Charles, “Décrocheur de portrait” condamné, le mouvement climat de Lyon fait appel

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Charles, “Décrocheur de portrait” condamné, le mouvement climat de Lyon fait appel

Communiqué Alternatiba ANV Rhône – Lyon, le 1er mars 2021

Charles de Lacombe, militant pour le Climat et la Justice Sociale, Décrocheur de portrait présidentiel, a été déclaré coupable ce lundi 1er mars 2021 : il écope de 500€ d’amende avec sursis et d’une requalification du motif de comparution en “vol”. 

Alors que les membres de la Convention Citoyenne pour le Climat viennent de rendre leur avis sur le projet de loi dangereusement insuffisant du gouvernement, critiqué par un large panel d’institutions et organisations, le signal envoyé par le tribunal de Lyon avec cette condamnation semble totalement incohérent.

Le collectif Alternatiba ANV Rhône a décidé de faire appel et donne rendez-vous le 23 mars prochain à Amiens pour le procès du plus jeune Décrocheur de portrait, déjà annoncé comme un temps fort de la campagne Décrochons Macron. 

Charles, portant un portrait détourné du président Emmanuel Macron. 27 janvier 2021.
Crédit : Michael Augustin.
Photo de la mobilisation libre de droits : https://drive.google.com/drive/folders/1ywCH4M12wBlpvHcGbH4jn8RV5-yKwC-v

Le procès 

Mercredi 27 janvier, Charles de Lacombe avait comparu devant le Tribunal de Grande Instance de Lyon pour avoir décroché et « détourné de sa fonction principale » le portrait du président, il y a près de deux ans, à la mairie de Villeurbanne (69). Le procureur avait requis une amende ferme de 500€. 

Arrêté suite à une action de désobéissance civile non-violente visant à dénoncer l’inaction du président et du gouvernement face à l’urgence climatique et sociale, Charles risquait jusqu’à 7 ans de prison et 100.000€ d’amende. 

→  Lire le témoignage de Charles

Les juges ont statué et condamné Charles à une amende de 500€ avec sursis, en requalifiant son acte de “détournement” en “vol”. 

C’est alarmant que ce soient ceux qui dénoncent l’inaction du gouvernement qui soient condamnés. Nous faisons appel de cette décision pour clamer notre volonté de justice climatique et sociale !Tatiana Guille, porte-parole Alternatiba ANV Rhône 

Le procès de Charles s’inscrit au cœur d’une longue série : sur tout le territoire, près de 30 procès ont déjà eu lieu, et 15 autres sont à venir. Fait notable, ces procès ont conduit à plusieurs décisions de relaxe en première instance, par exemple à Lyon en septembre 2019, et plus récemment à Valence en novembre 2020, au titre de l’état de nécessité et de la liberté d’expression.

Une forte mobilisation le 27 janvier 2021

De nombreux citoyens s’étaient rassemblés le mercredi 27 janvier à 12h30 Place Guichard (Lyon 3ème) pour soutenir Charles, militant climat de 26 ans, avant son entrée au Tribunal de Grande Instance, temps fort de la mobilisation. Plusieurs soutiens et personnalités ont été invités à prendre la parole, introduits par Tatiana Guille, 19 ans et porte-parole Alternatiba ANV Rhône. Parmi eux, Fanny Delahalle et Pierre Goinvic, décrocheurs lyonnais de portraits présidentiels qui avaient bénéficié en 2019 d’une relaxe historique, Thomas Dossus, Sénateur (Europe Ecologie Les Verts), Magali Romaggi (France Insoumise) et Agnès Ducharne, climatologue, directrice de recherche au CNRS, témoin. 

Le but : dénoncer le double discours et l’inaction

C’est la communication d’Emmanuel Macron qui a été visée, et notamment son double discours permanent : il se présente comme un leader mondial sur le climat, se félicite d’avancées sociales, et en même temps mène en France une politique climaticide et antisociale. Il s’érige en champion de la Terre mais ne fait même pas en sorte que la France respecte les Accords de Paris, comme le pointent régulièrement les ONG et même les institutions, à l’image du Haut Conseil pour le Climat qui dénonce « l’accroissement des annonces » dans son rapport annuel, ou du Conseil d’État qui intime au gouvernement de « justifier » que les mesures sont suffisantes et adaptées. A Lyon comme dans d’autres villes de France, le problème de la pollution de l’air est récurrent, pointé depuis plusieurs années et l’inaction de l’Etat et sa responsabilité ont été reconnues à coup de procès. 

La campagne Décrochons Macron

La campagne « Décrochons Macron » du mouvement ANV-COP21 vise à dénoncer l’inaction d’Emmanuel Macron et de son gouvernement face à la crise climatique et sociale. L’objectif de cette campagne : réquisitionner partout les portraits du président présents dans les mairies pour laisser symboliquement des murs aussi vides que sa politique climatique et sociale.

Et après ? 

A Lyon, après la relaxe historique qui avait été prononcée le 16 septembre 2019, les deux Décrocheurs de portrait lyonnais, Fanny Delahalle et Pierre Goinvic avaient à nouveau été convoqués devant la justice en appel à Lyon. Le procureur avait constaté la relaxe en première instance et requis des amendes fermes de 500 euros. Aujourd’hui, l’affaire est portée en cassation et le procès toujours en cours.  

Au moins 17 autres procès sont à venir pour ce premier semestre 2021, dont huit entre les mois de janvier et de mai. Les autres (quatre procès en appel, quatre pourvoi en cassation et un en première instance), n’ont pas encore de dates fixes.
L’issue des procès dépend et varie selon les tribunaux : des amendes fermes jusqu’à 800 euros ont été requises, des amendes avec sursis, et dans les meilleurs cas, dispense de peine, relaxe ou annulation de procédure. Trois relaxes ont notamment eu lieu dans les mois d’octobre et de novembre 2020. 

Le prochain procès s’annonce comme étant l’un des temps forts de la campagne Décrochons Macron. Il s’agit du procès de Gaspard, le 23 mars 2021, à Amiens, ville natale d’un certain… Emmanuel Macron.
Une mobilisation qui sera donc particulièrement conséquente au vu de la symbolique de cette comparution : Gaspard est âgé de seulement 19 ans et se place comme le représentant d’une génération de jeunes gens qui ne croient plus en l’avenir qui leur est proposé. 

Dossier Photo libres de droits: https://drive.google.com/drive/folders/1ywCH4M12wBlpvHcGbH4jn8RV5-yKwC-v

Contact presse : Marion Goumeziane : 06 89 92 92 47 et Marika Staub : 06 33 59 15 86