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Alternatiba Rennes se mobilise pour la transition écologique en Bretagne

La commission « Alternatives territoriales », nouvellement créée au sein d’Alternatiba Rennes, se préoccupe des politiques territoriales locales. En particulier l’élaboration du SRADDET Bretagne et du PCAET de Rennes Métropole. Ces documents, actuellement en cours de révision, témoigneront de l’ambition de nos territoires en matière de transition écologique.

Un collectif associatif pour la transition écologique en Bretagne

La loi NOTRe du 7 août 2015, qui a abouti à la mise en place de nouvelles régions, a créé l’obligation pour celles-ci de produire un Schéma Régional d’Aménagement, de Développement Durable et d’Egalité des Territoires (SRADDET). À cette occasion, la région Bretagne a lancé une Breizh Cop lors du Carrefour des Transitions à Saint-Malo le 9 mars 2017 afin de faire émerger un projet ambitieux pour 2019. Avec une promesse : faire intervenir tous les acteurs du territoire, en particulier les associations environnementales et les citoyens. Un an plus tard, le grand rendez-vous citoyen annoncé est… plutôt discret.

Dans le cadre de la concertation lancée par la région Bretagne sur ce document d’orientation, Alternatiba Rennes s’est associé à un collectif associatif pour la transition écologique en Bretagne, impulsé par le réseau Cohérence. Un premier courrier a été envoyé début mars au président de la région Bretagne, rappelant que « la transition écologique indispensable à la résilience de notre région passera par une Breizh Cop exigeante, transformatrice et mobilisatrice. Cette exigence devra aussi se traduire dans le SRADDET, levier essentiel pour la transition écologique des territoires » et sollicitant un rendez-vous auprès du président Loïg Chesnais-Girard.

Un courrier à Nicolas Hulot, Ministre de la transition écologique et solidaire est en projet. L’objectif de ce courrier est de l’alerter sur le manque de transversalité de la Breizh Cop et de lui présenter notre démarche. Alternatiba Rennes souhaite s’appuyer sur des mobilisations telles que le Tour Alternatiba ou la Fête des Possibles pour informer et mobiliser les citoyens.

Le Plan Climat Air Energie Territoire (PCAET) : agir à l’échelle de la Métropole

Les intercommunalités de Bretagne ont obligation de respecter ce schéma directeur et de mettre à jour leurs politiques territoriales et d’urbanisme. Ainsi, Rennes Métropole va-t-elle mettre en place un second Plan Climat Air Energie Territoire (PCAET) courant 2018. Cependant, la concertation publique a été lancée l’hiver dernier sans communication. Alternatiba Rennes réfléchit aux moyens de mise en garde des élus et de mobilisation citoyenne, dans un contexte de pollution de l’air, de difficultés de déplacement et de retard dans les travaux de rénovation de l’habitat. Alternatiba Rennes compte s’appuyer sur les outils proposés par Alternatiba National, qui lance un appel à accélérer la transition écologique sur les territoires, au travers de sa campagne Alternatives Territoriales.


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Vaste mobilisation climat à l’été 2018 : le Tour Alternatiba annonce sa deuxième édition

Paris, le 20 novembre 2017 – Du 9 juin au 6 octobre 2018, les vélos multiplaces emblématiques du Tour Alternatiba repartiront sur les routes de France et des pays frontaliers. Promotion des alternatives au dérèglement climatique et résistance aux projets climaticides seront au programme de cette grande mobilisation populaire sur le climat, organisée par Alternatiba, les Amis de la Terre, Action Non-violente COP21. 41 partenaires du secteur associatif, syndical et de l’économie sociale et solidaire soutiennent déjà le projet.

tour

Sur près de 5 800 kilomètres, le Tour Alternatiba s’élancera de Paris le 9 juin 2018 pour atteindre Bayonne le 6 octobre [1]. 200 étapes sont prévues dans toute la France et les pays frontaliers. Les triplettes et quadruplettes, symboles de la force du mouvement collectif, s’arrêteront ainsi dans des grandes villes comme Toulouse, Grenoble ou encore Nantes, mais aussi dans des territoires ruraux et des lieux emblématiques de lutte et de mise en oeuvre des alternatives,  et arriveront pour le Village des alternatives à Bayonne.

Résistance à l’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, opposition à l’enfouissement de déchets nucléaires à Bure, mobilisation contre le projet de gazoduc Midcat à Perpignan, ville en transition à Ungersheim, parc citoyen photovoltaïque à Aubais, lutte contre la reconversion d’une raffinerie de Total en agrocarburants à Martigues, opposition à l’autoroute A45 à Lyon : autant d’exemples parmi les étapes qui permettront de mettre en valeur la multitude d’initiatives portées par les citoyens pour la transition écologique et sociale.

Ce projet d’envergure vise à aller au plus près des territoires et de ses habitants : chaque jour une conférence sera présentée par la délégation de cyclistes pour témoigner de la réalité du dérèglement climatique et des solutions qui existent pour y faire face. Les étapes seront également l’occasion d’organiser des formations à l’action directe non-violente, de diffuser des guides et outils pour favoriser le plaidoyer local, et de mobiliser largement avec des rassemblements, des vélorutions (manifestations à vélo) et des événements locaux.

Ce projet, co-organisé par Alternatiba, Action Non-Violente COP21 et les Amis de la Terre, réunit déjà près de 41 partenaires parmi lesquels des associations environnementales et sociales, des organisations de jeunes, des syndicats, des mouvements sociaux et des entreprises de l’économie sociale et solidaire. Tous sont signataires de l’Appel “Accélérons le développement des alternatives pour relever le défi climatique !” [2].

En 2015, la première édition du Tour Alternatiba avait mobilisé 60 000 citoyens partout sur le territoire en amont de la COP21 [3]. Alors que 2018 s’annonce comme une année importante pour le climat avec notamment la sortie d’un nouveau rapport du GIEC, le Tour Alternatiba vise à monter d’un cran la mobilisation pour le climat en sensibilisant et en formant une nouvelle génération de citoyens sur les alternatives existantes et sur la désobéissance civile non-violente.

#CTonTour

[1] Pour retrouver le projet : https://tour.alternatiba.eu/

[2] L’appel “Accélérons le développement des alternatives pour relever le défi climatique !” est disponible ici : https://tour.alternatiba.eu/ils-ont-signe-lappel/

[3] https://alternatiba.eu/2015/09/nos-enfants-nous-remercieront/


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Veille – Le sol, une ressource oubliée

Au menu de cette veille de février : retour sur Notre-Dame-des-Landes, mobilisation contre le projet Avalonys, focus sur le sol : une ressource oubliée.

Retour sur Notre-Dame-des-Landes

Nous vous en parlions le mois dernier, la réponse est tombée : le gouvernement a annoncé le 17 janvier l’abandon du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes. C’est l’option du réaménagement de l’aéroport Nantes-Atlantique qui a été retenue. Se clôturent ainsi près de 50 ans de bataille politique et juridique. Si la nouvelle est réjouissante, la question du devenir de la ZAD, de ses habitants et de ses terres reste encore en suspens. Le gouvernement a demandé à ce que la ZAD soit vidée de ses occupants illégaux pour la fin du mois de mars. La “route des chicanes”, qui coupe la ZAD en deux, a été rouverte à la circulation, à la demande des autorités. Les terres appartiennent aujourd’hui à l’Etat, mais ne seront pas gardées par celui-ci. Elles seront rendues aux agriculteurs ou revendues pour des projets agricoles. L’une des pistes évoquées par les occupants de la ZAD, qui ont lancé de nombreuses activités agricoles, est que l’Etat conserve la propriété des terres et les loue au collectif de la ZAD, une idée inspirée de ce qui s’est créé dans le Larzac.

“Enracinons l’avenir !” Une journée de mobilisation festive est prévue le 10 février à Notre-Dame-des-Landes

Sources :

 

Projet Avalonys : mobilisation pour un autre avenir des terres agricoles

Plus près de chez nous, à Guipry-Messac en Ille-et-Vilaine, l’association La PUCE (l’association qui se Pique d’Urbanisme, de Culture et d’Environnement ) continue de susciter le débat autour du projet Avalonys dont nous vous parlions également le mois dernier. Pour rappel, l’association dénonce l’ampleur du projet qui aboutira à la bétonisation de 82 hectares de terres agricoles pour la construction d’un parc d’attraction. Plus récemment, celle-ci a dénoncé et mis en avant dans un communiqué de presse les contradictions sur le financement public et le manque de transparence sur la communication de Vallons de Haute Bretagne Communauté qui soutient le projet Avalonys. Afin de mobiliser les citoyens sur le sujet et sur la promotion d’une autre vision concernant l’avenir de ce territoire agricole, l’association invite toute personne intéressée à venir débattre lors du dernier café-débat, le jeudi 8 février à 10h00 au bar L’Omnibus à Messac. (https://lapucedecormere.wixsite.com/site )

 

Point technique : le sol

Nous vous parlions précédemment des différents projets immobiliers et commerciaux, qui engendrent une bétonisation des terres agricoles en Bretagne/Ille-et-Vilaine. Mais pourquoi donc sommes-nous tellement opposés à ces projets, si prometteurs en termes d’emplois selon leur promoteurs ? Et pourquoi l’agriculture intensive fait-elle également partie du problème ?

Dans le monde, seulement 22% des sols émergés seraient favorables à l’agriculture dont 60% au moins subissent une ou plusieurs formes de dégradation : érosion, baisse de matière organique, désertification, tassement, urbanisation (1ère problèmatique en France). En France, on estime la surface de terres agricoles qui disparaît suite à l’artificialisation du sol pour des lotissements, des voies ferrées, des zones industrielles ou commerciales, etc. à l’équivalent d’un département tous les 10 ans !

Revenons donc quelques milliers d’années en arrière : la France était recouverte à 90% de forêt. Et sous les arbres… le sol !

 

Qu’est-ce que le sol ?

C’est le résultat d’un long processus d’organisation de la terre. On estime qu’il faut environ 500 ans pour créer 5 centimètres de sol.

En hiver, les feuilles tombées des arbres s’entassent et se décomposent, sous l’action de la faune de surface et de champignons, pour former l’humus. Les bactéries minéralisent cet humus qui libère alors des phosphates, nitrates et autres minéraux. Ces éléments partent dans la terre, emmenés par les eaux de pluies, avant d’être captés par les racines de l’arbre pour former les prochaines générations de feuilles.

Loin en profondeur, près des nappes phréatiques, les racines de l’arbre sécrètent un composé acide qui érode la roche pour former de l’argile. Les racines servent également de passage à l’eau qui est filtrée et arrive “pure” dans les nappes phréatiques.

Entre ces deux strates vivent les lombrics, qui passent leur vie à faire des allers-retours entre la surface et la profondeur, mélangeant la terre en la mangeant, formant ainsi un complexe argilo-humique – la terre – et aérant les sols.

Sources : Claude Bourguignon, spécialiste en microbiologie des sols

 

Des sols en danger

De cette organisation dépend les différents rôles du sol:

  • Ressources : alimentation, bois, vêtements (coton, lin), médicaments issus d’organismes provenant du sol (70% des antibiotiques)
  • Filtration et réservoir d’eau
  • Réservoir de carbone (grâce à la photosynthèse)

Cette ressource indispensable qu’est le sol est menacée par les pratiques humaines. On peut compter deux principaux fléaux, en plus de l’utilisation de produits phytosanitaires : la bétonisation, évidemment (le sol disparaît, altérant d’un coup l’ensemble des fonctions citées précédemment) et l’agriculture intensive, notamment pour les raisons suivantes :

  • le labour enfouit les matières organiques sous la terre, empêchant leur dégradation en humus. La faune de surface et les lombric sont ainsi privés de leur nourriture et voient leurs populations diminuer (source : http://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/lessentiel/ar/272/1122/biodiversite-sols.html)
  • les engrais chimiques, utilisés parce qu’ils favorisent la production de nitrates et phosphore. Utilisés en trop grande quantité, les racines ne parviennent pas à les capter. Entraînés par les eaux de pluie, ils s’enfouissent alors dans le sol et polluent les nappes phréatiques.

La réduction des faunes du sol entraîne une baisse de l’aération des sols. Ainsi, la capacité d’absorption de l’eau du sol diminue constamment, favorisant les inondations dès qu’il y a une hausse de la pluviométrie. Ce phénomène est aggravé par la pauvreté des arbres et haies des terrains cultivés et par le tassement de la terre par des engins agricoles de plus en plus lourds. (source : https://reporterre.net/L-ampleur-des-inondations-est-accentuee-par-les-mauvaises-pratiques-agricoles)

La question des sols reste souvent absente du débat politique sur l’agriculture.

À noter tout de même qu’en 2017, une loi a été adoptée afin d’éviter l’accaparement et la financiarisation des terres agricoles par des sociétés d’investissement. Elle donne pour cela plus de pouvoir aux SAFER (les sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural), qui décident de l’attribution et du devenir des terres agricoles en cas de cession.

Sources :

 

Quelles solutions pour lutter contre ces phénomènes en tant que citoyens ?

1/ Changer progressivement quelques habitudes alimentaires : consommer de manière plus responsable avec des achats bio qui favorisent l’agriculture biologique, l’agroécologie ou la permaculture, toutes respectueuses du sol et de la biodiversité, et consommer local pour soutenir les agriculteurs qui cultivent et prennent soin des terres près de chez nous.

2/ Se rapprocher de l’association Terre de Liens, qui lutte contre l’artificialisation des terres. Pour cela, l’association rachète des terres et des fermes qui auront pour but d’être cultivées dans des conditions respectueuses du sol et de l’environnement et d’être protégées du marché spéculatif. Elle propose aux citoyens plusieurs possibilités pour participer à la préservation des terres agricoles :

3 / Soutenir et appuyer les demandes citoyennes ou associatifs via des pétitions :

4/ Enfin, n’oubliez pas qu’il existe une façon simple et rapide de contribuer à résoudre ces problématiques : informer et sensibiliser votre entourage aux enjeux du sol et de sa préservation. (https://www.fne.asso.fr/actualites/7-bonnes-raisons-de-prot%C3%A9ger-les-sols)


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Veille – NDDL symbole de la bétonisation des terres

Des années de luttes, un énième rapport rendu le 13 décembre dernier et aucune décision de prise pour l’instant… Courant janvier, nous devrions savoir si l’aéroport Notre-Dame-des-Landes (NDDL), emblème de l’opposition à “Vinci et son monde”, sera construit ou non. Le rapport remis ne donne aucune préconisation mais a néanmoins permis d’envisager plus fortement, en l’étudiant mieux, la possibilité d’un agrandissement de l’aéroport actuel de Nantes Atlantique.

NDDL

Bien au-delà du conflit des “pro” et des “anti”, c’est bien la logique de bétonisation des terres, de la poursuite de la course au profit et au “toujours plus” à n’importe quel prix – surtout pour l’environnement – qui est en question.

NDDL s’en veut le symbole, mais de combien de projets n’entendons-nous pas parler ? A côté de chez nous, communes et intercommunalités, les mêmes qui désespèrent de voir leurs bourgs mourir, prévoient dans leur Plan Local d’Urbanisme (PLU) l’accaparement de terres agricoles et/ou naturelles au profit d’investissements à la fois inutiles et destructeurs.

 

 

 

 

  • À Noyal-sur-Vilaine, les habitants se mobilisent pour que le PLU ne participe pas au continuel grignotage des terres agricoles au profit de projet d’urbanisation massive. En ce moment c’est la ferme de la Touche du Val (exploitation laitière) qui va perdre de la surface. Si la mobilisation citoyenne a réussi à faire réduire les ambitions municipales de 7 à 4 hectares de consommation de terres agricoles, c’est la politique globale de la commune qui est en question. Ce lundi 18 décembre, le conseil municipal a voté en faveur de la modification du PLU, qui comprend la requalification de 4 hectares de terres agricoles. Vous trouverez la pétition en ligne sur leur site internet ou leur page facebook.

 

Voici donc une liste non-exhaustive des combats menés à côté de chez nous. Au niveau national, 200 fermes disparaissent chaque semaine, soit 1 300 hectares de terres agricoles et naturelles. Les prix du foncier ont explosé en parallèle : +40% en 10 ans (source : https://terredeliens.org/-le-sens-de-notre-action-.html).

Cette vision à trop court terme revendique des emplois et des gains économiques mais à quel prix social et écologique? La mobilisation citoyenne est cruciale pour mettre un terme à tous ces projets et proposer d’autres alternatives.