Dans un contexte d’effondrement, Alternatiba Haïti se mobilise encore et toujours pour l’écologie !

Dans un contexte marqué par un effondrement politique et les violences des gangs armés, les groupes Alternatiba Haïti se sont mobilisés, le 10 juillet, contre les pollutions et les impacts sanitaires du polystyrène expansé (styrofoam), en menant des actions d’interpellation devant 17 mairies.

Rassemblement devant la mairie de Ouanaminthe

Malgré un contexte politique et sécuritaire très dégradé, avec de plus en plus de quartiers tenus par des gangs armés, le réseau Alternatiba Haïti continue de se mobiliser pour l’écologie, le climat et la démocratie. Fort de 39 groupes locaux, Alternatiba Haïti vient de tenir sa Coordination nationale bi-annuelle le 4 juillet, et s’est à nouveau mobilisé, aux côtés du Groupe d’Action Francophone pour l’Environnement (GAFE) pour la 8ème édition de la « Journée nationale de mobilisation citoyenne contre le styrofoam en Haïti ». 

Vendredi 10 juillet, ce sont ainsi 20 groupes locaux d’Alternatiba Haïti qui ont mené des actions d’interpellation devant les mairies de 17 communes d’Haïti, de Port-Au-Prince à Saint-Michel, en passant par Vallières, Petit-Goâve ou encore Ouanaminthe (1), pour y alerter sur les dangers environnementaux et sanitaires du polystyrène expansé (styrofoam), en portant le message : « Nous voulons une Haïti plus belle, pas une Haïti poubelle ! ».

Le styrofoam est un fléau en Haïti, qui pollue l’environnement, obstrue les canaux et les ravines, accroît les risques d’inondation et représente une menace pour la santé publique en raison de son caractère cancérigène. De plus, ces produits entrent dans le pays par les réseaux de contrebande.

Un décret du 10 juillet 2013 interdit d’ailleurs le styrofoam en Haïti, mais il n’est toujours pas appliqué : « Lorsqu’un produit est interdit depuis plus de dix ans et continue pourtant d’envahir les marchés, le problème ne réside pas dans la loi, mais dans la volonté de la faire appliquer », déclarent Alternatiba Haïti et le GAFE.

Les deux mouvements citoyens demandent aux autorités l’application et le respect du décret du 10 juillet 2013 pour mettre un terme à l’importation et au commerce des produits en styrofoam ; le renfort des contrôles aux frontières ; et l’encouragement des alternatives respectueuses de l’environnement, telles que les contenants réutilisables.

Il y a un peu plus d’un an, fin 2024, le GAFE avait obtenu une réponse du Programme alimentaire mondial (PAM) et de la Banque interaméricaine de développement (BID), après les avoir alertés sur l’utilisation de contenants alimentaires en styrofoam lors d’une distribution de plus de 335 000 repas chauds aux personnes déplacées de Port-au-Prince. Ces institutions avaient alors reconnu la pertinence des préoccupations soulevées : un premier pas vers un changement de leurs pratiques.

En plus de cette campagne contre le styrofoam, Alternatiba Haïti se mobilise contre un projet d’exploitation d’une mine d’or de la compagnie canadienne Unigold, continue d’organiser des Villages des alternatives dans différentes régions du pays (le prochain est programmé pour mars 2027), et organisent des formations autour de son “Pacte pour la transition écologique et sociale” en vue des hypothétiques prochaines élections locales, afin de rassembler les conditions d’une démocratie écologique en Haïti !

À Haïti comme ailleurs, Alternatiba ne lâche rien !

Rassemblement devant la mairie de Capotille
Rassemblement devant la mairie de Hinche


(1) Liste des 17 communes où les actions d’interpellation contre le styrofoam ont été organisées : Belladere, Cap-Haïtien, Capotille, Carice, Hinche, La Victoire, Mombin-Crochu, Mont-Organisé, Ouanaminthe, Petit-Goâve, Plaisance du Nord, Port-au-Prince, Saint-Michel, Thomonde, Tomassique, Trou du Nord, Vallières.

  • 15 juillet 2026