Plus de 1500 personnes mobilisées dans toute la France pour clouer les avions au sol, 130 placées en garde-à-vue à Paris

Samedi 3 octobre 2020, 15h30 – À l’appel d’Alternatiba et d’Action Non-Violente COP21, plus de 1500 personnes se sont mobilisées sur 18 aéroports en France et au Mexique. Ils exigent des mesures favorisant la réduction du trafic aérien, assorties d’un plan de reconversion pour les employés du secteur. A Paris, 125 activistes et 5 journalistes ont été placés en garde-à-vue suite à une action de désobéissance civile réunissant 350 personnes sur l’aéroport de Roissy, 87 d’entre elles ont réussi à pénétrer sur le tarmac. 7 personnes ont été interpellées au cours de leur action à l’aéroport de Mérignac (Bordeaux). À Annecy, Avignon, Besançon, Caen, Chambéry, Clermont-Ferrand, Lille, Marseille, Montpellier, Mulhouse, Nantes, Nice, Poitiers, Tallard, Toulouse et Tours, des vélorutions, marches, rassemblements et blocages étaient organisés.


Mobilisation devant l’aéroport de Tours le 3 octobre 2020

Répondant à l’Appel lancé le 10 juillet par Alternatiba et Action Non-Violente COP21, 18 actions de désobéissance civile, marches, vélorutions et rassemblements visant les aéroports ont été organisées ce samedi 3 octobre. A Roissy, 125 des citoyens réunis pour demander l’abandon du projet d’extension du Terminal 4 ainsi que 5 journalistes qui les accompagnaient ont été placés en garde-à-vue. Les organisateurs de l’action demandent leur libération immédiate. Un comité de soutien est organisé devant le commissariat de Bobigny dès 18h00. 

Alors qu’il faut de toute urgence réduire le trafic aérien, le gouvernement refuse d’abandonner le projet d’extension de Roissy, qui pourrait faire bondir le nombre de voyageurs et les émissions de gaz à effet de serre de la France. Il reste sourd aux demandes des riverains, des organisations écologistes et des 21 000 signataires de la pétition. Nous n’avons donc pas d’autre choix que de passer à la désobéissance civile.” réagit Marie Cohuet, porte-parole d’Action Non-Violente COP21. 

A Nantes, 140 personnes ont perturbé l’embarquement du vol à destination de Paris pour demander la fermeture de cette liaison intérieure, alors qu’une ligne de train permet de faire le trajet en deux heures. Viviane, membre de la Convention citoyenne pour le climat était présente et a déclaré : “Notre mandat était de proposer des mesures pour que d’ici 2030, la France réduise d’au moins 40 % ses émissions de gaz à effet de serre afin de garantir un futur vivable à nos enfants. Nous avons notamment proposé l’interdiction de la construction de nouveaux aéroports et de l’extension des aéroports existants. En dépit de la promesse d’Emmanuel Macron de transmettre nos mesures ‘sans filtre’, celle-ci est pourtant remise en cause.” A Montpellier, une centaine de personnes ont marché en direction de l’aéroport munies de valises symbolisant les 85,1 kg de CO2 émis par passager pour le vol Paris-Montpellier. A Tours, Besançon et Clermont Ferrand, les citoyens se sont rassemblés pour exiger la fin des subventions à ces infrastructures déficitaires et la réaffectation de cet argent public dans les mobilités douces. À Bordeaux, une marche et une vélorution ont eu lieu pour demander l’abandon des lignes substituables en train. En parallèle, 7 personnes ont été interpellées au cours d’une action de désobéissance civile.

Au rythme d’expansion du secteur avant la crise de la Covid-19, l’aérien aura consommé à lui seul l’intégralité du budget carbone de la France prévu dans la Stratégie Nationale Bas Carbone en 2050. “Alors que fait-on ? On arrête de manger, se chauffer et se vêtir pour qu’une minorité de la population continue de voler sans restriction ?“ conclut Nicolas Nace, porte-parole d’Alternatiba. 

Riverains subissant les nuisances des aéroports, jeunes mobilisés face à l’urgence climatique, employés ou étudiants du secteur aéronautique, membres de la Convention Citoyenne pour le Climat, scientifiques, organisations environnementales et personnalités politiques étaient aujourd’hui réunis derrière les mêmes demandes : réduire le trafic aérien, abandonner tous les projets d’extension d’aéroports, construire un plan de reconversion pour les employés du secteur et flécher les financements publics vers le développement des alternatives en matière de transport.


Rechercher sur le site

Reste informé·e !

Abonne-toi et reçois notre infolettre !

Suis-nous sur Twitter