Portugal : six jeunes attaquent 33 pays pour inaction climatique, dont la France

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Face au dérèglement climatique, il n’est pas rare que des citoyens fassent “pression” sur leurs collectivités, ou même leurs États. Mais six jeunes Portugais ont décidé de voir les choses en plus grand : ils attaquent 33 pays en justice pour les pousser à agir concrètement pour l’environnement. Dont la France.

Ils ont entre 8 et 21 ans et demandent des comptes au nom de la planète. Jeudi dernier, 33 pays ont été portés devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) par six jeunes Portugais. Parmi eux, la France, la Norvège, le Royaume-Uni, la Russie, la Turquie, ou encore l’Ukraine. Selon les plaignants, ils ont “échoué à faire leur part afin d’éviter une catastrophe climatique“. Une première pour la CEDH qui n’a pas pour habitude de traiter des affaires de ce type.

Combat pour le climat

L’objectif de ces jeunes est que ces pays soient reconnus responsables de l’aggravation de la crise climatique, et d’avoir mis en danger l’avenir les générations actuelles et futures. Ils demandent également à la CEDH de Strasbourg de les contraindre à prendre des mesures urgentes et concrètes pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.

Une attaque en justice qui intervient alors que le Portugal a connu son mois de juillet le plus chaud depuis quatre-vingt-dix ans, comme d’autres pays qui connaissent de plus en plus des chaleurs extrêmes. Dans une interview accordée au Parisien, Sofia, 15 ans qui compte parmi les plaignants, explique l’importance de leur action : “Notre but est d’enrôler le plus de monde possible dans ce combat pour le climat et d’ajouter nos voix à celles des jeunes qui se sont déjà mobilisés, explique-t-elle. Il faut que la parole des enfants soit plus entendue”.

Des actions similaires ont abouti

Cette action en justice n’est pas sans rappeler celle de “l’Affaire du siècle” en France, lancée fin 2018 par des ONG : un recours contre l’État français pour inaction climatique et qui est soutenue par plus de 2 millions de personnes dont des associations, personnalités et citoyens.

Mais le cas de l’Hexagone n’est pas unique : deux actions similaires ont par exemple abouti en Irlande et aux Pays-Bas en 2015. Et pour ce dernier, l’État a été condamné par la Cour Suprême à réduire d’au moins 25 % ses émissions de gaz à effet de serre dans un délai de cinq ans, décision contestée finalement sans succès en 2019.

En ce qui concerne la demande des six Portugais, si leur action en justice réussit, la CEDH peut pousser les pays à accélérer leurs actions en faveur du climat, et changer leurs plans climatiques avant la prochaine COP.

Le power-to-gas, une solution d’avenir

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La Programmation Pluriannuelle de l’énergie en France vise à une augmentation de la production d’électricité renouvelable de 102 à 113 gigawatts en 2028, soit deux fois plus qu’en 2017.

Stocker le surplus d’électricité est un réel enjeu car cela permet d’une part de palier à l’intermittence de la production ENR. D’autre part, cela permet d’alléger les contraintes sur le réseau électrique.

Le Power-to-gas pourrait être un levier utilisé par la France pour répondre aux objectifs ambitieux qu’elle s’est fixée en termes de production d’EnR et de réduction de gaz à effet de serre.

Eclairage de Clément Le Roy, senior manager au sein de Wavestone.

Depuis plusieurs années maintenant, on entend parler de « Power-to-gas ». C’est à dire de la conversion d’électricité en gaz. Pouvez-vous nous expliquer en quoi cela consiste ? Quel est l’intérêt d’une telle opération ?

Le Power-to-gas est une opération qui consiste à convertir le surplus d’électricité d’origine renouvelable (solaire ou éolien). Celle qui ne peut pas être injecté directement sur les réseaux ou consommé en direct, en gaz.

Concrètement, il s’agit d’une électrolyse de l’eau. Cette technique permettant la conversion de l’énergie électrique en énergie chimique sous forme de gaz hydrogène (H2) et d’oxygène (O2).

Une fois cet hydrogène produit, il est soit consommé sur place, stocké. Il peut encore être injecté dans les réseaux de transport et/ou de distribution de gaz. Il est à noter qu’il n’est pas possible d’injecter aujourd’hui de l’hydrogène « pur » dans les réseaux. Il faut donc le mélanger avec du méthane. La proportion est en général de 5 à 10% maximum d’hydrogène.

L’hydrogène produit peut également être converti en méthane de synthèse grâce à la méthanisation catalytique ou biologique. C’est un gaz 100% miscible avec le gaz naturel (opération dite de méthanation).

Une telle opération permet d’une part d’offrir une réelle synergie avec les infrastructures existantes et une utilisation diverse du gaz produit. Les usages peuvent alors être la production de chaleur, l’alimentation des véhicules fonctionnant au GNV (Gaz Naturel Véhicule), ou encore la reconversion de gaz en électricité et injection de cette dernière dans le réseau (boucle dite « Power-to-gas-to-power).

Retrouvez la suite de l’interview sur Le monde de l’énergie : https://www.lemondedelenergie.com/power-to-gas-solution-avenir/2020/03/23

 

Un autre article sur le sujet : https://www.energystream-wavestone.com/2018/12/power-to-gas-deploiement-heterogene-territoire-europeen/

Carton rouge : en Alaska on va recongeler le permafrost pour continuer à exploiter le pétrole

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L’activité industrielle comporte inévitablement des conséquences, parmi lesquelles une hausse des températures dans les zones environnantes. Aux États-Unis, une compagnie pétrolière entend bien y remédier en… recongelant le permafrost !

Réchauffement climatique ou pas, la compagnie pétrolière américaine ConocoPhillips entend bien exploiter les énormes gisements de pétrole en Alaska… quitte à, pour cela, recongeler le sol gelé de l’Arctique afin d’éviter son affaissement et la dégradation des infrastructures.

Recongeler le permafrost grâce à des « thermosiphons » pour évacuer la chaleur

Les gisements de pétrole dans l’Arctique et plus particulièrement en Alaska, ne laissent pas les compagnies pétrolières indifférentes, surtout après que le gouvernement les ait sortis du périmètre des réserves fédérales stratégiques.
C’est dans cette optique que ConocoPhillips, qui vient d’obtenir le feu vert de l’administration Trump, souhaite mettre tous les avantages de son côté pour ériger ses plateformes pétrolières et toute l’infrastructure qui va avec : on parle de 800 km de routes, de chemins de gravier et de glace, d’une piste d’atterrissage et même d’un pont de glace. Mais pour éviter que le permafrost ne décongèle et que toute cette infrastructure ne s’effondre, il faudra… le recongeler artificiellement en permanence

Pour cela, ConocoPhillips mettra en place des « thermosiphons », à savoir des tubes à l’intérieur desquels circulera un gaz qui a la propriété d’emmagasiner extrêmement bien (et donc d’emporter avec lui) la chaleur. Car une activité industrielle sur de la glace précipitera inéluctablement la fonte de cette dernière : rien que la circulation de véhicules créera de la chaleur du fait du frottement des roues sur le sol et des gaz d’échappement.

L’entreprise envisage donc de refroidir le sol afin que le permafrost reste stable malgré un réchauffement évalué à 2.2°C pendant l’intégralité des 30 ans que va durer le projet.

L’Alaska devient de plus en plus chaud

Ce projet, baptisé Willow, a débuté en 2016 avec le forage de deux puits, qui ont permis d’estimer les réserves de pétrole en sous-sol à 400-750 millions de barils. Une fois que toute l’infrastructure nécessaire sera construite (d’ici 2024 ou 2025), devrait commencer l’exploitation de pétrole, au rythme de 100.000 barils par jour. ConocoPhillips compte investir l’équivalent de 1,7 à 2,5 milliards d’euros dans ce projet d’ici à 2050.

Le site Korii rapporte qu’ « en 2017, l’ONG Carbon Disclosure Project avait révélé que cent compagnies pétrolières étaient à elles seules responsables de 71 % des gaz à effet de serre émis par l’industrie. ConocoPhillips figurait en bonne place dans le classement, avec 7,5 milliards de tonnes équivalent CO2 rejetées dans l’atmosphère entre 1988 et 2015 »

Selon le National Climate Assessment, un grand rapport régulièrement commandé par le gouvernement américain (dont la dernière édition date de 2018), les températures moyennes dans l’Alaska ont augmenté deux fois plus vite depuis le milieu du 20e siècle qu’ailleurs dans le monde. De tous les États américains, c’est d’ailleurs dans l’Alaska que le rythme d’augmentation des températures est le plus élevé. Et les records de températures ne cessent de se suivre. Ainsi, en juillet 2019, pour la première fois depuis le début des mesures, 32°C ont été constatés à l’aéroport d’Anchorage.

 

 

 

 

 

 

 

Le Groenland n’a jamais perdu autant de glace qu’en 2019

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La calotte glaciaire du Groenland est menacée par le réchauffement climatique. L’année 2019 est entrée dans les annales : plus de 500 milliards de tonnes de glace ont fondu cette année-là. Un record.

Le Groenland abrite la deuxième plus grande masse de glace sur Terre après l’Antarctique. Environ 80 % de sa surface est recouverte par une calotte polaire ou de neige fraîche. Malheureusement, depuis la fin des années 1990, l’inlandsis du Groenland fond inexorablement et les neiges hivernales n’arrivent pas à compenser la perte de glace.

L’analyse des données des satellites frères GRACE-FO, lancés en mai 2018, révèle que ce sont plus de 532 milliards de tonnes de glace cumulées qui ont fondu durant l’année 2019. Le record de 2012 est pulvérisé de près de 15 %.

Un été doux et peu de neige en hiver

Du côté de la météo groenlandaise, l’année 2019 ressemble un peu à celle de 2012. L’été a été particulièrement chaud, à cause de la stagnation d’une masse d’air de haute pression. Cet anticyclone a emprisonné de l’air doux provenant des latitudes moyennes, essentiellement sur la côte ouest des terres glacées. À cela s’ajoutent des chutes de neige particulièrement faibles en automne-hiver qui n’ont pas compensé la perte de glace de l’été. En 2012, ce sont 464 milliards de tonnes de glace qui ont fondu.

Mais, en 2019, les chutes de neige ont été encore plus faibles qu’en 2012. Les scientifiques ont estimé qu’il est tombé 107 gigatonnes de neige de moins qu’en 2012 sur toute l’année. Voilà ce qui explique la perte de glace record de 2019 et qui tranche avec les années 2017 et 2018 où la fonte des glaces avait ralenti.

Durant ces deux années, la fonte des glaces a ralenti de 58 % grâce à deux étés successifs particulièrement froids suivis d’importantes chutes de neige en hiver. Mais dès l’été 2019, la tendance a changé : pour le seul mois de juillet, 223 gigatonnes de glace ont fondu.

Les changements de masse en gigatonnes en fonction des mois de l'année. On voit qu'au mois de juillet 2019, environ 233 gigatonnes de glace ont disparu. © Ingo Sagsen et al. Communications Earth & Environnement

GRACE-FO, deux satellites au chevet de la glace

Ces données ont été récupérées par deux satellites frères de la Nasa, GRACE-FO, lancés le 22 mai 2018 par une fusée Falcon 9 de SpaceX. Leur mission est de suivre la distribution de l’eau et de glace sur Terre, tout comme les satellites GRACE en fonction entre 2002 et 2017.

Tous les 30 jours, GRACE-FO réalise une carte complète du champ gravitationnel de la Terre. Si la masse des continents et du cœur de notre Planète varie peu, celle de l’eau et de la glace peuvent changer rapidement. Ces variations de masse se traduisent aussi par des changements dans la gravité de la Terre. GRACE-FO les enregistrent depuis l’espace et les scientifiques les analysent pour connaître la masse de glace perdue par un glacier ou une calotte polaire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Finies les marées noires : les cargos pourraient bientôt carburer à l’eau de mer

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Comme ça, ils arrêteront enfin de dégazer du pétrole partout…

Six ans de recherche. Une nouvelle étude va peut-être permettre de concrétiser un rêve un peu fou : transformer l’eau de mer en carburant pour les navires. Si les fondations de la technologie permettant de réaliser cet exploit ont été posées en 2014, des scientifiques viennent de trouver un moyen de rendre le processus assez efficace et abordable pour être utilisé à grande échelle.

Ce procédé, baptisé « conversion catalytique inversée » (« reverse water gas shift ») pouvant se traduire également par « réaction du gaz à l’eau inversée », consiste en l’extraction de dioxyde de carbone (CO2) présent dans l’eau de mer afin de le transformer en monoxyde de carbone (CO) puis de le synthétiser en hydrocarbures. Un processus qui, outre son ingéniosité, se distingue également par l’utilisation d’un composant abondant, propre et peu coûteux.

Autosuffisance énergétique. La réussite de cette recherche est évidemment une grande nouvelle puisqu’en ayant recours à l’eau de mer, les navires peuvent fabriquer autant d’énergie qu’ils en consomment. Un excellent moyen d’accroître leur autonomie énergétique afin de rester plus longtemps en mer en étant plus doublement plus respectueux de l’environnement puisque ce système éviterait les marées noires.

Désormais, la prochaine étape va consister à mettre en pratique les fruits de cette recherche en conditions réelles. Si l’expérience s’avère concluante, elle pourrait ouvrir la voie à de nombreuses possibilités.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Paris s’apprête à accueillir quatre forêts urbaines permanentes

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La Ville prévoit de végétaliser 4 sites emblématiques : le parvis de l’Hôtel de Ville, celui de la gare de Lyon, la place derrière l’Opéra et une voie des Berges de Seine.

Vous crevez de chaud et rêvez d’embrasser un arbre ? Bonne nouvelle ! Après avoir créé près de 30 hectares de nouveaux espace verts, dont 28 nouvelles cours d’écoles “oasis”, Anne Hidalgo, l’actuelle maire très green-friendly de Paris, a décidé de planter dès cette année quatre “forêts urbaines” dans toute la capitale. “Les études vont démarrer très vite pour les forêts urbaines sur le parvis de l’Hôtel de Ville, près de l’Opéra Garnier ou de la gare de Lyon”, a-t-elle confié à nos confrères du Parisien.

Le projet s’inscrit dans une volonté politique très forte de “débitumer” 12,5 nouveaux hectares d’ici fin 2020. Make Paris Green Again, tel pourrait être le motto de celle qui déclenche aussi des controverses pour son engagement à pérenniser de nombreuses pistes cyclables, notamment celle de la rue de Rivoli. La maire réélue souhaite que ce deuxième mandat soir “celui de la végétalisation pour adapter la ville au changement climatique”.

Quatre Eden verdoyants en plein Paris !

À l’Hôtel de Ville, “des arbres seront plantés de part et d’autre du parvis”, peut-on lire sur le site de la Ville. “Derrière l’Opéra (rue Gluck et parvis entre l’Opéra et la place Diaghilev), la végétalisation sera réalisée de manière à respecter la vue historique sur le monument. Des arbres seront plantés en pleine terre”. Sur le parvis nord de la gare de Lyon, place Henry Frenay, “une petite forêt urbaine assurera le rafraîchissement” des voyageurs. Enfin, les Berges de Seine seront enherbées “sur l’une des deux voies”, pour créer “un aménagement pour la détente et les pique-nique”. L’autre voie devrait “rester goudronnée pour la circulation des véhicules d’urgence”.

 

 

© Hôtel de Ville / Projet de forêt urbaine devant l’Hôtel de Ville de Paris

© Hôtel de Ville / Projet de forêt urbaine devant l'Hôtel de Ville de Paris

 

 

 

 

 

 

Il capte l’eau et la chaleur : le premier parc “résilient” inauguré à Copenhague

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Inaugurés fin 2015, le square Tåsinge Plads et son système de drainage des eaux intelligent permettent de préserver les habitants des îlots de chaleur et des inondations. Plus de 10 000 citoyens ont participé à la rénovation du quartier alentour.

Les sculptures et parterres de plantes du parc (Crédit : David Buchmann via Citiscope.org)

Les sculptures et parterres de plantes du parc (Crédit : David Buchmann via Citiscope.org)

 

 

À première vue, le square Tåsinge Plads n’est pas différent des autres parcs de Copenhague, au Danemark. Situé dans le quartier Saint Kjelds, on y trouve des fleurs sauvages et des arbres récemment plantés sur une petite colline. On y croise des couples, des enfants qui jouent et des femmes âgées assises à l’ombre de hautes sculptures qui évoquent des parapluies à l’envers.

Mais à y regarder de plus près, le parc comporte quelques traits de caractère bien à lui. À la demande la ville, en 2012, les architectes du cabinet Tredje Natur ont commencé à l’aménager de manière à l’intégrer au premier “quartier résilient au changement climatique”. En clair, il s’agissait d’adapter le parc aux aléas météorologiques, de le rendre capable de résister aux fortes chaleurs ou aux fortes pluies, par exemple.

Image de synthèse du parc (Crédit : klimakvarter.dk)

Image de synthèse du parc (Crédit : klimakvarter.dk)

En cas de forte pluie, des parterres de fleurs drainants et des cuvettes intégrées à des sculptures se remplissent d’eau. De quoi recueillir le surplus d’eau jusqu’à ce que la perturbation s’arrête. Une fois la pluie passée, l’eau récoltée permet d’arroser les plantations lorsque ces dernières le réclament. Le tout, grâce à un système intelligent qui dirige les eaux pluviales vers le bas, dans de grands réservoirs souterrains.

À LIRE AUSSI :  Copenhague, première capitale européenne neutre en carbone d’ici 2025 ?

Au-dessus de ces réservoirs, au sol, les concepteurs du parc ont installé des panneaux sur lesquels les enfants peuvent sauter. Quand ils le font, l’énergie cinétique délivrée provoque le déclenchement d’une pompe à eau souterraine, qui permet d’arroser les plantes avec l’eau stockée.

Mais ce n’est pas tout. Dans ce parc, le bitume est quasi inexistant, au profit de la verdure, ce qui réduit les effets d’îlot de chaleur urbains, qui rendent les villes irrespirables et sont souvent responsables d’une augmentation des précipitations. Accompagné du système de drainage d’eau, l’air du parc redevient ainsi plus pur et plus respirable.

 

À LIRE AUSSI : Le Danemark sur le point d’atteindre les 50 % d’énergie éolienne

Ce projet n’est pas uniquement le fait d’un cabinet d’architecte. Plus de 10 000 personnes ont participé au réaménagement du parc et, plus largement, à l’espace urbain alentour, délaissé il y a encore trois ans. Le tout, à travers 170 initiatives organisées par des citoyens. Jardins communautaires, projets d’art et de rencontre… Le parc s’imbrique désormais dans un espace urbain “vert”. C’est l’ensemble du quartier Saint Kjelds que la municipalité de Copenhague, des architectes et des citoyens ont ainsi contribué à remodeler.

L’eau, une ressource pour améliorer la vie urbaine

D’autres projets comparables sont actuellement en cours au Danemark, faisant eux aussi appel à des systèmes de drainage de l’eau et de petits étangs la retenant jusqu’à ce qu’elle puisse être évacuée intelligemment. Des projets urbains inspirés d’une “Venise idéale”, où les canaux retiennent l’eau avant de la relâcher dans le port au moment voulu.

Pour Flemming Rafn Thomsen, fondateur du cabinet d’architectes Tredje Natur, “l’eau peut être utilisée comme une ressource pour améliorer la vie urbaine : à Copenhague, nous avons la vision d’une ville hybride, qui fusionne en bon équilibre avec la nature, la biologie urbaine et les êtres humains”.

The Beehive : cette climatisation écolo en argile fonctionne à l’eau

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Cette entreprise indienne a eu l’idée de créer un ingénieux système de climatisation en argile qui ne nécessite que de l’eau pour rafraîchir l’air. Génial.

Depuis plusieurs années, l’Inde subit des vagues de chaleur de plus en plus meurtrières. Dans ce pays où la croissance exponentielle participe au réchauffement climatique, les systèmes de climatisation sont devenus légions afin de lutter contre les canicules. Ce qui n’est pas sans conséquences sur l’environnement. Alors, des designers indiens ont inventé un système de climatisation écolo et accessible à tous.

Alors que le mercure bat de plus en plus de records de chaleur en Inde chaque année, les systèmes de rafraîchissements tels que la climatisation se sont imposés dans de nombreux foyers indiens. Le souci : ils sont non seulement très polluants mais ils nécessitent également d’avoir accès à l’électricité, ce dont beaucoup sont privés.

Source : Ant Studio

C’est pourquoi l’entreprise de design Ant Studio, située à New Delhi, a eu l’idée géniale de créer « The Beehive » (en français, la ruche) une structure en forme d’alvéoles capable de rafraîchir l’air ambiant sans nécessiter d’énergie, grâce à un ingénieux système à base d’argile et d’eau.

L’eau versée manuellement au sommet de la structure ruisselle sur les tubes d’argile et les imbibe de son humidité. L’air qui pénètre dans les tubes est alors rafraîchi, tout simplement.

Source : Ant Studio

Bien qu’encombrant, ce système reste néanmoins très prometteur afin de climatiser un espace de manière éco-responsable. Il ne reste plus qu’à adapter ces ruches d’argile pour qu’elles puissent rejoindre tous les foyers indiens, et même les habitations des personnes les plus pauvres.

Source : Ant Studio

Une idée géniale qui risque d’améliorer le quotidien de nombreux habitants en Asie, et qui mériterait de conquérir tous les continents.

 

 

 

Au camp climat de Bayonne, les militants préparent les actions de la rentrée

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C’est une première : cette année, il n’y a pas un mais des Camps climat — une vingtaine à travers la France. Le premier a eu lieu à Bayonne du 20 au 26 juillet. Au programme : conférences, formations aux actions non-violentes et à la désobéissance civile et repas partagés.

  • Bayonne, Pays Basque (reportage)

Isa, cuisinière du week-end, mène ses troupes à la cuillère en bois dans une maison au bord de fleuve l’Adour. Afin de nourrir une quarantaine de personne matin, midi et soir, elle supervise la coupe de courgettes, d’oignons et de carottes en recrutant des mains désœuvrées entre deux ateliers de formation. Loin des mille participants de l’édition 2019, le camp climat version 2020 est devenu pluriel : ce n’est plus un, mais vingt «Camps climat régionaux» répartis sur tout le territoire français qui auront lieu cette année. Le premier se déroulait du 20 au 26 juillet à Bayonne, en Iparralde (Pays basque nord, côté français) et ouvrait la série de formations militantes organisées par les mouvements ANV-Cop21 et Alternatiba qui s’échelonnera jusqu’à mi-septembre.

Ce format à taille réduite offre un espace de convivialité que les grands formats nationaux des années précédentes avaient un peu perdu. Jon Palais, un des porte-parole d’Alternatiba et d’ANV-Cop 21, est venu assister à cette première session. «Si on avait continué à réunir mille participants, on aurait commencé à perdre en qualité», assure-t-il. Décentraliser le camp climat? L’idée était déjà lancée et devait aboutir à l’horizon 2021, mais la crise sanitaire a bousculé le calendrier et avancé d’un an le projet. Car il n’était pas question de renoncer à ce moment de rencontre qui se tient chaque été depuis 2016. Emmanuelle Tosini, militante à l’association environnementale basque Bizi!, détaille : «Il était primordial d’organiser le Camp climat. La crise sanitaire a montré l’urgence climatique et la nécessité de continuer à développer des alternatives.» La pandémie a certes chamboulé le programme, mais Jon Palais a pris cette contrainte comme un «test de résilience» même s’il regrette l’absence «d’un moment fédérateur où l’on sent qu’on fait partie de quelque chose en commun».

Le premier se déroulait fin juillet au Pays basque nord, côté français.

Durant ces six jours bayonnais, environ 150 participants ont assisté à des conférences, des ateliers ou des formations organisées par l’association Bizi!, relais local d’Alternatiba, autour des questions climatiques, de logements, des stratégies de lutte à mettre en place, notamment au niveau local… Une conférence se tenait chaque soir de la semaine sur une place publique de Bayonne; le weekend était consacré à des formations et des repas partagés, dans une ferme locale située dans un quartier résidentiel en-dehors du centre-ville. Léa est venue d’Ustaritz assister à la conférence du vendredi, et à la formation à l’action non-violente du samedi. Elle confie : «J’ai adoré être en petit comité, cela change des gros camps et j’ai trouvé les formations très riches.»

« J’ai été impressionnée par la finesse du discours, par exemple sur les questions énergétiques »

Dans la cour en gravier, les pneus des vélos crissent au rythme des arrivées et des départs. Beaucoup se connaissent et se saluent, le réseau militant habituel a fait le déplacement. Cependant, certaines têtes sont nouvelles. « On a beaucoup de nouvelles personnes qui découvrent Bizi ! se réjouit Emmanuelle Tosini. On a réussi à toucher un nouveau public. Certains voyaient ce qui se passait de l’extérieur et sont venus pousser la porte. » Noémie Caplet est de ceux-là, bayonnaise déjà impliquée dans les questions environnementales, elle suivait Bizi ! sur les réseaux sociaux sans avoir jamais franchi le pas de la rencontre. Après ce Camp climat, elle affirme que son adhésion « ne saurait tarder » : « J’ai été impressionnée par la finesse du discours, par exemple sur les questions énergétiques. De l’extérieur je voyais ce milieu avec des idées plus tranchées et moins contextualisées. » Conquise, elle a aussi participé aux formations du weekend autour des techniques d’actions non-violentes : « Cela a certifié le fait que les méthodes d’actions non-violentes et de désobéissance civile me parlent et que je pourrais en faire. » Sur les places publiques, des spectateurs improvisés se sont arrêtés pour assister aux conférences. Emmanuelle Tosini a le souvenir d’un soir sur la place Patxa où des voisins ont ouvert la fenêtre pour écouter la conférence « Imaginons un habitat juste et écologique en Iparralde » depuis leur appartement : « La crise sanitaire, et le fait d’être sur la place publique, dans un endroit voyant, ont attiré de nouvelles personnes. »

le samedi après-midi était consacré à une formation sur les méthodes de désobéissance civile et d’actions non-violentes.

Le samedi après-midi était consacré à une formation sur les méthodes de désobéissance civile et d’actions non-violentes à laquelle ont assisté Léa et Noémie. Réparti en deux groupes de sept, des participants doivent jouer le rôle d’un côté de partisans de l’extension d’un golf biarrot, de l’autre, de militants s’opposant à ces travaux et menant une action lors d’une réunion publique. Maïder Arosteguy, nouvelle édile de Biarritz, est campée impeccablement par une jeune femme qui énumère les avantages du golf : « Attractivité de la ville, rayonnement international… » Alors qu’un habitant de la ville réclame : « Je veux dix-huit trous sur mon golf ! », des militants écologistes font irruption en scandant : « Des légumes, pas de green ! », le tout sous les yeux d’Anthony et Romain qui encadrent la formation. Une première pour ces deux militants. L’équipe s’est récemment renouvelée : des membres historiques tels que Txetx Etcheverry, cofondateur du mouvement, se sont retirés de l’équipe d’animation pour laisser place à une génération plus jeune. Le Camp climat est l’occasion, pour les participants comme pour les animateurs de monter en compétence. « L’idée c’est de former tout le monde », confirme Emmanuelle Tosini, qui anime elle-même deux ateliers durant le week-end.

Autre objectif de ce camp climat : préparer les échéances de la rentrée.

Alors que la prise de conscience des enjeux climatiques s’est intensifiée ces dernières années, la pandémie est analysée comme un signe supplémentaire de l’urgence de changer radicalement nos modes de vie. Selon Jon Palais, « cela a démontré la vulnérabilité du système, son inadaptation à réagir aux crises. Ce moment a été révélateur : « Tout ça va entièrement dans notre sens : rien dans notre diagnostic n’est démenti, et personne n’a pu dire que les solutions qu’on proposait étaient mauvaises. Et en même temps tout s’aggrave. »

Autre objectif de ce camp climat : préparer les échéances de la rentrée. Car si le rapport de force sur les questions écologistes évolue, il est hors de question, pour les militants, de relâcher la pression. Un appel à marcher sur les aéroports a été lancé pour le 3 octobre et le Black Friday de fin novembre est déjà dans leur ligne de mire. Jon Palais détaille : « L’aviation et la surproduction sont des thématiques qui ont été reparamétrées avec le coronavirus. Les images d’avions cloués au sol et les remises en question des modes de consommation durant le coronavirus ont mis ces thèmes au cœur des débats. Il faut rester actif car cela ouvre de nouvelles opportunités. »
Au niveau local, Bizi ! a prévu de continuer à lutter pour les alternatives à la voiture, comme ils le font depuis des mois car les mobilités restent un point noir de la politique basque. Leur dernière action en date, la coorganisation d’une vélo-inauguration des coronapistes le 5 juillet dernier a réuni plus de 400 cyclistes.

Dans la lumière descendante d’un samedi soir d’été, des participants prennent l’apéro sur la terrasse de la haute maison de pierre. Les conversations vont bon train, et si on s’éloigne un peu de l’engagement, le fût de bière aidant, il n’est jamais bien loin. Toutes et tous sont persuadés de l’urgence, à l’image de Léa qui ne se voit pas ne rien faire, d’autant que « ce n’est pas maintenant qu’il faut agir, c’était hier »,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

7 JOURS, 4 LIEUX, 100 INVITES

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Grand festival ouvert à tous et ancré dans son territoire, AGIR POUR LE VIVANT crée un nouvel espace de réflexion et d’échanges au-delà des idéologies. Pendant une semaine, il conjugue les approches, croise les compétences et les propositions d’écrivains, de philosophes, de scientifiques, de jardiniers, de botanistes, d’agronomes, d’herboristes, d’entrepreneurs et de militants écologistes qui tentent de renouveler la grande histoire de la relation de l’homme avec la nature. Ils redéfinissent la place des fleuves dans le monde ; revendiquent des semences biologiques libres de droits et reproductibles ; militent pour la reconnaissance de l’herboristerie, pour une justice sociale et climatique ou pour une écologie décoloniale ; imaginent réensauvager l’humanité ; accompagnent la transition des entreprises, des territoires, expérimentent la résilience alimentaire ou osent redonner du sens à l’argent et parler de bonheur citoyen : tous nourriront conférences, débats, expositions, et projections de cette première édition.

"Avec Agir pour ,le Vivant, saisissons cette chance de transformer le monde en nous transformant nous-mêmes. Faire cause commune, nous rassembler, coordonner nos énergies, partager nos compétences, nos rêves, nos idées, nos enthousiasmes ! Penser/panser le monde qui vient."

Françoise Nyssen et Jean-Paul Capitani

https://www.agirpourlevivant.fr/programme-1

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Le Méjan – La Croisière – L’Université Domaine du possible -Le Théâtre Antique

Au  moment  où  la  vie  sur  terre  est  en  danger,  alors  que  partout  dans  le  monde des voix se mobilisent et s’élèvent pour alerter, d’autres proposent de nouvelles manières de penser notre rapport à la nature, imaginent des solutions innovantes, de nouveaux modes de production.

Après le déploiement d’une plateforme en ligne et la parution de riches tribunes tout au long du printemps, AGIR POUR LE VIVANT s’installe à Arles du
24  au  30  août.  Un  rendez-vous  estival  incontournable  pour  remettre  le  vivant au cœur des débats et venir à la rencontre de celles et ceux qui imaginent le monde de demain.

7 JOURS, 4 LIEUX, 100 INVITÉS
Grand festival ouvert à tous et ancré dans son territoire, AGIR POUR LE VIVANT crée un nouvel espace de réflexion et d’échanges au-delà des idéologies.
Pendant une semaine, il conjugue les approches, croise les compétences et les propositions d’écrivains, de philosophes, de scientifiques, de jardiniers,
de botanistes, d’agronomes, d’herboristes, d’entrepreneurs et de militants écologistes qui tentent de renouveler la grande histoire de la relation de
l’homme avec la nature.
Ils redéfinissent la place des fleuves dans le monde ; revendiquent des semences biologiques libres de droits et reproductibles ; militent pour la reconnaissance de l’herboristerie, pour une justice sociale et climatique ou pour une écologie décoloniale ; imaginent réensauvager l’humanité ; accompagnent la transition des entreprises, des territoires, expérimentent la résilience alimentaire ou osent redonner du sens à l’argent et parler de bonheur citoyen : tous nourriront conférences, débats, expositions, et projections de cette première édition.

Près  d’une  centaine  de  personnalités  françaises  et  internationales  dont la   militante   féministe   et   altermondialiste   indienne   Vandana   Shiva
;  le botaniste Francis  Hallé,  le  réalisateur  et  militant  écologiste Cyril  Dion  ; Pierre  Rabhi, pionnier de l’agroécologie ; le sociologue et philosophe
Edgar Morin,  le  philosophe Baptiste  Morizot  ;  la  romancière  franco-canadienne Nancy  Huston  ;  le  philosophe Dominique  Bourg  ;  l’actrice  et  réalisatrice Coline Serreau ; la philosophe belge Vinciane Despret ; l’environnementaliste Isabelle Delannoy ; l’Eurodéputée écologiste Marie Toussaint ; le philosophe Bernard Stiegler.

Autant de rendez-vous qui invitent au partage d’expériences et au débat d’idées,  pour  transmettre  et  rendre  accessibles  les  connaissances  au public, pour faire émerger des solutions, initier des actions concrètes ici et maintenant, mais aussi pour contribuer ensemble à l’écriture d’une nouvelle alliance du vivant.

Agir pour le Vivant est organisé à l’initiative d’Actes Sud et de Comuna en partenariat
avec l’association du Méjan et l’Université Domaine du possible.
Ce projet a été rendu possible grâce aux soutiens de nombreux partenaires.

Nous souhaitons, ici, les remercier pour leur engagement pour le vivant :
La Banque des Territoires, Mirova ainsi que l’Office Français pour la Biodiversité,la Région Sud, BNP Paribas, la Compagnie Nationale du Rhône, le Groupe La Poste, Ténergie, le Fonds Epicurien, RTE, Saguez & Partners, Pure Ocean, La Fondation Yves Rocher, Faber Novel et la Fédération des Parcs naturels régionaux, le Parc naturel   régional des Alpilles, le Parc naturel régional de Camargue, Sparknews, le collectif  On est prêts, le collectif Notre affaire à tous, Pays d’Arles en transition, le PETR, laCCI du Pays d’Arles, les Cinémas le Méjan, la ville d’Arles, l’Office de Tourisme d’Arles,Imago TV

NFORMATIONS PRATIQUES
« AGIR POUR LE VIVANT »
https://www.agirpourlevivant.fr/
DU 24 AU 30 AOÛT DANS 4 LIEUX INCONTOURNABLES DE LA VILLE D’ARLES :
Le Méjan – La Croisière – L’Université Domaine du possible – Le Théâtre Antique
Réservation et billetterie sur le site
https://www.agirpourlevivant.fr/
Ouverture des inscriptions pour les soirées au Théâtre Antique le 20 août 2020 sur le site
https://www.rencontres-arles.com/

Le Méjan :
place Nina- Berberova, 13200 Arles

La Croisière :
65 boulevard Émile Combes, 13200 Arles

Le théatre antique :
8 Rue du Cloître, 13200 Arles

Université domaine du possible :
Route de la Volpelière, 13104 Arles

CONTACTS PRESSE
PIERRE LAPORTE COMMUNICATION
Pierre Laporte
Laurent Jourdren
Samira Chabri
Mélina Favarel
01.45.23.14.14
agirpourlevivant@pierre-laporte.com