes fuyant les régions entières où la vie sera devenue impossible. Un monde sans saveur, sans beauté, où la biodiversité se sera effondrée. Un monde où les mots paix, démocratie et liberté tomberont dans l’oubli. Un monde fossilisé.

Depuis plus de 40 ans, nos dirigeants se sont montrés ignorants et inefficaces face à cette menace sans précédent pesant sur l’humanité et sur la vie. Nous n’avons plus le temps de les attendre.

Nous n’acceptons pas d’être condamnés à un monde de + 3°C. Les scientifiques nous le disent : on peut encore rester en dessous de 1,5°C si nous changeons le système, maintenant ! Alors faisons-le !

Ça vous parait impossible ? Mais nous devons tenter l’impossible, pour éviter l’impensable. Chaque dixième de degré supplémentaire a des impacts tragiques pour des millions d’êtres humains et nous approche des seuils de rupture et de basculement, aux conséquences dramatiques.

C’est notre avenir, ce sont nos vies, c’est la beauté du monde, qui sont aujourd’hui directement menacés par votre inaction, vos choix criminels, mesdames et messieurs les dirigeants. Nous nous opposerons, et nous nous interposerons, de manière non-violente et déterminée, jusqu’à la désobéissance civile, face à toute politique, à tout projet, à toute mesure, à toute activité contribuant à augmenter les gaz à effet de serre, et donc à déstabiliser le climat. Nous avons un devoir de tolérance zéro face à tout ce qui menace les conditions de vie dignes dans ce monde, et dans celui où nous vivrons quand nous serons adultes.

Nous devons agir collectivement, massivement et immédiatement. Les petits pas ne sont plus à la hauteur. Chaque jour est important. Chaque action aussi.

Il y a 5 ans, ici même, sur cette place à Bayonne, un appel à multiplier les Alternatiba, ces Villages des alternatives au changement climatique a été lancé et a résonné jusqu’à Haïti, la Réunion ou Dakar. 175 Alternatiba ont ainsi vu le jour, touchant des centaines de milliers de personnes différentes. Nous avions onze ans à l’époque. À notre tour aujourd’hui de lancer un Appel, au nom des mille cent cinquante (1 150) bénévoles qui ont organisé cet Alternatiba 2018.

Nous devons enclencher nous-mêmes le changement massif et immédiat indispensable. Nous pouvons le faire dès maintenant, dans nos quartiers, nos communes et nos territoires.

Nous voulons vivre, rêver et pas seulement survivre. Entraînons ceux qui animent nos villes et nos régions vers une autre voie. Disons-le clairement à nos élus locaux : agissons maintenant ! Soyons tous cohérents avec l’alerte rouge des scientifiques.

Les petits pas n’empêcheront pas le monde de devenir une étuve. Quelques pistes cyclables, un peu de bio à la cantine, un peu de déchets triés : c’est nécessaire mais cela ne suffit pas à préserver notre avenir. Nous voulons des gestes forts, des changements radicaux tout de suite.

Nous aurons l’âge de voter en 2020 et demanderons alors des comptes sur ce qui aura été fait ou pas d’ici là pour nous garantir un monde vivable et désirable.

Mais nous aussi nous devons agir ! Rassemblons-nous pour enclencher une véritable métamorphose sociale et écologique de nos territoires. Impulsons, renforçons, coordonnons nos coopératives de transition sociale et écologique, nos circuits courts de consommation, nos fonds locaux d’épargne solidaire, nos monnaies locales, nos médias indépendants, nos syndicats et associations d’entraide et de solidarité, nos recycleries, nos chambres d’agriculture alternatives, nos systèmes de production d’énergie renouvelable.

Tissons partout, dans chaque territoire, notre propre écosystème, capable de se défendre et de nous protéger face à des projets climaticides, extractivistes, consuméristes, face à un monde hors sol et délocalisé.

Et en même temps construisons l’alternative, la justice sociale, la sobriété conviviale, les souverainetés alimentaires et énergétiques, la solidarité et le refus de toutes les exclusions ou discriminations…

Ces projets nous rassemblent et nous enthousiasment. Ils donnent sens à nos existences.

Reprenons possession des conditions de nos vies, et mettons immédiatement en oeuvre les mesures qui permettent d’amorcer une véritable bifurcation sur nos territoires : ces mesures(*), nous savons qu’elles existent déjà et nous avons pu les voir pendant tout ce week-end dans ce Village des alternatives :

elles concernent tous les secteurs de la transition, de l’agriculture à l’aménagement, en passant par la mobilité douce, le partage des richesses et du travail, les énergies renouvelables et les bâtiments.

Les leviers d’actions pour nous et nos élus existent, à toutes les échelles … mais ils doivent TOUS être activés : on ne peut se contenter d’agir sur un seul de ces sujets, car tout est lié. N’ayons pas peur ! Car cette métamorphose créera des emplois qui ont du sens, embellira nos cadres de vie et permettra plus de justice et de solidarité.

Nous sommes désormais à la croisée des chemins, où chaque choix nous oriente soit vers un monde à +1,5°C, soit vers un monde à + 3°C. Ce ne sont pas seulement des chiffres, ce sont des seuils de basculement vers des mondes différents; Il est temps de choisir ! Et c’est maintenant que tout se joue.

C’est pourquoi, nous, ici rassemblés à Bayonne, unis et déterminés, déclarons solennellement le temps de l’espoir et de l’action !

Il est encore temps ! Changeons le système, et pas le climat !

Et maintenant, nous vous appelons toutes et tous à tendre vos bras, à prendre les mains des personnes à vos côtés. Formons ainsi une forêt de bras levés et de mains serrées. Que cette forêt humaine symbolise la solidarité et l’organisation collective dont nous avons besoin pour gagner cette bataille décisive pour l’humanité et la vie sur Terre !

* Liste des mesures qui permettent d’amorcer une véritable bifurcation sur nos territoires

  • Stoppons l’agriculture et l’élevage industriels, les traités de libre échange, et développons à la place une agriculture locale, saine et écologique, qui permette aux paysans de vivre dignement

  • Produisons une alimentation biologique et locale pour toutes les cantines, les maisons de retraite, et toutes les structures de restauration collective

  • Réduisons drastiquement la consommation de viande qui émet beaucoup trop de gaz à effet de serre

  • Protégeons notre eau et nos terres des pesticides et autres produits chimiques qui nous empoisonnent

  • Relocalisons notre économie et notre société, cessons cette compétition destructrice entre régions, pays ou continents, inventons une autre gestion des communs comme la terre, les semences, les logiciels libres ou la biodiversité

  • Produisons pour répondre aux besoins réels, et pas pour que quelques-uns accumulent toujours plus de richesses ; finissons-en avec l’obsolescence programmée, la création artificielle de besoins, et la consommation ostentatoire

  • Développons le réemploi et les filières de réparation, réduisons et recyclons les déchets au maximum

  • Réduisons drastiquement notre consommation d’énergie, arrêtons de gaspiller de l’électricité dans des activités inutiles voire nocives

  • Éclairons nos maisons, nos mairies, nos stades avec une énergie 100 % renouvelable, produite localement et contrôlée par nous-mêmes

  • Faisons pression sur les banques, ne mettons pas un euro de plus dans les projets d’énergies fossiles et obligeons les entreprises polluantes à réparer la nature et financer l’adaptation

  • Fermons toutes les centrales à charbon, les puits de pétrole, les centrales nucléaires ; et passons à la reconversion qui va créer des filières d’emplois durables

  • Remettons au centre de nos préoccupations les valeurs de fraternité et de solidarité, le partage du travail et des richesses ; la justice sociale et la démocratie réelle et participative ; développons la coopération et l’entraide entre les habitants des territoires, entre les territoires et envers les personnes migrantes qui ont fui des conditions de vie indignes

  • Opposons-nous à la fermeture des services publics de proximité, nos gares, nos écoles, nos hôpitaux, qui empêchent de bien vivre au pays et qui tuent la ruralité

  • Sortons les voitures de nos villes, pour y circuler à pied, à vélo ou en transports en commun, remplaçons les camions par des trains et des bateaux pour transporter nos marchandises

  • Arrêtons la bétonisation des sols et l’étalement urbain qui détruisent les terres agricoles et les espaces naturels encore existants

  • Stoppons tout nouveau projet routier, tout nouveau projet d’aéroport, et tout projet de centre commercial. Relocalisons le tourisme et plus généralement nos activités et nos déplacements.

  • et tant d’autres choses encore


« Esperantzaren eta ekintzaren garaia  » Manifestua

Baiona-ko Alternatiba, 2018-ko urriaren 7a

Gaby-k, Poitiers-en bizi den 16 urteko lizeoko ikasleak eta Moriba-k, Baionan aterpetua den 16 urteko ginear migranteak irakurria.

Gaby deitzen naiz, hamasei urte ditut eta Frantziako Poitiers-koa naiz. Duela hilabete batzuk, Alternatiba itzulia ene herrialdetik pasa zen.

Moriba deitzen naiz, hamasei urte ditut eta Gineako Conakry-koa naiz. Duela hilabete batzuk, Mediterraneoa zeharkatu nuen txalupa hanpagarri batean beste lau gazterekin. Kasik ito ginen baina itsas-salbamenduko ontzi batek sokorritu gintuen.

Gaur, gure ibilbideak gurutzatzen dira, gizadiaren etorkizunaren bidegurutzean garen unean. Bat egiten dugu bizidun guztiak hunkitzen dituen erronka batekin: klimaren desoreka gelditzea.

Klimaren desorekatzea.

7 miliar aldiz errepika dezakegu, gutariko bakoitzaren kontua baita.

Gaur egun, 1,1 graduko berotze klimatiko orokorrarekin, mundua jadanik anitz aldatu da. Klimaren desorekatzearen ondorioek Iparreko herriak geroz eta gehiago hunkitzen dituzte. Eta Hegoaldeko herriek duela zenbait urte jadanik bortizki jasaten dituzte. Alta ez dira haiek errudunenak, hori bai injustizia!

Badu 40 urte pasa zientifikoek deiadarrez abisatzen gaituztela. Sortu garenetik, Kopenhageko goi-biltzarra eta Pariseko COP21 iragan dira.

Baina konkretuki ez da deus aldatu. Desorekatze klimatikoaren jatorrian diren berotegi-efektuko gasak, emendatzen ari dira oraindik. Petrolioa, gasa eta ikatza, isurtze suntsitzaileen eragileak, oraindik saldoan erretzen dira. Gaur egungo sistema ekonomiko kapitalista eta produktibistak Lurra berotzen du. Finantzaren lobbyek beren arauak inposatzen dituzte.

Hala segituz, 3 graduko berotze bateruntz goaz zuzenean, gertakari klimatiko larrien menpe izanen den mundu baterantz, neurrigabeko ondorioekin eta aldaketa hain laster eta sakonekin, hartara egokitzea oso zaila edo ezinezkoa izanen baita. Eskasian izanen den mundu bat, giza kostu izugarriekin, ezberdintasunak, gosea, egarria eta miseria sekula bezala emendatuko diren mundu bat.

Etengabeko gatazka eta gerla mundu bat, baliabideak eskuratzeko, edo bizia ezinezkoa bilakatuko zaien eskualde oso batzuetarik ihesi doazen ehun milioika pertsonaren atxikitzeko. Mundu bat zaporerik eta edertasunik gabe, non bioaniztasuna kolpez eroriko

den. Bakea, demokrazia eta askatasuna, ahanzturan desagertzen ikusiko dituen mundua. Mundu fosilizatua. 

Duela 40 urte pasa, gure buruzagiek ezjakinak eta eraginkortasunik gabekoak zirela erakutsi zuten, humanitatearen eta biziarengan aurrekaririk gabea zen mehatxu honen aitzinean.

Ez dugu onartuko +3°C-ko mundu batera kondenatuak izatea. Zientzialariek erraten digute: 1,5°C-en pean egoten ahal garela, sistema aldatzen badugu, orain! Ondorioz, egin dezagun!

Ezinezkoa iduri zaizue? Baina ezinzekoa saiatu behar dugu, ezin pentsatuzkoa saihesteko. Gradu hamarren gehigarri bakoitzak, ondorio ikaragarriak ditu milioika pertsonarengan eta ondorio dramatikoak lituzketen haustura eta uzkailtze mugetara hurbiltzen gaitu.

Gure etorkizuna, gure biziak, munduaren edertasuna dira gaur egun zuzenean mehatxatuak zuek geldirik egoteagatik, zuen hautu kriminalengatik, jaun-andere buruzagiak. Berotegi efektuko gasen emendatzean eta ondorioz klimaren desorekatzean parte hartzen duten politika, proiektu, neurri edo aktibitate guzien kontra arituko gara eta aurre eginen diegu, bortizkeriarik gabe eta molde deliberatuan, desobedientzia zibileraino. Mundu honetan eta helduak izanen garenean biziko garen munduan, bizi-baldintza duinak mehatxatzen dituen orori tolerantzia mikorik ere ez eskaintzera behartuak gara.

Kolektiboki, masiboki eta berehala ekin behar dugu. Urrats ttipiek ez diete jada egoerari erantzuten. Egun bakoitza garrantzitsua da. Ekintza bakoitza ere bai.

Duela 5 urte, hementxe berean, Baionako plaza honetan, Alternatiba, aldaketa klimatikoarekiko alternatiben Herrixkak biderkatzeko deia egin zen eta abiatu ziren, Haiti, La Reunion edo Dakarreraino hedatuz. 175 Alternatiba sortu dira horrela, ehun milaka lagun ezberdin ukituz. Hamaika urte genituen garai hartan. Guri dagokigu orain Deia zabaltzea, 2018ko Alternatiba hau antolatu duten mila ehun eta berrogeitahamar (1150) laguntzaileen izenean. 

Ezinbestekoa den aldaketa masiboa eta berehalakoa guhaurek bultzatu behar dugu. Oraindanik egin dezakegu, gure auzoetan, gure herrietan eta gure lurraldeetan.

Bizi eta amestu nahi dugu eta ez bakarrik bizirik iraun. Gure herriak eta eskualdeak animatzen dituztenak beste bide bat hartzera bultza ditzagun. Gure tokiko hautetsiei argiki erran diezaiegun: ekin dezagun orain! Zientzialarien alerta gorriarekin koherenteak izan gaitezen denak.

Urrats ttipiek ez dute gure mundua sauna bilakatzea ekidinen. Txirrindula bide batzuk, kantinan bio pixka bat, zabor bereizketa pixka bat: beharrezkoak dira baina ez da aski gure etorkizuna babesteko. Ekintza azkarrak nahi ditugu, aldaketa erradikalak berehala.

Bozkatzeko adina 2020an izanen dugu eta mundu bizigarri eta desiragarria bermatzeko, egin denari edo ez denari buruzko kontuak eskatuko ditugu.

Baina gu ere mugi gaitezen! Elkar gaitezen gure lurraldeen zinezko itxuraldatze sozial eta ekologikoak abiarazteko. Oldar berria eman, sendotu eta koordina ditzagun trantsizioko gure kooperatiba sozial eta ekologikoak, kontsumitzaile bide laburrak, gure tokiko elkartasunezko aurrezki funtsak, gure tokiko monetak, gure hedabide independienteak, gure sindikatu eta elkarrekiko laguntza eta elkartasunerako elkarteak, gure birziklapenak, gure laborantza ganbera alternatiboak, gure energia berriztagarrien ekoizpen sistemak.

Lurretik kanpoko mundu deslokalizatuaren aitzinean, ehun dezagun lurralde bakoitzean, nonahi, naturako baliabideen ustiapen masiboen, klima globalaren nahasmendu planifikatuaren eta kontsumitzaileen aitzinean, bere burua zaintzeko eta gu gerizatzeko gai den gure ekosistema propioa.

Aldi berean, eraiki dezagun alternatiba, justizia soziala, neurritasun lagunkoia, elikadura eta energia subiranotasuna, elkartasuna, eta bazterkeria edo diskriminazio guzien ukatzea…

Proiektu horiek elkartzen gaituzte eta bihotza berotzen digute. Bizitzari zentzua ematen diote.

Gure bizitzen baldintzak berreskura ditzagun, eta gure lurraldeetan egiazko bidebanatzea abiarazteko aukera ematen duten neurriak ezar ditzagun berehala: neurri hauek*, badakigu jadanik existitzen direla eta asteburu honetan ikusi ahal izan ditugu alternatiben Herri honetan: trantsizioko sektore guziei dagozkie, laborantzatik antolaketaraino, edota mugikortasun ezti, aberastasunen eta lan-partekatze, energia berriztagarri eta eraikinetatik iraganez.

Guretzat eta gure hautetsiendako ekintza erabakigarriak badira, eskala guztietan… baina DENAK abiarazi behar dira. Ez da aski horietako gai batean bakarrik aritzea, dena loturik baitago. Ez gaitezela izi! Metamorfosi honek zentzua duten lanak sortuko baititu, gure inguruneak edertuko eta justizia eta elkartasun handiagorako ahalak emanen baititu.

Hemendik aitzina bidegurutzean gara, hautu bakoitzak + 1,5°C-ko mundu batera buruz, ala + 3°C-ko mundu batera buruz eramaten gaituena. Ez dira zifrak bakarrik, mundu ezberdinei buruzko uzkailtze heinak dira; hautatzeko tenorea da! Eta orain da dena jokatzen.

Horregatik, guk, hemen Baionan elkarturik, bateratuak eta deliberatuak, irmoki aldarrikatzen dugu esperantzaren eta ekintzaren garaia.

Garaiz ari gara oraino! Alda dezagun sistema, eta ez klima!

Eta orain, deitzen zaituztegu denak zuen besoak luzatzera, zuen ondoko pertsonei eskuak hartzera. Osa dezagun horrela beso altxatu eta esku tinkatuen oihana. Jende-oihan honek izadiaren eta lurreko bizitzaren aldeko borroka erabakigarria irabazteko behar dugun elkartasuna eta denen arteko antolamendua irudika beza!

* Gure lurraldeetan egiazko aldaketa hastea ahalbidetzen duen neurri zerrenda

  • Geldi ditzagun laborantza eta hazkuntza industrialak, saleroste librerako hitzarmenak, eta horien ordez gara dezagun tokiko laborantza, sanoa eta ekologikoa, laborariei duintasunez bizitzea ahalbidetzen diena

  • Ekoiztu dezagun elikadura biologikoa eta tokikoa, eskoletako jantegi, zahar-etxe, eta ostalaritza kolektiboen egitura guzientzako

  • Gure haragi kontsumoa zorrozki ttipitu dezagun, berotegi-efektuko gas sobera isurtzen baitu

  • Zain ditzagun gure ur eta lurrak, pozoitzen gaituzten pestizida eta beste gai kimikoetatik

  • Birtokira ditzagun gure ekonomia eta gizartea, geldi dezagun eskualde, herrialde edo kontinenteen arteko lehia suntsikorra, asma dezagun beste lur, hazi, software aske edo bioaniztasuna bezalako elkarrekilako kudeantza

  • Ekoiztu dezagun egiazko beharrei ihardesteko, ez eta zenbaitzuk gero eta ontasun gehiago meta dezaten; buka dezagun zaharkitze programatua, beharren pizte artifiziala, eta harrokeriazko kontsumoa

  • Berrerabilpen eta konponketa sareak gara ditzagun. Hondakinak ahal bezain gutti sortuz, birzikla ditzagun.

  • Energia kontsumoa zorrozki murritz dezagun. Behargabeko jardueretan edo jarduera kaltegarrietan, elektrizitatea xahutzetik geldi gaitezen.

  • Gure etxeak, Herriko Etxeak, estadioak % 100 berriztagarria, tokikoa eta guhaurek kontrolatzen dugun energiarekin argizta ditzagun. 

  • Bankuei presio egin diezaiegun. Ez dezagun euro bakar bat gehiago ere energia fosila erabiltzeko proiektuetan ezar. Enpresa kutsakorrak natura konpontzera eta ekonomiaren egokitzapena finantzatzera bortxa ditzagun.

  • Karbono zentral, petrolio-putzu eta zentral nuklear guziak hets ditzagun. Enplegu iraunkorreko sailak sortuko dituen birmoldaketari ekin diezaiogun.

  • Gure kezka eta arrangura nagusiak berriz ere honakoak izan daitezela: senidetasuna eta elkartasuna, lanaren eta aberastasunaren partekatzea, justizia soziala eta egiazko demokrazia parte-hartzailea; gara ditzagun lankidetza eta elkarlaguntza lurraldeetako herritarren artean, lurraldeen artean eta duintasunik gabeko bizi-baldintzetarik ihes egin duten errefuxiatuekiko.

  • Hurbileko zerbitzu publikoen, geltokien, eskolen eta ospitaleen hesteari aurre egin diezaiogun; herrian ongi bizitzeko ahala ttipitzen duelako eta baserrialdea hiltzen duelako.

  • Oinez, bizikletaz edo garraio publikoetan ibiltzeko, autoak hiritik atera ditzagun. Merkantziak garraiatzeko, kamioiak trenekin eta itsasontziekin ordezka ditzagun.

  • Egungo laborantza lurrak eta natur-guneak suntsitzen dituzten betoiaren eta hiriaren zabaltzea geldi ditzagun.

  • Errepide, aireportu, merkataritza-gune proiektu berri oro oztopa dezagun. Turismoa, eta, orohar, gure jarduerak eta joan-etorriak birtokira ditzagun.

  • eta beste gauza anitz!


Time for Hope and Action

Sunday, September 7th, 2018

Read by Gaby Jossaud, a sixteen secondary school student from Poitiers and Moriba Koivogui, a sixteen migrant from Conakry Guinea.

My name is Gaby, I’m 16 and I come from Poitiers in France. A few months ago, Alternatiba Tour was riding through my area.

I’m Moriba, I’m 16 years old and I’m from Conakry in Guinea. A few months ago, I crossed the Meditarranean on rubber dinghy with 4 other young people. We almost drowned but we were saved by a rescue ship.

Today, we are on crossing paths and at the same time, the future of humanity is at a crossroad. We are united in a challenge we all need to address: Climate Change.