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Revue de presse #décembre 2016

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Juste avant les fêtes, retour sur une fin d’année chargée sur le plan climatique ! Dans la revue de presse Cop & climat de décembre 2016, retrouvez:

 

Un mois après la COP22 et un an après la COP21, bilan critique des processus onusien

Climat : premier anniversaire de l’Accord de Paris– Novethic – 12 décembre ; où l’on tire un premier bilan de l’accord de Paris qui, au delà du succès diplomatique et de la dynamique qu’il a engagée, reste largement insuffisant pour rester sous la barre des +2°C et dont la concrétisation en actes tarde.

Climat : “plus personne n’a la boite de commande” (ATTAC) – Novethic – 13 décembre ; où de retour de la COP22 l’économiste Maxime Combes critique les indécisions de cette COP, s’inquiète de la tendance à transférer l’application de l’accord de Paris au secteur privé, et appelle à “sortir le climat des COP” pour que les impératifs climatiques s’imposent au système économique.

Et dans le détail, Actu-Environnement en débat-vidéo, les organisations Adéquations et Care ou encore Ségolène Royal en interview reviennent en détail sur leurs bilans de la COP22, Laurence Tubiana estime que le G20 sera le prochain grand rendez-vous climat, et Actu-Environnement revient en infographie sur l’état des ratifications nationales de l’accord de Paris.

 

Tandis que les conséquences du dérèglement climatique se font de plus en plus sentir :

En Arctique, la température excède la normale de 20 °C– Le Monde – 24 novembre ; où les records de chaleur et de minimum de la glace de mer au pôle Nord inquiètent par leur ampleur, et sont à la fois témoins et amplificateurs du dérèglement climatique comme l’explique cette vidéo et le montrent des photos de la Nasa. Un réchauffement inédit qui vaut aussi pour les glaciers de haute altitude

En 2015, des événements climatiques ont été accentués par le réchauffement Le Monde – 16 décembre ; où une étude internationale basée sur 25 enquêtes effectuées par 116 scientifiques de 18 pays montre que le lien entre le réchauffement et les catastrophes climatiques est de plus en plus manifeste, comme le cas récent des incendies en Israël le montre. Dans la série effet d’emballement, l’explosion de la concentration de méthane dans l’atmosphère inquiète et pourrait s’aggraver avec la fonte des glaces sibériennes…

 

Chaud et froid sur le désinvestissement des énergies fossiles :

5.000 milliards de dollars désinvestis des énergies fossiles en quinze moisLa Tribune – 12 décembre ; où un rapport relève que “près de 700 institutions de 76 pays, gérant pour 5.000 milliards de dollars d’actifs, sont sorties des énergies fossiles depuis septembre 2015.”

La demande ralentit, mais le charbon ne s’avoue pas vaincu– Sciences et avenir – 15 décembre ; où l’Agence internationale de l’énergie prévoit une baisse de la consommation de charbon jusqu’en 2021, mais craint une stagnation voire un retour à la hausse ensuite vus les investissements dans plusieurs zones du globe dans le secteur.

Dans le détail, si le Canada prévoit de fermer toutes les centrales à charbon du pays pour 2030, il continue d’investir dans le pétrole et de nouveaux oléoducs… ; la Chine, elle, s’apprête à investir massivement dans de nouvelles centrales à charbon alors que les existantes sont sous-utilisées.

 

Premier accord pétrolier depuis 2001 entre pays membres et hors Opep– Le Monde – 10 décembre ; où de nombreux pays de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et exportateurs hors Opep se sont engagés via un accord quasi inédit à réduire leur production de 562 000 barils par jour, pour que les prix du pétrole repartent à la hausse.

Du côté du secteur privé, un rapport pointe le décalage grandissant entre majors des énergies fossiles en Europe et aux États-Unis, les premières tendant à investir plus dans les technologies bas carbone et le gaz, les deuxième non. Pourtant, les ONG françaises relèvent qu’Engie et EDF notamment “possèdent toujours 35 centrales à charbon en opération dans le monde”, tandis que des banques comme le Crédit agricole continuent d’y investir.

 

Les suites de l’élection de Donald Trump et ses risques pour le climat

Avant l’arrivée de Trump, sauver le soldat climat– le JDD – 22 décembre ; où l’on avance sur trois sujets climatiques brûlants aux États-Unis avant l’investiture de Trump : l’interdiction par Obama de forage d’hydrocarbures dans plus de 46 millions d’hectares, une vaste opération pour sauvegarder les données des scientifiques américains sur le climat, et la victoire temporaire des Sioux de Standing Rock contre un projet d’oléoduc.

Donald Trump forme un gouvernement climatosceptique– Novethic – 15 décembre ; où l’on revient sur les premières nomination de l’administration Trump, inquiétantes sur le plan climatique avec le PDG d’ExxonMobil comme chef de la diplomatie et deux climato-sceptiques notoires à l’Agence de protection de l’environnement (EPA) et au département de l’Énergie.

Et dans le détail, certains essaient de positiver en estimant que “Trump aura du mal à stopper la décarbonation US“, ou qu’il pourra choisir d’investir dans des secteurs climato-compatibles par opportunité économique ; d’autres rappellent que “L’Accord de Paris ne prévoit aucun garde-fou face aux priorités énergétiques de Trump” ; et d’autres le portrait d’un homme ignorant du changement climatique et sa volonté d’ores et déjà d’empêcher la Nasa d’étudier le changement climatique comme lorsqu’elle modélise le cycle du CO2.

 

Au niveau de l’Union Européenne, déceptions sur le paquet énergie-climat et vives critiques sur la réforme du marché carbone

Climat : l’UE en passe de renoncer à ses ambitions ? – Libération – 30 novembre ; où le “paquet d’hiver énergie-climat” proposé par la Commission européenne fait l’objet de vives critiques, jugé peu ambitieux, incompatible avec les objectifs de l’accord de Paris, faisant la part belle aux énergies fossiles sans développer suffisamment les renouvelables et l’efficacité énergétique,

Dans le détail, l’objectif de 30% d’augmentation efficacité énergétique faisait l’objet de vifs débats pour passer à 40% mais n’a qu’à peine été ré-haussé, la Commission est divisée sur le soutien aux énergies renouvelables et une partie freine car craignant des distorsions de concurrence, et le syndicat des énergies renouvelables a lui aussi salué quelques avancées mais critiqué un manque global d’ambitions. Un rapport avance également que “Les objectifs européens d’énergies renouvelables menacent les forêts“, abattues un peu partout en Europe.

Le Parlement européen veut durcir la contrainte carbone pour les industriels– Euractiv – 16 décembre ; où la commission environnement du Parlement Européen vote une réforme du marché du carbone “plus ambitieuse que prévu” pour ré-hausser le prix du CO2… mais qui prévoit de nombreuses compensations et subventions à certains secteurs très polluants que Corporate Europe dénonce dans un rapport comme un cadeau de Noel et un droit à polluer accru offerts. D’autres comme Xavier Thimbeau plaident également pour une taxe carbone élevée.

 

En France, bilan climatique de fin de mandat…

Du climat à Notre-Dame-des-Landes : le grand écart de François Hollande – Le Monde – 3 décembre 2016 ; où en essayant de tirer un bilan climatique du mandat Hollande, l’on constate un décalage entre le succès diplomatique qu’a été la COP21 et “l’absence d’une véritable politique en faveur de l’environnement”, voire la poursuite de projets contradictoires avec les objectifs de l’accord de Paris…

Pire, Arrêt sur images revient sur l’aveu de Hollande de “s’être servi de l’état d’urgence pour mettre au pas les écologistes pendant la Cop21”, tandis que les Amis de la terre pointent dans un rapport le risque d’un renouveau en France d’une exploitation minière et pétrolière…

 

Et le rôle de l’échelon local dans l’application de l’accord de Paris

Les associations d’élus mobilisées pour « sauver » la dotation additionnelle climat au bloc local– Le Courrier des maires – 21 décembre 2016 ; où l’on s’intéresse à la proposition de dotation additionnelle climat pour les intercommunalités et les régions, pour les inciter à adopter des schémas directeurs locaux climatiques influençant leurs politiques, une proposition finalement rejetée par Bercy et l’Assemblée nationale.

Réchauffement climatique : 86 grandes villes veulent bousculer les États– Le Monde – 2 décembre ; où réunis à Mexico, les maires du C40 (organisation qui regroupe 86 des plus grandes villes du monde) “ont pris l’engagement de doter d’ici à 2020 leur ville d’un plan action climat qui permette de contenir les augmentations de températures en deçà de 1,5 °C”.

Des exemples d’initiatives locales innovantes émergent également, comme la Bretagne qui lance une “COP régionale” pour faire se concerter de nombreux acteurs, ou la métropole de Lyon qui étudie les îlots de chaleur urbains, tandis que France culture pose la question dans une émission dédiée : l’avènement d’une société écologique, durable, passera-t-il par la ville

 

Et en bonus :

Transport & climat, avec une étude de l’institut Öko qui “estime que l’UE devrait réduire de 94% les émissions des transports d’ici 2050 pour respecter l’accord de Paris”, et qu’elle est loin d’être pour l’instant sur la bonne trajectoire, notamment à cause de la dépendance au transport routier.

… et la question de la pollution de l’air, qui n’est pas due aux centrales à charbon allemandes, contre laquelle il est possible d’agir sur le long terme, et dont les effets sont aggravés par le réchauffement climatique.

Vents contraires du côté des énergies renouvelables : si la France voit un léger redressement avec l’adoption de 4 mesures de soutien publiques, la Hongrie bloque le développement de l’éolien, et l’Inde investit massivement dans le solaire.

Entreprises et climat, avec la remise par un groupe d’expert-e-s internationaux de “11 recommandations pour construire un cadre global de reporting sur les risques climat pour les entreprises”, tandis que le cabinet Carbone 4 a élaboré une comparaison des différentes obligations de reporting carbone à travers le monde, et rappelle que le reporting est utile mais qu’il doit être suivi de réelles mesures !

Dans d’autres registres, Bill Gates a levé 1 milliard de dollars pour la recherche technologique sur les énergies “propres”, tandis qu’Antonin Potter a récemment publié un livre intitulé “Comment les économistes réchauffent la planète“.

– Des mobilisations climatiques qui continuent, notamment avec la victoire des Sioux de Standing Rock face au projet d’oléoduc qui menaçait leurs terres, malgré la répression, tandis que des communautés et écologistes canadiens préparent eux aussi une lutte contre de nouveaux projets d’oléoducs canadiens.

En France, la campagne des faucheurs de chaises contre l’évasion fiscale et pour que l’argent perdu serve à l’action climatique bat son plein, avec de nombreuses actions à travers le pays.

Côté logement, Bastamag revient sur l’absurdité climatique qu’est la tradition française du chauffage électrique, sur ses impacts, ses coûts, et l’importance de la rénovation pour changer de modèle de chauffage.

– Côté agriculture et alimentation, festival d’idées pour évoluer vers des pratiques plus respectueuses du climat ! Si la BD Planetman ne vous a pas convaincu, un rapport du Réseau Action Climat revient sur le rôle vertueux de l’agriculture biologique. Si ça ne marche toujours pas, dites le avec Arnold Schwarzenegger, ou relevez le fait que les fish & chips pourraient bien disparaître à cause du dérèglement climatique…

Un point biodiversité, avec un premier bilan de la Convention sur la Diversité Biologique (COP 13) par Humanité et biodiversité qui relève plusieurs réelles avancées.

Du côté du Fonds vert pour le climat, 8 nouveaux projets représentant 315 millions de dollars ont été approuvés, portant à 1,3 milliards de dollars ses financements pour 2016, loin de l’objectif de 2,5 milliards.

Côté déchets, la Fédération des entreprises du recyclage redémontre dans une nouvelle étude globale les importants bénéfices du recyclage sur les économies d’énergie et les émissions de CO2 évitées.

Une bataille juridique perdue mais pas la guerre, la justice allemande a estimé qu’un énergéticien allemand émetteur de CO2 ne pouvait être tenu juridiquement responsable des conséquences climatiques dans un village péruvien car « il existe de nombreux autres émetteurs qui dégagent des gaz à effet de serre ».

La science à la rescousse ? Avec le départ le 20 décembre d’une expédition inédite “afin de mesurer et quantifier l’impact des changements climatiques et de la pollution dans l’océan Austral”… tandis que d’aucuns aimeraient “réduire le fossé entre décideurs et chercheurs”, et que le pape appelle à ce que les scientifiques reprennent le leadership climat. Pourtant, les climato-sceptiques sont encore bien présents, avec l’organisation en France le mois dernier d’une “contre COP22“…

Mieux parler du climat pour mieux sensibiliser ? Des chercheurs en psychologie sociale plaident ainsi pour sortir du catastrophisme et pour le remplacement des termes de “changement” et “dérèglement” climatique par le simple terme de climat moins anxiogène. D’autres développent différents médias, comme une symphonie d’une minute ou un jeu vidéo sur le climat pour le grand public.

– Et même si les rennes diminuent à cause du dérèglement climatique, on vous souhaite de joyeuses fêtes avec ces quelques idées de bouquins climato-friendly !

 


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Revue de presse Climat #novembre 2016

Voici notre revue de presse climat un peu anticipée pour coller à la riche actualité autour de la COP22 qui s’est terminée le 17 novembre 2016. Dans l’actualité climat des dernières semaines, retrouvez donc :

1/ Les enjeux de la COP22, en résumé :

A Marrakech, la COP22 à l’épreuve des faits – Le Monde – 4 novembre ; où l’on revient sur le process de la COP21 à la 22, et sur les enjeux majeurs de cette COP : préciser les ­conditions de mise en œuvre de l’accord ; accélérer les efforts des Etats ; avancer sur les questions de financement et d’adaptation. (voir l’abécédaire pour une liste plus exhaustive).

Dans les épisodes précédents, une mise à jour rapide sur ce qu’est une COP et sur la ratification rapide et l’entrée en vigueur de l’accord de Paris juste avant la COP22.

Climat : la COP 22 de Marrakech se termine cette semaine, il serait temps d’accélérer ! – AlterEco+ – 14 novembre ; où après une première semaine de négociations lentes, Célia Gautier revient sur plusieurs enjeux majeurs : décisions reportées sur les règles d’application de l’accord ou la revue des engagements des États, blocages et tensions sur l’agriculture, les financements, l’adaptation, …

2/ … Et sa conclusion bien sur controversée :

COP 22: clap de fin sur le sommet climat de Marrakech, dans l’ombre de Trump – Libération – 19 novembre ; où l’on revient sur quelques principaux éléments de la COP22 après sa clôture : blocages sur les financements et l’agriculture, processus de révision accéléré mais pas approprié par les États, confirmation de l’accord de Paris après l’élection de Trump et méthode Coué pour croire en son irréversibilité. – Les ONG globalement déçues par la COP22 – La Croix – 18 novembre ; où l’on se penche sur la réaction des ONG françaises qui de façon générale critiquent le manque d’ambition et d’engagement nouveau des Etats, et leur tendance à “se décharger de leurs responsabilités sur les acteurs non étatiques”. > Dans le détail, le Réseau Action Climat critique la légèreté des États, surtout les plus développés, qui n’ont rien apporté de nouveau à Marrakech ; Attac France dénonce des promesses qui s’éloignent de plus en plus et une démission des États vers le secteur privé avec la croyance qu’il va tout régler ; et le CCFD, le Secours Catholique et Action contre la faim déplorent spécifiquement les blocages sur l’agriculture et la démission sur le sujet des États au profit d’initiatives privées.

> La fin de la COP, c’est aussi l’occasion de déclarations de Marrakech, celle de la société civile mobilisée en marge de la COP qui pose plusieurs exigences pour rester sous la barre des +1,5°C, et celle des États qui réaffirment leurs engagements de la COP21 sans en apporter toutefois de nouveaux.

> Pour la suite, la COP23 sera présidée par les Iles Fidji et la COP24 sans doute en Pologne.

3/ Du côté des États, annonces variées et recherche de leadership :

COP22 : climat en danger cherche leadership désespérément – Novethic – 15 novembre ; où la question du leadership mondial sur le climat se repose suite à l’élection de Trump, aucun État ni zone n’ayant l’air de s’y être préparé ni de vouloir ou pouvoir particulièrement relancer la dynamique.
À la COP22, l’échéance 2050 joue les cache-misères – Euractiv – 17 novembre ; où l’on s’intéresse aux stratégies bas carbone à horizon 2050 déposées par plusieurs États, villes et entreprises pendant la COP, qui ont du mal à convaincre car ne relevant pas les ambitions à court terme.

Deux études parues pendant la COP montrent l’une que les États ont “fait peu de progrès” dans leur action climatique depuis l’adoption de l’accord de Paris, l’autre leur action un par un via un indice de performance climatique qui met la France et le Maroc à l’honneur, et l’Arabie Saoudite, le Canada et l’Australie à la fin du classement.

Dans le détail pour plusieurs États :

– Au Maroc, qui se veut nouveau champion du climat et à l’honneur du classement des États, les subventions aux produits pétroliers ont été supprimées et les énergies renouvelables progressent vite, mais le pays reste très consommateur de butane. Le spectre de l’exploitation des gaz de schiste plane également, ainsi que la critique de projets solaires pharaoniques comme à Ouarzazate qui interroge tant il concentre les capitaux et la production.

– L’Europe pourrait être un acteur reprenant une part du leadership, mais un rapport de l’Iddri tout juste paru pointe le fait qu’elle “n’est actuellement pas « sur les rails » pour atteindre ses objectifs d’ici 2030 et 2050“, et que la question de la répartition de l’effort n’est toujours pas réglée. Pire, de nouvelles révélations montrent qu’elle prépare un paquet législatif “qui pourrait subventionner de nouvelles centrales à charbon, et affaiblir les renouvelables en Europe”…
– La France a été désignée championne de l’action climatique et le discours de François Hollande a été salué… mais les ONG soulignent qu’elle n’a pris aucun nouvel engagement et réclament une action concrète sur au moins 12 points précis avant la fin du quinquennat- Une quarantaine d’États du sud, les plus menacés par les conséquences du dérèglement climatique et réunis dans le “Climate vulnerable forum” se sont en fin de COP engagés “à mettre fin aux énergies fossiles et à atteindre 100% d’énergie renouvelable “le plus rapidement possible”, soit au plus tard entre 2030 et 2050″.- L’Allemagne a présenté son plan pour réduire ses émissions de CO2 « de 80 % à 95 % » d’ici à 2050, mais qui a été atténué notamment sur les volets transports et charbon, et n’est pas sans contradictions ni critiques.- L’Arabie saoudite et l’Australie ont toutes deux tout récemment ratifié l’accord de Paris, même si la concrétisation en actes se fait attendre, comme le rappelle le classement de performance climatique par Etat.

– Le Royaume-Uni a lancé un plan de sortie du charbon et d’investissement dans les renouvelables pendant la COP.- La COP22 était aussi censée être celle de l’Afrique : l’occasion de revenir sur plusieurs enjeux du continent, entre financements, tensions fossiles/renouvelables, électrification. – Au Canada et au Mexique, mal notés, les deux pays ont pourtant rendu leurs feuilles de route pour une stratégie bas carbone d’ici 2050.

4/ Tandis que le spectre de Donald Trump plane sur les négociations…

Climat : la lutte se poursuit, avec ou sans Washington – Libération – 15 novembre ; où l’élection de Trump porte un coup de massue aux négociateurs à la COP22, laisse de nombreuses incertitudes sur les suites de l’accord de Paris, mais a au moins poussé les autres États à réaffirmer leur attachement à l’accord.

Climat : Trump pourrait profiter d’une faille juridique pour sortir de l’accord de Paris – Le Monde – 12 novembre ; où l’on balaie les différentes conséquences possibles de l’élection de Trump sur l’action climatique des États-Unis – sortie de l’accord de Paris en 4 ans, de la convention-cadre de l’ONU en un an seulement, ou simplement ne pas respecter ses engagements… sans être sanctionné. Ils en appellent à laisser de côté la prophétie auto-réalisatrice de l’accord, mener une nouvelle bataille culturelle et affective pour faire intégrer les enjeux climatiques et redoubler d’efforts dans les mobilisations citoyennes hors Cop pour le climat.

Pour aller plus loin :

– Des militants climatiques (1) (2) et universitaires réagissent et dénoncent la tentative de minimiser l’impact de l’élection de Trump : sortie ou pas sortie de l’accord de Paris, là n’est pas le sujet, mais plutôt celui de son application qui elle est gravement compromise par l’élection de Trump.

– Bastamag balaie le profil de la future administration Trump où l’on retrouve climato-sceptiques et représentants des marchés financiers… qui en ont financé la campagne.

– Maigre rayon de soleil, une juge a reconnu recevable aux Etats-Unis “la plainte de 21 enfants âgés de 9 à 20 ans, qui affirment que l’État fédéral a failli à sa mission de protéger « la vie, la liberté et la propriété », des dangers du dérèglement climatique”.- Les représentants américains à la COP ont voulu rassurer et minimiser l’impact de l’élection de Trump et rappeler leurs engagements en présentant leur plan de développement bas-carbone à l’horizon 2050, mais en admettant que son application était incertaine…Ban-Ki-Moon et des chefs d’État ont également appelé Trump à ne pas dénoncer l’accord, ainsi qu’un groupe d’entreprises.

– D’aucuns comme le candidat Sarkozy ont encore proposé d’instaurer une taxe carbone sur les produits américains importés si Trump dénonce l’accord de Paris… ce à quoi se refusent l’Allemagne et la Commission européenne.

5/ Focus sur deux questions centrales : financements et agriculture :

Celle des financements, avec notamment la feuille de route des 100 milliards de dollars par an à mobiliser par les pays développés : l’occasion de faire le point sur où l’on en est, mais aussi sur leur attribution très critiquée car n’allant que peu aux personnes qui sont les plus durement touchées par le changement climatique et en sont les moins responsables. C’est pourquoi Oxfam pointe spécifiquement l’enjeu des famines et appelle les Etats à accroître la mobilisation du financement de l’adaptation.

Pour aller plus loin, RFI revient sur des cas concrets et la difficulté pour de nombreux projets africains d’accéder à ces fonds, tandis que la Banque Mondiale pointe le coût sous-estimé des catastrophes naturelles dans une étude qui plaide également pour plus et de meilleurs financements de l’adaptation au sud.

Celle de l’agriculture : A la COP 22, l’accord sur l’agriculture en friche – Libération – 17 novembre ; où l’on se penche sur le report d’un texte sur l’agriculture qui devait être adopté à Marrakech, à cause du traditionnel conflit entre pays du sud et du nord sur la place à donner à l’atténuation et à l’adaptation… et sur les initiatives qui avancent malgré tout.

Plus en détails, retours sur les questions de pêche et de résilience, sur le plaidoyer d’organisations paysannes qui rejettent la préemption des terres agricoles pour le stockage de carbone compensatoire d’autres émissions, sur le lobbying du CGIAR (réseau mondial des centres de recherche dédiés à l’agriculture), ou encore sur la proposition d’une étude britannique de taxer les aliments selon leur empreinte carbone.

6/ Du côté de la société civile, mobilisations variées pour la justice climatique

A Marrakech, une marche pour le climat très politique – Le Monde – 14 novembre ; où l’on revient sur la traditionnelle marche mondiale pour le climat en parallèle des COP, cette année marquée par des dissensus sur l’opposition à avoir avec le régime marocain taxé de greenwashing.

De nombreuses ONG et organisations de la société civile se sont mobilisées en marge de la COP pour y porter des plaidoyers sur des sujets touchant le climat :

Le mouvement de désinvestissement a rassemblé plus de 400 organisations réclamant dans une lettre ouverte de renoncer à tout nouveau projet fossile. Particulièrement, la lutte des peuples autochtones d’Amérique du Nord contre les projets fossiles comme Standing Rock a été relayée. Plus spécifiquement, les banques (et particulièrement les banques françaises) et leurs investissements dans ces projets sont aussi visées par une campagne.

La question de la gestion de l’eau et de la lutte contre le stress hydrique généré par le dérèglement du climat revient dans les débats, notamment sur l’adaptation. Une coalition s’est formée, qui lance un appel pour une intégration de ces questions, la préservation ou la restauration du cycle de l’eau, et une gestion qui s’enracine dans les besoins et les aspirations des populations locales. L’exemple marocain de la protection des oasis par les populations vient illustrer cela ; tandis que la plateforme Océan et climat poursuit aussi sa mobilisation pour “inscrire dans les contributions de chaque pays un plan d’action « océan » relatif aux littoraux, aux populations, aux écosystèmes, …”.

En fin de Cop, quelques financements ont été débloqués pour la résilience des zones côtières en Afrique.

Côté religions, plus de deux cents responsables religieux ont publié une déclaration commune pendant la COP appelant les fidèles, les emprunteurs et les États à sortir des énergies fossiles. Le pape François a aussi spécifiquement appelé à ce que l’accord de Paris sur le climat soit mis en œuvre de façon « correcte et efficace ».

7/ Et à la COP, initiatives et coalitions économiques et financières diverses… et critiquées :

 > De façon générale, “ces initiatives sont recoupées sur la plateforme Non-State Actors Zone Climate Action (NAZCA), qui répertorie plus de 12 500 initiatives, dont plus de 2 500 de la part de villes et un peu plus de 2 100 de la part d’entreprises”. Pour plus de détails sur la “finance verte”, Novethic a réalisé une synthèse.

> Mais cette place prééminente des entreprises est aussi très critiquée sur les “fausses solutions” déployées et le greenwashing de certains, comme le pointent l’Observatoire des multinationales et Attac Maroc, Reporterre sur l’agro-industrie ou encore certaines publicités plutôt osées

Dans le détail :

– Plusieurs initiatives africaines ont émergé, avec le Climate Finance Day du 4 novembre pour développer la finance climat et les “investissements verts” en Afrique, concrétisé pendant la COP22 par le lancement d’un réseau d’investisseurs et la transformation d’I4CE en think tank Nord-Sud sur le climat.

– Sur la sensibilisation générale des entreprises, l’initiative “Earth on board” cherche à convaincre les CA des grandes entreprises pour les pousser à agir, ; tandis que Caring for Climate (C4C) regroupe 453 entreprises qui “s’engagent à définir des objectifs précis pour réduire leur empreinte carbone”.

– Sur les renouvelables, l’Initiative africaine pour les énergies renouvelables (AREI) lancée à la COP21 continue d’avancer, ainsi que SE4All (Sustainable energy for all) qui vise à développer les partenariats public-privé pour “garantir l’accès de tous à des services énergétiques fiables, durables et modernes à un coût abordable”, ou encore RE100, initiative mondiale qui “vise à impliquer, soutenir et promouvoir les entreprises qui se sont engagées à utiliser à 100% les énergies renouvelables”.

Un nouveau partenariat, co-présidé par le Maroc et l’Allemagne, a aussi été lancé le 15 novembre, qui vise à “s’assurer que les pays reçoivent le soutien technique et financier dont ils ont besoin pour atteindre des objectifs climatiques ambitieux”, sous forme d’une “plateforme de collaboration essentielle pour aider les pays à intégrer leurs NDC dans tous les secteurs et à tous les niveaux de prise de décision”.

Un nouveau partenariat, co-présidé par le Maroc et l’Allemagne, a aussi été lancé le 15 novembre, qui vise à “s’assurer que les pays reçoivent le soutien technique et financier dont ils ont besoin pour atteindre des objectifs climatiques ambitieux”, sous forme d’une “plateforme de collaboration essentielle pour aider les pays à intégrer leurs NDC dans tous les secteurs et à tous les niveaux de prise de décision”.

L’occasion de revenir sur des effets pervers de ces marchés, qui par exemple ne bénéficient pas ou peu à l’Afrique.- Sur le prix du carbone et ses marchés, la Carbon Pricing Leadership Coalition (CPLC) s’est spécialisée dans la question du prix et de sa mise en oeuvre, et réunit 25 pays et quelque 130 entreprises.

– Sur le plan du développement technologique, la “Mission innovation” des Etats et la Breakthrough Energy Coalition des acteurs privés investissent ou vont commencer à investir des milliards de dollars dans la recherche et le développement en énergies “propres”.

L’initiative CREWS qui regroupe l’Organisation météorologique mondiale (OMM), l’ONU et la Banque Mondiale vise à mobiliser 100 millions de dollars pour aider iles et pays les plus pauvres à mieux anticiper et repérer les catastrophes naturelles.

Et dans le reste de l’actu :

– Les impacts du réchauffement climatique de plus en plus tangibles…

Les émissions mondiales de CO2 se stabilisent, mais le climat continue de s’emballer – Le Monde – 14 novembre ; où le Global Carbon Project(GCP), un consortium scientifique, montre chiffres à l’appui que les émissions mondiales de CO2 ont stagné en 2015… mais admet que les chiffres sont minimisés par manque de données fiables, et que “la stabilisation des émissions mondiales est loin de suffire aux objectifs climatiques définis par l’accord de Paris”.

Pour mieux visualiser le changement climatique, une étude vient montrer qu'”un vol Paris-New York fait s’évaporer trois mètres carré de glace arctique“, tandis que Sylvestre Huet revient en cartographies, simulations et graphique sur l’ampleur de la fonte des glaces polaires… et qu’une étude montre que le dérèglement climatique est responsable de la mort de 61000 rennes en Sibérie ces derniers mois.

Autres illustrations, Bastamag liste “dix lieux où les conséquences du changement climatique sont déjà dramatiques“, et l’Allenvi vient de publier La Méditerranée face au changement climatique“, état des lieux de la recherche scientifique sur l’évolution du climat et ses conséquences en Méditerranée. Et pour aller encore plus loin, faut-il partir dans l’espace ? Oui pour l’association Eurospace qui défend le spatial comme outil d’observation du climat et demande un vrai leadership européen en la matière.

– En France, retour sur quelques mobilisations, avec notamment le lancement de la nouvelle saison des faucheurs de chaises, qui réclament une meilleure lutte contre l’évasion fiscale et une affectation de ces ressources à l’action climatique. Slate revient également dans un article sur l’émergence et la montée en puissance du mouvement climatique basque Bizi.

Mauvaises nouvelles du côté des transports, avec une décision administrative autorisant les travaux à Notre-Dame-des-Landes, et le relancement de projets autoroutiers opaques… mais aussi un retour sur le fiasco de l’écotaxe supprimée définitivement de la législation française.

La bataille climatique autour du traité de libre-échange CETA continue : le Monde et Reporterre pointent les incompatibilités entre lutte pour le climat et cet accord, tandis qu’Alter Eco+ revient sur les péripéties récentes autour d’un “nouveau CETA” qui aurait été signé le 30 novembre après le véto wallon… et démontre que le nouveau texte n’a quasi rien de nouveau. L’Aitec revient également sur la décision de la présidence du Parlement Européen d’interdire le débat dans les commissions emploi et environnement…

Au niveau des mobilisations, 500 activistes ont également mené des actions spectaculaires pendant 3 jours à Bruxelles contre TAFTA et CETA.

Chaud et froid au niveau de la transition énergétique, qui affiche des signaux variés : si l’Agence internationale de l’énergie estime que “l’éolien et le solaire devraient être les grands gagnants des vingt-cinq prochaines années”, les prévisions publiées par Bloomberg New Energy Finance montrent que l’investissement dans les renouvelables risque d’être en repli historique au cours des cinq prochaines années.Autres données, une production record de pétrole est à signaler en octobre, tandis que le renouveau du nucléaire voulu par certains bute sur la nouvelle et forte concurrence des renouvelables.L’occasion de revenir enfin sur le poids méconnu des millions de puits d’hydrocarbure abandonnés.

Bonne lecture !


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Revue de presse COP et climat #Octobre2016

Qu’on se le dise! Outil précieux de compréhension et de réflexion, une revue de presse COP (Sommet de l’ONU sur le climat) et climat est désormais en ligne sur le site Alternatiba!
Voici la sélection d’articles thématiques d’Octobre 2016

 

L’accord de Paris va entrer en vigueur, reste maintenant à l’appliquer :

Climat : l’Accord de Paris entrera en vigueur le 4 novembre – Actu-Environnement – 6 octobre ; où l’on revient sur le processus d’entrée en vigueur de l’accord de Paris, permis par la ratification de 73 Etats représentant 59% des émissions mondiales pour la période post 2020, et où l’on détaille en infographie les pays l’ayant ratifié.

Accord de Paris: après la ratification, quelques idées pour vraiment agir ! – Médiapart – 5 octobre ; où Maxime Combes rappelle que malgré l’objectif de ne pas dépasser les +2°C, l’accord de Paris et les contributions des Etats nous orientent vers un réchauffement largement supérieur à 3°C, et où l’économiste balaie des pistes d’action internationales, européennes et nationales pour respecter vraiment cet objectif.

Dans le détail sur la ratification de plusieurs pays :

– Pour l’Union Européenne, la ratification a été obtenue rapidement pour garder l’image d’un leadership européen sur le climat, mais la question du partage de l’effort climatique crée encore des tensions, tandis que de moins en moins de pays sont moteurs sur la question (notamment l’Allemagne) et que les projets concrets pour le climat s’enlisent…

En Inde, la ratification de l’accord est une bonne nouvelle mais dans les faits le pays reste dépendant au charbon sans orientation pour en sortir.

Au Canada, la ratification a bien eu lieu mais la contribution du pays reste peu ambitieuse et rien n’est prévu pour limiter l’industrie du pétrole et des sables bitumineux, extrêmement émettrice.

Le dérèglement climatique qui va en s’aggravant…

Climat : record de chaleur encore battu en 2016 – Actu-Environnement – 27 octobre ; où l’Organisation météorologique mondiale relève, chiffres et infographie à l’appui, que l’année 2016 battra tous les records, de chaleur mais aussi de concentration de CO2 dans l’atmosphère ou encore de température moyenne à la surface de la mer. Le dérèglement climatique qui va en s’aggravant…

L’objectif climatique de 2°C déjà presque hors de portée Euractiv – 30 septembre ; où 6 scientifiques de renom publient un livre à charge contre l’inaction des États et le manque d’ambition et d’application des négociations internationales, rappelant que sans une action climatique forte et rapide l’objectif de rester sous les +2°C sera impossible à atteindre.

Pour aller plus loin, d’aucuns veulent travailler sur la perception que l’on a des changements climatiques, via une meilleure présentation des chiffres ou une carte montrant la provenance et les émissions de GES de notre consommation d’électricité en Europe. Plus spectaculaire, l’on peut aussi relever que le réchauffement climatique a doublé les feux de forêt aux États-Unis en 30 ans, que des villages comme en Alaska en sont à voter leur déplacement pur et simple pour éviter les effets du dérèglement climatique, ou qu’il provoque encore des invasions d’insectes avec de très lourds impacts.

Et un mois marqué par la passe d’armes autour du CETA, traité de libre-échange nocif pour le climat

L’avenir incertain du CETA après la signature du traité – Le Monde – 30 octobre ; où l’on revient sur la signature au final du CETA le 30 octobre, après de nombreuses mobilisations, le report de la signature et le véto wallon qui a cédé ; et sur la situation après ces épisodes et les prochaines étapes incertaines vers l’adoption ou non du traité.

Climat : les associations environnementales vent debout contre le CETA – Novethic – 14 octobre ; où l’on revient sur la critique par de nombreuses associations environnementales du CETA, qui dénoncent un traité qui permettra le développement des énergies fossiles les plus sales et dont les impacts climatiques n’ont pas été mesurés.

Ségolène Royal vérifie si l’accord Ceta est “climato-compatible” – Le Nouvel Obs – 6 octobre ; où la ministre française de l’environnement veut “vérifier que le Ceta, négocié avant l’accord de décembre 2015 à la 21e conférence des pays membres de la Convention de l’Onu sur le climat (COP21), “contribue bien à l’objectif de maintenir le réchauffement climatique en-dessous de 2°C”… traité qui a pourtant été d’ores et déjà signé par l’exécutif français.

Pour aller plus loin, Attac publie une analyse détaillée qui démontre en quoi le CETA n’est clairement pas climato-compatible.

La question du financement-climat, sujet majeur de la COP22 alors que les 100 milliards promis ne sont pas encore atteints

Climat : des efforts supplémentaires seront nécessaires pour récolter les 100 milliards d’aide promis – Actu-Environnement – 18 octobre ; où l’OCDE publie un rapport pour clarifier la feuille de route des financements climat… qui dévoile que les 100 milliards d’aide promis, déjà contestés pour leur insuffisance, ne sont pas atteints.

Le Fonds vert pour le climat finance 27 projets, « pour plus d’un milliard de dollars » – Le Monde – 18 octobre ; où l’ancienne directrice du Fonds vert pour le climat Héla Cheikhrouhou dans une interview dresse le bilan de ses trois années passées à la tête de l’institution, et voit d’un œil positif l’arrivée récente de fonds et les débuts du financement concret de projets pour les pays du Sud.

Premières pistes pour orienter la finance climat vers les plus vulnérables – Actu-Environnement – 30 septembre ; où l’on se penche sur la question du fléchage des financements climat, avec le plaidoyer d’une coalition d’acteurs non-étatiques pour “faciliter l’accès au financement des acteurs locaux et des populations défavorisées, pour l’heure confrontés tant à “un manque crucial d’informations” qu’à “la complexité des montages et des compétences juridiques et financières“. Pour mettre les choses en perspective, la Commission mondiale sur l’économie et le climat chiffre à 90 000 milliards de dollars les investissements nécessaires dans les infrastructures bas carbone dans les 15 prochaines années, tandis qu’Alain Grandjean et Mireille Martini publient un livre intitulé Financer la transition énergétiquequi “proposent des leviers pour mobiliser à l’échelle mondiale les ressources financières nécessaires à la décarbonation de l’économie”. L’instauration d’un taxe sur les transactions financières est de plus en plus vue comme un levier de ce financement, et avance en France et en Europe.

Et la sortie des énergies fossiles… nécessaire mais loin d’être gagnée

Climat : le gouvernement recule sur la taxe charbonNovethic – 21 octobre ; où l’instauration d’une taxe sur l’électricité en provenance de centrales à charbon prévue au 1er janvier 2017 est finalement supprimée, “pour ne pas pénaliser les 5 centrales à charbon en France” et leurs emplois.

Les projets gaziers européens sous le feu des critiquesEuractiv – 28 octobre ; où la Commission européenne avec l’aval du Parlement a décidé d’augmenter les importations de gaz naturel liquéfié (GNL) et de gaz de schiste, mais aussi d’investir dans des infrastructures gazières en Europe, une décision très critiquée car à rebours des engagements climatiques de l’Union européenne.

Et maintenant il faut sortir des énergies fossilesAlterEco+ – 30 septembre ; où Nicolas Haeringer et Maxime Combes rappellent que l’industrie fossile reste subventionnée à hauteur de 5 340 milliards de dollars par an, mais aussi le dernier rapport d’Oil Change international et l’impératif de sortir rapidement des énergies fossiles pour rester sous la barre d’un réchauffement de +2°C.Et pour aller plus loin, 350.org revient sur un bilan de 3 ans de mobilisations mondiales des citoyens pour le désinvestissement des énergies fossiles… tandis que l’une d’elle prend de l’ampleur en Dakota du Nord, où tribus indiennes, écologistes et défenseurs des droits des Amérindiens s’unissent pour bloquer un projet d’oléoduc, parfois avec humour !

Et en bonus :

Les mobilisations s’organisent vers la COP22 à Marrakech : c’est le cas de l’Odyssée des alternatives qui poursuit son périple méditerranéen et ses échanges contre les inégalités devant le changement climatique, mais aussi de l’initiative Kick Big Polluters Out qui cherche à expulser l’industrie des combustibles fossiles de la COP22, de la société civile africaine francophone qui a publié ses attentes vis à vis de la COP22 et pour la justice climatique ou encore de Nicolas Hulot interviewé à ce sujet. Sur place, le Maroc semble multiplier les gestes symboliques ou moins symboliques pour faire de la COP22 un événement exemplaire sur le plan environnemental.

Avancées et contradictions des entreprises privées : tandis que le Crédit Agricole et la Société Générale se sont engagés en France à ne plus financer le charbon, que plusieurs investisseurs ont appelé le secteur automobile a réduire ses émissions ou que BP a renoncé à forer dans la grande baie australienne, l’ONG américaine Union of Concerned Scientists (UCS) relève que les plus grandes entreprises pétrolières et charbonnières “continuent à dénigrer la science du climat et à saper le sentiment d’urgence à agir – soit directement, soit à travers les associations et groupes qu’elles soutiennent”, ou encore que les fuites de méthane de la production pétrolières sont bien plus importantes qu’annoncé… Un rapport montre également qu’au niveau français comme international, de plus en plus d’entreprises prennent en compte le changement climatique dans leur stratégie, mais insuffisamment au regard des enjeux.

L’impact de l’aviation et du commerce maritime, avec notamment l’Assemblée générale de l’Organisation de l’Aviation civile internationale qui a refusé de réduire la croissance du secteur et mise sur la compensation carbone, tandis qu’en France la mobilisation contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes s’enracine. Côté marin, la réunion fin octobre de l’Organisation maritime internationale a, sous la pression, adopté quelques mesures restrictives des carburants le plus polluants des navires commerciaux, mais aucun engagement pour réduire les émissions de ce secteur.

Un concours de bêtise et/ou de malhonnêteté climatique, entre le chroniqueur Olivier Postel-Vinay qui nie les conclusions du Giec, Nicolas Sarkozy qui considère que le dérèglement climatique est dû à la natalité forte de l’Afrique en désaccord avec tous les chiffres d’émissions/habitant, l’ex-commissaire européenne au climat Connie Hedegaard qui rejoint le groupe Volkswagen en plein dieselgate… et les grands vainqueurs, les frères Bogdanov qui estiment que le dérèglement climatique est un problème réglé car il suffira de transformer la chaleur en lumière et de l’envoyer dans l’espace !

Le climat dans la présidentielle aux États-Unis, ou plutôt absent des débats, avec d’un côté Trump qui “promet de relancer l’industrie du charbon, de détricoter toutes les réglementations environnementales, de supprimer l’Agence américaine de protection de l’environnement, et de revenir sur l’Accord de Paris”, et de l’autre Clinton qui veut certes développer les renouvelables mais reste floue voire silencieuse sur la sortie des énergies fossiles, une taxe carbone, la fracturation hydraulique ou encore le projet Keystone XL…

Le cinéma revient dans la bataille climatique, avec un documentaire de Léonardo Di Caprio tout juste sorti (et en accès libre jusqu’au 5 novembre) pour alerter sur le réchauffement climatique et inciter les citoyens à agir.Dans un autre genre, un film est en préparation en France intitulé “Irrintzina, le cri de la génération climat“, qui revient sur les mobilisations nées en France à l’occasion de la Cop 21, et sortira en 2017.

L’action locale pour le climat, avec le plaidoyer des maires de grandes villes pour se voir “confier plus de pouvoir financier à leurs villes pour qu’elles les aident à tenir leurs engagements climatiques”, et prenant acte du bilan du Carbon Disclosure Project (CDP) qui relève qu’au moins “190 villes dans le monde se sont déjà engagées à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre”. En France, plusieurs réseaux de collectivités, le RAC et plusieurs députés plaident pour financer l’obligation d’élaborer un plan climat-air-énergie territorial (PCAET) des collectivités avec un prélèvement sur les taxes sur les énergies fossiles.

Des signaux contradictoires sur le développement des renouvelables : l’Agence internationale de l’énergie (AIE) estime que les énergies renouvelables vont se développer plus vite que prévu d’ici 2021 si elles ont du soutien des politiques publiques, tandis que l’université Stanford affirme, étude à l’appui, que “le 100% énergie renouvelable est possible pour le monde… et la France”.Pourtant, l’Union européenne prend de plus en plus de retard dans le secteur.

La place du nucléaire en France qui demeure, avec la programmation pluriannuelle de l’énergie enfin publiée qui passe sous silence la réduction du nucléaire et la renvoie à l’après quinquennat…Début octobre, une manifestation rassemblait des milliers de personnes à Flamanville pour la sortie du nucléaire.

La disparition progressive des hydrofluorures, gaz à effet de serre extrêmement puissants, décidée via un accord le 14 octobre à Kigali et qui est présentée comme « La plus importante réduction de températures jamais atteinte par un seul accord ».Oxfam alerte de son côté dans un rapport sur les méfaits cachés de la politique européenne de soutien aux agrocarburants, et sur la place des lobbies du secteur.

Agriculture, alimentation et climat, avec l’alerte de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) qui dans un rapport prévient que « Sans action immédiate, le changement climatique constituera une menace pour des millions de personnes qui risquent de souffrir de la faim et de la pauvreté ». Plus léger, des chefs cuisiniers français se sont réunis début octobre pour parler du développement de la “gastronomie bas-carbone” et des moyens pour faire évoluer nos pratiques culinaires.

Bonne lecture !

 


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Creuse – Alternatiba Limousin a travaillé sur le réchauffement climatique

La Creuse a hébergé dimanche dernier pour la première fois la réunion publique Alternatiba-Limousin, au Pôle domotique Odyssée 2023, à Guéret.

Tous les participants à Alternatiba des trois départements ainsi que les curieux étaient conviés à rencontrer le collectif venu de Limoges, pour échanger ensemble de manière informelle et très conviviale.

80 Creusois impliqués dans le projetEn début d’après-midi, une réunion plénière a été l’occasion de rappeler qu’Alternatiba est né suite à la création de l’association basque Bizi, en 2009, à l’occasion de la COP 15 et que le premier village des alternatives installé il y a deux ans à Bayonne a rassemblé 1.500 participants sur un week-end. En 2014, une dizaine ont été organisés et une soixantaine sont prévus. Le mouvement s’est même étendu à d’autres pays européens, comme la Belgique ou la Suisse.

Dans cette suite logique, un collectif d’associations et de citoyens a décidé d’organiser un village des alternatives en Limousin, le 13 septembre à Limoges, sans doute sur le Champ de Juillet. Chaque Alternatiba ayant un parrain « local », les organisateurs ont annoncé lors de cette réunion que Gilles Clément a accepté d’être celui du Limousin.

 


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Le road movie climatique à Blois – La Nouvelle République Loir-et-Cher

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 Le 17 septembre prochain, une drôle de quadruplette fera halte à Blois. Sur ce vélo quatre places, « symbole de la transition écologique, de la solidarité et de l’effort collectif », des citoyens concernés et courageux auront alors entrepris un tour de France sur leur engin. Ils partiront de Bayonne le 5 juin et multiplieront les étapes avant d’arriver à Paris le 26 septembre, quelques semaines avant le début de la tenue de la conférence internationale sur le , autrement dit la COP 21.
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