Category Archives: Tour Alternatiba 2015

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500.000 !!

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C’est un chiffre énorme ! Après deux ans d’existence, la dynamique Alternatiba totalise un demi million de participants !! Qu’il s’agisse des 94 villages des alternatives déjà organisés, ou des 187 étapes du Tour Alternatiba, plus de 500.000 personnes ont été sensibilisées à l’urgence climatique et aux alternatives concrètes qui existent déjà pour relever le défi climatique.

 

Ensemble, nous sommes une force immense.

Changeons le système, pas le climat !


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Nos enfants nous remercieront

 

Le Tour Alternatiba pour le climat, parti le 5 juin de Bayonne est arrivé ce samedi 26 septembre à Paris, ville qui hébergera la COP21 à la fin de cette année 2015. Nous avons parcouru au total 5637 km, traversé 187 territoires différents et des milliers de communes, sur des vélos 3 et 4 places, symboles de la transition écologique et de la solidarité.

Pendant ces presque 4 mois, partout nous avons porté le message de l’urgence climatique. Nous avons expliqué que le changement climatique ne produira pas seulement un monde plus chaud. Il va, si nous ne faisons rien, façonner une planète radicalement différente à celle que nous connaissons. Le dérèglement climatique menace les conditions de vie même de l’humanité, et particulièrement des populations les plus vulnérables.

 

 

Cette bataille décisive se joue maintenant !

Le changement climatique connait des accélérations brutales, exigeant d’agir vite et massivement. Assez de beaux discours ! Assez de petits gestes ! Il faut des changements radicaux dans les quelques années qui viennent. Sinon, nous risquons de franchir les seuils d’emballement du climat, à partir desquels son dérèglement deviendra irréversible et incontrôlable.

Cette bataille décisive se joue maintenant. Après nous, aucune génération ne pourra la rejouer. Chacune, chacun de nous peut contribuer à sa victoire à son niveau, en renforçant les centaines d’alternatives qui existent pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre tout en assurant plus de justice sociale, plus d’emplois, plus de liens et de solidarité, en préservant un environnement plus sain, et des sociétés plus soutenables, plus équitables et plus humaines.

 

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Ces alternatives existent, nous les avons rencontrées dans chacun des territoires que nous avons traversés : ressourceries, habitat partagé, éoliennes portées par des citoyens ou des communes, ateliers vélos, systèmes d’épargne solidaires et écologiques, monnaies locales, coopératives d’éco-construction, relocalisation de productions agricoles, réseaux de partage de biens matériels et bien d’autres encore.

Mais nos seuls comportements individuels, tout vertueux qu’ils soient, et même si nous sommes de plus en plus nombreux à les adopter, ne suffiront pas à éviter de franchir les seuils de basculement et d’emballement du climat, dans le calendrier que les climatologues nous indiquent, dans les années décisives qui s’ouvrent. Les politiques doivent suivre, qu’elles soient celles des pouvoirs publics ou des grands groupes économiques !

 

 

Assez de bla bla, des actes !

Nous ne l’avons que trop constaté tout au long de ce Tour Alternatiba : sur le terrain, les politiques concrètes continuent comme s’il n’y avait pas d’urgence climatique, ou pire, contribuent à aggraver le dérèglement climatique en cours. On continue d’artificialiser chaque année plus de sols, à intensifier encore plus l’agriculture à coup de fermes-usines ; les pistes cyclables sont trop rares et trop souvent insécurisées ; les bus en site propre manquent ; EDF ferme sa filiale Nexis spécialisée dans la sobriété énergétique et le renouvelable pendant qu’on subventionne à coups de millions des centrales à gaz ou autres moyens d’extraire ou de consommer les énergies fossiles qui devraient pourtant rester sous le sol ; on veut agrandir les aéroports et on continue à avantager le transport routier face au fret ferroviaire, maritime ou fluvial.

 

 

Cette réalité sur le terrain est très différente des beaux discours unanimes sur la nécessité d’agir rapidement et de manière massive pour stabiliser le climat.

C’est pourquoi il est urgent que les citoyens entrent en scène, fassent entendre leur voix, leurs préoccupations et leurs demandes. Près de 300 000 personnes ont déjà participé à un village des alternatives au changement climatique Alternatiba ou à une étape du Tour. Cela en fait de loin la mobilisation européenne sur le climat la plus importante depuis le sommet de Copenhague en 2009.

 

 

L’enjeu de la COP21

Comme nous l’avons dit tout au long de ce Tour Alternatiba, il faut que cet élan n’en reste pas là et qu’il produise à son tour des fruits encore plus nombreux et importants. L’enjeu clair est de créer un mouvement climat suffisamment fort pour stopper les politiques climaticides, et pour faire passer à une échelle de masse ces alternatives qui fleurissent partout.

 

 

Le Tour Alternatiba se termine aujourd’hui. La longue marche pour gagner la bataille du climat et pour construire un monde plus humain, plus soutenable, plus équitable, plus solidaire commence. Nous sommes tous invités à y prendre part. Cette longue marche commencera à Paris, pendant la COP21 : nous devons être cette fois des millions et des millions partout dans le monde à nous mobiliser à cette occasion, afin de lancer ce mouvement pour la justice climatique pouvant relever les défis essentiels qui nous attendent au cours des années qui viennent. Nos enfants nous en remercieront !

 

Barthélemy Camedescasse, Cécile Marchand , Yannick Montaulieu, Coline Rouvreau : 4 cyclistes du Tour Alternatiba

 


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Le Tour Alternatiba est arrivé !

 

 Le Tour Alternatiba pour le climat est arrivé à Paris ce samedi 26 septembre à 16h30, après avoir parcouru 5637 km sur des vélos à 3 et 4 places, symboles de la transition écologique et de la solidarité !

Plus de 1500 cyclistes ont participé à la 152ème et dernière vélorution du Tour Alternatiba, intitulée Climate Pride pour l’occasion. Manifestation festive et revendicative en vélo, elle a parcouru les 5 derniers kilomètres de ce gigantesque road-movie climatique parti le 5 juin de Bayonne qui aura traversé 187 territoires et 6 Etats différents.

 

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20 000 personnes ont assisté à l’arrivée du Tour Alternatiba sur la place de la République, portant ainsi la participation totale et directe au Tour Alternatiba à 62 000 personnes. En près de 4 mois, des centaines de milliers de personnes auront pu voir passer le Tour Alternatiba directement dans leur ville ou leur village, et bien plus ont pu en découvrir le message et les objectifs dans les innombrables articles et reportages télé ou radio (Plus de 600 articles dans la presse écrite régionale et locale depuis début juin !).

 

 

Par plus de 100 conférences publiques, plus de 200 prises de paroles sur les places publiques, des milliers de rencontres avec des associations et élus locaux, et un travail ininterrompu auprès des médias locaux et nationaux, le Tour Alternatiba a porté pendant ces presque 4 mois le message de l’urgence à agir contre le changement climatique et présenté les alternatives concrètes que chacun-e peut rejoindre et renforcer à son niveau.

 

 

Se mobiliser pour la COP21 et au-delà

Partout, midi et soir, le Tour Alternatiba a appelé à participer aux temps forts de mobilisation organisés pendant la COP21 par la Coalition Climat 21, dont notamment les grandes marches des samedi 28 et dimanche 29 novembre, le Sommet Citoyen pour le Climat et le Village Mondial des Alternatives des 5 et 6 décembre à Montreuil et les rassemblements et actions de masse du samedi 12 décembre.

 

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Partout, chaque jour, le Tour Alternatiba a encouragé à la fois le développement des alternatives au changement climatique qui existent sur tous nos territoires, et qui sont déjà à notre portée, mais aussi invité à participer à toutes les actions déterminées et 100 % non-violentes visant à empêcher la déstabilisation du climat et visant à exiger auprès des grands groupes économiques et des pouvoirs publics les changements massifs et rapides permettant de réduire massivement les émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine.

Partout chaque jour, le Tour Alternatiba a appelé à poser les bases d’un grand mouvement climat à même de gagner des batailles décisives sur cette question essentielle de la stabilisation du climat dans les quelques années à venir.

 

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Avec Alternatiba, une étonnante dynamique citoyenne est en marche, qui apporte sa contribution à la construction de ce grand mouvement climat ; à la mise en route d’une réelle transition sociale et écologique ; à la construction d’une société plus humaine, soutenable, juste et équitable. Déjà plus de 320 000 personnes ont participé à une étape du Tour Alternatiba ou à un Village des alternatives au changement climatique Alternatiba depuis le 6 octobre 2013 dont plus de 200 000 ces 5 derniers mois. Cela en fera bien plus à la fin de ce week-end du 26-27 septembre car il faudra y rajouter la participation aux 11 Alternatiba de Grenoble, Montpellier, Le Havre, Mimizan, La Loire, Bergerac, Marne-et-Gondoire, Audincourt, Lorient, Sancé et Paris. Il n’y a pas que le niveau de la mer qui monte, celui de la mobilisation aussi.

 

Merci !

Pour conclure, nous voulons aujourd’hui adresser un immense merci à ces milliers et milliers de bénévoles qui sont à l’oeuvre dans ce processus Alternatiba et qui organisent tous ces Villages des alternatives, pendant de longs mois d’affilée.

Et en ce jour d’arrivée du Tour, nous avons une attention particulière aux 2 400 personnes différentes qui ont organisé une étape du Tour, les conférences, vélorutions et diverses activités, rencontres et festivités qui allaient avec, et qui en ont nourri et hébergé les cyclistes. Qu’ils en soient chaleureusement remerciés, cette arrivée est autant la leur que la nôtre.

 

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[Tour Alternatiba] – Les derniers kilomètres du Tour Alternatiba avant l’arrivée !

25 septembre – Les Lilas – Aubervilliers – Île Saint-Denis

Cette nuit, nous avons dormi tous ensemble dans une grande salle de la Maison Ouverte à Montreuil. Les retardataires à l’extinction des feux doivent zigzaguer entre les matelas et les cyclistes endormis. Au réveil, débat sur qui ronfle le plus (par égard pour les personnes et dans le cadre du respect de la vie privée, nous ne citerons aucun nom).

 

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Les écoles des Lilas ont étudié en classe le changement climatique. Nous les retrouvons au parc Lucie Aubrac, sous un beau soleil automnal. Le long d’un préau, suspendus à un fil, des rubans multicolores laissent flotter dans l’air des messages énigmatiques : « Save the bees », « Polar bears ». Le groupe local a repris cette idée venue des Etats-Unis et propose aux enfants et aux badauds d’accrocher leurs vœux pour la planète à un mât planté dans le parc. Les cyclistes sont assaillis de questions audacieuses par les enfants : « Est-ce que vous en avez marre ? » « Est-ce que vous êtes contents d’arriver ? » Et le cortège de vélos repart sous un chœur de voix juvéniles, hurlant : « C’est pour qui ? C’est pour quoi ? C’est pour le climat ! »

Dans la circulation nerveuse de la région parisienne, nous filons à Aubervilliers. La vélorution part d’une petite place circulaire surplombée de grandes barres d’immeubles et se dirige gaiement vers le centre-ville, tourne autour de l’église, jusqu’à un parc communal. Il y a du monde, des sonnettes tintinnabulantes, des jeunes et des moins jeunes, et la police qui fait office de voiture balai, calmant immédiatement les ardeurs des automobilistes survoltés.

 

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Dans le parc, des photos rappellent le souvenir du village Alternatiba d’Aubervilliers, qui a été organisé par Auberfabrik en juillet dernier. Il y a aussi La Fripouille, une friperie associative ; les Laboratoires d’Aubervilliers et leur troc de graines nommé La Semeuse ; le jardin pédagogique et les ateliers culturels d’Une oasis dans la ville ; les cours de cuisine, de français et de couture menés par La Parenthèque ; Les Petits Prés Verts et leurs jardins partagés, où s’essaient des cultures de taro, de bananes, de christophine et de baies de goji. Il semble que la diversité fleurisse dans les associations locales, diversité qu’on déguste dans le repas sénégalais arrosé de bissap qui nous est offert.

 

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On longe le canal Saint-Denis, suivant une promenade bordée d’arbres et de haies taillées, tandis que l’autre rive évoque encore le passé industriel de l’endroit. Des bêtes féroces rôdent : un troupeau de moutons s’embarque dans le cortège pour nous guider jusqu’à une cabane colorée. C’est la Guinguette du Climat, créée par un collectif d’associations de Saint-Denis. Là, les paisibles brebis retrouvent leurs verts pâturages sous l’autoroute, tandis que le groupe s’égaie au bord du canal ou s’accoude au zinc devant un moelleux au chocolat. Entre la guinguette, la bergère et ses blancs moutons, on se croirait à la campagne, sauf qu’il y a le périphérique, les tours et le stade de France juste en face. Deux demoiselles des associations Clinamen et Bergers urbains cousent à la main un surpiqué pour expérimenter la fabrication de couvertures à partir de la laine des brebis, dans l’objectif de récréer une filière locale de la laine. Un pari audacieux dans cet environnement banlieusard, qui permet de réintroduire l’élevage en ville et de valoriser les délaissés de l’urbanisme gaspilleur d’espace.

La vélorution du soir est synonyme d’espoir pour le lendemain : vu l’afflux à Saint-Denis, il y aura du monde à Paris, c’est sûr ! Les vélos de la sécurité slaloment entre les bicyclettes et les véhicules des médias, sans compter les tramways et les embouteillages. Après un passage devant l’auguste portail de la basilique Saint-Denis, nous sommes accompagnés par des danseurs aux pieds bleus jusqu’à l’Île Saint-Denis. Cette ville, première à signer le Pacte pour la Transition, est habitée par une volonté de transition, comme l’explique son maire Michel Bourgain : « une commune pauvre financièrement et petite en habitants peut réaliser des choses extraordinaires ».  Riche de diversité (7000 habitants, 85 nationalités différents), c’est une commune engagée, avec 68% de logements sociaux, qui va accueillir le Quartier Génial Alternatiba pendant la COP21. 200 militants y seront regroupés pour vivre les alternatives, et préparer les mobilisations de la COP21.

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Nous arrivons donc dans un village des alternatives bien fourni ! Parmi les 400 personnes présentes, on note la présence de Solibio, Bellastock, Compagnons bâtisseurs, Maison du vélo, Orge’mômes, Désobéissants, compagnie Déchets d’arts, etc.
Au bout du village de tentes, c’est la photo d’arrivée qui se mue en boum joyeuse agrémentée de youyous. Le comité d’accueil nous honore, car, outre le maire de l’Île Saint-Denis, il y a Susan George et Mohamed Diaby, ilo-dionysien et champion du monde de boxe. Susan George rappelle que, dans la lutte contre le changement climatique, « personne n’est inutile dans cette bataille-là », et salue la « joie » et le « plaisir d’être ensemble » qui caractérisent Alternatiba : « soyons tous alternativistes ! » conclut-elle.

 

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Témoignages d’acteurs de luttes et d’alternatives présents à l’arrivée

 

Des alternativistes, il est sûr que nous allons en croiser demain au cours du village Alternatiba Paris, dans lequel nous allons terminer l’épopée climatique des vélos trois et quatre places !

A partir de 15h, le Tour Alternatiba donne rendez-vous à tous les cyclistes, rollers, skaters et autres rouleurs sans moteur Place de la Fontaine aux Lions (Porte de Pantin). De là s’élancera un grand cortège festif et revendicatif qui descendra les rues de Paris en direction de la Place de la République. Et pour assurer le son, 3 vélo sono seront de la partie pour faire cracher les watts !

 

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Une fois sur la Place de la République, à 16h30 un grand meeting viendra clôturer cette véritable épopée climatique. Une série de courtes prises de parole (les cyclistes du Tour, Naomi Klein, Geneviève Azam, Txetx Etcheverry, Rajagopal PV, etc.) alterneront avec des chansons et animations (Mali Karma, Pacifics Warriors, HK et les Saltimbanks, etc.).
Le meeting finira en beauté et en chanson avec la montée sur scène d’une cinquantaine d’acteurs de luttes, résistances et alternatives en provenance de tous les coins de l’hexagone mais également venus de Belgique, d’Allemagne etc.
Un grand moment de partage et de mobilisation citoyenne pour changer le système, pas le climat !

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[Tour Alternatiba] Même les enfants se mobilisent !

Jour 110 – 22 septembre – Magny-les-Hameaux / Malakoff

Après une journée de repos, nous sommes d’attaque pour la dernière ligne droite vers Paris. Enfin, ligne droite, ce sera plutôt un contournement par le sud, l’est, le nord puis Paris samedi prochain. Mais tant mieux, encore autant d’occasions de rencontrer du monde.

Les vélos s’élancent sous un ciel maussade, mais la lancée est vite interrompue par un arrêt à la mairie de Le Perray. Arrêt important : Le Perray, bourgade de 6 000 habitants, a décidé de signer le Pacte pour la Transition Citoyenne. Les élus expliquent qu’ils ont mis en place depuis longtemps le tri sélectif et encouragent les circulations douces. Heureux de nous accueillir, ils aimeraient discuter davantage de notre périple, mais il nous faut déjà repartir…

Et repartir pour pédaler sous la pluie. Mais la promenade est belle à travers la forêt de Rambouillet, où l’on débusque çà et là, nichés derrières les arbres, abbayes et petits châteaux. Nous ne sommes déjà plus qu’à une vingtaine de kilomètres de Versailles, et les paysages sont pourtant encore bien verts dans le parc de la Haute Vallée de Chevreuse.

 

 

C’est sous les bourrasques qu’on arrive ce midi à Magny-les-Hameaux. L’ambiance est pourtant chaleureuse à l’Estaminet, un grand café prêté par la mairie aux associations, avec une salle de spectacles adjacente. Derrière le comptoir, des dames s’affairent pour servir les nombreuses personnes venues assister à l’arrivée du Tour. L’une d’elle, qui se présente comme « la bonne à tout faire », nous explique la signification des autocollants qu’elles arborent : « culture en résistance ». Les subventions allouées à la culture par les organismes extérieurs à la ville ont tellement baissé que la politique culturelle municipale est menacée. Cela, en dépit d’une programmation manifestement orientée vers l’ouverture, et la présence sur la commune d’un lieu historique de la culture : l’abbaye de Port-Royal des Champs.

A l’occasion de la vélorution, on découvre que les élus locaux se battent aussi contre la fermeture d’une maison de l’Environnement, de la Science et du Développement Durable. Malgré l’approche de la COP21, il semble que les restrictions budgétaires n’hésitent pas à sacrifier culture et sensibilisation à l’environnement.

Sous les averses, nous poursuivons l’après-midi l’approche de Paris. L’influence de la grande ville commence à se faire sentir. Le plateau de Saclay se partage entre les cultures, et le domaine du Commissariat à l’Energie Atomique, dont nous longeons les clôtures couronnées de fil barbelé. Tout au bout, un grand chantier : un panneau indique les travaux d’aménagement du Grand Paris.

Quelques côtes périlleuses plus loin, c’est la traversée de la forêt de Verrières, et l’arrivée à Clamart. Ça y est : nous sommes définitivement en ville. Sous la pluie battante, tout le monde se réchauffe autour du stand d’Alternatiba. Un, deux, trois, et en route pour Malakoff. Les noms de rues sont évocateurs : Youri Gagarine, Maurice Thorez, Eugène Varlin… Pas de doute : nous entrons dans ce qu’on appelait la banlieue rouge.

 

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Sur la grande place de la mairie, nous retrouvons entourée de 120 personnes notre marraine, Christiane Hessel, qui salue notre mouvement et la force militante de Malakoff. La maire de la ville appelle ensuite à une mobilisation populaire pour que chacun se saisisse des enjeux du changement climatique et ne les laisse pas aux chefs d’Etats, « si brillants soient-ils », afin de permettre une « métamorphose révolutionnaire » pour « ouvrir le chemin d’une nouvelle civilisation écologique ». Au passage, une petite pointe contre la politique française et les « autocars à bas coût » de la loi Macron… Sous les appareils photos, la maire signe le Pacte de la transition, tandis que l’adjoint au Développement Durable nous confie ses projets de projections de films pour sensibiliser la population avant la COP21.

Le dîner nous est fourni par le MIAM, ou Manger Intelligemment à Malakoff : c’est l’AMAP locale. Délicate attention, des pâtes en forme de petits vélos… A la conférence qui suit, qui se tient dans la toute neuve maison des associations de Malakoff, l’assistance est fournie. Une soixantaine de personnes écoute gravement la présentation d’Adrien, puis l’intervention d’Anne Bringault du Réseau Action Climat. Les questions tournent autour de la transformation de la société. Marc, instituteur à Malakoff, s’interroge : « Comment fédérer en gardant une radicalité ? » Un autre s’insurge : « Si y a rien qui sort de la COP21… ça va chier ! » Encore un autre rappelle les mots de Gandhi : « D’abord, ils vous ignorent. Ensuite, ils vous méprisent. Enfin, ils vous combattent. Et après, vous gagnez. Et là, on en est où ? »

 

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Jour 111 – 23 septembre – Antony / Ivry-sur-Seine

Ce matin, nous commençons la journée par une réunion collective. De la douzaine de personnes que compte habituellement le groupe, nous sommes passés à plus d’une vingtaine de vélos, et nous n’avons pas fini de grandir ! Le noyau dur d’irréductibles partis de Bayonne le 5 juin se voit entouré de ceux qui ont mis leurs vacances a profit pour  militer en pédalant…. et reviennent vivre la fin de cette incroyable aventure !

 

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Le groupe s’est ensuite scindé en plusieurs éléments, car en cette période d’arrivée en région parisienne et de préparatifs de départ, le Tour est plus que jamais en ébullition. La quadruplette a pris la direction de l’école primaire du quartier. Arrivant au beau milieu de la recréation de 10h, les quatre cyclistes venus rendre visite à des CE2, CM1 et CM2 ont été accueillis par des exclamations d’étonnement et de joie. Pour renvoyer la pareille aux enfants, ils ont entonné la chanson du Tour a capella : un grand cercle s’est formé, petits et grands battaient la mesure en frappant des mains. Puis tout ce petit monde a regagné les salles de classe et partagé un moment à discuter du projet d’Alternatiba, du dérèglement climatique et des solutions rencontrées au cours du périple. Les écoliers se sont montrés aussi attentif que réactif… un vrai bonheur ! Tri sélectif, bicyclette, économie d’énergie, échanges de vêtements, agriculture de jardin ou sur le balcon, les petits se plaisent à pratiquer et à parler des bonnes habitudes qu’ils adoptent au quotidien. Pour ce qui est de la pollution à grande échelle les propositions sont radicales : il faut immédiatement fermer toutes les usines qui détruisent notre atmosphère, notre terre, notre eau ! La vérité sort de la bouche des enfants, paraît-il…

 

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La vérité, en tout cas, les marmots essaient de s’en faire une idée. Les animateurs du centre de loisir voisin ont donc profité du repas partagé de midi, toujours à Malakoff, pour laisser libre court à leur sens de l’investigation : munis de bloc-notes et de stylos billes, les graines de journalistes ont interrogé les cyclistes sur leurs motivations, leur manière de vivre cette aventure au quotidien… Avant de leur demander des autographes ! “Papy Jacques” -doyen de l’équipe- a ensuite fait faire un tour des marronniers du jardin public aux enfants, sur la petite triplette. Ils en sont repartis ravis, et nous aussi !

Malgré les efforts de nos guides sur le choix de l’itinéraire (coulée verte, parc de Sceaux), l’étape de l’après midi n’a pas été de la tarte ! En plus des triplettes, l’équipe compte désormais une dizaine de vélos et nous circulons dans des rues très passantes, aux côtés d’automobilistes pressés. Les membres du Tour et les locaux encadrant et sécurisant ce joyeux cortège n’ont pas chômé, merci les amis, vous avez assuré !

 

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La pause que nous avons marquée à Antony est donc arrivée fort à propos, tout comme les délicieux jus et fruits frais que nous avaient gentiment préparé notre comité d’accueil, constitué de cinq associations locales. Devant la bouche de RER, un point d’info invite les passants à s’interroger sur le TAFTA, à comprendre ce qui se trame dans les couloirs des conférences internationales sur le climat… alors que les cyclistes les invitent à se joindre à la grande fête de l’arrivée du Tour ce samedi après-midi à la Villette puis place de la République, ainsi qu’au Village des alternatives parisien, tout le week-end.

Ce plein de vitamines nous a permis de gagner Cachan en quelques coups de pédales, lieu d’une nouvelle belle rencontre : une dizaine de jeunes du centre pour ados Guy Môquet d’Arcueil ont roulé avec nous jusqu’à la maison de l’Environnement. Pour promouvoir l’utilisation des cycles, le service jeunesse de la mairie a mis à disposition des jeunes une petite flotte de vélos leur permettant d’effectuer leur sorties en pédalant, ainsi qu’un atelier de réparation.

Création de zones de rencontres limitées à 20km/h, développement de projets d’agriculture urbaine, mise à disposition d’un espace pour une ressourcerie coopérative, identification de la commune comme une zone hors TAFTA ou encore organisation d’ateliers de sensibilisation à la consommation responsable et à l’économie d’énergie, la mairie d’Arcueil s’est d’ailleurs engagée sur plusieurs mesures proposées par le Pacte pour la transition. C’est alors tout naturellement que le maire de la commune a signé le document, en présence d’élus, de citoyens, et de cyclistes, soulignant le rôle déterminant des collectivités locales dans la réduction des gaz à effet de serre (dans les domaines des transports et de l’habitat notamment).

 

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Le temps est ensuite venu d’entamer la vélorution du soir en direction d’Ivry. En arrivant au parc Maurice Thorez devant plus de 300 personnes, nous avons été surpris par l’assemblée : une foule d’animaux en tous genres (léopards, pandas, grenouilles, éléphants, pingouins et autres ourses “à l’Antarctique de la mort”) s’étaient mis sur leur trente et un, et nous attendaient de pieds ferme. Au cours de ces derniers mois, artistes, glaneurs et rafistoleurs ont œuvré à la préparation de cette mosaïque très photogénique, quel beau travail !

Amené par une Maracatu (ensemble d’instruments du Nord-Est brésilien), le carnaval des animaux nous a guidé à travers les faubourgs d’Ivry, célèbre ville ouvrière à l’atmosphère conviviale. Formes ancestrales de résistance, d’expression et d’organisation pour les peuples opprimés par les colonisateurs, percussions et déambulations costumées n’étaient pas rassemblées ici par hasard. Depuis 2003 (date du forum social européen organisé en région parisienne), un Forum social local fédère les voies contestataires et alternatives d’Ivry, et c’est au FSI (Forum social d’Ivry, regroupant près de 47 associations) que l’on doit cet accueil des plus réussis !

Ancienne école, le centre associatif municipal Jean Jacques Rousseau héberge de nombreux événements alternatifs – avoir l’appui d’une mairie engagée aide à faire germer les bonnes graines – et c’est ici que s’est déroulée la fin de cette journée bien remplie. Alors que la conférence du Tour battait son plein, les cyclistes goûtaient à un plat de Colombo délicatement épicé et servi avec gentillesse et humour par les jeunes de CAPE sur Ivry, pour Citoyens à part entière.  Pleine de vie, cette association de quartier finance ses projets de sorties culturelles et loisirs, voyage humanitaire et bientôt soutien scolaire, grâce à la confection de bons petits plats. Merci à tous pour cette soirée mémorable, et longue vie au FSI !

 

 

Jour 112 – 24 septembre – Vitry-sur-Seine / Montreuil

Alors qu’une partie de l’équipe passe la nuit à La Crypte, salle associative de la ville, nous dormons chez Maguy. Elle est militante d’Ivry depuis plus de trente ans dans tous les domaines et toujours pleine d’énergie. Parmi ses combats actuels : la lutte contre le projet de reconstruction de l’incinérateur des déchets de Paris et des communes voisines, pour y ajouter une usine à tri mécano-biologique. Le chantier est confié à Suez, pour deux milliards d’euros. Cela rappelle le projet à Echillais, à côté de Rochefort.

Le départ d’Ivry se fait dans un mélange d’immeubles futuristes des trente Glorieuses et de maisonnettes encore survivantes. 10 heures sonnent à l’église de Vitry-sur-Seine, lorsqu’on retrouve 150 écoliers sur une grande place. Une foule multicolore et excitée qui se presse contre la quadruplette. Ils écoutent sagement Max scander la chanson du Tour, un garçon se lance et danse, applaudis par les autres.

 

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Puis se sont aux enfants de prendre la parole : Abdoula, Myriam, Fatou, Lucas et tous les autres nous confient leurs messages pour la Terre. Ils demandent à chacun de préserver les plantes qui « permettent d’avoir de l’oxygène », d’arrêter d’utiliser du plastique, de réduire les voitures… Cela leur semble naturel, ils sont en avance sur les adultes. Nous sommes vite submergés de messages et il faut faire trois groupes.

Montée vers le Parc des Lilas de Vitry. 100 hectares, soit un quart de la superficie de la ville. Espace récupéré peu à peu par le conseil départemental et laissé naturel car il repose sur un véritable gruyère, né de l’exploitation du gypse.

 

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Une partie du parc est sauvage. Dans une autre partie, des jardins fleuris de cosmos, et du maraîchage. Une association, Planète Lilas cultive 2,5 hectares pour fournir une AMAP à raison de cent paniers par semaine. Elle emploie six salariés. Elle propose également des animations pédagogiques et un jardin partagé. Au menu ce midi : les légumes produits par le parc.

On repart et on redescend la pente durement gravie, direction Alfortville. On longe pour la première fois la Seine. Arrêt pour rencontrer de l’association J’aime le vert dans un de leurs jardins. Ils ont quatre jardins à Alfortville, dont un avec des poules, et un autre avec des ruches. Celui où nous nous trouvons disparaîtra bientôt, comme la maison voisine, pour être remplacé par un immeuble. Mais l’association ne se démonte pas, ils ont beaucoup de projets dont un projet de squat d’un toit d’écoles avec ruches, composteurs etc. Ils travaillent aussi avec la mairie du 13e arrondissement sur un projet de compostage pour 200 familles.

 

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En route vers Fontenay-sur-Bois, dans une côte (bien sûr), l’une des triplettes crève. Le reste du trajet se termine de façon épique, avec des cyclistes qui courent en poussant leur tandem. On arrive à l’éco-parc des Carrières. C’est aussi un parc aménagé sur d’anciennes carrières. De là, la vue domine le sud parisien, avec le bois de Vincennes et son célèbre rocher, encadré par l’usine d’incinération d’Ivry, les tours du 13e arrondissement, jusqu’à la tour Montparnasse. L’occasion pour la mairie de signer le Pacte pour la transition.

Cap sur Montreuil et la visite de ses célèbres murs à pêches. Vestige de l’ancienne ceinture maraîchère et arboricole de Paris, avant que la révolution des transports et de l’agriculture ne permettent la spécialisation des régions et l’importation des fruits et légumes depuis des contrées lointaines. Il s’agit d’un labyrinthe de murs de silex enduits de plâtre (matériaux locaux), orientés nord-sud, sur lesquels les fruitiers (pêchers, mais aussi pommiers, poiriers) étaient palissés, de façon à produire des fruits malgré le climat parisien trop froid. Le site datant du XVIIe siècle a été classé par le Ministère de l’Environnement en 2003, mais une partie seulement : seulement 8 hectares sur les 35 hectares restant aujourd’hui. Le site sert de réserve foncière pour des opérations urbanistiques qui se veulent écologiques : construction d’un collège HQE, piscine, garage pour tramways. C’est un véritable grignotage d’un poumon vert de la ville, tant en termes de qualité de l’air que d’espace de jeux et de promenade. Au fond, se pose la question de la poursuite ou non de l’expansion de l’urbanisation. Les murs à pêches représentent pourtant non seulement un patrimoine historique, mais aussi un aménagement qui pourrait permettre de réintroduire l’agriculture à Montreuil, avec l’installation de nouveau de maraîchers et producteurs de fruits pour les rapprocher des consommateurs.

Actuellement, une vingtaine d’associations sont installées sur le site. Elles proposent des activités culturelles, mais aussi la culture de plantes aromatiques, de légumes et de fruits. Association des murs à pêches et Le Sens de l’Humus. Des variétés anciennes de fruits ont été retrouvées sur le site, avec notamment des pommiers de variété Calville.

 

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Arrivée mairie de Montreuil, il y a beaucoup de monde. Après une belle vélorution nous retrouvons la salle Comme Vous Emoi où la conférence est l’occasion de projeter un film sur les alternatives à Montreuil aux 184 personnes présentes. Pour le repas, en bons sportifs, nous sommes d’abord un peu déçus en ne trouvant que de la soupe, et puis on tombe sur une mine de fromage et de gâteaux, et ça va mieux. Merci !


696 568 !!

Nombre de personnes ayant participé à un Village Alternatiba ou à une étape d'un Tour.

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