Succès pour le village des alternatives concrètes d’Alternatiba à Rouen

8000 visiteurs, plus 270 bénévoles et de nombreux intervenants derrière leur stand (plus de 150)!

Et encore un bel article dans Paris-Normandie!

Succès pour le village des alternatives concrètes d’Alternatiba à Rouen – cliquez pour lire sur le site du journal et voir le diaporama!

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Durant deux jours, Alternatiba s’est installé dans la quartier Pasteur et sur les quais (photos B. Maslard et S. Péron)

Il y avait du monde à Alternatiba, samedi et dimanche. Impossible d’estimer comme ça la fréquentation mais assurément plusieurs milliers de personnes. Le pari est réussi pour la centaine de bénévoles qui ont œuvré pendant un an pour que Rouen ait son village des alternatives concrètes. On a pu y croiser nos élus dans une décontraction inhabituelle, même qu’on a failli ne pas reconnaître Frédéric Sanchez…

Quelques minutes auparavant, vers 13 h, le président de la Métropole aurait pu entendre la conférence de Magalie Giovannangeli sur la gratuité des transports urbains, pendant laquelle Didier Chartier, conseiller municipal communiste a rappelé l’accord politique qu’ils avaient eu avec Fabius sur la réalisation d’une étude de faisabilité… Mais jamais réalisée. « Je pense que ça ne pourra venir qu’avec un mouvement citoyen », concédait-il au micro.

À deux pas de là, sous la tente d’Alternatibomarché, Sylvie fait visiter ce supermarché d’un genre particulier. « Il y a tous les produits de consommation courante mais présentés à côté de leurs alternatives responsables. » Une foule de panneaux expliquent par exemple que sur un kilo de jambon à 12 €, 7 € vont à la distribution, d’où l’intérêt des filières courtes. « Des fois, les gens disent que le bio c’est cher, ce n’est pas vrai. Prenez des carottes râpées que vous achetez sous vide, elles reviennent à 15 € le kilo. Sur le marché place Saint-Marc, vous pouvez en trouver à 2 € le kilo. » On y apprend aussi qu’une pomme contient les traces de 26 pesticides, que le saumon a une croissance 10 fois plus rapide qu’il y a dix ans. Que le vin peut contenir un taux de pesticides jusqu’à 3 500 fois supérieur à la norme de potabilité de l’eau. « L’objectif est d’allumer des clignotants qui feront que petit à petit, nous changeons tous notre manière de consommer. Il ne faut pas culpabiliser, nous sommes tous dans l’ambivalence, ce n’est pas grave. Il faut faire le peu que l’on se sent capable de faire. Il faut rester dans la gaieté ».

« 2 000 amis sur Facebook mais je connais pas un seul voisin »

Dans l’immensité des halls de la fac de droit, on s’arrête quelques instants au café intergénérationnel, organisé par l’association pour les échanges intergénérationnels. Une vingtaine de personnes sont autour d’une table bien fournie en gâteaux et jus de fruits. Un quiz sert de facilitateur, d’embrayeur. Première question : En une année, en moyenne, combien chaque habitant produit-il de déchets ménagers ? 160, 360 ou 560 kg ? « C’est 360 ». « Ah bah moi c’est moins c’est sûr, certifie cette mamie à la langue bien pendue. Moi je donne à manger aux poules de ma voisine ». « Moi je composte, reprend Rose, jardinière des Balcons. Vous savez que l’on peut mettre un bac à compost sur son balcon ou sous le lit des enfants » propose-t-elle avec humour. On ne l’arrête plus. Devinette : « Si vous prenez tous les vers de terre de la Terre et vous en faites une boule et que vous faites pareil avec tous les humains, laquelle est la plus grosse ? » Celle avec les vers de terre bien entendu. « Mais combien de fois plus grosse ? » Tout le monde y va de son chiffre. Ce sera finalement 20 fois. À la troisième question, la conversation dévie sur Facebook. « Je préfère sortir et rencontrer des gens, aller voir mes voisins », explique notre mamie pep’s. Un jeune homme d’une vingtaine d’années dit avec ironie : « C’est quoi ça un voisin ? », puis presque lui-même désolé d’ajouter sérieusement : « J’ai 2000 amis sur Facebook mais je ne connais pas un seul de mes voisins ».

Prochaine étape pour Alternatiba, le grand village mondial des alternatives, les 5 et 6 décembre à Paris. Ce sera en pleine COP21, le sommet où les chefs d’État tenteront de prendre des engagements avec pour objectif de contenir le réchauffement climatique à 2 °C. Ce qui est sûr, c’est que Rouen a déjà, modestement peut-être mais quand même, apporté sa pierre à l’édifice.

L’Agnel testée pour la première fois

Le village Alternatiba était le moment idoine pour lancer la monnaie locale de Rouen, l’Agnel, en clin d’œil à l’agneau présent sur l’emblème de la ville. Pour la première fois, on a pu l’avoir en main. Les billets possèdent quelques éléments de sécurité et ils sont même accrédités par la Banque de France. On les trouve en plusieurs coupures : un, deux, cinq, dix ou vingt agnels.

Tous les échanges au sein du village des alternatives se sont faits avec, que ce soit pour boire ou manger. Il faudra attendre encore quelques semaines avant de pouvoir l’utiliser dans les commerces l’acceptant autour de Rouen et d’Elbeuf.

Le principe est d’empêcher l’argent d’être injecté dans la finance par les banques. « Aujourd’hui, seulement 2 % des euros restent dans l’économie réelle. »

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