Gratuité pendant les pics de pollution, une occasion manquée

Gratuité pendant les pics de pollution, une occasion manquée

Ce vendredi 11 octobre, la MEL a voté le principe de la gratuité des transports en commun (Hors V’ Lille) pendant les pics de pollution. Ce premier pas est encourageant, mais sa limitation aux épisodes de circulation différenciée en annule quasiment la portée. La MEL a aussi voté la mise en place d’un groupe de travail sur la gratuité totale des transports en commun, est-ce une étape ou un leurre ?

 

Nous trouvons encourageant le vote de la délibération des élu.e.s de la MEL sur le principe de la gratuité de l’ensemble des transports en commun (bien que hors V’Lille) et en accès libre lors des pics de pollution et ce dès le 1er janvier 2020. Cette mesure d’urgence est nécessaire mais loin d’être suffisante pour la santé des métropolitain.e.s victimes de la mauvaise qualité de l’air qui, rappelons-le, est responsable de 1700 morts chaque année sur le seul territoire métropolitain (chiffres 2018).

Le diable se cache dans les détails.

En effet, déclencher la gratuité lors de la mise en place de la circulation différenciée rend cette gratuité inutile. Il existe aujourd’hui 2 niveaux d’épisodes de pollution :

  • le niveau d’information et de recommandation : niveau au-delà duquel une exposition de courte durée présente un risque pour la santé humaine de groupes particulièrement sensibles au sein de la population et qui rend nécessaire l’émission d’informations immédiates et adéquates à destination de ces groupes et des recommandations pour réduire certaines émissions.
  • le niveau d’alerte : niveau au-delà duquel une exposition de courte durée présente un risque pour la santé de l’ensemble de la population ou un risque pour la dégradation de l’environnement, justifiant l’intervention de mesures d’urgence. 
  • Le niveau d’alerte est aussi atteint “sur persistance” lorsque le niveau d’information et recommandation est prévu pour deux jours consécutifs, soit le jour même et le lendemain.

Nous demandons donc à la MEL de revenir sur sa position et de déclencher l’accès gratuit aux transports publics dès l’atteinte du niveau de pollution d’information et de recommandation. Ceci afin de protéger toutes les personnes sensibles et éviter l’aggravation et la persistance de l’épisode de pollution.

En 2018 nous avons connu une trentaine d’épisodes de pollution et 1700 morts à cause de la pollution sur la métropole, pourtant aucune journée de circulation différenciée n’a été déclenchée. Cette année 2019, nous avons déjà connu une quarantaine d’épisodes et seulement 4 jours de circulation différenciées. C’est pourquoi,déclencher les transports gratuits avec la circulation différenciée est quasiment inutile, pour ne pas dire hypocrite.

Il est également regrettable que les V’ Lille soient exclus de la gratuité car ce moyen de locomotion est particulièrement adapté à l’environnent urbain, il est nécessaire qu’il soit intégré à la gratuité. Enfin le fait de rien prévoir pour les abonné.e.s rend la mesure injuste pour les personnes ayant déjà un comportement non polluant, le contraire d’un encouragement.

Vers une gratuité totale, vraiment ?

La création du groupe de travail sur la gratuité totale est une bonne chose, car seule une plus grande utilisation des transports alternatifs à la voiture individuelle permettra d’avoir de réels impacts sur la qualité de l’air.Rappelons que les transport contribuent à environ 30% de la pollution de l’air sur la MEL. La gratuité des transports en commun est donc un formidable levier pour changer les habitudes et la qualité de l’air.

Cependant nous regrettons que M Castelain ait émis un avis négatif à la gratuité totale des transport et surtout qu’aucune mesure visant à stopper le déploiement des portiques de sécurité n’ait été prise. Cela nous laissepenser que ce groupe de travail n’aura pas l’indépendance nécessaire pour travailler sur le sujet. De plus, nous demandons un moratoire sur le déploiement des portiques, car ce déploiement qui coûte la sommes de 65millions d’Euros est une entrave à la qualité du service ; et sera soit inutile si la gratuité est décidée, soit un frein à la mise en place de la gratuité.

Au delà des morts comptabilisé, rappelons à toutes fins utiles que les coûts de santé publique liés à la pollution de l’air s’élèvent à 270 millions d’euros pas an, il est urgent de passer à une gratuité réelle des transports publics pendant les pics de pollution.

Les associations Les Amis de la Terre Nord, Alternatiba Lille et ANV-COP21 Lille