De la démission de Hulot à la « marche pour le climat » : l’histoire d’un élan spontané

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De la démission de Hulot à la « marche pour le climat » : l’histoire d’un élan spontané

Superbe reportage, fait lors de la plénière du 6 septembre, écrit par Mathilde Bouquerel et Marion Esnault (Reporterre), à lire en entier ici : https://reporterre.net/De-la-demission-de-Hulot-a-la-marche-pour-le-climat-l-histoire-d-un-elan

  • Paris, reportage

Jeudi soir 6 septembre, 19 h 30. Ils sont une cinquantaine réunis dans la salle Varlin de la Bourse du Travail, dans le Xe arrondissement de Paris. Des affiches aux couleurs du mouvement Alternatiba, vertes, blanches et rouges ou portant le slogan « Changeons le système, pas le climat » ont été collées au scotch sur les murs, pour atténuer l’austérité de l’éclairage au néon. Le but de cette réunion ? Préparer la grande Marche pour le climat qui aura lieu samedi à Paris — de nombreuses autres auront lieu dans d’autres villes de France.

« Bon, on est nombreux ce soir, mais on va quand même commencer par prendre dix minutes pour faire un tour de parole », annoncent les deux militants d’Alternatiba qui animent la réunion, assis derrière un pupitre face à la salle. Chacun son tour, les présents donnent leur nom et précisent s’ils appartiennent à une association ou si c’est leur première réunion. C’est le cas pour beaucoup d’entre eux.

La parole commence à jaillir, au milieu de joyeux éclats de rire, tandis que les mains qui se dressent et tournent de droite à gauche pour approuver tel ou tel propos, selon les codes de communication non-violente énoncés en début de réunion. Les noms des associations présentes défilent : Alternatiba bien sûr mais aussi Les Amis de la Terre, Action Climat, ANVCOP 21, Paris sans voiture, etc.. Le tour de parole se termine. Tandis qu’au fond de la salle, une jeune maman tente de calmer son nourrisson, les bénévoles annoncent le programme : « On va se diviser en quatre groupes de travail et vous tournerez. » Les participants se répartissent aux quatre coins de la salle dans un brouhaha joyeux.

Gabriel Mazzolini, des Amis de la Terre, anime le groupe de travail sur la préparation de la Marche pour le climat. La trentaine, léger accent italien et humour pince-sans-rire, Gabriel explique à la douzaine de personnes réunies autour de lui le contexte de cet événement, lancé par un « citoyen lambda » comme il l’appelle, épaulé par des associations comme 350.org. Il explique aux participants attentifs les trois postes à remplir lors de la marche de samedi : service d’ordre, tractage et collage d’affiches, animation du cortège. Une jeune femme blonde coupe au carré demande : « Si l’on fait partie du cortège, ça veut dire qu’il faut qu’on aille chercher le mégaphone, les pancartes et la banderole ? » « C’est ça. Tu m’as l’air parfaite pour ce rôle, tu veux pas t’inscrire là-dedans ? » Éclats de rire. La jeune femme sourit et acquiesce. Les groupes tournent, Gabriel répète patiemment sa présentation tandis que de nouveaux participants continuent d’arriver dans la salle Varlin.

Le bénévole des Amis de la Terre confie : « Il y a énormément de nouveaux, je dirais 70 ou 75 %. C’est la première fois que c’est aussi important… Il y a sûrement l’effet du départ du Tour Alternatiba cet été, et puis les pics de chaleur en juillet et août. Mais la démission de Hulot y est sûrement pour quelque chose. » Une feuille tourne entre les participants, qui peuvent s’inscrire à différents postes pour la marche. Toute la soirée, jusqu’à 21 h, discussions et préparatifs vont se poursuivre.

[…]


DES MARCHES EN FRANCE ET DANS LE MONDE, AVANT UNE SEMAINE D’ACTIONS

Lors de la fête à Macron, le 5 mai 2018, à Paris.

La Marche pour le climat aura lieu à Paris, samedi 8 septembre, à partir de 14 h place de l’Hôtel de Ville, mais aussi dans de nombreuses autres villes de France. Elle s’inscrit dans un mouvement international, lancé par 350.org, une organisation basée aux États-Unis : chaque année, en septembre, elle organise une série d’actions pour le climat dans le monde entier.

En France, les marches de samedi s’articulent avec une semaine d’action visant les milieux financiers sous le slogan « Pas un euro de plus », c’est-à-dire pas un euro de plus pour l’industrie fossile. Il s’agit de pousser le monde de la finance à se désinvestir des industries fossiles pour investir dans les renouvelables et l’efficacité énergétique. La semaine s’achèvera le 15 septembre, date anniversaire des 10 ans de la chute de la banque d’affaire Lehman Brothers, point d’orgue de la crise financière. Cette journée d’action est organisée par la coalition européenne « Change Finance » regroupant plus de 60 organisations qui appellent à prendre le contrôle sur la finance, sous le slogan et hashtag #PasAvecNotreArgent !


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