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Revue de presse Climat – Septembre/octobre 2017

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Bonjour à toutes et à tous,

A quelques jours de la COP23, la revue de presse COP et climat revient pour faire le point sur les mois de septembre et d’octobre chargés en actualité climatique ! Avec ces mois-ci :

        I. Les conséquences du dérèglement climatique toujours plus visibles en cette saison de tous les records

– C’est en effet la rentrée de tous les tristes records, de chaleur en 2016 et pour ces 6 premiers mois de 2017 parmi les plus chauds depuis 1880, de concentration de CO2 dans l’atmosphère avec des pics impressionnants, de méthane notamment du à l’élevage et trop souvent oublié, de vagues de chaleur et de recul des glaces, … Pour se donner une idée sur le temps long, un climatologue finlandais a réalisé une vidéo de 35 secondes qui montre la tendance au réchauffement global dans 191 pays depuis 1900.

Des records qui entrainent des conséquences graves sur…

La fonte des glaces comme en Antarctique d’où un iceberg de 2,5 fois Paris s’est détaché, où un trou géant est apparu et sous lequel une centaine de volcans menacent de se réveiller à cause du réchauffement… Une fonte qui risque de libérer des gaz à effet de serre et de provoquer une élévation du niveau de la mer bouleversant la carte du monde. Une fonte qui n’épargne pas non plus les glaciers de montagne comme dans les Alpes.

la température, avec une sécheresse en France qui bat le record historique de 1967 et des risques incendies encore fortement présents même en octobre… “Une chaleur exceptionnelle en phase avec le changement climatique“, selon Météo France. On peut noter des mobilisations qui émergent ainsi contre les pénuries d’eau et coupures au Maroc ou en Inde, tandis que de violents incendies frappent le sud de l’Europe et notamment le Portugal.

la santé, avec un rapport scientifique qui estime qu'”Aujourd’hui, les symptômes des changements climatiques sur la santé humaine sont sans équivoque, potentiellement irréversibles [et] affectent la santé des populations du monde entier.”  et dont les auteurs appellent à transformer les politiques de santé pour répondre aux nouveaux enjeux.

des catastrophes naturelles croissantes et spectaculaires, qui sont au moins partiellement dues au changement climatique et qu’il rend plus difficiles à gérer. Novethic voit ainsi que “l’été 2017 pourrait bien être un simple teaser de ce que sera la planète dans quelques décennies, si le réchauffement moyen dépasse effectivement les 2°C”… teaser douloureux avec une exceptionnelle saison d’ouragans caribéens, Irma chiffrée comme la catastrophe naturelle la plus coûteuse survenue en France ou encore 8 îles du Pacifique déjà rayées de la carte. Des climatologues relèvent enfin que “même avec un maintien du réchauffement climatique sous la barre des 1,5°C, les phénomènes climatiques extrêmes El Niño devraient augmenter pendant près d’un siècle”.

ou la faune et la flore, avec notamment les forêts qui asphyxiées n’arrivent plus à jouer le rôle d’absorbant de CO2 – et qui au contraire en cessant la déforestation et via des programmes volontaristes de reboisement pourraient partiellement aider à “respecter l’objectif d’un réchauffement plafonné à 1,5 °C”.

Côté faune, “l’Académie des sciences publie un vaste rapport sur les réponses de la biodiversité au réchauffement“, et note que de nombreuses espèces n’arrivent pas à s’adapter, fragilisées notamment par la vitesse du réchauffement climatique.

Enfin, parmi la faune qui s’adapte, à noter une migration de plus de 150 climatologues suite à l’invitation de la France lancée après l’annonce par Donald Trump du retrait des États-Unis de l’accord de Paris. Avec un budget de 60 millions d’euros… malgré l’annonce en parallèle d’une coupe de 331 millions d’euros dans les budgets 2017 de la Recherche et de l’Enseignement supérieur, et qui a fait des émules en Allemagne.

        II. A quelques jours de la COP23, le point sur ses enjeux et les engagements (insuffisants) des États

– Avant même le début de la COP, l’ONU donne le ton avec un nouveau rapport qui pointe « l’écart catastrophique » entre les engagements insuffisants des États et l’objectif déjà presque perdu de rester sous la barre des +2°C (sans même parler des 1,5°C)… un cri d’alarme pour rehausser les engagements, qui fait écho aux niveaux d’émissions de gaz à effet de serre.

> C’est finalement et simplement la question de l’application réelle des objectifs de l’accord de Paris qui sera au cœur de ces négociations à Bonn comme l’explique le Réseau Action Climat dans un article ou un dossier plus complet sur les attentes des ONG. Des négociations “moins glamours, plus techniques mais tout aussi cruciales” qui devront donc notamment préparer la COP24 et l’entrée en vigueur de l’Accord de Paris, apporter des réponses et une vraie solidarité aux États les plus vulnérables avec la présidence hautement symbolique des Iles Fidji, contenir le retrait des États-Unis ou encore confirmer la mobilisation des acteurs non-étatiques.

A noter enfin un nouveau rapport publié par l’ONG Corporate Accountability qui juste avant la COP dénonce l’influence des entreprises les plus polluantes au sein même des négociations.

Du côté des engagements des États, tour d’horizon d’actualité non exhaustive à commencer par les États-Unis : l’administration Trump a décidé d’abroger le “Clean Power Plan” d’Obama qui devait accélérer la transition du charbon vers les renouvelables… malgré les dernières catastrophes climatiques qui ont montré la vulnérabilité de l’est du pays, et l’opposition des maires de la plupart des métropoles américaines avec une coalition d’acteurs qui veulent appliquer les objectifs de l’accord de Paris. A noter que les États-Unis participeront à la COP23, mais avec toujours en ligne de mire “la protection des intérêts américains”.

Le Nicaragua a signé l’accord de Paris, ne laissant que deux États refusant de signer : la Syrie et les Etats-Unis.

Le Royaume-Uni “malgré le Brexit et ses tentations de dérégulation” a publié “sa feuille de route pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 57 % d’ici à 2032″, même si le flou sur les moyens inquiète.

Aux Pays Bas, le nouveau gouvernement conservateur a annoncé la fin du charbon en 2030, et appelé l’UE et ses Etats membres à “hausser leurs ambitions de réduction d’émissions de gaz à effet de serre (GES) d’ici à 2019”.

– Première en Europe, un accord Littuanie/Luxembourg va permettre à ce dernier d’intégrer dans ses comptes une partie de la production renouvelable lituanienne pour atteindre ses objectifs d’énergies renouvelables pour 2020…

En Allemagne, suite aux élections, la coalition de gouvernement probable peine à trouver un accord sur le climat notamment sur la sortie du charbon, une condition pourtant impérative de l’aveu même du ministère de l’environnement allemand pour respecter ses engagements climatiques. Une note de France Stratégie revient par ailleurs sur “la transition énergétique outre-Rhin qui serait en train de rater ses objectifs” ; tandis que monte le mouvement de désobéissance Ende Gelande en Allemagne qui a réorganisé une action spectaculaire en août pour réclamer la sortie du charbon et recommence à Bonn juste avant la COP23.

Au niveau de l’Union Européenne, les ministres des 28 États membres se sont accordés… sur une proposition de répartition de l’effort au rabais (ESR) – un “nom technique derrière lequel se cachent les engagements politiques pour réglementer 60% des émissions de gaz à effet de serre (GES) de l’UE (agriculture, transports, bâtiments, gestion des déchets)”. Un texte qui comprend d’importantes failles, manque d’ambitions et permet aux États européens “de ne pas respecter les engagements pris lors de l’accord de Paris sur le climat” : très critiqué par les ONG, il a pourtant été salué par la France comme un bon compromis.

Les eurodéputés appellent au contraire à plus d’ambition, tandis qu’en parallèle “la Commission prépare une mise à jour de sa feuille de route zéro carbone d’ici 2050″… qui admet en creux que les objectifs actuels de l’UE sont insuffisants.

Enfin et si ça ne suffisait pas, la Cour des comptes européenne a dénoncé l’inefficacité de la politique climat de l’UE qui “a peu de chance d’aboutir faute de financements”… et dans le même temps l’UE investit massivement dans des infrastructures gazières sous une forte pression des lobbies comme le montre un nouveau rapport.

En France enfin, l’exécutif manifeste une volonté de (re)prendre le leadership international sur le climat, avec un discours remarqué à l’ONU et l’organisation d’un sommet international spécial en France le 12 décembre “pour accélérer le verdissement de la finance”.

Mais se pose toute la question de l’exemplarité réelles de la France dans les mesures mises en œuvre : outre les débats en cours sur l’agriculture, les transports ou le CETA (voir bonus), l’Ademe publie une réactualisation de son scénario énergie-climat qui estime que sans effort important dans le batiment, les renouvelables et les transports, la France n’atteindra pas la neutralité carbone en 2050.

> Or sur les renouvelables, le retard national se confirme, et la France porte à l’UE des propositions pour ralentir et empêcher le contrôle les objectifs de développement des renouvelables.

> On peut encore noter que si le budget de l’écologie semble être revu à la hausse, la France continue en 2017 de verser 7,8 milliards d’euros de subventions pour les énergies fossiles en remboursements et exonérations de taxes ; que si la loi Hulot annonçant la fin des hydrocarbures en France est bien passée à l’Assemblée, il y reste des manques et renoncements importants ; que les moyens attribués à la rénovation thermique des bâtiments quoique rehaussés restent insuffisants ; ou simplement que la France est loin d’être exemplaire sur la réduction de ses émissions de CO2 si on prend en compte celles qu’elle délocalise pour sa consommation.

        III. L’économie et la finance au service du climat ?

– Les moyens d’aligner finance et objectif climatique posent ainsi de nombreuses questions nouvelles aux décideurs, banques publiques et notamment un club des banques de développement.

Côté investissements, un groupe d’environ 100 investisseurs institutionnels ont appelé début septembre 62 grandes banques internationales à s’engager plus fortement” pour le climat ; tandis qu‘une étude des PRI et de Novethic estime que “les investisseurs internationaux ont progressé en matière d’action climatique en 2017”. On peut malgré tout relever le cas de ce regroupement de 10 majors pétrolières qui annoncent investir pour le climat… mais essentiellement dans “le béton propre, les moteurs verts et le stockage du CO2“.

Comment décarboner l’entreprise plus directement s’interroge la revue projet ? Leviers réglementaires, politiques, managériauxou éthiques ? Officiellement en tout cas, le Business and Climate Summit fin août ‘a été l’occasion pour le monde des affaires d’appeler les gouvernements à maintenir leurs ambitions en matière climatique”.

Attention toutefois au retour de “fausses solutions”, dangereuses ou inefficaces qui détournent le problème et ne visent pas à réduire nos émissions – comme la géo-ingénierie qui revient dans le débat et est même défendue par des tribunes de chercheurs estimant cela nécessaire pour rester sous la barre des 2°C…

> Les très couteux captage et séquestration de CO2 reviennent également sur la table avec un projet commercial en la matière et un débat sur sa dangerosité.

> Très controversée également, la question des marchés carbone revient sur la table avec l’éternelle réforme de l’inefficace marché carbone européen ou l’instauration d’un prix plancher toujours au point mort. Le Monde revient d’ailleurs sur “l’escroquerie gigantesque qu’a été l’affaire des « quotas carbone »”,

        IV. Les énergies renouvelables toujours en progression face aux fossiles et nucléaires en déclin

– Côté renouvelables, le rapport 2017 de l’Agence Internationale de l’energie salue la très forte croissance des renouvelables et particulièrement du solaire (comme en Inde, ou en Chine qui a représenté la moitié de cette croissance), et estime qu’en 2022, les ENR couvriront les besoins électriques de la Chine, de l’Inde et de l’Allemagne. Le tout avec des prix qui baissent (sauf en France avec des tarifs en grande partie fixes), mais des secteurs restant en retrait comme les transports ou la production de chaleur.

> Spectaculaire aussi, une nouvelle étude montre que “les parcs éoliens en pleine mer pourraient générer bien plus d’énergie renouvelable que ceux installés sur la terre ferme, possiblement assez pour fournir le monde entier” tandis qu’une première éolienne en mer a été inaugurée en France.

– Un développement des renouvelables qui tranche avec le déclin du nucléaire, avec le World Nuclear Report 2017 d’experts indépendants qui indique “qu’en 2016, la croissance du secteur de l’atome a été six fois moins rapide que celle du duo solaire-éolien”, avec “240 milliards de dollars consacrés à l’installation des renouvelables contre seulement 10 milliards pour le nucléaire”. Greenpeace a également pointé de nouvelles défaillances de sécurité des centrales françaises.

– Attention toutefois à prendre en compte les impacts négatifs de ce développement, avec une étude de la Banque mondiale qui montre que “la demande de métaux pourrait bondir de 1 000 % dans un scénario 2°C” pour construire les nouvelles infrastructures électriques ; ou une nouvelle étude scientifique qui se penche sur les impacts du développement des renouvelables sur l’environnement, notamment la biodiversité… et avance des propositions pour concilier les deux.

Côté énergies fossiles, la question d’une chute de la demande en pétrole avant la raréfaction des ressources se pose et s’accélère, les plus optimistes estimant qu’elle chutera dès 2025 – même si pour le climat le plus tôt sera le mieux.

De façon générale, le désinvestissement des fossiles continue, avec BNP Paribas qui a annoncé stopper de financer les projets d’exportation de gaz et pétrole de schiste, d’exploration en Arctique et le pétrole issu des sables bitumineux – contrairement à de nombreuses autres banques qui continuent comme le pointe un rapport des Amis de la terre ; ou encore “une coalition de 40 institutions catholiques à travers le monde qui a décidé de désinvestir du charbon, du gaz et du pétrole, le plus grand désinvestissement jamais réalisé par des institutions religieuses”. D’aucuns voient d’ailleurs la volonté de Total de ne devenir un distributeur que d’énergie renouvelable le signal que “
même le monde de l’industrie pétrolière sait que le temps du changement est venu”.

        V. Finalement : le climat, plus que jamais une question de justice sociale

– Le changement climatique pourrait en effet pousser 120 millions de personnes en plus dans la pauvreté d’ici 2030, comme le rappelle le Réseau Action Climat dans un article sur la notion de justice climatique.

Une alerte qui est même partagée par la Banque mondiale… et par un nouvel ouvrage, “L’adaptation au changement climatique, une question de sociétés”, qui interroge le faux consensus sur le climat et les choix de société clivants qu’impliquent réellement les réponses.

– Tristes illustrations d’injustice climatique, la question de l’aide aux îles dévastées par les récents ouragans se pose, celles-ci réclamant un soutien financier des États pollueurs et responsables du dérèglement climatique… tandis qu’en France, “l’« équivalent fonds vert » pour les collectivités françaises du Pacifique risque fort d’être supprimé en 2018″.

– L’occasion de rappeler que près de 2 milliards de personnes pourraient devenir des réfugiés climatiques d’ici 2100 à cause des impacts du dérèglement si rien n’est fait, alors que “la Nouvelle-Zélande envisage de créer un visa pour les réfugiés climatiques” qui “serait une première mondiale”, et qu’un rapport d’Oxfam rappelle que ce sont “les plus pauvres (qui) sont cinq fois plus victimes des déplacements climatiques”.

– Dans le même sens, “une étude publiée par « The Lancet » estime qu’un décès sur six à l’échelle de la planète est attribuable à une forme de pollution”… et que l’injustice environnementale s’y retrouve avec “environ 92 % des 9 millions de victimes de la pollution dans des pays à bas et moyen revenus”.

– A l’heure de vifs débats sur le travail, les Échos même reviennent sur les nombreuses études selon lesquelles “la transition écologique permettra d’engendrer pas moins d’un million d’emplois en France”

– Sur le plan du droit enfin, les recours juridiques de la part de citoyens contre leurs États pour inaction ou insuffisance sur le climat se multiplient, avec deux nouvelles plaintes au Portugal et en Irlande. En Colombie, c’est une multinationale du charbon qui a perdu en justice contre des populations indigènes pour avoir détourné une rivière…


Et en bonus :

Sensibiliser le grand public sur le changement climatique ? C’est le défi que se lancent des réalisateurs de films comme « Une suite qui dérange » (et divise) ou « Irrintzina », ainsi que de nombreux youtubeurs et humoristes engagés émergents qui se lancent dans la bataille (notamment) climatique, ou encore du camp climat qui s’est tenu cet été avec 600 participants dans l’objectif de former des militants du climat.

> Sur une approche plus sombre, d’aucuns explorent la notion d’effondrement et la prospective catastrophe pour peut être, provoquer un sursaut ? D’autres comme Georges Marshall dans une enquête tentent d’analyser les barrières psychologiques nous empêchant de nous mobiliser sur le climat pour mieux les dépasser, ou encore dans le débat contradictoire privilégient le fait d’installer un doute.

Du côté des transports, plusieurs pays annoncent “la fin des véhicules essences et diesel” et le secteur mondiale de l’automobile bascule peu à peu vers les véhicules électriques… ce qui n’est pas sans poser d’autres questions. En France, les assises de la mobilité en cours sont ainsi par exemple l’occasion de rappeler que “le covoiturage et le vélo permettraient de réduire les émissions de CO2 de 60 %“, ou l’importance de l’aide à l’achat de vélos électriques qui serait finalement bien reconduite en 2018.

Du côté de l’agriculture, plusieurs rapports alertent sur l’aggravation de la faim dans le monde notamment à cause du dérèglement climatique, et qui va aller en empirant, l’ONU plaidant en réponse pour un soutien aux petites exploitations et Oxfam rappelant ainsi que “l’agrobusiness ne permet pas, et ne permettra jamais d’assurer le droit à l’alimentation des plus pauvres”.

En France aussi le dérèglement aura un impact lourd sur l’agriculture, et les États généraux de l’alimentation qui se déroulent sont l’occasion d’avoir ces débats, avec une première session décevante selon les ONG qui ont rendu leurs propres propositions, un discours intermédiaire plutôt apprécié et des discussions toujours en cours. Enfin, l’Obs revient dans une vidéo sur les aliments comme le café, le chocolat, le maïs, le blé, le riz, le soja, le sucre de cannes, le vin qui pourraient disparaître de nos placards.

Une passe d’armes sur le CETA et autres traités de libre échange néfastes pour le climat ces derniers mois : le traité est ainsi entré en application provisoire pour l’essentiel de son contenu, les opposants réclamant désormais notamment un référendum en France et critiquant le “plan d’action du gouvernement” sur le sujet et le mirage d’un véto climatique a posteriori du traité.

Au niveau des collectivités locales, 12 grandes métropoles du C40 se sont engagées vers un objectif de neutralité carbone à horizon 2030 notamment en agissant sur les transports. L’occasion de rappeler qu’en France la transition énergétique locale a besoin de financements qui risquent d’être sacrifiés sur l’autel de la rigueur, mais aussi de revenir sur une étude comparative de B&L évolution sur les ambitions énergie-climat des nouvelles régions, ou encore sur 11 initiatives innovantes de villes à travers le monde pour le climat

Liée, la question de la résilience se pose également pour anticiper les conséquences du dérèglement climatique, avec un exemple à Paris qui se dote d’une stratégie spécifique sur le sujet.

– Pour finir, le point WTF et climat remporté haut la main par le secrétaire à l’énergie américain Rick Perry qui estime que les énergies fossiles permettent de lutter contre les agressions sexuelles
Vous souhaitant une très Bonn lecture,

 

Victor Vauquois

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Revue de presse Climat #Juillet2017

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Avant une pause estivale, dans la revue de presse climat de ces riches mois de juin et juillet, constat alarmant, annonces françaises et bras de fer international notamment, avec :

Canicule, fonte des glaces, variations imprévisibles – le constat de l’urgence climatique :

Réchauffement climatique : il ne reste que 3 ans pour inverser la tendance – L’Obs – 28 juin ; où un groupe de scientifiques et dirigeants, emmenés par Christiana Figueres, affirment que nous n’avons plus que trois ans pour infléchir nos émissions de gaz à effet de serre et se maintenir sous les 2°C – et définissent 6 grands objectifs ambitieux pour y arriver car pour l’instant les engagements pris par les États ne permettent que de retarder de 2 ans (en 2036 et pas 2038) l’atteinte des +2°C…

Une urgence illustrée par de nombreux signaux récents :

la fonte des pôles avec notamment le détachement en Antarctique d’un iceberg de plus de 5000 km²… et au Groenland, où les nuages plus rares accélèrent la fonte des glaces, qui elle-même accélère la montée des eaux.

Des vagues de chaleur qui selon une étude récente menacent aujourd’hui la vie de près d’un individu sur trois dans le monde… et trois sur quatre à la fin du siècle si rien n’est fait. Des vagues qui vont en s’aggravant comme le détaille le RAC, tandis que de plus en plus d’études attestent du lien entre réchauffement climatique et canicules, qui risquent de frapper plus directement le sud de l’Europe (dont la France cette année dans des proportions record) que le reste du continent. 

Une chaleur qui alarme également avec le chiffre de 135 millions de personnes dans le monde qui risquent d’être déplacées à cause de la désertification d’ici 2030, comme le montre le cas dramatique du Tchad.

– Des variations extrêmes du climat, car si le mois de juin a été le 2e plus chaud depuis 1900, la température peut jouer au yoyo et le dérèglement climatique provoquer de plus fréquentes et plus fortes précipitations voire des cyclones.

Une urgence que les scientifiques veulent mettre en lumière, avec désormais 99,9% du consensus scientifique mondial qui admet que le réchauffement est lié à l’activité humaine, avec la nasa et l‘agence spatiale française qui veulent continuer à y accorder des ressources, et le GIEC qui à l’approche de ses 30 ans veut élargir ses travaux à plus de sciences sociales, doit se positionner sur l’objectif de +1,5°C et trouver de nouveaux financements.

En France, une volonté de reprendre le leadership climat… à concrétiser :

Une volonté qui a pris forme notamment via le plan climat porté par Nicolas Hulot, présenté le 6 juillet, décliné en six thématiques fortes et 23 axes qui balaient de nombreux sujets, de la fin de la vente des voitures essence et diesel à la neutralité carbone, de la finance verte à la fin des énergies fossiles, de l’économie circulaire au prix du carbone ou encore la déforestation . Si ce plan est globalement bien perçu dans ses objectifs et notamment à l’étranger, les ONG s’inquiètent toutefois de plusieurs oublis et surtout du flou autour de sa réalisation, et en analysent le contenu dans un site de décryptage : makefrancegreenagain.fr

Parmi les mesures concrètes annoncées par le 1er Ministre, on peut toutefois noter l’alignement de la fiscalité du diesel avec l’essence, l’organisation d‘état généraux de l’alimentation, la transformation du CESE en Chambre du futur pour l’Environnement ou encore un plan d’investissement de 50 milliards d’euros – même si les questions environnementales sont restées très mineures dans son discours de politique générale.

Sur les transports spécifiquement, des assises de la mobilité vont être organisées suivies d’une loi des mobilités, tandis que la ministre des transports réfléchit à une nouvelle taxe poids lourds et souhaite reposer la question des infrastructures… alors que la société civile se mobilise contre le projet d’extension d’autoroute A45 et d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, et que l’État vient d’être condamné pour non-respect des normes européennes de qualité de l’air. 

Gros point noir dans ces annonces, le volet financier, avec le recul du gouvernement sur la taxe sur les transactions financières européennes, une promesse déjà enterrée… mais a aussi remis en cause la taxation des transactions intrajournalières en France et coupé 140 millions d’euros de coupe au budget de l’aide publique au développement. Le tout en annonçant malgré tout que la France accueillera un sommet spécial le 12 décembre pour « prendre de nouvelles actions pour le climat, notamment sur le plan financier »…

A travers le monde, engagements variés des États et bras de fer au G20 sur le climat : 

Au G20, alors que les européens ont voulu défier Trump sur le climat, le texte final de compromis évite la rupture avec les États-Unis mais laisse ouverte la possibilité de promouvoir les énergies fossiles… Une fin quasi identique à celle du G7 début juin où les États Unis seuls se désolidarisaient déjà de la partie climat. 

Plus en détail aux États-Unis, où Trump est fier de sa décision, beaucoup s’interrogent sur les conséquences de leur sortie de l’accord de Paris, sur sa réelle gravité, sur les raisons historiques des atermoiements États-uniens sur le climat, ou encore alertent sur les impacts à prévoir du changement climatique aux USA.

L’occasion de rappeler que des villes et États continuent de défier Trump en prenant des mesures et coopérant directement à l’international, mais que lobbies et milieux économiques restent très divisés aux États-Unis – comme par exemple sur l’idée d’une taxe carbone – où nombre d’entre eux soutiennent la sortie de l’accord de Paris.

D’autres pays sont loin d’être exemplaires non plus, de l’Australie qui a autorisé l’exploitation d’une immense mine de charbon à la production de pétrole qui continue d’augmenter au Canada, en passant par la Turquie qui remet en cause sa ratification de l’accord de Paris.

En Afrique, le président du groupe des négociateurs africains, Seyni Naf revient dans une interview sur les enjeux actuels de l’initiative d’accès à l’énergie et du financement de l’adaptation notamment.

En Europe, le Parlement Européen veut durcir le paquet énergie-climat 2030 et que l’étiquette énergie fasse peau neuve pour plus de simplicité. Et en même temps, le Brexit vient menacer les acquis des politiques environnementales européennes, la politique commerciale de l’UE est en contradiction avec ses objectifs climatiques notamment sur le transport, et la réforme du prix du carbone continue d’être repoussée par crainte de l’Allemagne de l’impact sur son industrie notamment.

La Chine elle multiplie les projets monumentaux bas carbone, de l’entrée en service de la plus grande centrale solaire flottante au monde à la création de la première ville-forêt, de la construction de gigantesque barrages hydroélectriques (au détriment des populations) au test d’une province chinoise de se passer de charbon toute une semaine. Des projets qui cachent tout de même les financements massifs d’entreprises chinoises dans la construction de centaines de centrales à charbon dans le monde…

Et enfin, les avancées et insuffisances de la transition énergétique mondiale
Du côté des fossiles, le pic d’émissions de CO2 liées à l’énergie devrait être atteint en 2026, tandis qu’en 2016 la production de charbon a historiquement chuté (même aux États-Unis où la guerre du charbon continue malgré les annonces de Trump) et que les investissements dans les fossiles sont de plus en plus risqués et critiqués comme tels. Autre bonne nouvelle, le retrait du fonds souverain suédois de 6 entreprises pour leurs actions climaticides. La bataille pour la sortie des fossiles n’est pour autant pas gagnée, alors que les subventions publiques aux énergies fossiles restent très importantes, que le pétrole de schiste redevient rentable, que le monde du pétrole veut convaincre de son utilité notamment dans les pays en développement, que les pétroliers canadiens réinvestissent le secteur ou que le Climate Action Tracker pointe les investissements qui s’orientent vers le gaz.

L’on peut aussi noter que les financements des banques françaises aux énergies fossiles extrêmes diminuent, notamment dans le charbon… mais augmentent dans le gaz de schiste par exemple, et posent la question la question des financements indirects.

Du côté des énergies renouvelables (ENR), leur développement progresse dans le monde avec plus de 2000 gigawatts désormais installés, ainsi qu’une adaptabilité au réseau et une compétitivité reconnues, les ENR devant devenir dans les pays du G20 les énergies les moins chères d’ici 2030 si ce n’est déjà le cas. Malgré tout, d’aucuns notent le poids des lobbies de l’électricité en Europe dans le frein à leur développement…

En France, la Fabrique écologique a fait une analyse de la situation énergétique et note que le développement des ENR, qui se poursuit doucement, reste soumis à la sortie du nucléaire. Hulot a annoncé qu’il faudra fermer jusqu’à 17 réacteurs, ce que Négawatt a soutenu et défendu comme possible et souhaitable, même si de nombreuses questions se posent sur la révision par EDF en conséquence de son plan stratégique

Plus spécifiquement, les projets d’énergie renouvelable citoyenne se développent encore trop lentement par rapport à l’Allemagne, et le collectif pour l’énergie citoyenne réclame des mesures pour les promouvoir, tandis que des projets à énergie positive pilote voient de plus en plus le jour.

Et en bonus :

Sensibiliser sur le climat, un enjeu permanent comme l’a analysé l’enquête sur les visuels pour le climat, avec de nouveaux artistes qui veulent user d’images marquantes, qu’elles relèvent de la photo, du dessin, des documentaires ou encore de données sons sur le climat pour créer une symphonie climatique.

Plus directs, d’aucuns utilisent le volet apocalyptique en pointant 8 catastrophes climatiques à venir, des graphiques alarmants ou encore des produits de consommation dans un monde réchauffé

L’action des villes pour le climat, qui françaises comme mondiales ont voulu réaffirmer leur engagement et appeler les États à en faire de même avant le G20. L’occasion de revenir sur un panel d’actions exemplaires de villes en France, sur leurs façons de s’adapter à la hausse des températures grace à des idées inventives ou des technologies, sur le plan climat de Hulot qui oublie les collectivités, sur la disparité des performances énergétiques et climatiques des métropoles européennes ou encore sur le rôle méconnu des opérateurs territoriaux dans la transition énergétique.

Bataille juridique pour urgence climatique, avec un nouveau cas d’une citoyenne qui attaque son pays devant les tribunaux, ici en Nouvelle-Zélande pour des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre insuffisants pour maintenir le réchauffement climatique en dessous des 2°C. L’occasion de rappeler que les États-Unis par exemple pourraient être poursuivis au nom du droit international et qu’il manque simplement des outils contraignants pour ce faire.

Des mobilisations qui se poursuivent, avec celles en France contre des projets comme l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ou l’A45, une victoire juridique significative des Sioux du Dakota du Nord contre le Dakota Acces Pipeline, l’appel à rejoindre la mobilisation contre le charbon à Ende Gelande, ou encore des manifestations massives à Hambourg contre le G20 début juillet.

– Le rôle des acteurs privés sur le climat, alors qu’une enquête révèle que seules 20 % des entreprises françaises ont des objectifs compatibles avec ceux de l’Accord de Paris, et que le Carbon Disclosure Project montre que 71% des émissions globales de gaz à effet de serre depuis 1988 sont dues seulement à… 100 entreprises. Entreprises qui parfois veulent revenir sur les obligations de transparence pour ne s’en tenir qu’à de la communication comme le montre l’Observatoire des multinationales.

Pourtant, des initiatives privées positives montent, comme RE100 qui regroupe 100 multinationales désireuses de s’alimenter à 100 % en ENR, ou de nombreuses marques de mode qui ont annoncé des objectifs climatiques nouveaux après le retrait de Trump de l’accord de Paris, tandis que le président de la Banque mondiale incite à ce que 30 000 milliards de dollars qui dorment dans les banques soient investis pour le climat.

Le risque climatique pour l’économie est lui de plus en plus pris en compte, avec un rapport estimant que près de 2 300 milliards de dollars de valeurs boursières mondiales sont menacées et l’annonce de la banque d’Angleterre de vouloir les analyser pour les banques britanniques.

Conflits et changement climatique, avec la FAO mais aussi Emmanuel Macron au G20 qui ont rappelé le rôle du dérèglement climatique comme amplificateur de menaces et de guerres ; des liens parfois moqués mais existants, quoiqu’il convienne de rappeler que le climat est un facteur parmi d’autres d’instabilité géopolitique.

Le transport aérien et maritime, grands secteurs émetteurs de CO2 qui sont pourtant exonérés d’efforts voire même subventionnés, sont de plus en plus critiqués.

– Et le point WTF climatique, entre Trump qui veut “écologiser” son mur avec le Mexique en y installant des panneaux solaires… Brad Pitt qui anime un bulletin météo “no future”, une étude sur le réchauffement climatique annulée à cause du réchauffement climatique, et le Gorafi qui suit une famille en vacances pour “profiter du beau temps causé par la destruction de la planète”.


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Revue de presse #avril 2017

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En avril dans la revue de presse COP & climat, élections, négociations, transition, aggravation et mobilisation, avec notamment :

Des effets toujours plus visibles et plus graves du dérèglement climatique…

– Vers un taux de CO2 jamais vu depuis 200 millions d’années – Futura-sciences – 13 avril ;où une étude montre que l’augmentation de la concentration de CO2 dans l’atmosphère qui a dépassé les 400 ppm s’accélere encore, à des taux jamais vus depuis 3,5 millions d’années, et avec des conséquences plus graves car le soleil brille plus aujourd’hui.

– Le réchauffement va faire se multiplier les événements climatiques catastrophiques – Slate – 1er mai ; où le renommé journal de l’Académie des sciences américaine réaffirme dans une étude plus large et générale que les événements climatiques graves s’accélèrent à cause du réchauffement donc de l’activité humaine, comme le montrent la fréquence des El Nino dont un nouveau pourrait revenir dès le second semestre 2017, où l’accélération des tempêtes extrêmes au Sahel.

> Côté océans, de nouvelles études montrent que le réchauffement va modifier l’amplitude des marées en Europe et provoquer la disparition d’une bonne partie de la Grande barrière de corail, que la montée des eaux s’accélère, et que celle de sa température également… Le tout lié au “réchauffement de l’Arctique plus rapide et plus dévastateur que prévu“, tant que d’aucuns imaginent “l’effrayant scénario d’une Terre sans glace

> Le réchauffement s’observe aussi avec les prévisions de l’été 2017 qui s’annonce particulièrement chaud et sec et les autorités qui se préparent à une sécheresse – sécheresse qui affecte déjà dramatiquement le Nordeste brésilien.

> Les animaux ne sont pas épargnés non plus avec les morses et caribous menacés de disparition en Arctique, comme les oiseaux migrateurs qui toutefois pourraient s’adapter, tandis que la boucle est bouclée avec les déplacements d’espèces dus au réchauffement qui pèsent maintenant lourdement sur les activités humaines.

> Enfin, le changement climatique menace aussi le patrimoine français, des vignes au Mont Saint-Michel

 

Du G7 aux hésitations de Trump, bras de fer international sur l’accord de Paris

– Aux États-Unis, l’administration Trump reste divisée sur l’accord de Paris : en sortir comme le souhaite le patron de l’Agence américaine de protection de l’environnement, ou y rester comme le veut le Secrétaire à l’énergie ?

D’aucuns comme Al Gore ou Royal estiment “qu’il y aurait d’« excellentes chances » que les États-Unis restent”, d’autres comme le président de la COP23 les exhorte à rester, mais dans tous les cas l’objectif de la nouvelle administration reste de revoir à la baisse les engagements du pays…Trump promet ainsi une “grande décision” sur le climat dans les deux prochaines semaines.

> L’occasion de revenir sur un premier bilan des reculs environnementaux de Trump, tandis que le site Climate Advisers lance le Trump Backtracker pour suivre les évolutions d’émissions de CO2 liées aux mesures de Trump, ou que la NASA continue d’alerter sur les impacts du réchauffement malgré tout.

– La position des États-Unis a aussi bloqué la conclusion d’un accord entre les ministres de l’Énergie des pays membres du G7, les États-Unis “réservant leur position” jusque fin mai… ce qui menace aussi les promesses de financements climat des pays du Nord, sur lesquels les pays émergents donnent l’alerte.

 

La transition énergétique qui avance lentement, en France, en Allemagne et en Europe en général

– Le développement des énergies renouvelables qui se poursuit, avec une infographie de la croissance exponentielle de l’éolien comme du solaire, le développement pour la première fois de parcs éoliens en mer sans subventions, ou d’une nouvelle technologie en France pour stocker l’énergie verte.

– Les énergies fossiles encore très prégnantesla fin du charbon n’étant pas encore arrivée notamment dans les pays émergents, tandis qu’au Canada la pollution de l’industrie pétrolière a été sous-évaluée, ou que Timothy Mitchell estime dans ” Le pouvoir politique à l’ère du pétrole” que les énergies fossiles ont façonné jusqu’à nos modèles démocratiques.

– En Allemagne, Bastamag revient sur les discussions, enjeux et freins à la sortie du charbon nécessaire pour respecter ses engagements climatiques.

– En France, si Ségolène Royal se félicite de l’application de la loi de transition énergétique, le Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD) estime que « l’essentiel des efforts reste encore à faire » pour respecter les objectifs de réduction d’émissions en 2050. La France est aussi menacée d’amende par l’UE car risquant de ne pas respecter ses objectifs de développement des renouvelables, et vivement accusée d’avoir voulu manipuler l’initiative africaine pour les énergies renouvelables en voulant sélectionner l’essentiel des projets et des projets ni nouveaux, ni renouvelables, ni africains.

– En Europe, chaud et froid alors que de nouvelles mesures pour limiter la pollution de l’air de centrales ont été adoptées, mais qu’un rapport “commandé par la Commission européenne même dresse un bilan très critique des mécanismes de compensation carbone qui permettent d’acheter des crédits carbone en finançant des projets dans les pays en développement”. Par ailleurs, le Brexit fragilise l’Europe du nucléaire, le Royaume-Uni étant l’un des rares pays occidentaux qui y investit encore.

 

Le climat et l’environnement, grands oubliés de la campagne présidentielle en France :

– Le changement climatique oublié des politiques – Reporterre – 4 mai ; où dans une tribune deux scientifiques montrent que la prise en compte des enjeux climatiques a reculé chez les politiques depuis 2015, avec le déni aux commandes aux États-Unis et en Russie, et la campagne présidentielle française qui a, sauf à gauche, oublié le climat ; comme le montrent le désintérêt vis à vis des enjeux d’énergie citoyenne ou même la minimisation de l’impact de l’Homme sur le climat par certains candidats…).

> Pendant la campagne, beaucoup ont analysé et comparé les programmes, ainsi Reporterre sur le climat, le nucléaire et les transports ; Bastamag avec l’Observatoire français des conjonctures économiques sur l’impact des politiques économiques proposés ; le Réseau Action Climat sur 6 chantiers climat prioritaires ; et Actu-Environnement sur les programmes environnementaux des finalistes.

> A noter que pour la suite, France culture revient dans une émission sur les marges de manœuvre du futur président français sur la diplomatie climatique, ou que d’aucuns comme Vincent Verzat invitent à d’ores et déjà préparer la résistance pour le climat ! 

 

Et la mobilisation citoyenne pour le climat qui ce mois-ci s’élargit et se renforce à travers le monde !

– Le 29 avril, des centaines de milliers de personnes ont marché aux États-Unis et dans plus de 360 villes du monde pour le climat, et particulièrement contre les reculs de Trump.

– La mobilisation des scientifiques émerge, particulièrement des climatologues, partie des États-Unis avec plus de 500 marches pour les sciences qui ont eu lieu le 22 avril dans le monde pour protester contre le climato-scepticisme et la remise en cause des financements et thèses scientifiques, des remises en cause aux États-Unis qui ont un impact bien au delà. Le but était aussi de retisser des liens entre les citoyens et la science, même si sur une touche plus négative, une étude montre que les français n’acceptent généralement la science que quand ça leur plaît…

– Le thème de l’énergie citoyenne monte, comme la défend le collectif pour l’énergie citoyenne, la racontent Énergie Partagée et Wattvalue, ou le démontre la montée de l’autoconsommation collective ou individuelle pour des raisons économiques et d’autonomie.

– Et d’autres mobilisations variées se poursuivent, avec en France les suites de la campagne un million d’emplois pour le climat ou la sortie prochaine du film Irrintzina qui montre la montée des mouvements Alternatiba et ANV-COP21 pour la justice climatique, avec des actions de blocage de terminaux gaziers qui se poursuivent à Amsterdam, et des rassemblements militants estivaux pour le climat en Europe ainsi que les European Fossil Fuel Subsidies Awards qui se préparent.

 

Et en bonus : 

– Sensibiliser au dérèglement climatique, par quels moyens ? Place to B revient en vidéo sur les résultats de son étude sur les visuels climatiques, d’autres usent de la photographie pour montrer la fonte des glaciers, tandis que d’aucuns investissent également des festivals de musique urbaine comme à Abidjan ou d’autres un peu perchés le camp de base de l’Everest, pour parler réchauffement climatique.

Aux États-Unis, la vidéo est d’usage, de Al Gore et Bloomberg qui lancent des documentaires sur le climat et le charbon au lobby conservateur américain The Partnership for Responsible Growth qui sort des pubs sur l’urgence climatique ;

– Entreprises et climat, avec des signaux variés : certes les investisseurs mondiaux tendent à plus prendre en compte l’impact du changement climatique quoique de façon inégale dans le monde, et des groupements comme l’Energy Transitions Commission (ETC) affirment vouloir se détourner des énergies fossiles pour investir largement dans la transition énergétique, ou se réunissent comme avec Solidarité climatique sur les ODD et le sommet Climate Chance.

Mais les grandes majors des énergies fossiles y voient aussi une occasion de plaider pour des investissements… dans d’autres énergies fossiles comme le gaz, tandis que des assureurs comme Axa sont toujours pointés du doigt pour leurs investissements dans le charbon, qu’une infographie résume les sommes massives versées par Exxon à des think thank climato-sceptiques, ou que la question des conflits d’intérêt revient à propos des COP.

– Géopolitique, conflits et climat, alors qu’une nouvelle étude vient montrer que le changement climatique favorise le terrorisme et l’émergence de groupes armés ; et que le chercheur Bastien Alex revient sur l’importance géopolitique du climat.

– Le secteur automobile en transformation lente : alors qu’un rapport montre que “les moteurs diesel dernière génération polluent bien plus qu’annoncé”, que le diesel est en léger recul en Europe mais ne reste pas détrôné par les moteurs électriques et hybrides qui se développent, tant qu'”à Oslo, en 2025, plus aucune voiture neuve n’émettra de CO2“.

– Le rôle des écosystèmes pour le climat, avec une tribune qui rappelle que la déforestation aggrave les impacts du changements climatique, un casse-tête en France qui veut préserver sa forêt comme puits de carbone mais aussi l’exploiter plus comme énergie renouvelable, et la Fondation Nicolas Hulot qui rappelle l’importance de la restauration et de la préservation des sols pour s’adapter notamment.

– L’action locale pour le climat, alors qu’à Vienne au congrès des sciences de la terre ont été passés en revue l’importance des émissions de CO2 des villes et les impacts lourds du changement climatique à prévoir pour elles. Des expériences naissent ainsi pour y répondre, avec par exemple la mini-ville laboratoire “Sense-City” qui permet des simulations climatiques, les nombreuses propositions pour le plan climat de la ville de Paris avancées par les habitants, ou l’exemple de la ville de Stuttgart et sa politique strict d’investissements dans des énergies propres.

 

Cette revue de presse ne vous est pas offerte par des moines japonais qui se passent le flambeau du suivi du climat depuis 700 ans – mais ça aurait pu.

 


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Revue de presse #mars 2017

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Ce mois de mars dans la revue de presse COP & climat, records de chaleur et records de reculs d’États… mais aussi mobilisations tous azimuts, avec :

Records de chaleur en cascade et conséquences qui s’aggravent

– Climat : 2016 bat un record de chaleur, la planète entre en « territoire inconnu » – Le Monde – 21 mars ; où selon le dernier bilan climatique annuel établi par l’Organisation météorologique mondiale (OMM), tous les compartiments du système climatique sont affectés par le record de chaleur de l’an dernier – des changements tels que les scientifiques ont déclarés être “désormais en territoire inconnu”.

> Et dans le détail, de nombreux articles reviennent sur l’impact du dérèglement climatique sur l’écosystème méditerranéen désormais plus grave encore que la surpêche, les océansla mangrove qui s’assèche en Australieles glaces de l’Arctique (qui risquent de disparaître en cas de dépassement des +1,5°C), la multiplication des phénomènes climatiques extrêmes, notamment à cause la perturbation des jet streams, …

Un constat pour 2016 qui ne semble pas s’arranger puisque les mois de février et de mars 2017 semblent déjà battre des records de chaleur… à tel point que d’aucuns s’interrogent, “faudra-t-il attendre l’effondrement pour réagir ?

 

Tandis que les actions des États restent insuffisantes et à géométrie très variable…

– En Russie, juste après les annonces de Trump, Poutine a minimisé l’impact de l’homme sur le changement climatique et estimé qu’il avait des bons aspects notamment en Arctique… alors même que le pays est en première ligne face aux risques “d’inondation des régions arctiques et sibériennes de la Russie dans les 20 prochaines années, mais aussi d’apparition de nouvelles maladies et de destruction des infrastructures”.

– Les Philippines ont de leur côté ratifié l’accord de Paris.

– La Chine, sans reprendre seule le leadership climatique vacant, investit massivement dans les renouvelables, diminue peu à peu ses émissions de CO2 et sa consommation de charbon. Le ville de Pékin a fermé sa dernière centrale à charbon et fait plutôt office de bon élève malgré quelques contrastes.

– L’Inde, 3e pays émetteur au monde, investit largement dans le solaire dont la croissance est exponentielle et qui y devient parfois l’énergie la moins chère du marché, et a suspendu, reporté ou annulé de nombreux projets de centrales à charbon.

– En Europe, signaux contradictoires : certes 11 États européens ont déjà atteint leurs objectifs 2020 d’énergies renouvelables, une plate-forme (mais qui n’exclut pas la capture et stockage du carbone) va être lancée en juin pour la sortie du charbon et l’accompagnement des régions concernées, des projets éoliens de grande ampleur se lancent comme en mer du Nord. Mais l’Europe est de plus en plus dépendante des énergies fossiles, seuls 3 pays européens seraient en voie d’atteindre leurs objectifs fixés à la Cop21 (dont la France mais qui peine sur le développement des renouvelables), et l’UE continue d’investir dans des projets gaziers et des gazoducs en Europe de l’est

> A noter que Climate Action Tracker vient de lancer une base de données sur les tendances d’émissions de gaz à effet de serre et les taux de décarbonisation par secteur économique des pays

 

Notamment du côté des États-Unis où Trump déclare la guerre au climat et à l’environnement

–  Trump sabre le budget environnement des États-Unis – Novethic – 17 mars ; où le président Trump a présenté son projet de budget qui prévoit une forte baisse de toutes les dépenses touchant au climat et à la transition énergétique, avec “notamment une coupe de 31% dans les fonds alloués à l’EPA et la fin de la participation des États-Unis au Fonds vert de l’ONU pour le climat”… Un budget qui fait également la part belle à la Défense et s’attaque à d’autres sujets comme la culture, l’éducation, la diplomatie, (…) mais qui doit encore passer devant le Congrès avant d’être adopté où la résistance se prépare.

– Trump signe un décret abrogeant des mesures d’Obama sur le climat – Le Monde – 28 mars ; où par décret le président Trump a supprimé une demi-douzaine de mesures climatiques de son prédécesseur, pour “supprimer nombre de réglementations environnementales « inutiles et destructrices d’emplois »” selon lui et investir à nouveau dans le « magnifique charbon propre ».

> La question se pose également de savoir si les États-Unis vont rester dans l’accord de Paris, même si dans tous les cas son inapplication ou le retrait des financements par les États-Unis seraient plus qu’un coup dur pour le processus…

> Par ailleurs, l’Administration Trump a été prise en flagrant délit de reprendre mot pour mot un communiqué d’ExxonMobil, tandis qu’à la commission de la Science, de l’Espace et des Technologies de la Chambre du Congrès comme à l’agence de l’environnement américaine le climatoscepticisme est désormais en majorité et l’avis des scientifiques plus le bienvenu…

> Ces multiples mesures climaticides n’ont pas manqué de faire réagir, d’abord aux États-Unis où scientifiques et démocrates (comme Bernie Sanders) ont largement dénoncé ces décisions ; d’autres veulent positiver en estimant que les acteurs économiques ou gouvernements locaux sont de fait déjà en train de se détourner du charbon qui n’est plus rentable et que la décision de Trump n’y changera rien ; quelques grandes entreprises dont même ExxonMobil ont critiqué ces choix ; de nombreux États ont marqué leur déception et désaccord avec ce décret, la Chine, l’UE les îles Marshall, le Vatican, … ; et en France, les ONG ou Nicolas Hulot ont également dénoncé ces décisions et rappelé leur soutien à la société civile mobilisée aux États-Unis et dans le monde pour empêcher ces reculs.

La transition énergétique en débat et au prisme des présidentielles 

– En questions et précisions : alors que le Réseau Action Climat publie un dossier pour en finir avec les idées reçues sur le sujet, l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (Irena) estime dans un nouveau rapport que “décarboner le système énergétique d’ici 2060, c’est possible et rentable” et la Cour des comptes alerte sur l’absence de financement suffisants de l’Ademe pour répondre aux engagements de la France sur la transition énergétique.

En débats, Actu-Environnement a mis autour de la table Négawatt et le Shift Project sur la façon d’arriver à une France 100% renouvelable, tandis que “l’école des Mines-Paris Tech a réuni un panel de représentants des principaux candidats à la présidentielle pour que chacun-e exprime sa position sur la transition énergétique.

– Sur les renouvelables, le record d’installations a été battu en 2016, Bastamag se penche sur ces petits barrages hydroélectriques abandonnés depuis la domination du nucléaire et qui sont pour certains réhabilités et rentables, tandis qu’Actu-Environnement revient en infographie sur le développement des énergies marines qui créent déjà plus de 2000 emplois, et Novethic sur la question du crowdfunding comme source de financement des projets d’énergie renouvelable.

 Sur le bâtiment, Anne Bringault revient sur la définition des passoires énergétiques et les propositions incomplètes des candidats à la présidentielles pour répondre à cet enjeu, tandis que les premiers labels “énergie positive et réduction carbone” ont été remis pour 6 opérations pilotes, et que Reporterre pose la question : “Pourquoi l’usage de la paille, de la terre et du bois dans l’habitat limite-t-il l’effet de serre ?

– En France, le nucléaire critiqué avec Areva qui reste dans le rouge pour la 6e année d’affilée, de nombreux rassemblements contre le nucléaire pour l’anniversaire de la catastrophe de Fukushima, une bataille de chiffres qui conclut qu’il serait cher d’en sortir mais d’y rester également, et un tour d’horizon des programmes des principaux candidats à la présidentielle sur le nucléaire.

– Et sur les énergies fossiles, le prix du pétrole est reparti à la baisse, un immense gisement pétrolier vient d’être découvert en Alaska et les majors s’affolent déjà, tandis que le ministère de l’Environnement français “vient d’accorder deux prolongations exceptionnelles de permis de recherche d’hydrocarbures” pour du gaz de houille et de couche sous la pression judiciaire,

 

Et des mobilisations climatiques qui continuent en France et dans le monde !

– Une synthèse des actions en justice de la société civile sur le climat qui se multiplient à travers le monde, et ne sont plus limitées aux cadres onusiens ni aux experts scientifiques : ce sont ainsi de nombreux Etats qui ont été poursuivis pour manquement à leur responsabilité climatique et de protection des populations, avec parfois des victoires des associations et des juges qui acceptent de plus en plus souvent de recevoir ces actions. Dans cette même ligne, 15 ONG viennent d’appeler “Bruxelles à octroyer le droit aux citoyens d’attaquer les décisions européennes en matière d’environnement devant la justice”.

– Ce 23 mars, plus de 110 associations françaises ont lancé l’appel des solidarités, pour remettre de l’ordre dans les priorités politiques et notamment dans la solidarité avec les générations futures en ayant une action ambitieuse sur le climat.

– Les actions pour le désinvestissement des énergies fossiles continuent dans le monde, en Nouvelle Zélande par exemple avec des hakas et blocages ; aux États-Unis avec les défenseurs de Standing rock qui après leur expulsion exportent leur combat contre le Dakota Access Pipeline ; ou en France où justement les Amis de la terre et ANV-COP21 ont voulu dénoncer l’investissement des banques françaises dans plusieurs projets de pipelines aux États-Unis, et où Greenpeace dénonce les projets pétroliers de Total au Brésil qui menacent les populations locales et des ecosystèmes entiers.

– En deux minutes deux questions de Reporterre, Alternatiba donne des idées de “comment agir concrètement pour le climat” et Climates ses projets pour porter le sujet du climat dans les présidentielles… tandis qu’à eu lieu le 25 mars la traditionnelle Earth Hour de WWF, “une heure d’obscurité (de nombreux monuments) pour éclairer le changement climatique”

 

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Et en bonus :

– Des initiatives d’entreprises ou pour les faire avancer sur le climat, avec l’appel du Shift Project à décarboner l’Europe signé par 2 000 dirigeants d’entreprise et personnalités académiques “qui interpelle directement les politiques pour qu’ils s’engagent concrètement à respecter l’Accord de Paris” et propose 9 pistes portant sur le transport le bâtiment, l’agriculture ou l’énergie. L’occasion de revenir sur les bonnes pratiques pour intégrer les ODD dans une stratégie d’entreprise, ou sur les nouveaux engagements de la filière française du froid pour mieux récupérer et traiter les gaz réfrigérants.

– Percevoir et parler du climat, alors qu’un sondage sur des habitants de 4 grands pays européens montre qu’ils voient déjà pour une majorité d’entre eux les effets du dérèglement climatique en Europe. L’occasion de revenir sur deux performances photographiques pour sensiiliser sur le climat, avec les glaciers vus du ciel ou des réfugiés en montagne de la montée des eaux, sur le retour du train du climat en 2017 avec le collectif de scientifiques “les messagers du climat”, et sur un article de Mickael Dupré pour Place to B qui dresse un état des lieux des études sociologiques et psychologiques sur les comportements éco-citoyens.

– L’action des collectivités locales sur le climat, avec les annonces de Paris et son étude prospective qui vise la neutralité carbone en 2050 ; une nouvelle vague de conventions « territoires à énergie positive » (Tepos) qui porte à plus de 500 ces territoires dont le CLER rappelle les enjeux et intérêts ; les stratégies de résilience locale, avec Paris qui veut mettre le lien social au centre au même titre que la rénovation des bâtiments ou que la végétalisation des quartiers qui se développe rapidement ; et une expérience en Bretagne qui a inauguré la 1ère Cop 21 régionale à Saint-Malo pour réunir associations, collectivités, agriculteurs et entreprises afin de s’accorder sur des engagements climatiques.

– Un rapport sur les financements climat paru ce mois-ci pointe le fait que moins de 10% d’entre eux entre 2003 et 2016 ont atteint le niveau local… et propose plusieurs moyens pour remédier à ce déséquilibre.

– Les forêts, enjeu climatique méconnu qui en Europe fait l’objet de vifs débats sur son utilisation comme ressource renouvelable ou sa sanctuarisation comme puits de CO2… en France, des études sont également menées sur des essences qui pourraient disparaître à cause du dérèglement climatique, et d’autres en Australie sur le comptage du rôle de stockage de carbone des forêts, qui pourraient remettre en cause les chiffres et modèles de comptabilisation utilisés.

– Agriculture et climat alors qu”‘une sécheresse historique frappe l’est et le sud de l’Afrique” provoquant une famine, preuve de l’impact déjà grave du dérèglement climatique sur les populations. En France, le Réseau Action climat publie par ailleurs un rapport qui dresse un état des lieux des politiques agricoles au regard du défi climatique et avance 15 propositions pour les améliorer.

– Du côté des traités de libre-échange, le CETA pourrait être mis en application provisoire au 1er mai mais fait historique le Conseil Constitutionnel saisi a décidé de rallonger sa période de réflexion avant de trancher à l’été. En vertu d’un autre accord international, l’Italie est elle poursuivie devant un tribunal d’arbitrage par une compagnie pétrolière pour avoir voulu interdire toute nouvelle activité d’exploration et de production sur ses côtés… et la Commission européenne avance dans la finalisation d’un nouvel accord de libre-échange UE-Japon.

 

– Enfin la minute WTF et climat : une étude publiée dans le British Journal of Criminology montre que le bilan carbone de la criminalité est en baisse avec moins de vols de voiture et de cambriolages, sources de gaz à effet de serre, et évolue vers des formes de criminalité plus éco-responsables… Par ailleurs, une étude publiée dans la revue scientifique américaine PLOS Genetics montre que les formes de nos nez sont probablement dues au climat auquel nos ancêtres se sont adaptés, même si les chercheurs “ont reconnu que l’histoire de l’évolution du nez était complexe”. Merci la science.


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Revue de presse #février 2017

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Les revues de presse climat mensuelles continuent ! En février, retour sur les effets du réchauffement qui s’accélèrent et l’amplification de batailles climatiques aux Etats-Unis, en Europe et sur la transition énergétique, avec notamment :

L’année 2017 qui commence par des records de chaleur et de fonte des glaces :

Climat : 2017 démarre fort – Blog Le Monde – 17 février ; où le journaliste scientifique Sylvestre Huet revient sur les mesures climatiques du premier mois de l’année, qui poursuit les records de chaleur des années précédentes, montre un recul inquiétant des glaces polaires même en Antarctique et évoque les suites encore mystérieuses du dernier El Niño.

L’impact du réchauffement climatique sur les animaux largement “sous-estimé” – Les Échos – 18 février ; où une nouvelle étude montre que “le changement climatique mettrait en danger près de la moitié des mammifères terrestres et le quart des oiseaux”, et parle de “sous-estimation massive” des conséquences déjà sensibles du changement climatique.

Et pour aller plus loin : en un un chiffre, un scientifique montre que “le changement climatique s’effectue 170 fois plus vite que si les seules forces naturelles étaient en jeu” ; les glaciers alpins fondent à une vitesse inédite ce qui inquiète et pose la question pour certains de savoir si “le ski survivra-t-il au réchauffement climatique ?” ; et le réchauffement est tel que des scientifiques notent les gigantesques et désormais nombreux cratères dans le permafrost canadien, alors que d’autres commencent à envisager des techniques extrêmement coûteuses pour “recongeler l’Arctique”

 

Aux États-Unis, premières offensives de Trump contre l’environnement, le climat et les militants climatiques

Pour relancer l’industrie du charbon, les États-Unis ré-autorisent la pollution des cours d’eau – Libération – 3 février ; où le Congrès “vient de renverser une réglementation adoptée sous Obama visant à limiter le versement des déchets des mines dans les cours d’eau”, au nom des emplois dans le secteur du charbon, une mesure qui risque d’être suivie par d’autres remises en causes rapides de règles environnementales.

Sur le climat, les contradictions de l’administration Trump ressortent, avec quelques membres qui souhaitent une taxe carbone et la non-remise en cause de l’accord de Paris alors que de nombreux autres veulent en sortir, des contradictions jusque dans les intérêts privés du président américain menacés par le dérèglement climatique…

Les Indiens de Standing Rock face au “serpent noir” de Trump – FranceTV-Info – 28 février ; où l’on revient sur la lutte de milliers d’activistes notamment sioux de Standing Rock contre un projet d’oléoduc en Dakota du Nord, expulsés par l’administration Trump qui veut relancer les travaux, des activistes qui cherchent maintenant à étendre leur lutte sur d’autres terrains. L’occasion de se pencher sur le soutien de grandes banques françaises et européennes à ce projet, et la pression citoyenne qui commence à s’exercer pour les en faire sortir.

En Europe, déceptions climatiques entre ratification du CETA et réforme manquée des marchés carbone

Marché carbone européen : compromis a minima entre États membres de l’UE – Novethic – 1er mars ; après un vote déjà a minima du Parlement Européen sur la réforme du marché carbone pour la période 2021-2030, “les ministres européens de l’environnement ont adopté un texte de compromis” “au forceps”, très critiqué par les ONG environnementales pour son manque d’ambitions et ses reculs face aux industriels.

Le marché du carbone réformé risque de profiter aux climato-sceptiques – Euractiv – 17 février ; où l’on revient sur plusieurs des principales critiques faites aux marchés carbones et au manque d’ambition de la nouvelle réforme, qui non seulement ne permet pas d’inciter les entreprises à réduire leurs émissions mais leur permet au contraire de toucher des subventions et profits, et qui transfère le prix de la pollution de fait sur le consommateur.

Hasard du calendrier, le parquet financier vient de demander un procès dans l’une des affaires les plus explosives, coûteuses et emblématiques de fraude à la taxe carbone. Par ailleurs, un nouveau rapport vient aussi montrer que “l’Europe doit  renoncer au charbon d’ici à 2030 pour respecter l’Accord de Paris“.

Le Parlement européen ratifie le Ceta, accord de libre échange entre UE et Canada – Libération – 15 février ; où malgré de nombreux arguments qui montrent l’impact désastreux du CETA sur le climat, des doutes et inquiétudes du côté du ministère de l’environnement français même ou sur le respect de la Constitution, ainsi qu’une importante mobilisation à Strasbourg et contre le CETA qui a fait basculer de nombreux eurodéputé-e-s, le traité de libre-échange UE-Canada a finalement été ratifié par le Parlement Européen le 15 février.

CETA : “Il n’y a aucun engagement de limitation des émissions de gaz à effet de serre” – France-Info – 15 février ; où l’on revient sur les impact du CETA sur le climat, qui non seulement ne s’engage à aucune limitation des émissions de gaz à effet de serre mais en provoquera une augmentation et un développement encore accru des énergies fossiles.

Et de nouveaux constats et initiatives dans le bras de fer sur la transition énergétique :

Au niveau de la consommation d’énergie, en Europe, un nouveau rapport montre que “la consommation intérieure brute d’énergie de l’UE est tombée en 2015 sous son niveau de 1990″… mais que “sa dépendance aux combustibles fossiles a augmenté”. En France, “les Français ont consommé plus d’électricité en 2016 en raison du froid mais la production nationale de courant a reculé”.

Les énergies renouvelables qui progressent, avec l’éolien qui a dépassé en 2016 en capacités installées en Europe celles des centrales à charbon, les professionnels du solaire qui prévoient une forte hausse d’emplois, tandis qu’Actu-Environnement revient en infographies sur le développement en France des énergies marines et du biométhane.

Les investissements dans les énergies fossiles de plus en plus décriés, que ce soit au Louvre dont le partenariat avec Total est dénoncé par des militants, Total même et ses activités à travers le monde qui refuse d’envisager une réelle sortie des énergies fossiles, ou des banques comme la BNP Paribas qui continuent d’investir dans les gaz de schiste.

En France, le nucléaire dans la tourmente alors qu’EDF refuse toujours de détailler la manière dont il envisage le démantèlement de ses centrales nucléaires, que les opposants au projet d’enfouissement de déchets nucléaires à Bure ont gagné une bataille juridique et du temps, et que l’on revient dans un article sur le fiasco du dossier Fessenheim et le manque de poids de l’État dans la stratégie d’EDF.

L’urgence à rénover les passoires énergétiques, mise en lumière par l’initiative “Rénovons!” portée par une large coalition d’acteurs qui proposent leur scénario pour rénover les 7 millions de logements privés énergivores en 2025… mais aussi par un reportage sur la situation des plus démunis qui ne peuvent pas se chauffer décemment…

Finalement, l’énergie, l’affaire de tous ? Avec un panorama des initiatives citoyennes en la matière, un focus sur le cas du défi familles à énergie positive, et un plaidoyer vif pour une transition énergétique décentralisée et plus proche des citoyens.

 

Et en bonus :

Des nouvelles du mouvement climatique qui s’étend, avec une mobilisation des scientifiques contre le climato-scepticisme aux États-Unis et en France, un article détaillé sur les artivistes, ces artistes engagés contre le dérèglement climatique, et une nouvelle plainte en justice de 17000 citoyens belges contre leur État pour qu’il réduise ses émissions de CO2. L’occasion de revenir en interviews sur le point de vue d’activistes climatiques plus d’un an après la COP21, ou sur les enseignements d’un chercheur à propos des mobilisations à Paris fin 2015.

Dans d’autres régions du monde des avancées sont à noter, notamment du côté des îles les plus touchées par le dérèglement climatiques comme les Îles Marshall qui ont les premières ratifié l’accord interdisant l’utilisation des HFC, gaz jusqu’à 14 800 fois plus réchauffant que le CO2 ; ou les Seychelles qui investit largement dans la protection de ses aires marines et “l’économie bleue” durable. La Suisse avance quant à elle dans la ratification de l’accord de Paris, et a évité de peu une réduction de ses engagements climatiques…

Agriculture, alimentation et climat, avec un retour sur le concept émergent d'”agriculture climato-intelligente” qui reste flou et très critiqué par plusieurs ONG, tandis que Reporterre revient en une minute sur l’initiative “Bon pour le climat” qui vise à mobiliser les restaurateurs pour les pousser à adopter des menus climato-compatibles, et que Datagueule revient en chiffres sur les impacts de l’agriculture industrielle,

Eau et climat, alors que l’Alliance des initiatives Océan climat s’est réunie fin février pour “tirer la sonnette d’alarme sur l’état de santé de notre principal régulateur du climat” et avancer sur de nombreux projets maritimes tant d’atténuation que d’adaptation au dérèglement climatique. L’occasion de revenir sur une expérience française sur la terre ferme d’adaptation des forêts, en utilisant la biodynamie et en renforçant leur résistance au stress hydrique.

Le rôle des collectivités locales réaffirmé aux Assises de l’énergie de Bordeaux fin janvier, sur lesquelles la Gazette des communes revient en 7 points principaux, mais note malgré les avancées le retard des collectivités dans la réalisation de leurs plans climat-air-énergie territoriaux.

– Et une bonne nouvelle inédite venue d’Autriche, où pour la première fois l’agrandissement d’un aéroport a été interdit… pour des raisons climatiques !

 


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