Déc 07

IL EST ENCORE POSSIBLE DE RECTIFIER LE TI​R…

J + 6 Retour sur la journée du samedi 5 décembre

Lien vers RAC MaCOP21

 Une nouvelle version du projet d’accord international sur le climat vient d’être acceptée par les 195 États. C’est ce texte qui sera transmis aux ministres, pour les tractations de la seconde semaine de la Conférence.

Le nouveau projet d’accord est moins touffu. Les choix à opérer sont plus clairs. Mais toutes les options sont encore sur la table, y compris les plus mauvaises. Les positions des pays sont encore très éloignées sur de trop nombreux points de l’accord, comme la différentiation des efforts entre les pays. Nous n’avons plus le temps pour un jeu de poker menteur : les ministres devront abattre leurs cartes dès leur arrivée à Paris. La société civile n’acceptera pas un accord climaticide, un accord accentuant les injustices.

Nous savons que l’accord de Paris ne sera pas suffisant pour répondre à la crise climatique. Il doit néanmoins nous servir de kit de survie, de boîte à outils pour remettre la planète sur le bon chemin : celui d’un réchauffement planétaire non pas de 3°C ou plus, mais inférieur à 1,5 ou 2°C. Pour ​cela​, les ministres devront ​impérativement injecter de l’ambition politique dès leur arrivée à Paris​.

Il est encore possible de rectifier le ti​r, si les ministres réunis à la COP21 prennent les bonnes décisions :

  • financer la coopération et la solidarité entre États face au changement climatique,

  • protéger dans l’accord international les points indispensables à la survie des populations les plus vulnérables, comme la limite de réchauffement planétaire à 1,5°C, les financements pour l’adaptation et la reconnaissance des « pertes et dommages »,

  • améliorer bien avant 2020 les engagements nationaux déjà annoncés et continuer cette progression par la suite, visant un horizon sans énergies fossiles et 100% renouvelable en 2050.

    VRAIES ET FAUSSES SOLUTIONS POUR LE CLIMAT

    Exploitation charbon afrique du sud

La COP21, c’est aussi l’occasion de rappeler qu’il est indispensable d’écarter les FAUSSES SOLUTIONS, pour lutter efficacement contre les changements climatiques.

Ni nucléaire, ni effet de serre : Le nucléaire représente 11% de la production d’électricité dans le monde et à peine 2% de l’énergie finale consommée. Son champ d’action est donc très réduit. L’argument majeur avancée pour soutenir le nucléaire en tant que solution pour le climat est toujours celui des émissions de CO2 qu’il permet d’éviter. Mais les émissions évitées par le nucléaire sont en fait très faibles : 1,5 milliard de tonnes, soit un peu moins de 4% des émissions de CO2. Parallèlement, le coût de construction des réacteurs nucléaire augmente, alors que celui des énergies renouvelables baisse. Pour en savoir plus, retrouvez la publication du Réseau Action Climat sur le thème“nucléaire et climat” :

Agrocarburants : Les agrocarburants sont présentés par l’industrie agroalimentaire et certains gouvernements comme une solution à développer pour lutter contre les changements climatiques. Mais les agrocarburants sont loin d’avoir fait leur preuve sur le plan environnemental : ils ne réduisent pas les émissions de gaz à effet de serre. La production industrielle d’agrocarburants se révèle souvent plus polluante que l’utilisation d’énergies fossiles. Ils posent de graves problèmes pour la sécurité alimentaire des pays les plus pauvres : les pays qui accueillent ces cultures sur leur territoire sont victime d’un accaparement des terres qui compromet leur capacité à produire leur propre nourriture. Pour en savoir plus, retrouvez la publication du Réseau Action Climat sur le thème “agrocarburants et climat ».

Le mythe du charbon propre : Les technologies de charbon « propre » ne vont évidemment pas dans le sens d’une sortie nécessaire des énergies fossiles. De plus, la technique de « capture et stockage de carbone » (CCS) permettant de rendre ce charbon « propre » n’est pas opérationnelle aujourd’hui et elle est extrêmement coûteuse. Pour finir, le charbon n’est pas une solution pour lutter contre la pauvreté et s’accompagne de risques sociaux et environnementaux importants. Pour en savoir plus, retrouvez la publication du Réseau Action Climat sur le thème “charbon propre”.

L’agriculture intelligente face au climat” : En 2014, des États (dont la France), acteurs non gouvernementaux et organisations internationales se sont réunis au sein d’une « Alliance mondiale pour l’agriculture intelligente face au climat » (Global Alliance for Climate-Smart Agriculture – GACSA). Cette alliance et le concept d’agriculture intelligente qu’elle met en avant est porté par les grands acteurs privés de l’agro-industrie. En réalité, cette agriculture « intelligente » ne fait que perpétuer un modèle agricole industriel à bout de souffle à grande échelle sans remettre en cause, ni la dépendance de ce type d’agriculture au pétrole et aux intrants chimiques, ni notre façon de consommer. La promotion de ce modèle concurrence les modèles agricoles paysans et compromet la sécurité alimentaire des familles qui en vivent. Pour finir, aucun critère social ou environnemental n’empêche aujourd’hui les ambassadeurs d’une agriculture climaticide d’être étiquetés « climate smart ». La réponse de la climate-smart-agriculture est inadaptée au double défi alimentaire et climatique. Pour en savoir plus, retrouvez la publication du Réseau Action Climat sur le thème “climate-smart-agriculture”.

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Les OGM : Les entreprises de biotechnologies sont les premières à vanter les mérites de leurs innovations brevetées pour sortir de la crise climatique, qui menacent directement les équilibres naturels et sociaux. En réalité, les OGM participent d’un système agricole mondial très émetteur de gaz à effets de serre. 70% des semences OGM ont pour but de résister à des fortes doses d’herbicides. Ces derniers polluent les nappes phréatiques et les sols de façon dramatique.

Les industriels du secteur brevettent les semences OGM et font de la vente et de l’échange de semences paysannes un acte criminel. Les agricultures familiales et paysannes sont extrêmement vulnérables face à ces semences privatisées. Enfin, la sélection d’espèces championnes génétiquement modifiées érode gravement la biodiversité. Pourtant, cette biodiversité est pourtant la clé de l’adaptation des pratiques agricoles face aux aléas climatiques. Pour en savoir plus, retrouvez la publication du Réseau Action Climat sur le thème “OGM et climat”.

Victoire contre les grands pollueurs : la sortie du partenariat méthane de l’Agenda des Solutions

Hier, le partenariat pour la réduction du méthane dans les opérations pétrolières et gazières était au coeur des discussions. Le Réseau Action Climat a rappelé sa demande  d’exclure ces grands pollueurs de l’Agenda des Solutions. Ségolène Royal a appuyé cette demande, expliquant qu’il était impossible de laisser des entreprises faire du greenwashing dans le cadre d’un conférence sur le climat au prétexte qu’elles décident d’émettre un peu moins de méthane. Il est essentiel que les acteurs non étatiques et leurs initiatives soient reconnues. Mais cet Agenda des Solutions ne pourra être institutionnalisé tant que la sélection ne sera pas cohérente avec la crise et l’urgence climatiques.

Dans les « ECO » du RAC

  • NON, RIEN DE RIEN… NON, JE NE REGRETTE RIEN : Toutes les options sont sur la table des ministres qui entrent en action aujourd’hui . Suivant leur assemblage nous serons sur des trajectoires à 3°C ou à 1,5°C… Il y a beaucoup d’indices pour reconnaître le paquet des 3°C. Mais le plus probant est sans doute le choix de ne pas revenir autour de la table avant 2024 pour évaluer les progrès et monter en ambition. Toujours dans ce «deal» funeste, on accepte que les « contributions » suffisent pour le moment et qu’on n’a pas besoin avant 2030 d’une rehausse des efforts. Avec un tel plan, on a remisé les outils et renoncé à limiter le réchauffement à 1,5°C, et même à +2°C…

  • TRANSPARENCE : UN CHÂTEAU DANS LE CIEL ? Le gouvernement français s’était engagé auprès de la société civile : ce serait une COP transparente et participative. Au lieu de cela, dès le premier jour, nous nous sommes vus interdir l’accès aux réunions où les décisions sont effectivement prises…

  • LES CHIFFRES MANQUANTS :

– L’écart d’émissions pour 2020 et 2030

– L’écart sur l’adaptation : il manque 50MD$

– L’écart sur les financements : Dans une étude récente, l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) démontre qu’il faudrait dépenser à l’échelle mondiale jusqu’à 2000Md$ par an d’ici à 2035 pour assurer la transition énergétique, dont 166Md$ par an issus des financements publics….

  • SOS 2050 : Pour maintenir la hausse globale des températures en dessous de 1,5°C et et éviter les pires impacts des changements climatiques, il est urgent de décarboner nos économies…

La suite dans le pdf du RAC : eco7-cop21