Malgré son engagement à le retirer, Relay persiste à vendre un magazine d’extrême-droite
Depuis le 15 octobre, le mouvement Alternatiba a constaté dans plusieurs boutiques Relay la présence en rayon du magazine La Furia, épinglé pour ses propos appelant à la haine. L’enseigne Relay avait pourtant annoncé début août la mise en place d’une charte comprenant le retrait de ce magazine, à la suite d’une mobilisation citoyenne et d’une pétition signée par 83 000 personnes. Alternatiba appelle de nouveau la direction de la SNCF à prendre ses responsabilités et à revenir sur son contrat avec Lagardère Travel Retail, propriété du milliardaire Vincent Bolloré.
Au cours du mois d’octobre, Alternatiba propose aux signataires de la pétition On prend le Relay !, qui exige la fin du monopole des Relay dans les gares, d’aller contrôler la présence de certains ouvrages et magazines dans les boutiques. En quelques jours, le nouveau numéro de La Furia (sorti le 15 octobre), magazine d’extrême-droite, est découvert dans les rayons d’au moins trois gares différentes (Le Havre, Paris Montparnasse et Paris gare de l’est). Pourtant, l’enseigne Relay avait annoncé avoir déréférencé le magazine sous la pression citoyenne.
Pour Rémi Donaint, porte-parole du mouvement Alternatiba et de la campagne “On prend le Relay”, ce n’est pas une surprise mais la démonstration d’un problème systémique : « Relay ne tient même pas l’engagement minimal qu’il venait de prendre ! Comment faire confiance à une enseigne que Vincent Bolloré a rachetée pour diffuser son projet de société réactionnaire ? Sa position de monopole dans les gares est incompatible avec la neutralité d’un espace public dans une démocratie. »
Pour retracer l’historique du déréférencement du magazine La Furia par Lagardère, société gérant les Relay, il faut remonter à 2025. Après des mois de lutte, SOS Racisme et SOS Homophobie avaient obtenu que le magazine La Furia perde son agrément presse pour “publication systématique de discours haineux et d’appels à la haine”. Pourtant, ce magazine, qui fait également du négationnisme climatique, continuait d’être vendu dans nos gares par la chaîne Relay, propriété du milliardaire Vincent Bolloré.
Le mouvement Alternatiba, avec le soutien de 25 organisations, a lancé fin juin une pétition, déjà signée par plus de 83 000 personnes, et a mené de multiples actions dans les gares, afin de dénoncer le monopole accordé par la SNCF aux Relay de Bolloré, conduisant à des anomalies démocratiques recensées par une enquête de l’Observatoire des Multinationales, telles que la présence de ce magazine en rayons. Un mois seulement après son lancement, cette mobilisation citoyenne obtient une première victoire : le 3 août, l’enseigne Relay annonce dans le Figaro la mise en place d’une charte comprenant notamment l’engagement à ne plus vendre de magazines ayant perdu leur agrément presse. Mais en octobre, des nouveaux numéros de La Furia sont aperçus dans des gares, prouvant que la charte n’est pas appliquée.
« Le PDG de la SNCF, Jean Castex, est co-responsable de ce que fait Relay, il ne peut pas laisser perdurer ce problème démocratique. Le monopole des Relay de Bolloré doit être rompu, pour laisser place à une diversité de libraires et de kiosquiers. L’espace public appartient aux citoyens, et non à un milliardaire aux idées climato-sceptiques, racistes, et homophobes », conclut Rémi Donaint.
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