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Revue de presse #avril 2017

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En avril dans la revue de presse COP & climat, élections, négociations, transition, aggravation et mobilisation, avec notamment :

Des effets toujours plus visibles et plus graves du dérèglement climatique…

– Vers un taux de CO2 jamais vu depuis 200 millions d’années – Futura-sciences – 13 avril ;où une étude montre que l’augmentation de la concentration de CO2 dans l’atmosphère qui a dépassé les 400 ppm s’accélere encore, à des taux jamais vus depuis 3,5 millions d’années, et avec des conséquences plus graves car le soleil brille plus aujourd’hui.

– Le réchauffement va faire se multiplier les événements climatiques catastrophiques – Slate – 1er mai ; où le renommé journal de l’Académie des sciences américaine réaffirme dans une étude plus large et générale que les événements climatiques graves s’accélèrent à cause du réchauffement donc de l’activité humaine, comme le montrent la fréquence des El Nino dont un nouveau pourrait revenir dès le second semestre 2017, où l’accélération des tempêtes extrêmes au Sahel.

> Côté océans, de nouvelles études montrent que le réchauffement va modifier l’amplitude des marées en Europe et provoquer la disparition d’une bonne partie de la Grande barrière de corail, que la montée des eaux s’accélère, et que celle de sa température également… Le tout lié au “réchauffement de l’Arctique plus rapide et plus dévastateur que prévu“, tant que d’aucuns imaginent “l’effrayant scénario d’une Terre sans glace

> Le réchauffement s’observe aussi avec les prévisions de l’été 2017 qui s’annonce particulièrement chaud et sec et les autorités qui se préparent à une sécheresse – sécheresse qui affecte déjà dramatiquement le Nordeste brésilien.

> Les animaux ne sont pas épargnés non plus avec les morses et caribous menacés de disparition en Arctique, comme les oiseaux migrateurs qui toutefois pourraient s’adapter, tandis que la boucle est bouclée avec les déplacements d’espèces dus au réchauffement qui pèsent maintenant lourdement sur les activités humaines.

> Enfin, le changement climatique menace aussi le patrimoine français, des vignes au Mont Saint-Michel

 

Du G7 aux hésitations de Trump, bras de fer international sur l’accord de Paris

– Aux États-Unis, l’administration Trump reste divisée sur l’accord de Paris : en sortir comme le souhaite le patron de l’Agence américaine de protection de l’environnement, ou y rester comme le veut le Secrétaire à l’énergie ?

D’aucuns comme Al Gore ou Royal estiment “qu’il y aurait d’« excellentes chances » que les États-Unis restent”, d’autres comme le président de la COP23 les exhorte à rester, mais dans tous les cas l’objectif de la nouvelle administration reste de revoir à la baisse les engagements du pays…Trump promet ainsi une “grande décision” sur le climat dans les deux prochaines semaines.

> L’occasion de revenir sur un premier bilan des reculs environnementaux de Trump, tandis que le site Climate Advisers lance le Trump Backtracker pour suivre les évolutions d’émissions de CO2 liées aux mesures de Trump, ou que la NASA continue d’alerter sur les impacts du réchauffement malgré tout.

– La position des États-Unis a aussi bloqué la conclusion d’un accord entre les ministres de l’Énergie des pays membres du G7, les États-Unis “réservant leur position” jusque fin mai… ce qui menace aussi les promesses de financements climat des pays du Nord, sur lesquels les pays émergents donnent l’alerte.

 

La transition énergétique qui avance lentement, en France, en Allemagne et en Europe en général

– Le développement des énergies renouvelables qui se poursuit, avec une infographie de la croissance exponentielle de l’éolien comme du solaire, le développement pour la première fois de parcs éoliens en mer sans subventions, ou d’une nouvelle technologie en France pour stocker l’énergie verte.

– Les énergies fossiles encore très prégnantesla fin du charbon n’étant pas encore arrivée notamment dans les pays émergents, tandis qu’au Canada la pollution de l’industrie pétrolière a été sous-évaluée, ou que Timothy Mitchell estime dans ” Le pouvoir politique à l’ère du pétrole” que les énergies fossiles ont façonné jusqu’à nos modèles démocratiques.

– En Allemagne, Bastamag revient sur les discussions, enjeux et freins à la sortie du charbon nécessaire pour respecter ses engagements climatiques.

– En France, si Ségolène Royal se félicite de l’application de la loi de transition énergétique, le Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD) estime que « l’essentiel des efforts reste encore à faire » pour respecter les objectifs de réduction d’émissions en 2050. La France est aussi menacée d’amende par l’UE car risquant de ne pas respecter ses objectifs de développement des renouvelables, et vivement accusée d’avoir voulu manipuler l’initiative africaine pour les énergies renouvelables en voulant sélectionner l’essentiel des projets et des projets ni nouveaux, ni renouvelables, ni africains.

– En Europe, chaud et froid alors que de nouvelles mesures pour limiter la pollution de l’air de centrales ont été adoptées, mais qu’un rapport “commandé par la Commission européenne même dresse un bilan très critique des mécanismes de compensation carbone qui permettent d’acheter des crédits carbone en finançant des projets dans les pays en développement”. Par ailleurs, le Brexit fragilise l’Europe du nucléaire, le Royaume-Uni étant l’un des rares pays occidentaux qui y investit encore.

 

Le climat et l’environnement, grands oubliés de la campagne présidentielle en France :

– Le changement climatique oublié des politiques – Reporterre – 4 mai ; où dans une tribune deux scientifiques montrent que la prise en compte des enjeux climatiques a reculé chez les politiques depuis 2015, avec le déni aux commandes aux États-Unis et en Russie, et la campagne présidentielle française qui a, sauf à gauche, oublié le climat ; comme le montrent le désintérêt vis à vis des enjeux d’énergie citoyenne ou même la minimisation de l’impact de l’Homme sur le climat par certains candidats…).

> Pendant la campagne, beaucoup ont analysé et comparé les programmes, ainsi Reporterre sur le climat, le nucléaire et les transports ; Bastamag avec l’Observatoire français des conjonctures économiques sur l’impact des politiques économiques proposés ; le Réseau Action Climat sur 6 chantiers climat prioritaires ; et Actu-Environnement sur les programmes environnementaux des finalistes.

> A noter que pour la suite, France culture revient dans une émission sur les marges de manœuvre du futur président français sur la diplomatie climatique, ou que d’aucuns comme Vincent Verzat invitent à d’ores et déjà préparer la résistance pour le climat ! 

 

Et la mobilisation citoyenne pour le climat qui ce mois-ci s’élargit et se renforce à travers le monde !

– Le 29 avril, des centaines de milliers de personnes ont marché aux États-Unis et dans plus de 360 villes du monde pour le climat, et particulièrement contre les reculs de Trump.

– La mobilisation des scientifiques émerge, particulièrement des climatologues, partie des États-Unis avec plus de 500 marches pour les sciences qui ont eu lieu le 22 avril dans le monde pour protester contre le climato-scepticisme et la remise en cause des financements et thèses scientifiques, des remises en cause aux États-Unis qui ont un impact bien au delà. Le but était aussi de retisser des liens entre les citoyens et la science, même si sur une touche plus négative, une étude montre que les français n’acceptent généralement la science que quand ça leur plaît…

– Le thème de l’énergie citoyenne monte, comme la défend le collectif pour l’énergie citoyenne, la racontent Énergie Partagée et Wattvalue, ou le démontre la montée de l’autoconsommation collective ou individuelle pour des raisons économiques et d’autonomie.

– Et d’autres mobilisations variées se poursuivent, avec en France les suites de la campagne un million d’emplois pour le climat ou la sortie prochaine du film Irrintzina qui montre la montée des mouvements Alternatiba et ANV-COP21 pour la justice climatique, avec des actions de blocage de terminaux gaziers qui se poursuivent à Amsterdam, et des rassemblements militants estivaux pour le climat en Europe ainsi que les European Fossil Fuel Subsidies Awards qui se préparent.

 

Et en bonus : 

– Sensibiliser au dérèglement climatique, par quels moyens ? Place to B revient en vidéo sur les résultats de son étude sur les visuels climatiques, d’autres usent de la photographie pour montrer la fonte des glaciers, tandis que d’aucuns investissent également des festivals de musique urbaine comme à Abidjan ou d’autres un peu perchés le camp de base de l’Everest, pour parler réchauffement climatique.

Aux États-Unis, la vidéo est d’usage, de Al Gore et Bloomberg qui lancent des documentaires sur le climat et le charbon au lobby conservateur américain The Partnership for Responsible Growth qui sort des pubs sur l’urgence climatique ;

– Entreprises et climat, avec des signaux variés : certes les investisseurs mondiaux tendent à plus prendre en compte l’impact du changement climatique quoique de façon inégale dans le monde, et des groupements comme l’Energy Transitions Commission (ETC) affirment vouloir se détourner des énergies fossiles pour investir largement dans la transition énergétique, ou se réunissent comme avec Solidarité climatique sur les ODD et le sommet Climate Chance.

Mais les grandes majors des énergies fossiles y voient aussi une occasion de plaider pour des investissements… dans d’autres énergies fossiles comme le gaz, tandis que des assureurs comme Axa sont toujours pointés du doigt pour leurs investissements dans le charbon, qu’une infographie résume les sommes massives versées par Exxon à des think thank climato-sceptiques, ou que la question des conflits d’intérêt revient à propos des COP.

– Géopolitique, conflits et climat, alors qu’une nouvelle étude vient montrer que le changement climatique favorise le terrorisme et l’émergence de groupes armés ; et que le chercheur Bastien Alex revient sur l’importance géopolitique du climat.

– Le secteur automobile en transformation lente : alors qu’un rapport montre que “les moteurs diesel dernière génération polluent bien plus qu’annoncé”, que le diesel est en léger recul en Europe mais ne reste pas détrôné par les moteurs électriques et hybrides qui se développent, tant qu'”à Oslo, en 2025, plus aucune voiture neuve n’émettra de CO2“.

– Le rôle des écosystèmes pour le climat, avec une tribune qui rappelle que la déforestation aggrave les impacts du changements climatique, un casse-tête en France qui veut préserver sa forêt comme puits de carbone mais aussi l’exploiter plus comme énergie renouvelable, et la Fondation Nicolas Hulot qui rappelle l’importance de la restauration et de la préservation des sols pour s’adapter notamment.

– L’action locale pour le climat, alors qu’à Vienne au congrès des sciences de la terre ont été passés en revue l’importance des émissions de CO2 des villes et les impacts lourds du changement climatique à prévoir pour elles. Des expériences naissent ainsi pour y répondre, avec par exemple la mini-ville laboratoire “Sense-City” qui permet des simulations climatiques, les nombreuses propositions pour le plan climat de la ville de Paris avancées par les habitants, ou l’exemple de la ville de Stuttgart et sa politique strict d’investissements dans des énergies propres.

 

Cette revue de presse ne vous est pas offerte par des moines japonais qui se passent le flambeau du suivi du climat depuis 700 ans – mais ça aurait pu.

 


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Revue de presse #mars 2017

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Ce mois de mars dans la revue de presse COP & climat, records de chaleur et records de reculs d’États… mais aussi mobilisations tous azimuts, avec :

Records de chaleur en cascade et conséquences qui s’aggravent

– Climat : 2016 bat un record de chaleur, la planète entre en « territoire inconnu » – Le Monde – 21 mars ; où selon le dernier bilan climatique annuel établi par l’Organisation météorologique mondiale (OMM), tous les compartiments du système climatique sont affectés par le record de chaleur de l’an dernier – des changements tels que les scientifiques ont déclarés être “désormais en territoire inconnu”.

> Et dans le détail, de nombreux articles reviennent sur l’impact du dérèglement climatique sur l’écosystème méditerranéen désormais plus grave encore que la surpêche, les océansla mangrove qui s’assèche en Australieles glaces de l’Arctique (qui risquent de disparaître en cas de dépassement des +1,5°C), la multiplication des phénomènes climatiques extrêmes, notamment à cause la perturbation des jet streams, …

Un constat pour 2016 qui ne semble pas s’arranger puisque les mois de février et de mars 2017 semblent déjà battre des records de chaleur… à tel point que d’aucuns s’interrogent, “faudra-t-il attendre l’effondrement pour réagir ?

 

Tandis que les actions des États restent insuffisantes et à géométrie très variable…

– En Russie, juste après les annonces de Trump, Poutine a minimisé l’impact de l’homme sur le changement climatique et estimé qu’il avait des bons aspects notamment en Arctique… alors même que le pays est en première ligne face aux risques “d’inondation des régions arctiques et sibériennes de la Russie dans les 20 prochaines années, mais aussi d’apparition de nouvelles maladies et de destruction des infrastructures”.

– Les Philippines ont de leur côté ratifié l’accord de Paris.

– La Chine, sans reprendre seule le leadership climatique vacant, investit massivement dans les renouvelables, diminue peu à peu ses émissions de CO2 et sa consommation de charbon. Le ville de Pékin a fermé sa dernière centrale à charbon et fait plutôt office de bon élève malgré quelques contrastes.

– L’Inde, 3e pays émetteur au monde, investit largement dans le solaire dont la croissance est exponentielle et qui y devient parfois l’énergie la moins chère du marché, et a suspendu, reporté ou annulé de nombreux projets de centrales à charbon.

– En Europe, signaux contradictoires : certes 11 États européens ont déjà atteint leurs objectifs 2020 d’énergies renouvelables, une plate-forme (mais qui n’exclut pas la capture et stockage du carbone) va être lancée en juin pour la sortie du charbon et l’accompagnement des régions concernées, des projets éoliens de grande ampleur se lancent comme en mer du Nord. Mais l’Europe est de plus en plus dépendante des énergies fossiles, seuls 3 pays européens seraient en voie d’atteindre leurs objectifs fixés à la Cop21 (dont la France mais qui peine sur le développement des renouvelables), et l’UE continue d’investir dans des projets gaziers et des gazoducs en Europe de l’est

> A noter que Climate Action Tracker vient de lancer une base de données sur les tendances d’émissions de gaz à effet de serre et les taux de décarbonisation par secteur économique des pays

 

Notamment du côté des États-Unis où Trump déclare la guerre au climat et à l’environnement

–  Trump sabre le budget environnement des États-Unis – Novethic – 17 mars ; où le président Trump a présenté son projet de budget qui prévoit une forte baisse de toutes les dépenses touchant au climat et à la transition énergétique, avec “notamment une coupe de 31% dans les fonds alloués à l’EPA et la fin de la participation des États-Unis au Fonds vert de l’ONU pour le climat”… Un budget qui fait également la part belle à la Défense et s’attaque à d’autres sujets comme la culture, l’éducation, la diplomatie, (…) mais qui doit encore passer devant le Congrès avant d’être adopté où la résistance se prépare.

– Trump signe un décret abrogeant des mesures d’Obama sur le climat – Le Monde – 28 mars ; où par décret le président Trump a supprimé une demi-douzaine de mesures climatiques de son prédécesseur, pour “supprimer nombre de réglementations environnementales « inutiles et destructrices d’emplois »” selon lui et investir à nouveau dans le « magnifique charbon propre ».

> La question se pose également de savoir si les États-Unis vont rester dans l’accord de Paris, même si dans tous les cas son inapplication ou le retrait des financements par les États-Unis seraient plus qu’un coup dur pour le processus…

> Par ailleurs, l’Administration Trump a été prise en flagrant délit de reprendre mot pour mot un communiqué d’ExxonMobil, tandis qu’à la commission de la Science, de l’Espace et des Technologies de la Chambre du Congrès comme à l’agence de l’environnement américaine le climatoscepticisme est désormais en majorité et l’avis des scientifiques plus le bienvenu…

> Ces multiples mesures climaticides n’ont pas manqué de faire réagir, d’abord aux États-Unis où scientifiques et démocrates (comme Bernie Sanders) ont largement dénoncé ces décisions ; d’autres veulent positiver en estimant que les acteurs économiques ou gouvernements locaux sont de fait déjà en train de se détourner du charbon qui n’est plus rentable et que la décision de Trump n’y changera rien ; quelques grandes entreprises dont même ExxonMobil ont critiqué ces choix ; de nombreux États ont marqué leur déception et désaccord avec ce décret, la Chine, l’UE les îles Marshall, le Vatican, … ; et en France, les ONG ou Nicolas Hulot ont également dénoncé ces décisions et rappelé leur soutien à la société civile mobilisée aux États-Unis et dans le monde pour empêcher ces reculs.

La transition énergétique en débat et au prisme des présidentielles 

– En questions et précisions : alors que le Réseau Action Climat publie un dossier pour en finir avec les idées reçues sur le sujet, l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (Irena) estime dans un nouveau rapport que “décarboner le système énergétique d’ici 2060, c’est possible et rentable” et la Cour des comptes alerte sur l’absence de financement suffisants de l’Ademe pour répondre aux engagements de la France sur la transition énergétique.

En débats, Actu-Environnement a mis autour de la table Négawatt et le Shift Project sur la façon d’arriver à une France 100% renouvelable, tandis que “l’école des Mines-Paris Tech a réuni un panel de représentants des principaux candidats à la présidentielle pour que chacun-e exprime sa position sur la transition énergétique.

– Sur les renouvelables, le record d’installations a été battu en 2016, Bastamag se penche sur ces petits barrages hydroélectriques abandonnés depuis la domination du nucléaire et qui sont pour certains réhabilités et rentables, tandis qu’Actu-Environnement revient en infographie sur le développement des énergies marines qui créent déjà plus de 2000 emplois, et Novethic sur la question du crowdfunding comme source de financement des projets d’énergie renouvelable.

 Sur le bâtiment, Anne Bringault revient sur la définition des passoires énergétiques et les propositions incomplètes des candidats à la présidentielles pour répondre à cet enjeu, tandis que les premiers labels “énergie positive et réduction carbone” ont été remis pour 6 opérations pilotes, et que Reporterre pose la question : “Pourquoi l’usage de la paille, de la terre et du bois dans l’habitat limite-t-il l’effet de serre ?

– En France, le nucléaire critiqué avec Areva qui reste dans le rouge pour la 6e année d’affilée, de nombreux rassemblements contre le nucléaire pour l’anniversaire de la catastrophe de Fukushima, une bataille de chiffres qui conclut qu’il serait cher d’en sortir mais d’y rester également, et un tour d’horizon des programmes des principaux candidats à la présidentielle sur le nucléaire.

– Et sur les énergies fossiles, le prix du pétrole est reparti à la baisse, un immense gisement pétrolier vient d’être découvert en Alaska et les majors s’affolent déjà, tandis que le ministère de l’Environnement français “vient d’accorder deux prolongations exceptionnelles de permis de recherche d’hydrocarbures” pour du gaz de houille et de couche sous la pression judiciaire,

 

Et des mobilisations climatiques qui continuent en France et dans le monde !

– Une synthèse des actions en justice de la société civile sur le climat qui se multiplient à travers le monde, et ne sont plus limitées aux cadres onusiens ni aux experts scientifiques : ce sont ainsi de nombreux Etats qui ont été poursuivis pour manquement à leur responsabilité climatique et de protection des populations, avec parfois des victoires des associations et des juges qui acceptent de plus en plus souvent de recevoir ces actions. Dans cette même ligne, 15 ONG viennent d’appeler “Bruxelles à octroyer le droit aux citoyens d’attaquer les décisions européennes en matière d’environnement devant la justice”.

– Ce 23 mars, plus de 110 associations françaises ont lancé l’appel des solidarités, pour remettre de l’ordre dans les priorités politiques et notamment dans la solidarité avec les générations futures en ayant une action ambitieuse sur le climat.

– Les actions pour le désinvestissement des énergies fossiles continuent dans le monde, en Nouvelle Zélande par exemple avec des hakas et blocages ; aux États-Unis avec les défenseurs de Standing rock qui après leur expulsion exportent leur combat contre le Dakota Access Pipeline ; ou en France où justement les Amis de la terre et ANV-COP21 ont voulu dénoncer l’investissement des banques françaises dans plusieurs projets de pipelines aux États-Unis, et où Greenpeace dénonce les projets pétroliers de Total au Brésil qui menacent les populations locales et des ecosystèmes entiers.

– En deux minutes deux questions de Reporterre, Alternatiba donne des idées de “comment agir concrètement pour le climat” et Climates ses projets pour porter le sujet du climat dans les présidentielles… tandis qu’à eu lieu le 25 mars la traditionnelle Earth Hour de WWF, “une heure d’obscurité (de nombreux monuments) pour éclairer le changement climatique”

 

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Et en bonus :

– Des initiatives d’entreprises ou pour les faire avancer sur le climat, avec l’appel du Shift Project à décarboner l’Europe signé par 2 000 dirigeants d’entreprise et personnalités académiques “qui interpelle directement les politiques pour qu’ils s’engagent concrètement à respecter l’Accord de Paris” et propose 9 pistes portant sur le transport le bâtiment, l’agriculture ou l’énergie. L’occasion de revenir sur les bonnes pratiques pour intégrer les ODD dans une stratégie d’entreprise, ou sur les nouveaux engagements de la filière française du froid pour mieux récupérer et traiter les gaz réfrigérants.

– Percevoir et parler du climat, alors qu’un sondage sur des habitants de 4 grands pays européens montre qu’ils voient déjà pour une majorité d’entre eux les effets du dérèglement climatique en Europe. L’occasion de revenir sur deux performances photographiques pour sensiiliser sur le climat, avec les glaciers vus du ciel ou des réfugiés en montagne de la montée des eaux, sur le retour du train du climat en 2017 avec le collectif de scientifiques “les messagers du climat”, et sur un article de Mickael Dupré pour Place to B qui dresse un état des lieux des études sociologiques et psychologiques sur les comportements éco-citoyens.

– L’action des collectivités locales sur le climat, avec les annonces de Paris et son étude prospective qui vise la neutralité carbone en 2050 ; une nouvelle vague de conventions « territoires à énergie positive » (Tepos) qui porte à plus de 500 ces territoires dont le CLER rappelle les enjeux et intérêts ; les stratégies de résilience locale, avec Paris qui veut mettre le lien social au centre au même titre que la rénovation des bâtiments ou que la végétalisation des quartiers qui se développe rapidement ; et une expérience en Bretagne qui a inauguré la 1ère Cop 21 régionale à Saint-Malo pour réunir associations, collectivités, agriculteurs et entreprises afin de s’accorder sur des engagements climatiques.

– Un rapport sur les financements climat paru ce mois-ci pointe le fait que moins de 10% d’entre eux entre 2003 et 2016 ont atteint le niveau local… et propose plusieurs moyens pour remédier à ce déséquilibre.

– Les forêts, enjeu climatique méconnu qui en Europe fait l’objet de vifs débats sur son utilisation comme ressource renouvelable ou sa sanctuarisation comme puits de CO2… en France, des études sont également menées sur des essences qui pourraient disparaître à cause du dérèglement climatique, et d’autres en Australie sur le comptage du rôle de stockage de carbone des forêts, qui pourraient remettre en cause les chiffres et modèles de comptabilisation utilisés.

– Agriculture et climat alors qu”‘une sécheresse historique frappe l’est et le sud de l’Afrique” provoquant une famine, preuve de l’impact déjà grave du dérèglement climatique sur les populations. En France, le Réseau Action climat publie par ailleurs un rapport qui dresse un état des lieux des politiques agricoles au regard du défi climatique et avance 15 propositions pour les améliorer.

– Du côté des traités de libre-échange, le CETA pourrait être mis en application provisoire au 1er mai mais fait historique le Conseil Constitutionnel saisi a décidé de rallonger sa période de réflexion avant de trancher à l’été. En vertu d’un autre accord international, l’Italie est elle poursuivie devant un tribunal d’arbitrage par une compagnie pétrolière pour avoir voulu interdire toute nouvelle activité d’exploration et de production sur ses côtés… et la Commission européenne avance dans la finalisation d’un nouvel accord de libre-échange UE-Japon.

 

– Enfin la minute WTF et climat : une étude publiée dans le British Journal of Criminology montre que le bilan carbone de la criminalité est en baisse avec moins de vols de voiture et de cambriolages, sources de gaz à effet de serre, et évolue vers des formes de criminalité plus éco-responsables… Par ailleurs, une étude publiée dans la revue scientifique américaine PLOS Genetics montre que les formes de nos nez sont probablement dues au climat auquel nos ancêtres se sont adaptés, même si les chercheurs “ont reconnu que l’histoire de l’évolution du nez était complexe”. Merci la science.


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Revue de presse #février 2017

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Les revues de presse climat mensuelles continuent ! En février, retour sur les effets du réchauffement qui s’accélèrent et l’amplification de batailles climatiques aux Etats-Unis, en Europe et sur la transition énergétique, avec notamment :

L’année 2017 qui commence par des records de chaleur et de fonte des glaces :

Climat : 2017 démarre fort – Blog Le Monde – 17 février ; où le journaliste scientifique Sylvestre Huet revient sur les mesures climatiques du premier mois de l’année, qui poursuit les records de chaleur des années précédentes, montre un recul inquiétant des glaces polaires même en Antarctique et évoque les suites encore mystérieuses du dernier El Niño.

L’impact du réchauffement climatique sur les animaux largement “sous-estimé” – Les Échos – 18 février ; où une nouvelle étude montre que “le changement climatique mettrait en danger près de la moitié des mammifères terrestres et le quart des oiseaux”, et parle de “sous-estimation massive” des conséquences déjà sensibles du changement climatique.

Et pour aller plus loin : en un un chiffre, un scientifique montre que “le changement climatique s’effectue 170 fois plus vite que si les seules forces naturelles étaient en jeu” ; les glaciers alpins fondent à une vitesse inédite ce qui inquiète et pose la question pour certains de savoir si “le ski survivra-t-il au réchauffement climatique ?” ; et le réchauffement est tel que des scientifiques notent les gigantesques et désormais nombreux cratères dans le permafrost canadien, alors que d’autres commencent à envisager des techniques extrêmement coûteuses pour “recongeler l’Arctique”

 

Aux États-Unis, premières offensives de Trump contre l’environnement, le climat et les militants climatiques

Pour relancer l’industrie du charbon, les États-Unis ré-autorisent la pollution des cours d’eau – Libération – 3 février ; où le Congrès “vient de renverser une réglementation adoptée sous Obama visant à limiter le versement des déchets des mines dans les cours d’eau”, au nom des emplois dans le secteur du charbon, une mesure qui risque d’être suivie par d’autres remises en causes rapides de règles environnementales.

Sur le climat, les contradictions de l’administration Trump ressortent, avec quelques membres qui souhaitent une taxe carbone et la non-remise en cause de l’accord de Paris alors que de nombreux autres veulent en sortir, des contradictions jusque dans les intérêts privés du président américain menacés par le dérèglement climatique…

Les Indiens de Standing Rock face au “serpent noir” de Trump – FranceTV-Info – 28 février ; où l’on revient sur la lutte de milliers d’activistes notamment sioux de Standing Rock contre un projet d’oléoduc en Dakota du Nord, expulsés par l’administration Trump qui veut relancer les travaux, des activistes qui cherchent maintenant à étendre leur lutte sur d’autres terrains. L’occasion de se pencher sur le soutien de grandes banques françaises et européennes à ce projet, et la pression citoyenne qui commence à s’exercer pour les en faire sortir.

En Europe, déceptions climatiques entre ratification du CETA et réforme manquée des marchés carbone

Marché carbone européen : compromis a minima entre États membres de l’UE – Novethic – 1er mars ; après un vote déjà a minima du Parlement Européen sur la réforme du marché carbone pour la période 2021-2030, “les ministres européens de l’environnement ont adopté un texte de compromis” “au forceps”, très critiqué par les ONG environnementales pour son manque d’ambitions et ses reculs face aux industriels.

Le marché du carbone réformé risque de profiter aux climato-sceptiques – Euractiv – 17 février ; où l’on revient sur plusieurs des principales critiques faites aux marchés carbones et au manque d’ambition de la nouvelle réforme, qui non seulement ne permet pas d’inciter les entreprises à réduire leurs émissions mais leur permet au contraire de toucher des subventions et profits, et qui transfère le prix de la pollution de fait sur le consommateur.

Hasard du calendrier, le parquet financier vient de demander un procès dans l’une des affaires les plus explosives, coûteuses et emblématiques de fraude à la taxe carbone. Par ailleurs, un nouveau rapport vient aussi montrer que “l’Europe doit  renoncer au charbon d’ici à 2030 pour respecter l’Accord de Paris“.

Le Parlement européen ratifie le Ceta, accord de libre échange entre UE et Canada – Libération – 15 février ; où malgré de nombreux arguments qui montrent l’impact désastreux du CETA sur le climat, des doutes et inquiétudes du côté du ministère de l’environnement français même ou sur le respect de la Constitution, ainsi qu’une importante mobilisation à Strasbourg et contre le CETA qui a fait basculer de nombreux eurodéputé-e-s, le traité de libre-échange UE-Canada a finalement été ratifié par le Parlement Européen le 15 février.

CETA : “Il n’y a aucun engagement de limitation des émissions de gaz à effet de serre” – France-Info – 15 février ; où l’on revient sur les impact du CETA sur le climat, qui non seulement ne s’engage à aucune limitation des émissions de gaz à effet de serre mais en provoquera une augmentation et un développement encore accru des énergies fossiles.

Et de nouveaux constats et initiatives dans le bras de fer sur la transition énergétique :

Au niveau de la consommation d’énergie, en Europe, un nouveau rapport montre que “la consommation intérieure brute d’énergie de l’UE est tombée en 2015 sous son niveau de 1990″… mais que “sa dépendance aux combustibles fossiles a augmenté”. En France, “les Français ont consommé plus d’électricité en 2016 en raison du froid mais la production nationale de courant a reculé”.

Les énergies renouvelables qui progressent, avec l’éolien qui a dépassé en 2016 en capacités installées en Europe celles des centrales à charbon, les professionnels du solaire qui prévoient une forte hausse d’emplois, tandis qu’Actu-Environnement revient en infographies sur le développement en France des énergies marines et du biométhane.

Les investissements dans les énergies fossiles de plus en plus décriés, que ce soit au Louvre dont le partenariat avec Total est dénoncé par des militants, Total même et ses activités à travers le monde qui refuse d’envisager une réelle sortie des énergies fossiles, ou des banques comme la BNP Paribas qui continuent d’investir dans les gaz de schiste.

En France, le nucléaire dans la tourmente alors qu’EDF refuse toujours de détailler la manière dont il envisage le démantèlement de ses centrales nucléaires, que les opposants au projet d’enfouissement de déchets nucléaires à Bure ont gagné une bataille juridique et du temps, et que l’on revient dans un article sur le fiasco du dossier Fessenheim et le manque de poids de l’État dans la stratégie d’EDF.

L’urgence à rénover les passoires énergétiques, mise en lumière par l’initiative “Rénovons!” portée par une large coalition d’acteurs qui proposent leur scénario pour rénover les 7 millions de logements privés énergivores en 2025… mais aussi par un reportage sur la situation des plus démunis qui ne peuvent pas se chauffer décemment…

Finalement, l’énergie, l’affaire de tous ? Avec un panorama des initiatives citoyennes en la matière, un focus sur le cas du défi familles à énergie positive, et un plaidoyer vif pour une transition énergétique décentralisée et plus proche des citoyens.

 

Et en bonus :

Des nouvelles du mouvement climatique qui s’étend, avec une mobilisation des scientifiques contre le climato-scepticisme aux États-Unis et en France, un article détaillé sur les artivistes, ces artistes engagés contre le dérèglement climatique, et une nouvelle plainte en justice de 17000 citoyens belges contre leur État pour qu’il réduise ses émissions de CO2. L’occasion de revenir en interviews sur le point de vue d’activistes climatiques plus d’un an après la COP21, ou sur les enseignements d’un chercheur à propos des mobilisations à Paris fin 2015.

Dans d’autres régions du monde des avancées sont à noter, notamment du côté des îles les plus touchées par le dérèglement climatiques comme les Îles Marshall qui ont les premières ratifié l’accord interdisant l’utilisation des HFC, gaz jusqu’à 14 800 fois plus réchauffant que le CO2 ; ou les Seychelles qui investit largement dans la protection de ses aires marines et “l’économie bleue” durable. La Suisse avance quant à elle dans la ratification de l’accord de Paris, et a évité de peu une réduction de ses engagements climatiques…

Agriculture, alimentation et climat, avec un retour sur le concept émergent d'”agriculture climato-intelligente” qui reste flou et très critiqué par plusieurs ONG, tandis que Reporterre revient en une minute sur l’initiative “Bon pour le climat” qui vise à mobiliser les restaurateurs pour les pousser à adopter des menus climato-compatibles, et que Datagueule revient en chiffres sur les impacts de l’agriculture industrielle,

Eau et climat, alors que l’Alliance des initiatives Océan climat s’est réunie fin février pour “tirer la sonnette d’alarme sur l’état de santé de notre principal régulateur du climat” et avancer sur de nombreux projets maritimes tant d’atténuation que d’adaptation au dérèglement climatique. L’occasion de revenir sur une expérience française sur la terre ferme d’adaptation des forêts, en utilisant la biodynamie et en renforçant leur résistance au stress hydrique.

Le rôle des collectivités locales réaffirmé aux Assises de l’énergie de Bordeaux fin janvier, sur lesquelles la Gazette des communes revient en 7 points principaux, mais note malgré les avancées le retard des collectivités dans la réalisation de leurs plans climat-air-énergie territoriaux.

– Et une bonne nouvelle inédite venue d’Autriche, où pour la première fois l’agrandissement d’un aéroport a été interdit… pour des raisons climatiques !

 


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Revue de presse #décembre 2016

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Juste avant les fêtes, retour sur une fin d’année chargée sur le plan climatique ! Dans la revue de presse Cop & climat de décembre 2016, retrouvez:

 

Un mois après la COP22 et un an après la COP21, bilan critique des processus onusien

Climat : premier anniversaire de l’Accord de Paris– Novethic – 12 décembre ; où l’on tire un premier bilan de l’accord de Paris qui, au delà du succès diplomatique et de la dynamique qu’il a engagée, reste largement insuffisant pour rester sous la barre des +2°C et dont la concrétisation en actes tarde.

Climat : “plus personne n’a la boite de commande” (ATTAC) – Novethic – 13 décembre ; où de retour de la COP22 l’économiste Maxime Combes critique les indécisions de cette COP, s’inquiète de la tendance à transférer l’application de l’accord de Paris au secteur privé, et appelle à “sortir le climat des COP” pour que les impératifs climatiques s’imposent au système économique.

Et dans le détail, Actu-Environnement en débat-vidéo, les organisations Adéquations et Care ou encore Ségolène Royal en interview reviennent en détail sur leurs bilans de la COP22, Laurence Tubiana estime que le G20 sera le prochain grand rendez-vous climat, et Actu-Environnement revient en infographie sur l’état des ratifications nationales de l’accord de Paris.

 

Tandis que les conséquences du dérèglement climatique se font de plus en plus sentir :

En Arctique, la température excède la normale de 20 °C– Le Monde – 24 novembre ; où les records de chaleur et de minimum de la glace de mer au pôle Nord inquiètent par leur ampleur, et sont à la fois témoins et amplificateurs du dérèglement climatique comme l’explique cette vidéo et le montrent des photos de la Nasa. Un réchauffement inédit qui vaut aussi pour les glaciers de haute altitude

En 2015, des événements climatiques ont été accentués par le réchauffement Le Monde – 16 décembre ; où une étude internationale basée sur 25 enquêtes effectuées par 116 scientifiques de 18 pays montre que le lien entre le réchauffement et les catastrophes climatiques est de plus en plus manifeste, comme le cas récent des incendies en Israël le montre. Dans la série effet d’emballement, l’explosion de la concentration de méthane dans l’atmosphère inquiète et pourrait s’aggraver avec la fonte des glaces sibériennes…

 

Chaud et froid sur le désinvestissement des énergies fossiles :

5.000 milliards de dollars désinvestis des énergies fossiles en quinze moisLa Tribune – 12 décembre ; où un rapport relève que “près de 700 institutions de 76 pays, gérant pour 5.000 milliards de dollars d’actifs, sont sorties des énergies fossiles depuis septembre 2015.”

La demande ralentit, mais le charbon ne s’avoue pas vaincu– Sciences et avenir – 15 décembre ; où l’Agence internationale de l’énergie prévoit une baisse de la consommation de charbon jusqu’en 2021, mais craint une stagnation voire un retour à la hausse ensuite vus les investissements dans plusieurs zones du globe dans le secteur.

Dans le détail, si le Canada prévoit de fermer toutes les centrales à charbon du pays pour 2030, il continue d’investir dans le pétrole et de nouveaux oléoducs… ; la Chine, elle, s’apprête à investir massivement dans de nouvelles centrales à charbon alors que les existantes sont sous-utilisées.

 

Premier accord pétrolier depuis 2001 entre pays membres et hors Opep– Le Monde – 10 décembre ; où de nombreux pays de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et exportateurs hors Opep se sont engagés via un accord quasi inédit à réduire leur production de 562 000 barils par jour, pour que les prix du pétrole repartent à la hausse.

Du côté du secteur privé, un rapport pointe le décalage grandissant entre majors des énergies fossiles en Europe et aux États-Unis, les premières tendant à investir plus dans les technologies bas carbone et le gaz, les deuxième non. Pourtant, les ONG françaises relèvent qu’Engie et EDF notamment “possèdent toujours 35 centrales à charbon en opération dans le monde”, tandis que des banques comme le Crédit agricole continuent d’y investir.

 

Les suites de l’élection de Donald Trump et ses risques pour le climat

Avant l’arrivée de Trump, sauver le soldat climat– le JDD – 22 décembre ; où l’on avance sur trois sujets climatiques brûlants aux États-Unis avant l’investiture de Trump : l’interdiction par Obama de forage d’hydrocarbures dans plus de 46 millions d’hectares, une vaste opération pour sauvegarder les données des scientifiques américains sur le climat, et la victoire temporaire des Sioux de Standing Rock contre un projet d’oléoduc.

Donald Trump forme un gouvernement climatosceptique– Novethic – 15 décembre ; où l’on revient sur les premières nomination de l’administration Trump, inquiétantes sur le plan climatique avec le PDG d’ExxonMobil comme chef de la diplomatie et deux climato-sceptiques notoires à l’Agence de protection de l’environnement (EPA) et au département de l’Énergie.

Et dans le détail, certains essaient de positiver en estimant que “Trump aura du mal à stopper la décarbonation US“, ou qu’il pourra choisir d’investir dans des secteurs climato-compatibles par opportunité économique ; d’autres rappellent que “L’Accord de Paris ne prévoit aucun garde-fou face aux priorités énergétiques de Trump” ; et d’autres le portrait d’un homme ignorant du changement climatique et sa volonté d’ores et déjà d’empêcher la Nasa d’étudier le changement climatique comme lorsqu’elle modélise le cycle du CO2.

 

Au niveau de l’Union Européenne, déceptions sur le paquet énergie-climat et vives critiques sur la réforme du marché carbone

Climat : l’UE en passe de renoncer à ses ambitions ? – Libération – 30 novembre ; où le “paquet d’hiver énergie-climat” proposé par la Commission européenne fait l’objet de vives critiques, jugé peu ambitieux, incompatible avec les objectifs de l’accord de Paris, faisant la part belle aux énergies fossiles sans développer suffisamment les renouvelables et l’efficacité énergétique,

Dans le détail, l’objectif de 30% d’augmentation efficacité énergétique faisait l’objet de vifs débats pour passer à 40% mais n’a qu’à peine été ré-haussé, la Commission est divisée sur le soutien aux énergies renouvelables et une partie freine car craignant des distorsions de concurrence, et le syndicat des énergies renouvelables a lui aussi salué quelques avancées mais critiqué un manque global d’ambitions. Un rapport avance également que “Les objectifs européens d’énergies renouvelables menacent les forêts“, abattues un peu partout en Europe.

Le Parlement européen veut durcir la contrainte carbone pour les industriels– Euractiv – 16 décembre ; où la commission environnement du Parlement Européen vote une réforme du marché du carbone “plus ambitieuse que prévu” pour ré-hausser le prix du CO2… mais qui prévoit de nombreuses compensations et subventions à certains secteurs très polluants que Corporate Europe dénonce dans un rapport comme un cadeau de Noel et un droit à polluer accru offerts. D’autres comme Xavier Thimbeau plaident également pour une taxe carbone élevée.

 

En France, bilan climatique de fin de mandat…

Du climat à Notre-Dame-des-Landes : le grand écart de François Hollande – Le Monde – 3 décembre 2016 ; où en essayant de tirer un bilan climatique du mandat Hollande, l’on constate un décalage entre le succès diplomatique qu’a été la COP21 et “l’absence d’une véritable politique en faveur de l’environnement”, voire la poursuite de projets contradictoires avec les objectifs de l’accord de Paris…

Pire, Arrêt sur images revient sur l’aveu de Hollande de “s’être servi de l’état d’urgence pour mettre au pas les écologistes pendant la Cop21”, tandis que les Amis de la terre pointent dans un rapport le risque d’un renouveau en France d’une exploitation minière et pétrolière…

 

Et le rôle de l’échelon local dans l’application de l’accord de Paris

Les associations d’élus mobilisées pour « sauver » la dotation additionnelle climat au bloc local– Le Courrier des maires – 21 décembre 2016 ; où l’on s’intéresse à la proposition de dotation additionnelle climat pour les intercommunalités et les régions, pour les inciter à adopter des schémas directeurs locaux climatiques influençant leurs politiques, une proposition finalement rejetée par Bercy et l’Assemblée nationale.

Réchauffement climatique : 86 grandes villes veulent bousculer les États– Le Monde – 2 décembre ; où réunis à Mexico, les maires du C40 (organisation qui regroupe 86 des plus grandes villes du monde) “ont pris l’engagement de doter d’ici à 2020 leur ville d’un plan action climat qui permette de contenir les augmentations de températures en deçà de 1,5 °C”.

Des exemples d’initiatives locales innovantes émergent également, comme la Bretagne qui lance une “COP régionale” pour faire se concerter de nombreux acteurs, ou la métropole de Lyon qui étudie les îlots de chaleur urbains, tandis que France culture pose la question dans une émission dédiée : l’avènement d’une société écologique, durable, passera-t-il par la ville

 

Et en bonus :

Transport & climat, avec une étude de l’institut Öko qui “estime que l’UE devrait réduire de 94% les émissions des transports d’ici 2050 pour respecter l’accord de Paris”, et qu’elle est loin d’être pour l’instant sur la bonne trajectoire, notamment à cause de la dépendance au transport routier.

… et la question de la pollution de l’air, qui n’est pas due aux centrales à charbon allemandes, contre laquelle il est possible d’agir sur le long terme, et dont les effets sont aggravés par le réchauffement climatique.

Vents contraires du côté des énergies renouvelables : si la France voit un léger redressement avec l’adoption de 4 mesures de soutien publiques, la Hongrie bloque le développement de l’éolien, et l’Inde investit massivement dans le solaire.

Entreprises et climat, avec la remise par un groupe d’expert-e-s internationaux de “11 recommandations pour construire un cadre global de reporting sur les risques climat pour les entreprises”, tandis que le cabinet Carbone 4 a élaboré une comparaison des différentes obligations de reporting carbone à travers le monde, et rappelle que le reporting est utile mais qu’il doit être suivi de réelles mesures !

Dans d’autres registres, Bill Gates a levé 1 milliard de dollars pour la recherche technologique sur les énergies “propres”, tandis qu’Antonin Potter a récemment publié un livre intitulé “Comment les économistes réchauffent la planète“.

– Des mobilisations climatiques qui continuent, notamment avec la victoire des Sioux de Standing Rock face au projet d’oléoduc qui menaçait leurs terres, malgré la répression, tandis que des communautés et écologistes canadiens préparent eux aussi une lutte contre de nouveaux projets d’oléoducs canadiens.

En France, la campagne des faucheurs de chaises contre l’évasion fiscale et pour que l’argent perdu serve à l’action climatique bat son plein, avec de nombreuses actions à travers le pays.

Côté logement, Bastamag revient sur l’absurdité climatique qu’est la tradition française du chauffage électrique, sur ses impacts, ses coûts, et l’importance de la rénovation pour changer de modèle de chauffage.

– Côté agriculture et alimentation, festival d’idées pour évoluer vers des pratiques plus respectueuses du climat ! Si la BD Planetman ne vous a pas convaincu, un rapport du Réseau Action Climat revient sur le rôle vertueux de l’agriculture biologique. Si ça ne marche toujours pas, dites le avec Arnold Schwarzenegger, ou relevez le fait que les fish & chips pourraient bien disparaître à cause du dérèglement climatique…

Un point biodiversité, avec un premier bilan de la Convention sur la Diversité Biologique (COP 13) par Humanité et biodiversité qui relève plusieurs réelles avancées.

Du côté du Fonds vert pour le climat, 8 nouveaux projets représentant 315 millions de dollars ont été approuvés, portant à 1,3 milliards de dollars ses financements pour 2016, loin de l’objectif de 2,5 milliards.

Côté déchets, la Fédération des entreprises du recyclage redémontre dans une nouvelle étude globale les importants bénéfices du recyclage sur les économies d’énergie et les émissions de CO2 évitées.

Une bataille juridique perdue mais pas la guerre, la justice allemande a estimé qu’un énergéticien allemand émetteur de CO2 ne pouvait être tenu juridiquement responsable des conséquences climatiques dans un village péruvien car « il existe de nombreux autres émetteurs qui dégagent des gaz à effet de serre ».

La science à la rescousse ? Avec le départ le 20 décembre d’une expédition inédite “afin de mesurer et quantifier l’impact des changements climatiques et de la pollution dans l’océan Austral”… tandis que d’aucuns aimeraient “réduire le fossé entre décideurs et chercheurs”, et que le pape appelle à ce que les scientifiques reprennent le leadership climat. Pourtant, les climato-sceptiques sont encore bien présents, avec l’organisation en France le mois dernier d’une “contre COP22“…

Mieux parler du climat pour mieux sensibiliser ? Des chercheurs en psychologie sociale plaident ainsi pour sortir du catastrophisme et pour le remplacement des termes de “changement” et “dérèglement” climatique par le simple terme de climat moins anxiogène. D’autres développent différents médias, comme une symphonie d’une minute ou un jeu vidéo sur le climat pour le grand public.

– Et même si les rennes diminuent à cause du dérèglement climatique, on vous souhaite de joyeuses fêtes avec ces quelques idées de bouquins climato-friendly !

 


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Revue de presse Climat #novembre 2016

Voici notre revue de presse climat un peu anticipée pour coller à la riche actualité autour de la COP22 qui s’est terminée le 17 novembre 2016. Dans l’actualité climat des dernières semaines, retrouvez donc :

1/ Les enjeux de la COP22, en résumé :

A Marrakech, la COP22 à l’épreuve des faits – Le Monde – 4 novembre ; où l’on revient sur le process de la COP21 à la 22, et sur les enjeux majeurs de cette COP : préciser les ­conditions de mise en œuvre de l’accord ; accélérer les efforts des Etats ; avancer sur les questions de financement et d’adaptation. (voir l’abécédaire pour une liste plus exhaustive).

Dans les épisodes précédents, une mise à jour rapide sur ce qu’est une COP et sur la ratification rapide et l’entrée en vigueur de l’accord de Paris juste avant la COP22.

Climat : la COP 22 de Marrakech se termine cette semaine, il serait temps d’accélérer ! – AlterEco+ – 14 novembre ; où après une première semaine de négociations lentes, Célia Gautier revient sur plusieurs enjeux majeurs : décisions reportées sur les règles d’application de l’accord ou la revue des engagements des États, blocages et tensions sur l’agriculture, les financements, l’adaptation, …

2/ … Et sa conclusion bien sur controversée :

COP 22: clap de fin sur le sommet climat de Marrakech, dans l’ombre de Trump – Libération – 19 novembre ; où l’on revient sur quelques principaux éléments de la COP22 après sa clôture : blocages sur les financements et l’agriculture, processus de révision accéléré mais pas approprié par les États, confirmation de l’accord de Paris après l’élection de Trump et méthode Coué pour croire en son irréversibilité. – Les ONG globalement déçues par la COP22 – La Croix – 18 novembre ; où l’on se penche sur la réaction des ONG françaises qui de façon générale critiquent le manque d’ambition et d’engagement nouveau des Etats, et leur tendance à “se décharger de leurs responsabilités sur les acteurs non étatiques”. > Dans le détail, le Réseau Action Climat critique la légèreté des États, surtout les plus développés, qui n’ont rien apporté de nouveau à Marrakech ; Attac France dénonce des promesses qui s’éloignent de plus en plus et une démission des États vers le secteur privé avec la croyance qu’il va tout régler ; et le CCFD, le Secours Catholique et Action contre la faim déplorent spécifiquement les blocages sur l’agriculture et la démission sur le sujet des États au profit d’initiatives privées.

> La fin de la COP, c’est aussi l’occasion de déclarations de Marrakech, celle de la société civile mobilisée en marge de la COP qui pose plusieurs exigences pour rester sous la barre des +1,5°C, et celle des États qui réaffirment leurs engagements de la COP21 sans en apporter toutefois de nouveaux.

> Pour la suite, la COP23 sera présidée par les Iles Fidji et la COP24 sans doute en Pologne.

3/ Du côté des États, annonces variées et recherche de leadership :

COP22 : climat en danger cherche leadership désespérément – Novethic – 15 novembre ; où la question du leadership mondial sur le climat se repose suite à l’élection de Trump, aucun État ni zone n’ayant l’air de s’y être préparé ni de vouloir ou pouvoir particulièrement relancer la dynamique.
À la COP22, l’échéance 2050 joue les cache-misères – Euractiv – 17 novembre ; où l’on s’intéresse aux stratégies bas carbone à horizon 2050 déposées par plusieurs États, villes et entreprises pendant la COP, qui ont du mal à convaincre car ne relevant pas les ambitions à court terme.

Deux études parues pendant la COP montrent l’une que les États ont “fait peu de progrès” dans leur action climatique depuis l’adoption de l’accord de Paris, l’autre leur action un par un via un indice de performance climatique qui met la France et le Maroc à l’honneur, et l’Arabie Saoudite, le Canada et l’Australie à la fin du classement.

Dans le détail pour plusieurs États :

– Au Maroc, qui se veut nouveau champion du climat et à l’honneur du classement des États, les subventions aux produits pétroliers ont été supprimées et les énergies renouvelables progressent vite, mais le pays reste très consommateur de butane. Le spectre de l’exploitation des gaz de schiste plane également, ainsi que la critique de projets solaires pharaoniques comme à Ouarzazate qui interroge tant il concentre les capitaux et la production.

– L’Europe pourrait être un acteur reprenant une part du leadership, mais un rapport de l’Iddri tout juste paru pointe le fait qu’elle “n’est actuellement pas « sur les rails » pour atteindre ses objectifs d’ici 2030 et 2050“, et que la question de la répartition de l’effort n’est toujours pas réglée. Pire, de nouvelles révélations montrent qu’elle prépare un paquet législatif “qui pourrait subventionner de nouvelles centrales à charbon, et affaiblir les renouvelables en Europe”…
– La France a été désignée championne de l’action climatique et le discours de François Hollande a été salué… mais les ONG soulignent qu’elle n’a pris aucun nouvel engagement et réclament une action concrète sur au moins 12 points précis avant la fin du quinquennat- Une quarantaine d’États du sud, les plus menacés par les conséquences du dérèglement climatique et réunis dans le “Climate vulnerable forum” se sont en fin de COP engagés “à mettre fin aux énergies fossiles et à atteindre 100% d’énergie renouvelable “le plus rapidement possible”, soit au plus tard entre 2030 et 2050″.- L’Allemagne a présenté son plan pour réduire ses émissions de CO2 « de 80 % à 95 % » d’ici à 2050, mais qui a été atténué notamment sur les volets transports et charbon, et n’est pas sans contradictions ni critiques.- L’Arabie saoudite et l’Australie ont toutes deux tout récemment ratifié l’accord de Paris, même si la concrétisation en actes se fait attendre, comme le rappelle le classement de performance climatique par Etat.

– Le Royaume-Uni a lancé un plan de sortie du charbon et d’investissement dans les renouvelables pendant la COP.- La COP22 était aussi censée être celle de l’Afrique : l’occasion de revenir sur plusieurs enjeux du continent, entre financements, tensions fossiles/renouvelables, électrification. – Au Canada et au Mexique, mal notés, les deux pays ont pourtant rendu leurs feuilles de route pour une stratégie bas carbone d’ici 2050.

4/ Tandis que le spectre de Donald Trump plane sur les négociations…

Climat : la lutte se poursuit, avec ou sans Washington – Libération – 15 novembre ; où l’élection de Trump porte un coup de massue aux négociateurs à la COP22, laisse de nombreuses incertitudes sur les suites de l’accord de Paris, mais a au moins poussé les autres États à réaffirmer leur attachement à l’accord.

Climat : Trump pourrait profiter d’une faille juridique pour sortir de l’accord de Paris – Le Monde – 12 novembre ; où l’on balaie les différentes conséquences possibles de l’élection de Trump sur l’action climatique des États-Unis – sortie de l’accord de Paris en 4 ans, de la convention-cadre de l’ONU en un an seulement, ou simplement ne pas respecter ses engagements… sans être sanctionné. Ils en appellent à laisser de côté la prophétie auto-réalisatrice de l’accord, mener une nouvelle bataille culturelle et affective pour faire intégrer les enjeux climatiques et redoubler d’efforts dans les mobilisations citoyennes hors Cop pour le climat.

Pour aller plus loin :

– Des militants climatiques (1) (2) et universitaires réagissent et dénoncent la tentative de minimiser l’impact de l’élection de Trump : sortie ou pas sortie de l’accord de Paris, là n’est pas le sujet, mais plutôt celui de son application qui elle est gravement compromise par l’élection de Trump.

– Bastamag balaie le profil de la future administration Trump où l’on retrouve climato-sceptiques et représentants des marchés financiers… qui en ont financé la campagne.

– Maigre rayon de soleil, une juge a reconnu recevable aux Etats-Unis “la plainte de 21 enfants âgés de 9 à 20 ans, qui affirment que l’État fédéral a failli à sa mission de protéger « la vie, la liberté et la propriété », des dangers du dérèglement climatique”.- Les représentants américains à la COP ont voulu rassurer et minimiser l’impact de l’élection de Trump et rappeler leurs engagements en présentant leur plan de développement bas-carbone à l’horizon 2050, mais en admettant que son application était incertaine…Ban-Ki-Moon et des chefs d’État ont également appelé Trump à ne pas dénoncer l’accord, ainsi qu’un groupe d’entreprises.

– D’aucuns comme le candidat Sarkozy ont encore proposé d’instaurer une taxe carbone sur les produits américains importés si Trump dénonce l’accord de Paris… ce à quoi se refusent l’Allemagne et la Commission européenne.

5/ Focus sur deux questions centrales : financements et agriculture :

Celle des financements, avec notamment la feuille de route des 100 milliards de dollars par an à mobiliser par les pays développés : l’occasion de faire le point sur où l’on en est, mais aussi sur leur attribution très critiquée car n’allant que peu aux personnes qui sont les plus durement touchées par le changement climatique et en sont les moins responsables. C’est pourquoi Oxfam pointe spécifiquement l’enjeu des famines et appelle les Etats à accroître la mobilisation du financement de l’adaptation.

Pour aller plus loin, RFI revient sur des cas concrets et la difficulté pour de nombreux projets africains d’accéder à ces fonds, tandis que la Banque Mondiale pointe le coût sous-estimé des catastrophes naturelles dans une étude qui plaide également pour plus et de meilleurs financements de l’adaptation au sud.

Celle de l’agriculture : A la COP 22, l’accord sur l’agriculture en friche – Libération – 17 novembre ; où l’on se penche sur le report d’un texte sur l’agriculture qui devait être adopté à Marrakech, à cause du traditionnel conflit entre pays du sud et du nord sur la place à donner à l’atténuation et à l’adaptation… et sur les initiatives qui avancent malgré tout.

Plus en détails, retours sur les questions de pêche et de résilience, sur le plaidoyer d’organisations paysannes qui rejettent la préemption des terres agricoles pour le stockage de carbone compensatoire d’autres émissions, sur le lobbying du CGIAR (réseau mondial des centres de recherche dédiés à l’agriculture), ou encore sur la proposition d’une étude britannique de taxer les aliments selon leur empreinte carbone.

6/ Du côté de la société civile, mobilisations variées pour la justice climatique

A Marrakech, une marche pour le climat très politique – Le Monde – 14 novembre ; où l’on revient sur la traditionnelle marche mondiale pour le climat en parallèle des COP, cette année marquée par des dissensus sur l’opposition à avoir avec le régime marocain taxé de greenwashing.

De nombreuses ONG et organisations de la société civile se sont mobilisées en marge de la COP pour y porter des plaidoyers sur des sujets touchant le climat :

Le mouvement de désinvestissement a rassemblé plus de 400 organisations réclamant dans une lettre ouverte de renoncer à tout nouveau projet fossile. Particulièrement, la lutte des peuples autochtones d’Amérique du Nord contre les projets fossiles comme Standing Rock a été relayée. Plus spécifiquement, les banques (et particulièrement les banques françaises) et leurs investissements dans ces projets sont aussi visées par une campagne.

La question de la gestion de l’eau et de la lutte contre le stress hydrique généré par le dérèglement du climat revient dans les débats, notamment sur l’adaptation. Une coalition s’est formée, qui lance un appel pour une intégration de ces questions, la préservation ou la restauration du cycle de l’eau, et une gestion qui s’enracine dans les besoins et les aspirations des populations locales. L’exemple marocain de la protection des oasis par les populations vient illustrer cela ; tandis que la plateforme Océan et climat poursuit aussi sa mobilisation pour “inscrire dans les contributions de chaque pays un plan d’action « océan » relatif aux littoraux, aux populations, aux écosystèmes, …”.

En fin de Cop, quelques financements ont été débloqués pour la résilience des zones côtières en Afrique.

Côté religions, plus de deux cents responsables religieux ont publié une déclaration commune pendant la COP appelant les fidèles, les emprunteurs et les États à sortir des énergies fossiles. Le pape François a aussi spécifiquement appelé à ce que l’accord de Paris sur le climat soit mis en œuvre de façon « correcte et efficace ».

7/ Et à la COP, initiatives et coalitions économiques et financières diverses… et critiquées :

 > De façon générale, “ces initiatives sont recoupées sur la plateforme Non-State Actors Zone Climate Action (NAZCA), qui répertorie plus de 12 500 initiatives, dont plus de 2 500 de la part de villes et un peu plus de 2 100 de la part d’entreprises”. Pour plus de détails sur la “finance verte”, Novethic a réalisé une synthèse.

> Mais cette place prééminente des entreprises est aussi très critiquée sur les “fausses solutions” déployées et le greenwashing de certains, comme le pointent l’Observatoire des multinationales et Attac Maroc, Reporterre sur l’agro-industrie ou encore certaines publicités plutôt osées

Dans le détail :

– Plusieurs initiatives africaines ont émergé, avec le Climate Finance Day du 4 novembre pour développer la finance climat et les “investissements verts” en Afrique, concrétisé pendant la COP22 par le lancement d’un réseau d’investisseurs et la transformation d’I4CE en think tank Nord-Sud sur le climat.

– Sur la sensibilisation générale des entreprises, l’initiative “Earth on board” cherche à convaincre les CA des grandes entreprises pour les pousser à agir, ; tandis que Caring for Climate (C4C) regroupe 453 entreprises qui “s’engagent à définir des objectifs précis pour réduire leur empreinte carbone”.

– Sur les renouvelables, l’Initiative africaine pour les énergies renouvelables (AREI) lancée à la COP21 continue d’avancer, ainsi que SE4All (Sustainable energy for all) qui vise à développer les partenariats public-privé pour “garantir l’accès de tous à des services énergétiques fiables, durables et modernes à un coût abordable”, ou encore RE100, initiative mondiale qui “vise à impliquer, soutenir et promouvoir les entreprises qui se sont engagées à utiliser à 100% les énergies renouvelables”.

Un nouveau partenariat, co-présidé par le Maroc et l’Allemagne, a aussi été lancé le 15 novembre, qui vise à “s’assurer que les pays reçoivent le soutien technique et financier dont ils ont besoin pour atteindre des objectifs climatiques ambitieux”, sous forme d’une “plateforme de collaboration essentielle pour aider les pays à intégrer leurs NDC dans tous les secteurs et à tous les niveaux de prise de décision”.

Un nouveau partenariat, co-présidé par le Maroc et l’Allemagne, a aussi été lancé le 15 novembre, qui vise à “s’assurer que les pays reçoivent le soutien technique et financier dont ils ont besoin pour atteindre des objectifs climatiques ambitieux”, sous forme d’une “plateforme de collaboration essentielle pour aider les pays à intégrer leurs NDC dans tous les secteurs et à tous les niveaux de prise de décision”.

L’occasion de revenir sur des effets pervers de ces marchés, qui par exemple ne bénéficient pas ou peu à l’Afrique.- Sur le prix du carbone et ses marchés, la Carbon Pricing Leadership Coalition (CPLC) s’est spécialisée dans la question du prix et de sa mise en oeuvre, et réunit 25 pays et quelque 130 entreprises.

– Sur le plan du développement technologique, la “Mission innovation” des Etats et la Breakthrough Energy Coalition des acteurs privés investissent ou vont commencer à investir des milliards de dollars dans la recherche et le développement en énergies “propres”.

L’initiative CREWS qui regroupe l’Organisation météorologique mondiale (OMM), l’ONU et la Banque Mondiale vise à mobiliser 100 millions de dollars pour aider iles et pays les plus pauvres à mieux anticiper et repérer les catastrophes naturelles.

Et dans le reste de l’actu :

– Les impacts du réchauffement climatique de plus en plus tangibles…

Les émissions mondiales de CO2 se stabilisent, mais le climat continue de s’emballer – Le Monde – 14 novembre ; où le Global Carbon Project(GCP), un consortium scientifique, montre chiffres à l’appui que les émissions mondiales de CO2 ont stagné en 2015… mais admet que les chiffres sont minimisés par manque de données fiables, et que “la stabilisation des émissions mondiales est loin de suffire aux objectifs climatiques définis par l’accord de Paris”.

Pour mieux visualiser le changement climatique, une étude vient montrer qu'”un vol Paris-New York fait s’évaporer trois mètres carré de glace arctique“, tandis que Sylvestre Huet revient en cartographies, simulations et graphique sur l’ampleur de la fonte des glaces polaires… et qu’une étude montre que le dérèglement climatique est responsable de la mort de 61000 rennes en Sibérie ces derniers mois.

Autres illustrations, Bastamag liste “dix lieux où les conséquences du changement climatique sont déjà dramatiques“, et l’Allenvi vient de publier La Méditerranée face au changement climatique“, état des lieux de la recherche scientifique sur l’évolution du climat et ses conséquences en Méditerranée. Et pour aller encore plus loin, faut-il partir dans l’espace ? Oui pour l’association Eurospace qui défend le spatial comme outil d’observation du climat et demande un vrai leadership européen en la matière.

– En France, retour sur quelques mobilisations, avec notamment le lancement de la nouvelle saison des faucheurs de chaises, qui réclament une meilleure lutte contre l’évasion fiscale et une affectation de ces ressources à l’action climatique. Slate revient également dans un article sur l’émergence et la montée en puissance du mouvement climatique basque Bizi.

Mauvaises nouvelles du côté des transports, avec une décision administrative autorisant les travaux à Notre-Dame-des-Landes, et le relancement de projets autoroutiers opaques… mais aussi un retour sur le fiasco de l’écotaxe supprimée définitivement de la législation française.

La bataille climatique autour du traité de libre-échange CETA continue : le Monde et Reporterre pointent les incompatibilités entre lutte pour le climat et cet accord, tandis qu’Alter Eco+ revient sur les péripéties récentes autour d’un “nouveau CETA” qui aurait été signé le 30 novembre après le véto wallon… et démontre que le nouveau texte n’a quasi rien de nouveau. L’Aitec revient également sur la décision de la présidence du Parlement Européen d’interdire le débat dans les commissions emploi et environnement…

Au niveau des mobilisations, 500 activistes ont également mené des actions spectaculaires pendant 3 jours à Bruxelles contre TAFTA et CETA.

Chaud et froid au niveau de la transition énergétique, qui affiche des signaux variés : si l’Agence internationale de l’énergie estime que “l’éolien et le solaire devraient être les grands gagnants des vingt-cinq prochaines années”, les prévisions publiées par Bloomberg New Energy Finance montrent que l’investissement dans les renouvelables risque d’être en repli historique au cours des cinq prochaines années.Autres données, une production record de pétrole est à signaler en octobre, tandis que le renouveau du nucléaire voulu par certains bute sur la nouvelle et forte concurrence des renouvelables.L’occasion de revenir enfin sur le poids méconnu des millions de puits d’hydrocarbure abandonnés.

Bonne lecture !


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Nombre de personnes ayant participé à un Village Alternatiba ou à une étape du Tour.

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