Réveillons les responsables de la canicule



Début juillet 2026, alors que la France hexagonale endurait la troisième canicule de l’année, des habitants et habitantes de logements bouilloires se sont rassemblés devant les préfectures et les sous-préfectures pour protester contre l’inaction. Équipés de sifflets, de casseroles, d’alarmes, ils sont venus empêcher les occupants des logements de fonction de dormir sur leurs deux oreilles. Au total, près de 200 personnes se sont mobilisés, de Fontenay-le-comte à Grenoble, de Rennes à Montpellier, pour exprimer leur colère, alors que les premiers chiffres de la surmortalité à domicile commençaient à choquer, et que les premiers feux faisaient craindre un été incendiaire.

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L’appel

Depuis fin mai, les canicules s’enchaînent en France et rendent nos vies insupportables. Elles ne tombent pas du ciel, mais sont le fruit de dizaines d’années d’irresponsabilité au sommet de l’État. Comme sur tant d’autres sujets, Macron et ses gouvernements successifs n’ont tenu aucune promesse : ni pour limiter le dérèglement climatique, ni pour nous protéger de ses conséquences.

Face à un peuple qui suffoque et aux cadavres qui s’entassent dans les hôpitaux, ils nous disent de boire de l’eau. Face à la sécheresse qui détruit nos récoltes et aux incendies qui brûlent nos forêts, ils laissent les multinationales sacrifier notre futur. Face aux millions de personnes qui ne trouvent pas le sommeil dans des logements bouilloires, ils dorment sur leurs deux oreilles dans des palaces climatisés. L’indécence a assez duré.

Nous refusons que les multinationales des énergies fossiles et leurs complices continuent d’engranger des profits record en détruisant les conditions d’habitabilité de nos territoires. Le gouvernement et les multinationales françaises doivent rompre tout lien avec ces énergies meurtrières, et la priorité des financements doit être accordée à la réparation écologique, la protection des populations vis-à-vis des impacts climatiques, et la bifurcation de notre modèle économique pour réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre tout en garantissant la justice climatique. C’est le système qu’il faut changer, pas le climat

Faisons gronder notre colère tous les soirs à 22h, devant les préfectures, les sous-préfectures et les autres lieux représentant les responsables du dérèglement climatique avec des rassemblements bruyants, festifs et non-violents. Avec nos alarmes, nos enceintes, nos casseroles, nos tambours, réveillons ceux qui nous empêchent de vivre et de dormir !

La nuit sera chaude, notre colère est froide ! Et nous ne lâcherons rien.

Liste des signataires de l’appel

Aurore David, porte-parole de Alternatiba
Juliette Caroulle, porte-parole de ANV-COP21
Clara Jamart, co-directrice du programme / campagnes de Greenpeace France
Lounes Dupeux, co-président de Les Amis de la Terre France
Fanny Petitbon, responsable France de 350.org
Bastien Faure, directeur général de Zero Waste France
Floraine Jullian, porte parole de Victoires Populaires
Marine Jolly, médecin de Scientifiques en Rébellion
Lolita Hubert, co-présidente de Non-violence XXI
Denys Crolotte, Porte parole de Mouvement pour une Alternative Non-violente (MAN)
Claire Saillard, coordinatrice de Lutte et Contemplation
Tamara DANEL, membre du bureau de Printemps écologique
Melina Chenu, présidente de Asso les bienveilleurs 44 solidarites avec les exilé.e.s
Véronique Verdon, responsable légale de Attac Rennes
Gilliane Le Gallic, présidente de Alofa Tuvalu
Kamera VESIC, Directrice de Pikpik Environnement
Marie-Françoise Lim, Présidente de Zero Waste Sophia
Patrick Viveret, philosophe magistrat honoraire
Julian Carrey, physicien et professeur à l'Institut National des Sciences Appliquées de Toulouse
Marie-Alice Foujols, climatologue
Lara Elfjiva, anthropologue
Romain Couillet, professeur des Universités en démantèlement numérique
Théodore Raymond, chercheur en anticipation de l'érosion côtière en Nouvelle Aquitaine
Kaïna Privet, écologue
Jérôme Guilet, chercheur en astrophysique