Déc 05

DU CÔTE DES NÉGOCIATIONS CLIMATIQUES

J + 5 : Vendredi 4 décembre : RETOUR SUR LE PROJET D’ACCORD

Lien vers RAC MaCOP21

COP21 entréeUn accord international qui se précise, mais qui reste insuffisant

 Vendredi matin, deux nouveaux brouillons de l’accord sur le climat ont été publiés. L’un résumant l’état des discussions entre les 195 États. L’autre, plus succinct, est composé de propositions de compromis rédigées par les « facilitateurs », c’est-à-dire les diplomates chargés de conduire les tractations sur des points précis du texte. Dans ce second texte, le nombre d’options encore ouvertes a été fortement réduit (passant de 250 à 150 environ), de même que le nombre de pages (de 50 à 38). Ce travail a également permis de clarifier certains points clés, notamment concernant les engagements des pays, l’adaptation des pays les plus vulnérables aux impacts des changements climatiques et les pertes et dommages irréversibles. Ce nouveau projet d’accord sera encore révisé et servira de base pour les négociations à venir.

Une nuit blanche en perspective pour les négociateurs. La première semaine de négociations n’est pas tout à fait terminée, puisque le projet d’accord doit être remis à la France qui préside la COP21, et aux ministres samedi à midi, avant de commencer de nouvelles tractations. Il reste énormément de travail aux négociateurs techniques, qui doivent laisser à leurs ministres un texte clair à la fois sur la forme et sur le fond. Mais à quelques heures du sifflet final pour la première semaine, on peut être sûr que les ministres auront du pain sur la planche. Le point le plus clair vendredi, prêt à être arbitré par les ministres, est celui du cap de long terme que l’accord de Paris fixera pour la planète : les quelques options sont clairement posées sur la table.

Les ministres, qui négocieront la deuxième semaine, devront trancher entre les « options » et éliminer les « crochets ». C’est vrai, par exemple, pour la question essentielle des financements climatiques (article 6 du projet d’accord). Cette question doit progresser dans les 15 prochaines heures, pour que le flambeau puisse être transmis aux ministres. Plus généralement, les ministres devront décider comment retranscrire dans l’accord international la question de la « différentiation » des efforts entre les pays. Cette dernière renvoie à une idée présente dans la Convention Climat : les pays ont des “responsabilités communes mais différenciées” vis-à-vis de la lutte contre le changement climatique. S’il est important de prendre en compte le fait que le monde a bien changé depuis la naissance de la Convention de l’ONU sur le climat en 1992, force est aussi de constater que les inégalités persistent. D’après Oxfam (2015), un Américain parmi la moitié la plus pauvre de la population de son pays génère en moyenne vingt fois plus d’émissions que son pendant indien.

La scission entre Nord et Sud est encore très nette. Les pays développés demeurent campés sur leurs positions sur l’adaptation, des financements, des pertes et dommages irréversibles. La confiance entre pays est proche de zéro. Pour avancer sur tous les sujets de l’accord, il est impératif qu’un dialogue constructif s’instaure entre pays développés et G77+Chine (coalition de 134 pays en développement). L’Union européenne pourrait notamment jouer un rôle plus important dans ce dialogue, en proposant des compromis ambitieux sur la question des pertes et dommages irréversibles liés aux changements climatiques. Vendredi soir, l’Europe semblait plus constructive.

Sur certains points, les divergences profondes commencent toutefois à s’estomper. Par exemple : la révision à la hausse des engagements des États, tous les cinq ans. L’Inde, poids lourd des négociations, semble accepter ce principe, à condition que cette hausse ne soit pas obligatoire.

L’un des plus mauvais élèves de la négociation climatique reste l’Arabie Saoudite. Celle-ci bloque sur de très nombreux points : la possibilité d’une limite de réchauffement planétaire inférieure à +1,5°C, la révision des engagements des États avant 2020, la référence au respect des droits humains, la réorientation des investissements vers la transition énergétique. Vendredi après-midi, le président de la COP21 Laurent Fabius a rappelé à la presse l’importance de garder le seuil de 1,5 °C de réchauffement.

 

Dans les “ECO ” du RAC :

  • RESTER SOUS 1,5 °C , CE N’EST PAS SEULEMENT DE LA SCIENCE : C’EST UN IMPÉRATIF MORAL

Pour ceux qui ont enduré des événements climatiques extrêmes dus à la hausse des températures déjà constatée de 1°C, toute tentative pour négocier une hausse supplémentaire des températures est une violation de la vie de nombreux êtres humains, ainsi qu’une menace pour les écosystèmes et les espèces…

  • GAME OVER POUR L’AIR CHAUD ?

Les gagnants du jour sont 5 pays européens (Danemark, Allemagne, Pays-Bas, Suède et le Royaume-Uni) qui ont décidé de supprimer leur surplus d’air chaud en annulant 643,9 millions d’AAU (Assisgned Amount Units) contenus dans la première période du protocole de Kyoto.

Ils ont aussi annoncé des annulations significatives d’ici à 2020. Ces unités correspondent aux objectifs fixés par les pays dans le cadre du protocole de Kyoto.

Leur annulation est une contribution bienvenue pour les ambitions pré-2020…

 

  • LE FOSSILE DU JOUR

Large victoire de L’Arabie saoudite ….

fossile

  • LA NORVÈGE, FOSSILE DES DROITS DE L’HOMME

La Norvège en particulier, qui prétend être championne en matière des droits de l’homme, refuse d’inclure certains mots dans l’article 2, qui pourtant protégeraient les droits humains.

Parmi ces mots, on note : les droits des peuples indigènes, l’égalité des sexes, l’équité intergénérationnelle, une transition juste, la sécurité alimentaire et l’intégrité des écosystèmes…

La suite dans le pdf du RAC : eco6-cop21