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Week-end de défense de la Prévalaye – 10 & 11 avril

Nous vous donnons rendez-vous samedi 10 et dimanche 11 avril pour un week-end de défense de la Prévalaye ! Cet événement s’inscrit dans la saison 1 de la campagne des Soulèvements de la terre ! L’objectif ? Lutter contre le bétonnage et l’artificialisation des sols et bloquer les industries toxiques.

De nombreux événements sont organisés de mars à juin 2021 pour occuper des terres menacées par des projets d’extension urbaine, de déviation routière ou de carrières.
Pour lire l’appel : https://lessoulevementsdelaterre.org/appel

Le premier événement s’est tenu Aux Vaîtes, à Besançon le 27 mars : 34 ha de jardins populaires, de terres maraîchères, de zones humides et de friches sont menacés par un projet d'”écoquartier” porté par la Ville. Pour cette première journée de mobilisation, 800 personnes ont manifesté samedi à Besançon. De nouveaux espaces de jardinage partagés ont été inaugurés et des plantations d’arbres réalisées pour défendre ces terres menacées.

Prochaine mobilisation à Rennes pour les 10-11 avril pour un week-end de défense de la Prévalaye ! Le Stade Rennais Football Club souhaite accaparer et artificialiser 3,5 ha de terres afin d’agrandir son centre d’entraînement (pour des bureaux, deux terrains de foot et une voie d’accès supplémentaire). Le déploiement de ces infrastructures sportives menacent d’étouffer les formes d’agricultures résilientes de la zone : ferme des Mille Pas, Perma G’Rennes, éco-centre de la Taupinais ainsi que des jardins familiaux, ouvriers et vivriers.

La Prévalaye est une zone de 450 hectares située à l’ouest de la ville de Rennes, avec un paysage de bocage et une vocation agricole historique. La Ville et la Métropole, pour garder la main sur le foncier, refusent tout projet d’installation agricole durable au profit d’aménagements touristico-récréatifs ou de l’extension des infrastructures du Stade Rennais.
Nous revendiquons l’urgence d’arrêter ces projets inutiles mais aussi celle d’une plus grande résilience alimentaire locale, de la préservation des ressources en eau et en biodiversité, ainsi que le maintien d’usages patrimoniaux (jardins vivriers) sur notre territoire.
Après plusieurs événements qui ont rassemblé des centaines de personnes, nous voulons faire grandir notre lutte en proposant un week-end entier de manifestation et de plantations.

Retrouvez l’événement Facebook pour vous tenir informé.e : https://fb.me/e/cLLXByFhd

AU PROGRAMME :
Samedi 10 Avril
10h – RDV au mail François Mitterand pour manifester fourches en main jusqu’à la Prévalaye (et autres outils de plantation) ! Retrouvez l’événement Facebook ici : https://fb.me/e/2bSjrGRSb
12h30 – Cantine à la Prévalaye
14h – Plantations sur les terres menacées, balades naturalistes, ateliers enfants (maquillage, bouture), discussion sur les luttes foncières et paysannes locales

Dimanche 11 Avril
9h/10h – Accueil, restauration puis plantations.
11h – ANNULE – Grand tournoi de foot mixte. Rejoignez l’événement : https://fb.me/e/ddM1QrEbu
12h30 – Cantine sur place
14h – Grand tournoi de foot mixte (ANNULE), parcours musical pour les enfants, atelier de co-construction d’un contre projet pour la Prévalaye, balades naturalistes, trocs de graines et plants…
N’hésitez pas à rapporter vos outils et déchets verts (tontes de gazon, feuilles mortes…) pour planter et pailler les cultures et nourrir le sol.

Cette mobilisation est coorganisée par : Attac Rennes, Alternatiba/ANV Rennes, Confédération Paysanne, Résistance Ecologiste Rennes, Youth For Climate Rennes, Extinction Rebellion Rennes, Réseau de Ravitaillement des Luttes du Pays Rennais.


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Le projet de loi Climat et Résilience : la montagne accouche d’une souris

La convention citoyenne pour le climat est une initiative portée par E. Macron en 2019. Son but est simple : réunir 150 citoyens tirés au sort dans l’ensemble de la population française et leur donner l’occasion de proposer à l’état des solutions concrètes face aux défis environnementaux qui nous attendent, autour de 6 grands thèmes : se nourrir, se loger, consommer, se déplacer, produire et travailler, et enfin gouvernance.

Différentes solutions écologiques et transitionnelles ont étés débattus lors de 7 sessions entre octobre 2019 et août 2020. Cette  assemblée citoyenne est une première dans notre démocratie [1]. Les enjeux sont de tailles : l’objectif est d’aider la France à réduire de 40 % minimum ses émissions de gaz à effet de serre avant 2030, et les solutions proposées ne devront pas négliger l’aspect social de telles mesures. Le président s’était d’ailleurs engagé à reprendre chacune des propositions « sans filtre » [2] et de transformer l’entièreté de ce travail en lois. Les 150 citoyen.nes ont travaillé d’arrache-pied pour proposer les 149 solutions visibles sur le site  www.propositions.conventioncitoyennepourleclimat.fr/

La médiatisation de cette initiative est plus forte depuis quelques semaines, et pour cause : c’est l’heure du bilan pour la convention, car le projet de loi issu de la réflexion de nos 150 compatriotes a été présenté le 10 février 2021. Qu’en est-il réellement du « sans filtre », affiché par le Président depuis le début de cette initiative ? Les 150 citoyen.nes en ont débattu lors d’une dernière assemblée et ont chacun attribué une note de 0 à 10 pour chacun des thèmes cités plus haut. Leur conclusion est sans appel : la note moyenne est de 3,3 [5], et une vingtaine de participant.es ont tout bonnement voté 0 à chaque thème, pour exprimer leur vif mécontentement face à la définition visiblement floue de notre président concernant le sens du mot « filtre ». Le site Sans Filtre [4] permet de visualiser de manière simple et interactive l’ensemble des propositions des citoyens, traduites par le mouvement en mesure concrète. On y voit par exemple que tous thèmes confondus, il n’y a que 4 mesures intégralement reprises sans filtre ; 10 mesures ont étés entièrement rejetées et 90 d’entre elles n’ont tout simplement pas été incluses dans le projet de loi.

On comprend mieux la déception [3] des citoyen.nes qui ont travaillé sur le projet. Le gouvernement leur répond que dans le vrai monde, il n’est pas possible de faire appliquer des mesures aussi restrictives pour la croissance, sans sacrifier l’emploi, la consommation, bref — le capitalisme tel qu’on le connaît (les lobbies industriels ont encore une fois bien fait leur travail). Le problème, c’était que ces mesures ambitieuses visaient justement à changer de cap tant qu’il est encore temps pour aider la France à effectuer un début de transition vers une économie plus « verte » et plus responsable. Pour que les changements aient un réel impact sur notre impact carbone, il semble justement nécessaire de proposer des ruptures et des changements relativement radicaux (si tant est que la proposition d’un menu végétarien non obligatoire en cantine pour les enfants soit un changement radical, proposition rejetée). La France avait bien commencé en étant la première à proposer une initiative de ce type, et cela aurait pu être un exemple si la reprise de ce titanesque travail des citoyens avait été au rendez-vous. Après un passage en commission spéciale à l’Assemblée, les propositions de loi doivent maintenant examinées en séance plénière et nous ne sommes pas à l’abri de nouvelles surprises — en espérant qu’une dégradation de ces maigres efforts soit évitée.

 

[1] Site officiel de la convention citoyenne https://www.conventioncitoyennepourleclimat.fr/

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RLPi : des citoyen.nes continuent d’interpeller Rennes Métropoles à l’occasion de la Journée mondiale contre la pub

✊ Le 25 mars c’était la journée mondiale contre la publicité à Rennes et partout dans le monde✊
En ville, la publicité est omniprésente, elle s’impose à chacun.e d’entre nous : l’espace public est le seul lieu où la publicité est inévitable. L’affichage est une pollution sur plusieurs aspect : paysagère, environnementale, énergétique…
Il est indispensable de protéger la liberté de réception des citoyen.ne.s. Des dispositifs existent pour cela : des Règlements Locaux de Publicité. Ils peuvent et doivent aller au-delà de la réglementation nationale qui est insuffisante en la matière. Si elles ne peuvent pas agir sur le contenu des publicités, les collectivités peuvent décider de diminuer leur visibilité.

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Rennes Métropole est en pleine révision de son RLPi. A cette occasion, la métropole a lancé une consultation pour recueillir les avis concernant la place de la publicité dans la ville.
✏️ A vous de donner votre avis sur www.rlpirennesmetropole.fr ou en écrivant un mail à rlpi@rennesmetropole.fr
La publicité soulève de nombreuses problématiques:
😡La publicité incite à la surconsommation et prône un idéal de vie polluant.
😡 La publicité favorise les grandes entreprises au détriment du commerce local. Les principaux annonceurs sont issus des secteurs de la grande distribution et de l’automobile avec des entreprises et produits polluants et nocifs pour la santé (malbouffe, gaz à effet de serre, chimie, etc.).
😡La publicité incite à faire des achats compulsifs, non pérennes et néfastes en matière de santé publique.
Crédits photos : @kmilepsie et @wolf.otographe

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RLPi : un week-end sans publicité, et si c’était toute l’année ?

Des militant.tes d’Alternatiba-ANV COP21 Rennes se sont mobilisé.es afin d’interpeller Rennes Métropole sur la thématique de la publicité. Par petits groupes de 4, ils ont retiré des affiches publicitaires des panneaux et abribus, vidés ainsi de ces injonctions à consommer. A la place, les habitant.tes ont pu retrouvé des informations sur l’élaboration en cours du Règlement local de publicité intercommunal, et les moyens de concertation mis en place par la métropole. Le RLPi permet de mettre en place une réglementation afin de protéger les citoyen·nes de cette agression tout en réduisant ses impacts climatiques, énergétiques et paysagers. Les militant.es ont reçu des retours majoritairement positifs : ce thème intéresse les citoyen.nes qui souhaitent se réapproprier l’espace public.
Pour terminer leur action, les militant.e.s se sont rassemblé.es à République, épicentre de la cité rennaise. Après avoir retiré quelques affiches et recouvert quelques panneaux numériques de blanc de meudon, la STAR est intervenue et a appelé la police. L’action s’est donc terminée par une interpellation de certain.es militant.es, qui encourent des amendes pour dégradation et manifestation non autorisée !
-> Rappelons que la publicité est très énergivore et entraîne des mécanismes de surconsommation. 
-> Les écrans publicitaires lumineux consomment sept fois plus d’électricité que des dispositifs traditionnels et nécessitent pour leur fabrication l’utilisation de matières premières dont l’extraction se fait souvent au mépris de l’environnement, de la santé des travailleur.ses et des populations locales.
-> Vous pouvez donner votre avis jusqu’à la fin de l’été 2021 : www.rlpirennesmetropole.fr et rlpi@rennesmetropole.fr.
Il est temps de se réapproprier l’espace public et d’imaginer ensemble l’avenir de la publicité dans notre ville !

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Via Silva ou la contrefaçon écologique

Via Silva, un paysage préservé

Qu’est-ce que le projet ViaSilva ?

À cheval sur les communes de Cesson-Sévigné, Thorigné et Rennes, ViaSilva est un projet de développement urbain de 600 hectares couvrant le dernier grand site constructible à l’intérieur des rocades de Rennes.

Le projet vise à développer les activités économiques de la métropole (la fameuse « compétitivité et excellence technopolitaine ») et à créer logements et bureaux dans la continuité des schémas urbains des trois communes concernées (en cohérence avec l’arrivée de la future ligne b du métro). Entamée en 2009, le projet doit se terminer en 2040. 400 hectares seront voués à l’urbanisation et environ 200 aux « parcs et espaces verts ».

Une Société publique locale d’aménagement, la « SPLA ViaSilva », a été créée pour diriger le projet. Elle est présidée par Albert Plouhinec, maire de Cesson Sévigné et membre communautaire de Rennes Métropole[1]. Les ZAC « les Pierrins » et « Atalante ViaSilva » (de respectivement 107 et 93 hectares) forment la première phase du projet qui couvre 200 hectares (un tiers de la surface totale du projet) et compte 5950 logements[2]. Aujourd’hui, la construction d’Atalante est très bien entamée. La ZAC des Pierrins a toutefois été divisée en deux parties : Ouest et Est. Seule la partie ouest fait partie de la première phase qui verra le jour en 2025.

Il reste donc beaucoup à faire avant que le projet d’aménagement ne soit terminé. Toutefois la première phase inquiète déjà de nombreux locaux : d’immenses bâtiments en bétons occupent ce qui était autrefois des terrains agricoles, des hectares de terres ont été ratissés et des zones naturelles détruites. Pourtant le projet ViaSilva se targue d’avoir le label « Écocité », cela doit donc forcément être un projet écologique… non ?

Carte de la première phase du projet Via Silva

Une volonté écologique affichée

Les promoteurs le disent eux-mêmes : le respect de la nature et du patrimoine bâti fait partie de leurs priorités[3]. Ils affirment que « le projet urbain s’adapte à ces zones écologiques et naturelles, et non l’inverse ! »[4]. Dans le rapport 2019 de « Territoires », le regroupement d’entreprises publiques locales d’aménagements dont la SPLA Via Silva fait partie, on peut lire « les deux premières opérations d’aménagement du projet ViaSilva (AtalanteViaSilva et Les Pierrins) [font] l’objet de tous les soins pour assurer la préservation et la valorisation des ressources naturelles repérées en amont ou découvertes au fil des études et des visites de site »[5]. Le projet doit « évoque[r] l’idée de la « ville nature » en s’appuyant sur un territoire particulièrement favorable à l’écologie et structuré autour de vastes espaces naturels »[6]. Via Silva bénéficie également du label « Écocité » décerné aux villes qui « mettent en œuvre de grands projets d’aménagement durable pour répondre aux enjeux du changement climatique ». Parmi les critères d’évaluation du projet on trouve notamment une limitation des émissions de gaz à effet de serre ainsi que la préservation et l’amélioration des milieux écologiques[7]…On peut rajouter à cela que plusieurs concertations ont été organisées afin de prendre en compte les envies et craintes des habitants à proximité.

Écocide, béton et artificialisation

De janvier à février, un collectif d’habitants proche de la future ZAC (qui se constituera prochainement en association), a organisé trois visites du chantier ouvertes au public afin de révéler la réalité du projet d’urbanisation ViaSilva. Dès l’arrivée sur place, on a de la peine à voir l’horizon écologique. Il est vrai que les tours de béton gênent un peu la vue : sur 5950 logements prévus, tous sont en béton, pas un seul n’est en écomatériaux. Notons que la construction du béton est responsable de 4 à 8% des émissions mondiales de C02 (2.8 milliards de tonnes/an)  (chaque tonne de béton produite crée une tonne de CO2) et consomme 10% de l’eau douce disponible dans le monde[8]. A partir de chiffres de l’ADEME, le collectif estime que la construction de la ZAC (sur les 650 hectares) libérera au minimum 1.6 million de tonnes de C02 (sans compter le parc, la voirie, la station de métro et les infrastructures). Avec 40 000 habitants de prévus[9], cela représente 40 tonnes de C02 par habitant[10] alors qu’il faudrait être à 2 tonnes par habitant et par an maximum pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050…[10bis] Cela fait au minimum 1.5 million de tonnes de C02 à compenser ! De plus, ces bâtiments sont pour la plupart en « voile de béton » (coulage de béton armé en un seul bloc) : ce procédé rend la rénovation si compliquée et chère que les bâtiments seront détruits en fin de vie … soit au bout de 50 ans[11] !

Via Silva - Arrivée du métro

Et qu’en est-il des terres sur lesquelles ces tours grises ont été bâties ? La zone est définie comme « Espace à dominante agricole et naturelle » d’après le Schéma de cohérence territorial (SCOT) du Pays de Rennes[12]. Alors que la Métropole se targue d’ambitions sur l’autonomie alimentaire, elle artificialise donc 650 hectares de sa ceinture verte nourricière. Pourtant le SCOT local « soutient l’agriculture périurbaine, en tant qu’acteur économique de premier ordre, fournisseur de biens alimentaires, premier aménageur de l’espace et composante majeure du cadre de vie »[13] : de belles paroles qui ne se traduisent pas en actes. Ce constat est d’autant plus intolérable quand on sait qu’en France la surface agricole utile est passé de 63 à 52% du territoire depuis les années 50[14] et que la Bretagne est la 3ème région ayant le plus fort taux d’artificialisation (11,4% des terres en 2016)[15].

Pour rajouter au désastre, au niveau de la ZAC Atalante, un bois classé et protégé pour ses caractéristiques environnementales (nidification et reproduction d’une faune spécifique, notamment des chauves-souris) a été défriché et son sol dénaturé afin de pouvoir y bâtir. Sur une partie de la ZAC des Pierrins, le sol était considéré comme impropre à la construction en raison à la concentration de métaux lourds qui s’y trouvait (due l’épandage agricole). Ne pouvant construire dessus, la terre a été extraite et remplacée par… les terres végétales de la zone humide à proximité ! 

Du béton à via silva

Des mesures compensatoires absurdes

Comme pour se racheter une bonne conscience, un parc de 50 hectares a été construit à côté de la ZAC. Un cadeau à la biodiversité ? Que nenni. Ce parc fait en vérité partie d’une mesure compensatoire obligatoire en cas d’imperméabilisation de sol et de destruction de la biodiversité. L’eau ne pouvant s’infiltrer à travers le béton, il est nécessaire de créer des zones « tampons » pour « retenir » l’eau et éviter des perturbations des bassins versants. De même, il est obligatoire de recréer des zones naturelles quand on en détruit (il n’y a toutefois pas de mesure compensatoire pour les terres nourricières perdues). Le parc est ainsi composé entre autres de plusieurs bassins de rétentions, de zones humides « recréées » et d’une rivière artificielle qui servira à accueillir l’eau qui ruisselle à partir des zones perméabilisées (eau considérée comme polluée qui ne peut donc être déversée directement dans la rivière naturelle). 

Le problème avec ces mesures compensatoires, c’est qu’elles présument que l’on peut tout détruire à partir du moment où l’on « récupère ailleurs ». On peut donc raser des milieux naturels sous prétexte de créer les conditions favorables à l’émergence d’une biodiversité équivalente ailleurs. Mais la nature ne peut être déplacé d’un point A à un point B, ce qui est détruit reste détruit. La compensation doit normalement être la dernière option pour limiter notre impact. L’Office français de la biodiversité[16]  l’affirme : « Il faut prioriser l’évitement des impacts sur les milieux naturels liés à l’urbanisation, car ces mesures ne compensent pas leur destruction ». Même la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL) a récemment critiqué les collectivités pour leur recourt systématique aux mesures compensatoires plutôt qu’à la préservation de la nature[17]. 

Avec 50 hectares de parcs parsemés de bassins de rétentions pour seulement 100 hectares urbanisé (car le parc n’a été pensé que pour compenser la première phase du projet !) on ne peut pas dire que la réduction des impacts soit la priorité des promoteurs ! Pire : la compensation est utilisée comme faire-valoir écologique, alors qu’elle est plutôt l’aveu d’un échec de conception.

Via Silva - Bassin de rétention

Des ambitions en décalage avec la réalité

Que dire donc du projet ViaSilva ? Nous avons ici à faire à un projet parfaitement légal, honoré d’un label écologique, qui semble suivre les recommandations officielles pour ce type de projet (consultation des habitants, objectifs écologiques pensés en amont, préservation des hameaux patrimoniaux…) pourtant, comme nous l’avons montré, les conséquences sur l’environnement sont légions. Faire moins pire ne veut pas dire faire un projet écologique, surtout quand des milieux et des terres naturelles sont sacrifiés. Même quand ils affirment bien faire, les institutions publiques sont en total décalage avec l’urgence climatique que nous vivons. Le projet ViaSilva peut à cet égard très bien être mit en parallèle avec la victoire récente de l’Affaire du siècle !

Si vous souhaitez en savoir plus sur le projet ViaSilva et sur son absurdité (il y a tellement de choses à dire, nous n’avons pas pu tout mettre ici !) contactez le collectif citoyen de Cesson : cercle-citoyen-cesson@lists.riseup.net ou sur leur page Facebook @cerclecitoyencesson

Le collectif cherche également à impulser une association pour encadrer ce projet et lui faire prendre une voie réellement écologique, rejoignez-les !

Continuons à lutter contre ces projets de destruction de la nature ! 

=> Projet d’extension de l’aéroport de Rennes : https://alternatiba.eu/rennes/avion-crise-sanitaire/

=> Projet d’extension du stade Rennais sur la Prévalaye : https://alternatiba.eu/rennes/sauvegarde_prevalaye/ 

 

[1] Wiki de Rennes Métropole, http://www.wiki-rennes.fr/ViaSilva
[2] Fiche ViaSilva du Réseau national des aménageurs, 2017, p5, http://www.reseaunationalamenageurs.logement.gouv.fr/IMG/pdf/170612_frex_viasilva.pdf
[3] Site internet de ViaSilva, http://viasilva.fr/viasilva/projet-urbain
[6] Wiki de Rennes Métropole, http://www.wiki-rennes.fr/ViaSilva
[7] Ministère de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales, Explorateur écocités, https://explorateur.ecocites.logement.gouv.fr/
[8] Brian Resnick et Javier Zarracina, « All life on Earth, in One Staggering Charte », Vox du 15 août 2018, vu dans Béton, arme de construction massive du capitalisme, de Anselm Jappe, 2020, p92.
[9] Fiche ViaSilva du Réseau national des aménageurs, 2017, p7, http://www.reseaunationalamenageurs.logement.gouv.fr/IMG/pdf/170612_frex_viasilva.pdf
[10bis] Publication du bureau d’étude Carbonne 4, 2019, http://www.carbone4.com/publication-faire-sa-part/
[11]  Béton, arme de construction massive du capitalisme, de Anselm Jappe, 2020, p102.
[12]  SCOT approuvé du Pays de Rennes (carte), http://www.paysderennes.fr/-Calendrier-et-demarche-.html
[13] SCOT du Pays de Rennes (Document n°5), http://www.paysderennes.fr/-Les-grandes-etapes-de-la-revision-.html
[14] Actes du colloque en ligne du 20/11/20, Artificialisation des sols, Eau et rivières de Bretagne, p3.
[15] Biodiversité et société en Bretagne : cultivons les interactions ! CESER de Bretagne, 2020, p40.
[16] Actes du colloque en ligne du 20/11/20, Artificialisation des sols, Eau et rivières de Bretagne, Mikaël Le Bihan, inspecteur de l’environnement à l’Office français de la biodiversité, p20.
[17] Évaluation environnementale, Principaux enseignements 2019 pour la Bretagne, DREAL de Bretagne

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Ciné/débat No Way de Ton Van Zantvoort – 11/03

[A vos agendas] Projection du film No Way de Ton Van Zantvoort et débat sur le thème de l’agriculture. 🐑🐑
Synopsis : Abandonner son troupeau ? Trouver un autre boulot ? Tout envoyer paître ? Pour Stijn, c’est NO WAY. Il se battra jusqu’au bout, contre vents et marées et lois du marché. Et il n’est pas seul.
🌳🌳🌳🌳🌳🌳🌳🌳
Prix libre et conscient
⚠️Réservation obligatoire sur HelloAsso : https://bit.ly/3qz7Sd2
🌳🌳🌳🌳🌳🌳🌳🌳
En France, la population agricole a perdu 5 millions d’actif en un siècle. Par ailleurs, la crise sanitaire n’a fait que visibiliser davantage les dysfonctionnements évidents de nos systèmes alimentaires décriés depuis des années par le monde paysan, la recherche et les organisations environnementales. A l’heure où l’alimentation et la gestion des ressources vont constituer des enjeux majeurs de résilience de nos sociétés, il est impératif de créer de nouveaux imaginaires mais aussi et surtout de remettre en question nos modes d’action de défense de nos milieux de vie, d’une production alimentaire respectueuse du vivant et de conditions humaines décentes pour celles et ceux qui nous nourrissent.
A la suite de cette projection nous vous inviterons donc à venir débattre et engager une réflexion avec nos intervenant-e-s autour de différentes questions dont voici un aperçu :
    – Quels horizons pour la paysannerie et l’agriculture vivrière de demain face à la désertion des campagnes, l’augmentation de la précarité alimentaire, aux pressions des lobbies de l’agro-industrie et de la finance ou encore face à l’urgence climatique ?
    – Comment dépasser le clivage (pseudo “agribashing”) entre monde militant écolo et monde paysan ? Comment se réunir face à un ennemi commun ?
    – Comment réinventer nos modes d’actions militantes sur les territoires face au constat de la disparition des petites fermes ?
  • Certaines actions de désobéissance civile dépassées ou insuffisantes ?
  • Quelle place pour le lobbying citoyen ? Le boycott ? La consomm’action ?
  • L’expérience par le faire : les nouveaux lieux d’expérimentation => comment voulons-nous habiter nos campagnes ? Comment réinventer les fermes (fermes multi-activités) ?

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Plantation Rébellion : mobilisation pour l’avenir de la Prévalaye

Nous étions réuni·e·s le dimanche 31 janvier à la Prévalaye pour planter plus de 500 arbres (chênes, saules, frênes, framboisiers, noisetiers…) et défendre cet espace naturel d’intérêt écologique !

Par cette action, nous citoyen·ne·s, associations, collectifs et riverain·e·s souhaitions montrer notre détermination à défendre ce site agrinaturel menacé par la bétonisation, l’artificialisation et les projets d’urbanisation de Rennes Métropole et du Stade Rennais ! Nous avons mené une action de compensation écologique avec une diversité d’espèces et des distanciations respectées entre chaque arbre.

Merci à l’association Forêts en devenir et aux Jardins de Saint Cyr pour les dons d’arbres, le café forêt et les conseils donnés tout au long de la journée. Pour soutenir l’association, vous pouvez encore faire un don ici.

Merci à la cantine populaire et solidaire du Réseau de ravitaillement des luttes-pays de Rennes pour les délicieuses crêpes et boissons !

Et merci à toutes et tous d’être venu·e·s montrer votre détermination à défendre ce territoire ! Retrouvez ci-dessous quelques photos de la journée.

Rendez-vous très bientôt pour une nouvelle action : le combat pour défendre la Prévalaye continue !

Cette action a été coorganisée par : Attac Rennes, Alternatiba/ANV Rennes, Résistance Ecologiste Rennes, Youth For Climate Rennes, Extinction Rebellion Rennes, La Nature en Ville, GNSA, Collectif Sauvegarde de la Prévalaye, Forêts en Devenir.

Plus d’infos sur le site du Collectif pour la sauvegarde de la Prévalaye.

Signez la pétition ici.

Voir moins


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Retour sur… le One Planet Summit


Le One Planet Summit [1] qui s’est tenu le 11 janvier dernier, est un événement annuel organisé conjointement par la France, les Nations unies et la Banque mondiale.

Les objectifs affichés sont très clairs :

  • lutter contre le réchauffement climatique,
  • élaborer des stratégies d’action communes,
  • travailler ensemble pour restreindre l’impact de notre mode de vie humain sur la biodiversité.

Avec une grande thématique abordée chaque année, la préservation de la biodiversité pour l’édition 2021, il est temps de se demander la pertinence de cet événement et le réel suivi des intentions exprimées par les participant.es.

Comme la plupart des événements de ce genre (COP, Grenelle, etc.), la conclusion est souvent un manque d’actions concrètes, chiffrées et suivies. Par exemple, pour la baisse des gaz à effet de serre en France, la baisse des émissions s’est traduite par une augmentation des inégalités : les émissions annuelles des 50 % les plus pauvres ont baissé de 24 %, celles des 40 % de « revenus moyens » de 13 % alors que les émissions des 10 % les plus riches ont augmenté de 3 %, et celles des 1 % les plus riches de 5 % (rapport d’OXFAM 2021 [2]). Aussi, selon le Réseau Action Climat [3], une grande majorité des initiatives portées par le sommet (68 %) ne communique absolument pas sur son système de suivi et donc sur ses résultats.

Le système de gouvernance est lui aussi a critiquer avec 46 % des coalitions (Global Climate Action Portal, Climate Initiative Platform et bien sûr le site du One Planet Summit), qui font preuve d’une gouvernance insuffisante. Cela signifie, par exemple, qu’une coalition va expliquer sur les plateformes comment son secrétariat fonctionne, mais ne va pas préciser comment la prise de décision est organisée au sein de ses membres. De plus, 19 % des coalitions ne communiquent aucune information sur leur système de gouvernance. Il y a donc une large majorité de coalitions qui ne sont pas assez, voire pas du tout transparentes sur leur fonctionnement. Cela pose question : comment les citoyen.ne.s peuvent vérifier les résultats, les modes d’actions – et s’assurer de l’efficacité concrète du sommet ?

Des concepts néo-libéraux ont été introduits par la conférence comme des moyens d’action pour la protection de la biodiversité. Par exemple, la privatisation de la nature est un sujet en vogue lors des dernières éditions. Il s’agit de renforcer la puissance de la finance et son emprise sur la nature pour protéger cette dernière. Il est, selon certain.ne.s spécialistes libéraux, plus pragmatiques et facile de protéger quelque chose ayant un prix réel (une forêt, une espèce, etc.) et fixer un prix à la nature semble une solution rationnelle à ce problème — évidemment au détriment des populations : déplacements induits par une privatisation de certains espaces/épuisement des ressources au détriment d’autres selon le prix donné par des financiers à certains éléments plutôt que d’autre,etc… Cette vision capitaliste de notre environnement nie l’aspect ensembliste de la nature et les interdépendances complexes entre tous ses éléments, et nie également le fait que nous faisons partie de la nature : nous ne possédons pas la nature, et cela semble dur à avaler pour tous les boursicoteurs libéraux qui prennent part à cette grand-messe annuelle.

Il est donc grand temps que ces coalitions soient :

  • ouvertes sur leur méthode de prise de décision
  • ambitieuses dans leurs prises de position concrètes
  • rigoureuses et transparentes dans leurs méthodes de suivies des engagements

Le rôle des militant.es est plus que crucial pour rendre ces événements réellement utiles, en maintenant une pression politique constante et en mettant le changement climatique et la chute de la biodiversité en une le plus souvent possible.
Il faut aussi continuer à créer nos propres dynamiques de lutte sans attendre des solutions qui ne viendront sûrement jamais d’en haut.

[1] https://www.oneplanetsummit.fr/
[2] https://www.oxfamfrance.org/rapports/le-virus-des-inegalites/
[3] https://reseauactionclimat.org/wp-content/uploads/2021/01/briefing-one-planet-summit.pdf

 


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Plantation Rébellion le 31 janvier à la Prévalaye


Nous vous donnons rendez-vous dimanche 31 janvier à partir de 12h30 pour défendre la biodiversité à La Prévalaye ! Venez planter des arbres pour défendre cet espace naturel d’intérêt écologique !

Les arbres abritent une faune et une flore foisonnantes et agissent pour la régulation du climat, l’entretien des sols et la santé publique. Nous souhaitons par cette action dénoncer les abattages contre-écologiques et les mesures de compensation bidons et indigentes réalisés par Rennes Métropole !

La Prévalaye est aujourd’hui menacée par des aménagements urbains et par le projet d’extension du Stade Rennais sur des terres agricoles, projet qui doit être présenté publiquement le 2 février. Nous voulons réaffirmer la vocation agrinaturelle de la Prévalaye et montrer notre opposition à l’artificialisation des terres. Nous refusons que le vivant soit fragilisé, bétonné, abattu, détruit, au nom du tourisme ou d’une économie qui rentabilise les investissements en capitaux.

Les diverses espèces d’arbres qui seront plantées (chênes, saules, frênes…) ont été données par l’association Forêts en devenir. Pour faire un don à cette association qui a pour but de créer de nouveaux espaces boisés diversifiés de manière collaborative et solidaire, rendez-vous ici.

Venez avec vos bottes, si possible avec votre pelle ou votre pioche, et avec votre masque. Le Réseau de Ravitaillement des Luttes proposera des galettes, des crêpes, du thé et du café !

Rejoignez l’événement Facebook ici pour être tenu.e informé.e des dernières actualités !

Cette action est coorganisée par : Attac Rennes, Alternatiba/ANV Rennes, Résistance Ecologiste Rennes, Youth For Climate Rennes, Extinction Rebellion Rennes, La Nature en Ville, GNSA, Collectif Sauvegarde de la Prévalaye, Forêts en Devenir.

Plus d’infos sur le site du Collectif pour la sauvegarde de la Prévalaye.

Signez la pétition ici.

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Sauvegardons la Prévalaye !

La Prévalaye est une zone peu urbanisée et agricole de 450 ha située à l’ouest de Rennes. Cet espace naturel d’intérêt écologique est constitué de prairies, de bocages, de surfaces boisées, de zones humides, de cours et plan d’eau.

Des activités agricoles (Le Jardin des Mille Pas, La Basse Cour) et jardins partagés sont présents sur les lieux et confirment l’intérêt nourricier et la grande biodiversité du site tout en étant plébiscités par les Rennais.e.s. Une microferme (PermaG’Rennes) s’y est par exemple implantée il y a 4 ans, sur 5000 mètres carrés. On y cultive des légumes en permaculture pour récupérer leurs semences, en suivant des modes de production non mécanisés, paysans et écologiques : une vraie bouffée d’air pour tou.te.s les curieux et curieuses de ces méthodes de productions parties en désuétude au profit des méthodes de production industrielle que nous connaissons aujourd’hui — et qui posent question à l’heure de la transition écologique. Cet espace d’expérimentation et de transfert de connaissances relie loisirs et reconnexion à la nature pour tou.te.s les Rennais.e.s.

Mais cet écrin de verdure à la nature et la biodiversité exceptionnelle n’a visiblement pas vocation à perdurer, du moins selon les projets de la ville de Rennes et du Stade Rennais Football club, attenant à cette zone.
En effet, il est aujourd’hui question de développer une extension de 8 ha pour le centre de formation du stade sur les terres les plus fertiles du site et entraînant l’expropriation d’une partie des jardins familiaux, et bien évidemment en détruisant l’écosystème en place — pour la construction d’infrastructure, de vestiaires, de parkings, de routes, etc. Des associations locales constatent par exemple que les espèces d’animaux sauvages locales (crapauds, salamandres, entre autres) sont décimées à cause de la bétonisation. L’artificialisation de ces lieux qui sont chers à tous les acteurs locaux (paysans, randonneurs, habitants) est un mal exacerbé par le manque de dialogue dont fait part la ville de Rennes. Les promesses de campagne sont bafouées, les dialogues factices et les décisions unilatérales, souvent au détriment de la biodiversité (construction de parkings et aménagements urbains déjà en cours, bien que superflus selon la plupart des acteurs locaux). Le manque de transparence est réellement à dénoncer, notamment concernant les revendications écologiques fièrement arborées par nos élu.e.s locaux à Rennes : qu’y à t-il d’écologique dans la construction d’un centre d’entraînement d’athlètes ? Génération Écologie insiste sur le fait que cette urbanisation conçue par un cabinet parisien n’est ni pensée ni construite avec l’aide des principaux intéressés : Rennais.e.s, habitant.e.s et riverain.e.s.

– Alternatiba Rennes dénonce avec d’autres associations et collectifs – Attac Rennes, Extinction Rebellion Rennes, Youth for Climate Rennes, Groupe National de Surveillance des Arbres du Pays de Rennes, La Nature En Ville, Résistance Ecologiste Rennes, Collectif de Sauvegarde de la Prévalaye – ce projet pour ses conséquences à court et à long terme sur la biodiversité, la Prévalaye étant un des derniers bastions de préservation du bocage rennais originel ;

– Alternatiba Rennes dénonce la teneur unilatérale des discussions avec nos élu.e.s, ainsi que les intérêts purement économiques qui rythment les travaux sur cette zone riche en biodiversité : à l’heure de la transition écologique et face à tous les défis qui nous attendent, notamment en agriculture urbaine, la Prévalaye est réellement un atout pour la ville de Rennes et pour sa résilience… Tant qu’elle ne se transforme pas un parking géant ;

– Alternatiba Rennes s’engage à lutter pour la conservation de cet espace et pour tous les enjeux écologiques liés.

Nous menons donc un combat, pour que la Prévalaye reste et demeure un lieu naturel, protégé et continue de se développer comme un centre d’expérimentation agricole et de formation au grand public — pour nous préparer ensemble à l’avenir de l’agriculture, et pour conserver un refuge inestimable pour la biodiversité locale. La Prévalaye est l’un des poumons de Rennes, il ne nous semble pas sage de l’amputer…

Plus d’infos sur le site du Collectif pour la sauvegarde de la Prévalaye.

Signez la pétition ici.

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