Fin de partie pour Europacity

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Fin de partie pour Europacity

BONNE NOUVELLE 😁😁😁 !! Coup d’arrêt pour le mégaprojet EUROPACITY !!

Mardi 6 mars, le tribunal de Cergy-Pontoise a annulé l’arrêté préfectoral autorisant l’urbanisation des terres fertiles du triangle de Gonesse. Reporterre explique la décision, et raconte l’histoire d’Europacity, un projet démesuré de centre commercial et de loisirs aux impacts environnementaux dévastateurs. Contré par une lutte couronnée de succès.

C’est un coup fatal porté au projet Europacity. Mardi 6 mars, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé l’arrêté du 21 septembre 2016 du préfet du Val-d’Oise qui autorisait la création de la Zone d’aménagement concerté (Zac) du triangle de Gonesse, devant accueillir le mégacomplexe commercial. Motif, « l’étude d’impact mise à disposition du public dans le cadre de l’enquête publique, ayant eu lieu du 25 avril au 25 mai 2016, était insuffisante sur plusieurs points ».

Et ces points sont nombreux : « Le dossier mis à disposition du public ne précisait pas suffisamment de quelle manière les besoins énergétiques du projet allaient être couverts. Le tribunal a également relevé que l’étude était insuffisante s’agissant de l’incidence du projet sur la qualité de l’air, compte tenu notamment des émissions de CO2 induites par les déplacements de touristes, eu égard à la création d’Europacity. Enfin, le tribunal a estimé que l’étude d’impact n’avait pas suffisamment procédé à l’évaluation des incidences environnementales du projet cumulées à celles des travaux de création de la ligne 17, alors que les deux projets sont liés », a jugé le tribunal. Qui a rappelé « l’importance de l’impact potentiel de ce projet sur l’environnement, compte tenu notamment de la suppression de 280 hectares de terres agricoles ».

Le mégacomplexe commercial Europacity, porté par Immochan, filiale immobilière du groupe Auchan, et cofinancé par Wanda, géant chinois de l’immobilier, devait à lui seul occuper 80 hectares de la ZAC. Ce projet à 3,1 milliards d’euros de commerces, hôtels, restaurants et équipements culturels et sportifs — une piste de ski sous cloche y était même envisagée — espérait drainer 31 millions de visiteurs par an dans une zone où toute construction de logement est exclue, à cause des nuisances causées par les aéroports de Roissy-Charles-de-Gaulle et du Bourget.

« Ce projet de ville aéroportuaire est incompatible avec la lutte contre le changement climatique »

Pour Me Étienne Ambroselli, l’avocat des opposants à Europacity, cette entreprise démesurée se conjugue déjà au passé. « La décision du tribunal est un coup d’arrêt. Il faut être très clair : ce projet de ville aéroportuaire est complètement incompatible avec la lutte contre le changement climatique. Il est impossible de démontrer qu’il n’aura aucun impact sur la qualité de l’air et les émissions de gaz à effet de serre, puisqu’il est censé encourager les transports aériens. » L’avocat se montre confiant pour la suite : « L’État français veut donner des leçons à tout le monde en matière de lutte contre le changement climatique, il ne devrait donc pas s’acharner dans cette urbanisation. L’abandon du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes procède de la même logique. »

Bernard Loup, du Collectif pour le triangle de Gonesse, a accueilli la nouvelle avec joie et soulagement. « C’est une excellente nouvelle ! Le jugement va tout à fait dans le sens de l’avis de l’Autorité environnementale sur ce dossier. Désormais, on espère qu’Europacity va finir par être abandonné, car les éléments défavorables s’accumulent : le report de la ligne 17 du métro [à 2027 au lieu de 2024] et l’annonce d’un investissement de deux milliards d’euros et la création de trois nouvelles zones thématiques dans Disneyland Paris, le parc d’attractions concurrent. Pour eux, ce sont des nuages qui s’amoncellent ; pour nous, des éclaircies ! »

Pour l’ingénieur urbaniste Robert Spizzichino, la décision du tribunal administratif n’aurait pas pu être différente : « L’enquête publique pour la déclaration d’utilité publique (DUP) de la ZAC a été lancée précipitamment en fin d’année dernière. Elle a réuni 3.500 avis, pour la plupart négatifs, qui pointaient les impacts environnementaux et les incertitudes du projet — hypothèses sur le trafic, impact sur le commerce local, partage de la gestion entre Europacity et l’État. » Et de rappeler les avis négatifs de l’Autorité environnementale et du commissaire enquêteur dans le cadre de l’enquête publique sur la révision du plan local d’urbanisme (PLU) de Gonesse, que les communes concernées avaient royalement ignorés pour valider le projet en septembre 2017.

Le PLU sur la sellette, le projet agricole alternatif Carma dans les starting-blocks

Les opposants ont également déposé un recours contre cette modification du PLU, qui autorise l’urbanisation du triangle de Gonesse. Me Etienne Ambroselli n’attend pas la décision du tribunal avant l’été mais se montre confiant : « Ce sera le même juge et les arguments seront les mêmes, il n’y a pas de raison que la décision rendue soit différente. » Pour les promoteurs du projet Carma, qui souhaitent cultiver sur les limons fertiles de Gonesse un pôle d’excellence de l’agroécologie périurbaine avec céréales et maraîchage bio, ce jugement est aussi une lueur d’espoir. « Nous nous tenons à disposition des collectivités locales pour mettre à profit le projet Carma pour leur territoire, indique Anne Gellé, de Terre de liens. Un énième centre commercial assorti d’une Zac n’est pas un projet moderne du point de vue de l’aménagement du territoire, des attentes de la population, du climat… Il serait logique qu’un projet différent voie le jour, surtout dans une région aussi intéressante du point de vue des terres agricoles. »

Schéma du projet Carma.

En attendant, les opposants entendent poursuivre la mobilisation, avec un rassemblement le 27 mai prochain sur le triangle de Gonesse. « Même si l’on ne pense pas que la décision du juge soit suffisante pour empêcher l’urbanisation de ces terres agricoles, elle ne peut que nous encourager et nous donner l’espoir d’aller au bout », conclut Bernard Loup.

… la suite de l’article de Reporterre : ici


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