Déc 03

COP21 : RÉSILIENCE FACE AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES

J + 3 : Retour sur la journée du mercredi 2 décembre 2015

Le sujet mis à l’ordre du jour hier par lAgenda des Solutions était la résilience, dont celle des océans. La résilience désigne la capacité d’un système à absorber une perturbation, pour ensuite se réorganiser et continuer à fonctionner . MaCop 21 Résilience

Village détruit par ouragan BengladeshLe Réseau Action Climat rappelle que nous ne sommes pas tous égaux face aux changements climatiques  ni en terme de responsabilités, ni en terme de moyens  Article complet du RAC

“La planète ne cesse de nous montrer à quoi peut ressembler un changement climatique dangereux et pour tous les pays du monde (…) Mais les récentes catastrophes ont aussi démontrées qu’une fois de plus, nous ne sommes pas tous égaux face aux changements climatiques.

Un pays comme les États-Unis, par la puissance de son économie et de ses systèmes d’assurance, et la résilience de ses infrastructures, ne souffrira pas longtemps des ravages de l’ouragan Sandy ou de la sécheresse de l’été dernier.

A la différence d’un pays comme le Mali dont une large partie de la population vit sous le seuil de la pauvreté et sans alternatives : quand un éleveur perd des têtes de son cheptel de chèvres par manque d’eau et de pâturage, il n’a pas les moyens de racheter des bêtes. Parce qu’avant d’être frappé par le changement climatique, il était déjà frappé par la pauvreté.”

LES NÉGOCIATIONS DU JOUR

Les négociations avancent lentement. Chaque pays travaille pour l’heure sur chacune des pièces du puzzle, de façon assez cloisonnée.

Des blocages persistent. D’abord, l’argent manque pour l’adaptation des pays les plus vulnérables aux changements climatiques. Les annonces financières de ces derniers jours sont un premier pas. Mais aucun engagement clair n’a été pris pour garantir la prolongation et la montée en puissance des financements après 2020 (date à laquelle l’accord de Paris entrera en vigueur). Deuxièmement, la question des pertes et des dommages économiques et humains irréversibles avance peu.

L’accord est par ailleurs mis en danger par un manque d’ambition des États sur “la différenciation”. Ce concept de différenciation renvoie à l’idée d’une responsabilité commune mais différenciée des pays : tous les pays n’ont pas la même responsabilité dans les changements climatiques. Les pays ne peuvent pas prétendre décider par eux-mêmes leur responsabilité et la part de leur effort : cette attitude ne permettra pas de mobiliser les financements à la hauteur de l’enjeu et va entraîner une agrégation des émissions qui nous emmènera vers un réchauffement inacceptable de 3°C.

Que fait l’Union Européenne ? Cette dernière est complètement absente de la négociation. Elle a pourtant, par le passé, joué un rôle essentiel en construisant des ponts entre des groupes antagonistes. L’Union européenne ne s’est par exemple toujours pas positionnée sur la révision des INDC (contributions nationales des pays à la réduction des émissions de gaz à effet de serre), sujet clé pour un accord fort sur le climat.

Le cas de la France :

Pour améliorer sa résilience aux changements climatiques, la France doit notamment adapter son agriculture. Il ne faut pas oublier que le secteur de l’agriculture est un fort contributeur aux émissions de gaz à effet de serre, mais qu’il est aussi particulièrement touché par les impacts des changements climatiques. La sécurité alimentaire des français en dépend également.

En marge des négociations :
  • 40 pays vulnérables aux changements climatiques ont appelés à fixer un cap de décarbonation et de 100% d’énergies renouvelables.
  • Oxfam a présenté un rapport sur les inégalités extrêmes et les émissions de CO2 entre les pays. 10% des pays les plus riches sont responsables de plus de 50% des émissions.
  • Les Amis de la Terre pointent dans un rapport les banques climaticides, notamment les financements pour l’exploitation du charbon.
Pour en savoir plus, les Ecos du RAC :
  • L’UE nage entre deux eaux :  «  L’UE a souligné que les objectifs des Parties n’étaient pas assez forts, qu’il fallait revoir leurs ambitions à la hausse afin de respecter l’objectif garde-fou des 2°C et a proposé des modifications du texte allant dans ce sens. » Mais «  Pourquoi n’avons-nous toujours pas entendu l’UE apporter son soutien à un processus de mise en œuvre accélérée lors des négociations du Workstream 2 » ( protocole de réduction mis en œuvre avant 2020)…
  • Fossile du jour : impact pour les sombres transports maritime et aérien : L’Organisation maritime internationale (OMI) et l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), à elles deux  l’OMI et l’OACI produisent autant d’émissions que le Japon et l’Allemagne réunis ! Ces émissions sont actuellement exclues de l’accord de Paris, et l’OMI et l’OACI se dépensent sans compter ici pour que cela continue….
  • L’appel au DROIT : ECO a apprécié entendre les visions du nouvel accord proposées par les différentes États, et particulièrement ceux qui ont souligné la nécessité d’un accord qui prenne en compte les Droits humains, y compris les droits des peuples autochtones. ECO a aimé entendre des États dire qu’un accord de Paris ne serait efficace que s’il prenait racine dans l’égalité des sexes et l’équité intergénérationnelle, l’assurance de la sécurité alimentaire, l’intégrité des écosystèmes et une transition juste avec des emplois décents…

La suite des articles dans le numéro 4 des ECO du RAC :  le pdf du RAC :eco4-cop21