Déc 04

COP21 : LES TRANSPORTS DANS L’ANGLE MORT DES POLITIQUES CONTRE LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES

J + 4 : Retour sur la journée du jeudi 3 décembre 2015 : TRANSPORTS et BÂTIMENT
 Hier jeudi 3 décembre, les négociateurs ont abordés les thèmes des transports et du bâtiment, 1er et 3ème secteurs responsables des émissions de gaz à effet de serre (représentent respectivement 27% et 20% des EGES en France en 2012) !!!  Les engagements sont bien en deçà des enjeux…Les vraies solutions existent pourtant…

TRANSPORTS

Transports et EGESIMPACTS DES TRANSPORTS

En termes de transports, les différences d’impacts environnementaux entre les modes utilisés sont immenses! L’impact du transport aérien sur le climat est sans commune mesure avec celui des autres modes de transports. Lien vers RAC MaCOP21

Pourtant, Mardi 1er décembre, le gouvernement français reculait sur l’indemnité kilométrique pour les salariés se déplaçant à vélo et réaffirmait son soutien au projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes… pas besoin de chercher plus loin pour comprendre pourquoi les émissions de gaz à effet de serre du secteur des transports continuent d’augmenter. C’est même le seul secteur dont les émissions ont augmenté sur la période de 1990 à aujourd’hui dans notre pays.

NE LAISSONS PAS LES VRAIES SOLUTIONS SUR LE BORD DE LA ROUTE!

Sauvons les trains ! Comble du comble, le train, qui est 14 à 40 fois plus performant et bénéfique pour le climat, est délaissé par les pouvoirs publics… Alors que la compagnie ferroviaire se veut exemplaire dans la lutte contre les changements climatiques, la SNCF réduit sensiblement son offre au service annuel 2016, avec l’accord tacite du gouvernement. L’offre ferroviaire, Intercités, TER et TGV, va être considérablement réduite, et ce, au lendemain de la COP21. Il deviendra encore plus difficile de se déplacer sans prendre l’avion ou la voiture pour ses loisirs et ses déplacements professionnels.

COP21 et réduction de l’offre ferroviaire : où est l’exemplarité écologique ?

Ne sous estimons pas le potentiel du vélo ! Alors que la moitié des émissions de CO2 sont liées aux déplacements urbains dans le monde, le vélo peut représenter une véritable alternative. En France, par exemple, il est utilisé dans moins de 3% des déplacements alors que la moitié des déplacements effectués en voiture en ville font moins de 3km. Cherchez l’erreur…

Si le potentiel du vélo est sous-exploité, c’est d’abord parce qu’il est ignoré des pouvoirs publics. Le gouvernement français a ainsi décidé de rendre facultative l’indemnité kilométrique pour les salariés se rendant au travail à vélo, alors que le remboursement des frais automobiles ou des transports en commun est systématique. À cela s’ajoute la décision de plafonner le montant exonéré de cotisations sociales pour l’employeur.

Et pourtant, une étude publiée la semaine dernière montre que si le vélo était utilisé dans 11% des déplacements en 2030 et 14% en 2050 (au lieu de 6% actuellement) les émissions mondiales de CO2 diminueraient de 7 et 11% !

Il est grand temps pour le gouvernement d’annoncer un appel à projet pour soutenir les collectivités locales dans le financement d’infrastructures  et d’aménagements qui permettront l’essor des mobilités actives en ville.

RÔLE DU TRANSPORT AÉRIEN DANS LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES

Comme nous l’avons vu hier l’OACI et les lobbies du secteur aérien ont l’oreille des décideurs politiques et le transport aérien a réussi à passer entre les mailles du filet : il échappe aux politiques de réduction des émissions de gaz à effet de serre et son carburant n’est soumis à aucune taxe. En réalité, le transport aérien pèse autant sur le climat qu’un pays comme l’Allemagne.

Sans réduction de ses propres émissions de gaz à effet de serre, l’objectif de maintenir la hausse des températures en-deçà de 2°C restera hors de portée.

C’est pourquoi l’Accord de Paris doit à tout prix envoyer un signal fort à l’OACI et l’OMI. Il est grand temps de revenir sur les mensonges des lobbies pour que le transport aérien contribue enfin à la lutte contre le changement climatique.

Pour décrypter les mensonges du transport aérien : lisez la nouvelle brochure du Réseau Action Climat.

PROJET D’AÉROPORT NOTRE-DAME-DES-LANDES

Comment concilier la construction d’un nouvel aéroport avec les objectifs de lutte contre les changements climatiques ? C’est impossible : les experts ont démontré que l’objectif de maintien de la hausse des températures mondiales à 2°C ne pourra être atteint sans réduction des émissions de gaz à effet de serre du transport aérien. Or, s’il ne débouche pas sur un gaspillage financier et environnemental (en restant vide comme trop d’aéroports surdimensionnés), l’aéroport de Notre-Dame des Landes engendrerait une hausse du trafic aérien incompatible avec les objectifs de réduction d’émissions en cours de négociations à la COP21.

“Le Réseau Action Climat ne participera pas à la table ronde de la conférence environnementale sur les transports”dans un article d’octobre 2014 http://www.rac-f.org/Le-Reseau-Action-Climat-ne

BÂTIMENT

Le RAC ne fait pas de retour sur les décisions prises hier dans ce domaine. Il rapporte uniquement le résultat d’une étude du RAC qui fait ressortir qu’1 français sur 5 vit dans la précarité énergétique.

Cependant, en 2012, les bâtiments et l’habitat résidentiel représentaient 20 % des émissions de gaz à effet de serre françaises

Les émissions de gaz à effet de serre de l’habitat proviennent de l’utilisation d’énergie principalement pour le chauffage, pour la production d’eau chaude sanitaire, pour le fonctionnement des appareils électroménager et l’éclairage.
La mauvaise isolation des logements augmente les émissions en hiver à cause des pertes de chaleur. Il en est de même désormais avec la vulgarisation de la climatisation résidentielle l’été.

La consommation énergétique du secteur bâtiment ne cesse de progresser : dans les logements et les bureaux, elle a augmenté de 20 % depuis 1990, en raison :
-du fort accroissement du parc,
-de l’augmentation de la surface moyenne occupée,
-d’un confort accru,
-du développement des usages de l’électricité
(chiffres ADEME)

Dans les Eco du RAC

  • LA FIN DE L’AMBITION ? Le texte principal pour réduire les aides internationales aux énergies sales (ce que les groupes appellent des investissements à fortes émissions) vient d’être mis à mal par quelques pays dont l’Arabie Saoudite et l’Argentine. ….
  • SACRE DANOIS : Le nouveau gouvernement des Libéraux danois par la voie de son Ministre de l’Environnement, Lars Christian Lilleholt, a déclaré qu’il préférait laisser tomber l’ambitieux objectif de réduction de 40% des émissions de CO2 du Danemark d’ici à 2020.

Le nouveau gouvernement a également fait main basse sur les financement climatiques et a projeté de réduire l’année prochaine le budget initial de 500 millions de couronnes danoises, environ 72 à 39M$. …

  • ALIMENTER LES NEGOCIATIONS SUR LE CLIMAT :

    Les problèmes de sécurité alimentaires absents des débats ? …

  • UN RATIO PAS-SI-DORÉ

Une analyse publiée hier montre que dans 8 pays, les subventions aux énergies fossiles sont 40 fois plus élevées que les engagements pour le Fonds Vert ! …

Lire la suite des articles dans le pdf ci joint :eco5-cop21