« La propagande d’extrême-droite tue » : Alternatiba déménage le Relay de la gare Montparnasse
Vendredi 6 novembre, gare Montparnasse à Paris. 34 militants d’Alternatiba et d’Action non-violente COP21 organisent le déménagement d’une boutique Relay. Via une chaîne humaine pour enlever livres et magazines des rayons, ils concrétisent ce qu’ils exigent de Jean Castex, PDG de la SNCF : mettre fin au monopole accordé au milliardaire Vincent Bolloré, propriétaire de l’enseigne, qui cherche à imposer les idées d’extrême droite dans l’espace public.
À travers une des banderoles, « la propagande d’extrême-droite tue », l’action fait référence à l’attentat de Trappes du 23 octobre. À six mois de l’élection présidentielle, les activistes soulignent l’importance d’un espace public impartial, qui ne véhicule pas des idées dangereuses pour la population et pour la démocratie.

Après la grève, la désobéissance civile : des activistes d’Alternatiba et d’ANV-COP21, mouvement citoyen pour le climat et la justice sociale ont déménagé un Relay de la gare Montparnasse ce vendredi après-midi. Les livres et magazines ont été placés dans des cartons, puis transportés en dehors du magasin via une chaîne humaine. En déménageant l’enseigne, Alternatiba, membre de la coalition Désarmer Bolloré, et ANV-COP21 dénoncent le fait que les plus de 300 Relay dans les gares françaises soient aujourd’hui les vitrines de l’extrême-droite – comme l’a prouvé une enquête de l’Observatoire des Multinationales sortie en juin dernier. Les activistes et les 84 000 signataires de la pétition On prend le Relay ! exigent la fin du monopole de Relay et de Bolloré pour la distribution des livres et de la presse dans les gares, afin de garantir un espace public neutre et équilibré. La demande est adressée à Jean Castex, PDG de la SNCF, dont la filiale Gares & Connexions est associée à Lagardère Travel Retail (Vincent Bolloré) pour l’exploitation des boutiques.
Les preuves ne manquent pas pour montrer l’influence de l’extrême-droite dans nos gares. « On a retrouvé plusieurs magazines d’extrême-droite dans nos gares malgré la perte de leur agrément presse et l’engagement de Relay à les retirer. On ne peut pas leur faire confiance, et en plus, la SNCF ne contrôle rien !« , intervient Zoé Pélégry, porte-parole d’Alternatiba. En effet, l’enseigne a annoncé fin juillet adopter une charte, qui inclut de ne plus vendre de magazines ayant perdu leur agrément presse, dont le magasine d’extrême-droite la Furia. Pourtant, en octobre, des « sentinelles de l’information », impulsées par Alternatiba, en ont trouvé dans trois Relay différents (au Havre, à Paris Montparnasse et à Paris gare de l’est). Dans l’enquête de l’Observatoire des Multinationales, un vendeur témoigne que depuis deux ans, la direction impose de plus en plus les titres à exposer en tête de gondole. « Bolloré ne cache pas vouloir mettre son empire médiatique au service de son projet civilisationnel. C’est évident qu’il se sert des Relay pour sa propagande pro-extrême droite en vue des élections de 2027″, renchérit Zoé Pélégry.
L’actualité récente a renforcé la détermination des activistes. Sur l’une des banderoles, déployée devant le Relay, est écrit : « La propagande d’extrême-droite tue« , en référence à l’attentat de Trappes et de la Verrière, survenu le 23 octobre dernier. « C’est une nouvelle preuve que le discours raciste et de désinformation de l’extrême-droite a des conséquences réelles dramatiques. Nous devons sortir de l’espace public les contenus haineux et mensongers qui offrent des cibles et des prétextes aux violences meurtrières de l’extrême-droite. » reprend Zoé Pélégry. À ses côtés, Andrée De Backer, membre de Scientifiques en Rébellion, continue : « La désinformation climatique tue aussi, car en créant du doute sur la parole scientifique, elle entrave la mise en œuvre de mesures d’atténuation et d’adaptation dont nous avons besoin face au dérèglement climatique. Cet été, il y a eu des milliers de morts ».
Cette action s’inscrit dans un contexte de mouvement social foisonnant, avec de nombreux secteurs de la population impliqués pour réclamer une vie meilleure, malgré la forte répression subie. « Les médias dominants, dont ceux appartenant aux milliardaires comme Bolloré, montrent une image partielle et partiale des mobilisations. Nous refusons que ce traitement médiatique biaisé se répande dans nos gares. On continue d’interpeller Jean Castex en signant la pétition alternatiba.eu/relay/pétition !« , conclut Zoé Pélegry.
La campagne On prend le Relay ! continue après cette action, notamment avec une semaine d’actions en décembre en partenariat avec la coalition Désarmer Bolloré, qui auront lieu dans toute la France.
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