Droit d’interpellation pour la rocade Vitré

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Droit d’interpellation pour la rocade Vitré

A l’heure de l’urgence climatique, les rocades et les nouvelles routes départementales sont-elles vraiment la priorité pour le département d’Ille-et-Vilaine ?
Ces investissements ne devrait-ils pas plutôt être orientés vers la transition ?

Vitré Tuvalu lance avec 8 autres associations (Alternatiba RennesBretagne Vivante Ille-et-Vilaine, la Passiflore Ivine Coben Pass Pasud ) s le “droit d’interpellation” du Département d’Ille-et-Vilaine. Pour dire réorienter la politique du tout routier, qui détruit des terres, pollue l’air et nous éloigne de nos engagements pour le climat. Vers des mobilités saines, écologiques et solidaires.

Si nous atteignons plus de 2000 signatures, la question sera soumise aux conseilles départementaux.

Le département d’Ille-et-Vilaine gère le réseau de routes “départementales”. En 2019, l’entretien du réseau coûtait 16 millions d’euros, contre 2 millions au budget eau / environnement (source : budget primitif 2019). L’investissement dans les nouvelles infrastructures routières s’est élevé à 36,5 puis 45 millions d’euros (en 2019 et en 2020), alors qu’ils étaient de 2,8 et 11 millions d’euros (sur la même période) pour les travaux pour les espaces naturels départementaux. Soit 4 à 10 fois plus dans de nouvelles routes que dans la protection du vivant.
Créer de nouvelles infrastructures routières est extrêmement coûteux. La création de ces routes départementales a des effets directs sur l’environnement : bétonisation des terres, destruction de zones humides, disparition d’espèces, etc. Elles ont aussi des effets moins palpables mais tout aussi néfastes à la santé : dégradation de la qualité de l’air et émissions de CO2 par les véhicules utilisant l’infrastructure. Nous considérons que développer le réseau départemental est en contradiction avec l’engagement de la France pour le climat. En effet, la décarbonation des véhicules – motorisation électrique – est illusoire à court terme: elle ne résoudra pas les problèmes d’engorgement des réseaux routiers et elle occulte le problème d’épuisement de nos ressources naturelles.
Nous, citoyen-ne-s d’Ille-et-Vilaine, nous ne pouvons plus et nous ne devons plus accepter que le département d’Ille-et-Vilaine investisse autant d’argent public pour créer de nouvelles infrastructures routières qui dégradent notre eau, notre air, le vivant, le climat et notre santé à tous, et qui sont en contradiction avec les enjeux de demain et “le monde d’après”.
La crise sociale et économique redessine les priorités et rend dérisoire ce genre d’investissement alors que des besoins urgents se déclarent pour la population et la planète.

Aussi, nous demandons à ce que le département d’Ille-et-Vilaine décide l’abandon de tout programme de nouvelles infrastructures routières (sauf raison impérieuse de sécurité pour les zones accidentogènes, avec accidents corporels). Ceci doit conduire à l’abandon des grands projets de contournements routiers comme ceux connus de Vitré, Châteaubourg et Fougères (pour ce qui relève du département en lien avec l’Etat, pour une nationale) notamment.

Nous encourageons le département à rebasculer les millions d’euros non investis dans les nouvelles routes vers la politique sociale, la préservation des biens communs (eau, biodiversité, air), et vers les mobilités actives de courte distance du quotidien (marche, réseau vélo …) ainsi que les nouvelles mobilités (covoiturage, autopartage).

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