Category Archives: Alternatives Territoriales

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Alternatives Territoriales : une équipe nationale, au service du local.

Face au constat d’une urgence climatique grandissante et d’inaction des acteurs politiques, la campagne Alternatives Territoriales a vu le jour en 2017 avec comme leitmotiv “changeons les alternatives d’échelle”. Portée par Alternatiba, ANV-COP21 et le Réseau Action Climat, l’objectif est d’engager  les élu·e·s locaux à prendre des mesures ambitieuses pour le climat : interpellé·e·s par les militant·e·s sur différents sujets (mobilité et pollution de l’air, agriculture et alimentation etc.), les élu·e·s sont invité·e·s à mettre en oeuvre ces mesures. Ce sont ainsi plus de 40 groupes qui se sont joints à l’initiative afin de mener un travail de plaidoyer, conjugué à des mobilisations. En 2018, les collectivités ont dû mettre au point des Plans Climats ; les groupes locaux ont donc saisi cette opportunité pour mener un travail de plaidoyer auprès des élu·e·s et peser sur les politiques publiques climat de leurs territoires. 

Cependant, afin d’offrir le meilleur accompagnement possible aux différents groupes locaux, et également faire évoluer la campagne – qui se tourne désormais vers les élections municipales de 2020 – l’équipe a dû s’agrandir pour gravir de nouvelles montagnes. Initialement menée par Charlotte Izard pour le Réseau Action Climat et Rebecca Wangler pour Alternatiba / ANV-COP21,la campagne est aujourd’hui portée par une équipe de 7 personnes, qui réfléchissent toutes à la stratégie du projet et sa gestion quotidienne. Ainsi, entre deux réunions hebdomadaires en ligne c’est tout un travail de partenariat, de structuration aussi bien interne qu’externe des groupes locaux, de conceptions d’outils, d’animation, de mobilisation, de communication et de rédaction que s’évertuent à accomplir les membres de l’équipe Alternatives Territoriales, afin que les collectifs puissent mettre la transition au coeur de leurs territoires. 

Mais qui sont-iels, et que font-iels?

Rebecca : A l’origine du projet Alternatives Territoriales, Rebecca est également en charge de l’animation générale d’Alternatiba. Formée aux politiques territoriales, fondue de stratégie politique, Rebecca jongle entre formation, animation, production de fond ! Impliquée dans les échanges avec le Collectif pour une transition citoyenne (CTC), elle joue également un rôle structurant au sein de l’équipe. Basée à Rennes et bientôt à Dunkerque, ayant traversé la France sur une quadruplette lors du Tour Alternatiba, les politiques territoriales et les communes françaises n’ont plus aucun secret pour elle !

Rebecca en plein Tour Alternatiba 2018

Charlotte : “Passionnée d’acronymes barbares, je suis enthousiasmée par les collectifs qui “décentralisent” le plaidoyer auprès de leurs élus et accélèrent la transition dans leurs territoires, sans s’arrêter devant l’ampleur de la tâche.”Également à l’origine du projet, elle travaille au sein du Réseau Action Climat, un réseau d’ONG et associations françaises investies sur les questions climatiques dont Alternatiba est membre. . Spécialisée dans l’intégration des nouvelles personnes dans la joie et la bonne humeur, Charlotte sait jongler avec toutes ses différentes casquettes ! Également partie prenante des échanges avec le Collectif pour une transition citoyenne afin de disposer d’un pacte ambitieux, son expérience au sein de l’équipe Alternatives Territoriales font d’elle une actrice clef de la campagne. 

Charlotte dans son bureau du Réseau Action Climat, ravie de voir le kit pour les municipales rédigé.

Zoé : Elle a rejoint la campagne Alternatives Territoriales en novembre 2018 par le biais d’un service civique avec comme objectif : contribuer à faire naître des territoires à 1,5°C. Elle porte également la voix d’Alternatives Territoriales au sein des échanges pour le Pacte du Collectif pour la Transition Citoyenne. Et c’est en matière de communication et au sein de la Com’ext (la communication externe du mouvement) d’Alternatiba que s’exprime pleinement ses talents. Ainsi, la stratégie de communication du projet et bon nombre d’articles Alternatives Territoriales sont le fruit de ses travaux !

Zoé découvrant avec satisfaction les nouveaux visuels de la campagne Alternatives Territoriales.

Elouan : Débarqué au mois de mars 2019 en tant que service civique, c’est donc récemment mais pleinement qu’il a mis toute sa motivation au service de la campagne Alternatives Territoriales et de l’équipe d’animation du réseau Alternatiba/ANV-COP21 afin de fournir un suivi efficace et précis des groupes locaux, et de leur mobilisation. C’est en proposant des nouveaux outils d’échanges, en suivant les problématiques des groupes locaux qu’Elouan nous a permis de gagner en efficacité et en clarté ! Pragmatique et critique, Elouan est toujours là pour trouver la réponse juste à ton problème ! 

Elouan découvrant la trentaine de page du kit pour les municipales à relire. 

Corentin : “ Participer à Alternatives Territoriales, c’est se ré-approprier les institutions et le processus démocratique au sein d’une équipe motivée, et bienveillante”  Il a également rejoint la campagne au mois de mars 2019 en tant que service civique dédié à temps plein à la campagne Alternatives Territoriales. Ses compétences lui permettent à la fois de suivre les groupes et leurs stratégies, mais aussi de travailler sur la structuration à long terme du projet : indicateurs de succès des campagnes, recherches de fonds. Curieux de tout et motivé, Corentin n’hésite pas à toucher aux finances, aux sujets techniques comme à la communication !

Corentin satisfait de découvrir les retours des groupes locaux dans le tableau de suivi.

Max : Membre historique de Bizi! et du premier tour Alternatiba en 2015, Max a mis au service d’Alternatives Territoriales son énergie, sa vision stratégique et surtout sa capacité à lier plaidoyer et mobilisations, afin d’appuyer les groupes à construire des campagnes locales visibles ! Ses idées en termes de désobéissance civile ont permis d’apporter la dimension “actions” au projet.

Max

Johan : Fin connaisseur des politiques publiques locales et de la communication politique, Johan appuie la communication nationale du projet et forme régulièrement les groupes locaux, notamment pour les aider à dialoguer avec les élu.e.s avec une posture constructive.

Johan en préparation d’une formation à la communication pour les groupes locaux.

Si rejoindre l’aventure d’Alternatives Territoriales vous tente, vous pouvez bien évidemment nous écrire à l’adresse : alternativesterritoriales@alternatiba.eu, et nous nous ferons une joie de vous accueillir ! N’hésitez pas, toutes les compétences sont utiles … et surtout l’envie et la volonté !




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Le kit pour les municipales 2020 est là !

Elus, que faites-vous pour le climat ? – Marseille, le 8 décembre 2018

Alternatives Territoriales sort son kit pour les municipales ! Vous voulez vous mobiliser sur votre territoire ? Vous voulez des élu·e·s qui ont un programme répondant à l’urgence climatique ? Vous êtes candidat·e·s aux municipales et vous voulez vous engager pour le climat ? Etape par étape, ce kit vous explique comment inciter les candidat·e·s à prendre des engagements ambitieux pour le climat. 

Pourquoi les municipales ?

Selon le dernier rapport du GIEC, 50% à 70 % des leviers d’action contre le dérèglement climatique se situent au niveau local. Chaque élu·e local·e, chaque citoyenne et chaque citoyen, peut lutter contre le dérèglement climatique et apporter des solutions efficaces, réplicables et faciles à mettre en œuvre au niveau de son territoire. Ces solutions existent et les alternatives doivent devenir la norme. C’est ce que cherche à faire la campagne Alternatives Territoriales depuis 2017, portée par Alternatiba, ANV-COP21 et le Réseau Action Climat : accompagner les groupes afin qu’ils poussent leurs élu·e·s locaux à mettre en oeuvre des mesures ambitieuses pour le climat. 

2020 sera l’année des élections municipales : c’est une année charnière car il s’agit du dernier mandat pour le climat. En effet, élus en 2020, les maires auront un mandat jusqu’en 2026. Or la ligne rouge donnée par le rapport du GIEC est 2030 : nous devons d’ici là réduire drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre afin de rester sous la barre des +1,5°C de réchauffement global. Les municipales sont à la fois une opportunité, puisqu’en période électorale les candidat·e·s sont particulièrement attentifs aux attentes des citoyen·ne·s, mais il s’agit aussi d’une nécessité d’agir. 

4 trajectoires différentes, destination municipales !

Nous proposons donc dans ce kit 4 trajectoires différentes pour les groupes Alternatiba et ANV-COP21 désirant se saisir de ce levier d’action : 

  • La trajectoire “interpeller les candidat·e·s”. L’objectif est de faire du climat et de la justice sociale un thème central des élections municipales au niveau local mais aussi dans les médias nationaux.
  • La trajectoire du Pacte de la Transition du CTC (Collectif pour une Transition Citoyenne). Rédigé par  48 organisations partenaires dont Alternatiba et le Réseau ActionClimat, le Pacte de la transition propose un ensemble de mesures déclinées en fiches techniques à porter auprès des candidats afin qu’ils s’engagent sur au moins 10 d’entre elles. Pour en savoir plus, lire cet article.
  • La trajectoire “campagne sectorielle”. L’objectif est ici de pousser les candidat·e·s à se positionner sur des questions écologiques clivantes localement, en choisissant une thématique précise (mobilité, agriculture etc.) ou un grand projet inutile (projet autoroutier, grandes surfaces etc.). 
  • La trajectoire “panel de mesures sur plusieurs domaines”. Cette trajectoire consistera à reprendre le travail réalisé l’année précédente par les groupes ayant travaillé sur le PCAET (plan climat air énergie territorial) pour définir un faisceau cohérents de mesures à mettre en place.  

S’engager dans les municipales : les étapes à suivre

Cette campagne vous séduit ? Voici les prochaines étapes :

  • Regardez la carte des groupes locaux de la campagne Alternatives Territoriales et rejoignez les collectifs existant 
  • Remarques importantes : l’équipe d’animation ne pourra pas suivre toutes les campagnes locales, faute de moyens humains 😉 Nous actualiserons tous les deux mois le kit avec les apports des collectifs, les changements d’agendas et les propositions à faire remonter. 
  • Rendez-vous sur le site du Pacte de la Transition pour identifier les groupes porteurs du Pacte qui se sont déjà lancés. 

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La mobilité : au coeur des mobilisations et des débats

Les vélos à pistes cyclables “auto-portées” du collectif Bizi! devant l’hôtel Okko sur le boulevard du BAB de Bayonne, où l’aménagement d’une piste cyclable est au cœur des revendications. 

En 2019, le secteur du transport représente 19% des émissions des gaz à effet de serre (GES) [1] contribuant à l’aggravation du dérèglement climatique, mais participant aussi à de lourds problèmes de santé, notamment pour les enfants [2]. Alors que s’ouvrent les débats autour de la loi d’orientation des mobilités (LOM) au sein de l’Assemblée Nationale, la mobilité est au coeur des enjeux écologiques, politiques, économiques et de santé publique à l’échelle nationale mais aussi à l’échelle locale. Citoyen·ne·s, scientifiques, associations ne cessent de se mobiliser dans les rues, dans les journaux, par l’action non-violente pour alerter sur les dangers de la pollution de l’air pour nous et la planète et proposer des solutions concrètes.

Pourquoi agir à l’échelle locale contre la pollution de l’air

Si agir pour une meilleure mobilité est au coeur des mobilisations des citoyen·ne·s, l’échelle locale est un réel levier d’action. En effet, certaines intercommunalités (Métropoles, communauté urbaine, communauté d’agglomération) ont hérité d’une compétence en matière de transport, faisant d’elles les “autorités organisatrice de la mobilité”. A ce titre, il leur incombe un certain nombre de missions qu’elles doivent accomplir, et peuvent donc être porteuses d’alternatives en matière de mobilité.

Par ailleurs, le niveau local par définition apparaît comme plus proche de la population en comparaison du pouvoir central représenté dans la capitale. Dès lors, ouvrir le dialogue et porter des revendications auprès des autorités locales est plus aisé que de les porter au niveau national. De plus, chaque territoire est différent et les politiques doivent donc être adaptées à cette réalité : la mobilité ne peut pas faire l’objet d’une politique uniforme. Ainsi, même si des orientations générales peuvent être prises, la mobilité doit être le sujet d’intervention du local dans la mesure où ce sont les citoyen·e·s, et usagers les premiers impactés et où la mobilité diffère d’un territoire à l’autre.

Un certain nombre d’alternatives plus écologiques et plus sociales existent déjà aux mobilités actuelles, et peuvent être mises en place au niveau local. Développer la construction de pistes cyclables sécurisées, la possibilité d’avoir des vélos en libre service, apparaissent comme des projets nécessaires pour certaines aires urbaines. L’amélioration de l’offre des transports en commun a été expérimentée de multiples manières : agrandissement du réseau et augmentation de la fréquence ; gratuité des transports en commun, etc. . De même l’instauration de zones à faible émission, de zones piétonnes, l’amélioration de la logistique urbaine; etc. sont autant de solutions à disposition des collectivités, et pouvant répondre aux enjeux de mobilités des territoires.

Face à l’inaction des pouvoirs publics locaux, les jeunes lyonnais·e·s ont décidé d’aménager elleux même des pistes cyclables. 

La mobilité et la pollution de l’air au coeur des mobilisations

Les vendredi 24 et samedi 25, journées de grèves et de marches pour le climat avaient lieu partout en France un certain nombre de manifestations. Voici un panorama des revendications et des actions portées par les groupes locaux :

A Grenoble le samedi 25 avait lieu une vélorution à laquelle plus de 500 cyclistes ont pris part sur 12 km pour demander une réelle politique locale en faveur des mobilités douces, pour mettre en avant la lutte contre le projet d’élargissement de l’autoroute A480, tout en sensibilisant la population à l’imbrication entre justice sociale et justice climatique avec notamment une halte dans le quartier du Mistral pour échanger avec les habitant·e·s.

Le collectif Bizi! était également mobilisé le samedi 25 au Pays Basque pour dénoncer la non application de la loi Laure de 1996 (Loi sur l’Air et l’Utilisation Rationnelle de l’Energie). Dans ce contexte, et face aux retards en matière d’alternatives au tout-voiture, une vélorution a rejoint la marche pour le Climat. Les cyclistes ont ensuite défilé derrière une banderole exigeant “Une autre mobilité : ici et maintenant !” tandis que des vélos équipés de « pistes cyclables auto-portées » dénonçaient le manque de trajets cyclables continus et sécurisés pour se déplacer au quotidien sur Bayonne, Anglet et Biarritz.

Dans la Haute-Savoie, région fortement marquée par la pollution de l’air, ce n’est pas une, mais cinq vélorutions qui ont eu lieu simultanément le 25 mai avec l’implication de différentes associations du réseau air, regroupant au total 26 associations.

A Lyon, le vendredi 24, les jeunes avaient également décidé de mettre la mobilité au coeur de leur mobilisation. Six tronçons de pistes cyclables ont ainsi été peints aux abords de 5 écoles affectées par une forte pollution de l’air. Au total, ce sont 53% des écoles de la métropole lyonnaises qui affichent un taux de pollution au-dessus des normes européennes. Suite à la mobilisation, deux jeunes ont été interpellés et seront convoqués pour réparation pénale. Cet acte de désobéissance civile s’inscrit dans la continuité de la campagne contre la pollution de l’air et en faveur de plus de mobilité douce menée depuis déjà quelques mois par plusieurs organisations lyonnaises dont Greenpeace Lyon, Alternatiba et ANV-COP21 Lyon investies dans la campagne Alternatives Territoriales [3]. 

[1]  Rapport B&L Evolution
[2] UNICEF Rapport
[3] Lire le focus sur la campagne de Lyon


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La pluralité des modes d’action non-violents dans Alternatives Territoriales

marche climat Lyon
Lors des marches pour le climat à Lyon, les citoyen·ne·s se mobilisent aussi pour dénoncer la pollution de l’air de la ville.

Alternatives territoriales est une campagne portée par Alternatiba, ANV-COP21 et le Réseau Action Climat qui propose aux citoyen·ne·s de se mobiliser auprès de leurs élu·e·s pour obtenir des mesures climatiques ambitieuses au niveau local. Centrée autour du plaidoyer, la campagne propose un vaste panel d’outils de mobilisation et d’action non-violents pour que les groupes locaux puissent adapter leur stratégie à leur territoire. 

La naissance d’Alternatives Territoriales : comment permettre le réel changement d’échelle des alternatives ?

Depuis sa naissance, le coeur de la dynamique Alternatiba est de massifier les alternatives permettant de lutter contre le dérèglement climatique en construisant un mouvement de masse citoyen. Les objectifs sont clairs : d’une part sensibiliser de nouveaux publics à l’urgence climatique, d’autre part  impulser des changements de comportements individuels et la création de projets collectifs pour le climat.

Alors que la fenêtre de tir pour maintenir le dérèglement climatique en dessous de la barre des 1,5°C de réchauffement se referme, il est urgent que les alternatives soient mises en oeuvre à l’échelle de nos territoires et deviennent la norme.

Par exemple, nous pouvons faire des efforts dans nos choix de consommations à l’échelle individuelle, mais le réel levier pour le changement de système est d’avoir toute une cantine qui s’approvisionne en aliments biologiques, locaux et de saison.

Parfois, nos efforts individuels peuvent même se retrouver bloqués si la politique de nos villes et nos villages ne suit pas. Ainsi, beaucoup de personnes restent par exemple encore dépendantes de leur voitures par manque d’alternatives car les réseaux de transports en commun ne sont pas suffisamment développés. De plus, les alternatives, tant qu’elles restent marginales, se révèlent généralement couteuses et inaccessibles aux classes populaires : avoir le choix de consommer des produits issus de l’agriculture biologique ou d’entreprendre la rénovation énergétique de son logement est encore un privilège. La mise en place de ces solutions à grande échelle permet d’en faire baisser le prix : économies d’échelle, subventions publiques, etc.

Pour travailler aux côtés des élu·e·s et donc influencer leurs décisions et leur mise en oeuvre, la campagne Alternatives Territoriales a pris autant de formes et de chemins qu’il y a de groupes locaux. Initialement centrée en 2017 sur le Plan Climat Air Energie (PCAET), qui était un levier pour influer sur les politiques locales pour le climat, la campagne s’est élargie et les groupes locaux s’impliquent désormais dans des luttes locales contre des grands projets pourris, ou se mobilisent dans le cadre d’élections. L’objectif reste le même, sensibiliser les élu·e·s au climat et leur soumettre des propositions concrètes et réalisables pour métamorphoser le territoire.

Le 17 avril dernier, Rebecca porte-parole d’Alternatiba expliquait l’importance de la désobéissance civile dans Alternatives Territoriales au CLER – Réseau pour la Transition Energétique 

Mettre la mobilisation au service d’un travail de plaidoyer local

Alternatiba et Action Non-Violente COP21 (ANV-COP21) forment un mouvement strictement non-violent qui utilise un large panel d’outils de mobilisation d’action non-violent : de la désobéissance civile aux marches, en passant par le plaidoyer et les actions symboliques.  Afin d’influencer les élu·e·s et exiger d’eux des mesures ambitieuses, les groupes porteurs de la campagne Alternatives Territoriales apprennent à s’appuyer sur différents outils pour agir de manière complémentaires :

  • le travail de sensibilisation auprès des élu·e·s – c’est-à-dire du plaidoyer,
  • leur capacité de mobilisation des citoyens et citoyennes,
  • les alliances avec d’autres organisations locales pour créer un rapport de force et faire entendre leurs revendications.

A l’image du travail mené avec succès par l’association Bizi! en 2014 au Pays Basque, les groupes locaux commencent par établir leurs propositions et leurs revendications, en concertation avec les acteur·trice·s ancré·e·s sur le territoire (associations, collectifs etc.) : ils définissent pour l’élu·e ou le candidat·e des engagements ambitieux pour le climat, comme le développement systématique des alternatives sur le territoire ou encore l’abandon d’un projet local qui serait en contradiction totale avec une trajectoire de +1,5°C de réchauffement. Afin de permettre la prise en compte de leurs propositions, les groupes locaux jonglent ensuite entre le plaidoyer, c’est-à-dire des rencontres avec les élu·e·s pour les convaincre de leur position, et les actions non-violentes pour attirer à la fois l’opinion publique et les médias pour rendre visible leur cause. Une victoire consiste en la prise en compte de ces propositions, mais la campagne ne s’arrête pourtant pas là : il faut ensuite s’assurer de la bonne mise en oeuvre de ces propositions. Dans le cas de Bizi! en 2014, une fois les élections passées, les groupes locaux devaient maintenir la pression pour veiller à ce que les engagements soient respectés et que de nouvelles mesures soient prises.

La campagne Alternatives Territoriales ajoute ainsi une nouvelle pièce dans le panel d’outils du mouvement Alternatiba et Action Non-Violente COP21 en visant directement les responsables politiques au niveau des territoires. La campagne permet par ailleurs de donner une dimension plus concrète et politique aux mobilisations de masse comme les marches pour le climat en les transformant en un outil puissant pour appuyer le travail de plaidoyer local.

Cette diversité dans les possibilités d’engagement permet d’ouvrir le mouvement davantage à des personnes avec des compétences et des envies d’engagement différentes et participe de cette manière à la création d’un mouvement climat de masse.


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Témoignage – Sarah et Arthur, engagé·e·s dans Alternatives Territoriales

Sarah et Arthur Dijon Alternatives territoriales

Sarah et Arthur, 24 ans sont engagé·e·s dans la campagne Alternatives Territoriales dans la ville de Dijon depuis l’été 2018. Voici leur témoignage, réalisé le 30 mars 2019.

Alternatiba : Pourquoi vous êtes-vous engagés dans la campagne Alternatives Territoriales à la base et comment avez-vous entendu parler de cette campagne  ?

Arthur : C’est grâce à la la vidéo de Partager c’est Sympa, sortie en mai 2018 : on l’a tous regardée et on a été une petite dizaine à s’inscrire sur le site via le formulaire dans la vidéo… Edwige a récupéré tout le mailing d’adresses et a proposé qu’on fasse un apéro pour que l’on réfléchisse ensemble à ce que l’on avait envie de faire. Elle connaissait Alternatiba et a pu nous parler un peu de l’association. Au début, pendant l’été c’était des apéros d’une dizaine de personnes, et à partir de la rentrée on s’est attaqué à ce que l’on allait faire et on a commencé à élaborer notre stratégie. On s’est alors penchés sur le plan climat [Plan climat-air-énergie territorial-PCAET].

Est ce qu’il y avait d’autres personnes que vous connaissiez à ce moment-là ?

Sarah : Non on ne connaissait personne d’autre, et personne ne se connaissait. On est tous venus via la vidéo de Partager c’est Sympa. Il y a des gens qui sont venus aux réunions initiales et qui ne sont plus venus au fur et à mesure, tandis que de nouvelles personnes rejoignaient le groupe. Cette vidéo est géniale : elle propose une manière de s’engager rapidement, facilement en dévoilant un objectif précis, local, sur le court/moyen terme.

Arthur : Et puis il y a eu les marches pour le climat qui nous ont fait connaître davantage. Quand on a fait nos journées grand public avec 30/40 participants pour faire du brainstorming, il y avait toujours des gens qui voulaient nous rejoindre.

“On n’a donc pas de leadership, mais des outardes, des personnes qui guident et qui peuvent aussi se mettre de côté pour avoir de la relève.”

Concrètement, ça représente quoi pour vous de s’engager ?

A : On a défini des groupes de travail : l’équipe animation, l’équipe  réseautage, l’équipe accueil des nouveaux… On a donc un groupe communication externe, un groupe réseautage qui fait le lien avec les autres assos du territoire et notamment Alternatiba Dijon qui est beaucoup suivi sur les réseaux et a une newsletter mensuelle, l’équipe communication interne…On fait tous les deux partie de l’équipe communication : Sarah s’occupe des posts sur la page Facebook, et moi je fais surtout de la veille.

S : Ça reste très ouvert, très souple : on tourne beaucoup. Pour compenser l’absence de structure, on a mis en place une sorte de leadership managérial tournant pour avoir quand même une forme de stabilité. On est entre 15 et 20 personnes dans le collectif et on fait des rencontres de travail une fois par mois. Même si on ne voulait pas de leader, il fallait que des personnes nous motivent et nous coordonnent. On a donc instauré depuis depuis deux mois ce que l’on appelle les outardes. Les outardes sont une espèce d’oies sauvages qui vole en V . Il y a toujours une oie sauvage qui est devant, à la pointe. Quand l’oie de tête fatigue, une autre prend sa place. On n’a donc pas de leadership, mais des outardes, des personnes qui guident et qui peuvent aussi se mettre de côté pour avoir de la relève. On est trois outardes à chaque fois. Par exemple, j’étais outarde là pendant deux mois, et je suis fatiguée et…

A : Je vais prendre la relève ! (rire)

S : Mais tout cela reste flexible, tout en répondant à un besoin de structure. On s’est rendu compte que lorsque l’on n’avait pas de structure interne, on n’avançait pas. Au début on avait des groupes de travail sur des thèmes, zéro déchet et pollution de l’air, puis on a vu que le plan local d’urbanisme (PLU) était en train de se monter sur Dijon. Etant donné que c’était la fin de la consultation publique, on en a fait une priorité. Puis on s’est lancés sur le Plan climat, en laissant de côté le reste. En parallèle on a organisé des après-midi ouverts à tous et toutes pour sensibiliser au climat et à l’échelle locale et récupérer des idées, sonder le public… Ce sont des moments importants, même s’ils nécessitent beaucoup d’organisation en amont !

Maintenant, est-ce-que vous avez un objectif défini à atteindre?

A : Le Plan local d’urbanisme (PLU) n’est pas encore terminé, il est soumis au commissaire enquêteur. Mais on a laissé tombé car le début de la rédaction du plan climat commence en juin. On a eu un rendez vous avec Jean-Patrick Masson qui est l’élu écologie environnement pour échanger sur les différentes phases du plan climat, et ça s’est bien passé. Nous avons accepté de suivre une formation sur comment les élus ont réalisé le diagnostic de l’ancien plan climat et comment ils construisent celui-là. Cette rencontre a lieu le 9 avril de 17h30 à 20h, en présence de tous les chargés de mission du plan climat qui réalisent eux-même le diagnostic. Ils ont ainsi pu nous partager leurs méthodes.  Après, en juin ils lanceront la phase de consultation publique pendant 30 jours. Finalement le plan climat sera adopté dans 6 mois avec un an de retard !

S : Pour l’instant, à notre connaissance, le calendrier d’établissement du plan climat est encore un peu flou, la seule échéance qui a l’air à peu près sûre ce sont les élections municipales.

Groupe de Dijon Alternatives Territoriales
L’équipe de la campagne Alternatives Territoriales à Dijon

Est-ce-que vous êtes réellement dans cette co-construction du plan climat, et quelles sont vos prochaines étapes ?

S : On veut voir où en sont les chargés de mission du plan climat dans cette phase de diagnostic, puis on veut prendre le maximum de place, faire partie du groupe qui monte le plan climat. En parallèle, il y a une semaine, on a lancé un questionnaire grand public. A l’issue des deux après-midi de consultation, on a recueilli un certain nombre de propositions pour la métropole de Dijon, comme “plus de bio dans les cantines”, “plus de pistes cyclables”, etc. Il y avait 300 propositions, on les a synthétisées et on en a fait un questionnaire en ligne avec des affirmations, par exemple “je veux 40% de bio dans les cantines d’ici 2025”. On demande alors aux gens d’indiquer sur un échelle de 1 à 5 s’ils sont d’accord ou pas d’accord, l’idéal étant d’avoir le plus de 5 possible et d’identifier les mesures qui font consensus et celles qui sont mal accueillies. On aimerait ensuite présenter ce questionnaire à la métropole  pour montrer l’importance de l’enjeu climatique. Pour l’instant on a environ 300 réponses et ce n’est que le début.

Dans tout le panel de tactiques, vous faites du plaidoyer, rencontrez les élus… est-ce-que vous faites aussi des actions non-violentes (ANV) ?

A : Suite à une formation ouverte à tous et toutes réalisée par les Désobéissants, un groupe ANV-COP21 s’est monté ! Les nouveaux activistes ont fait un die-in sur la place de la République lors de la dernière marche pour le climat, le dimanche 17 mars.  Quelques membres d’ANV COP21 sont aussi à Alternatives Territoriales, ou à Il est encore temps, et on espère qu’il y aura beaucoup d’interactions entre les groupes.

Questionnaire Alternatives Territoriales Dijon
Le questionnaire en ligne lancé par le groupe Alternatives Territoriales de Dijon

Quel est votre point fort dans votre groupe ?

S : D’avoir un bon contact avec la métropole. Ils ont bien accueilli notre démarche et ont accepté notre demande de formation . Après, on sait que ca peut changer. Mais la ville de Dijon et Dijon Métropole font beaucoup de communication sur l’écologie et effectivement, ils ont fait pas mal de choses et sont en légère avance par rapport aux décisions nationales. Ca peut être notre point fort et notre point faible à la fois : depuis que le collectif existe, rien ne nous permet de dire qu’il existe un double langage mais cela ne veut pas dire qu’il n’y en aura jamais.

A : Un autre point fort c’est que l’on accueille beaucoup de monde au moins une quarantaine de personne à chaque événement. On fait des apéros climat tous les derniers jeudi du mois dans un bar et il y a toujours entre vingt et trente personnes aussi !

Qu’est ce que c’est un apéro climat ?

A : On boit des bières (rire) ! On a un thème à chaque fois, et on fait une sorte de speed dating où chacun s’assoit 10 minutes avec une personne et répond à des questions comme “qu’est-ce que tu fais dans la vie de tous les jours pour le climat”, “pourquoi tu t’es investi dans des assos ?”…

S : L’idée est de toucher un public que l’on ne toucherait pas normalement en faisant des après-midi sur le plan climat. Les gens se disent “c’est un jeudi soir, autour d’une bière, dans un bar qui n’est ni associatif ni guindé…” C’est vraiment pour toucher un large public ! Et à chaque fois on récupère des mails, des contacts et des like sur notre page Facebook, ce qui permet d’informer les gens par la suite sur ce qu’on organise. L’idée est aussi de mettre les gens en contact, même si ce n’est pas dans notre campagne, c’est l’occasion de semer des petites graines.

“On fait une sorte de speed dating où chacun s’assoit 10 minutes avec une personne et répond à des questions comme “qu’est-ce que tu fais dans la vie de tous les jours pour le climat”, “pourquoi tu t’es investi dans des assos ?”…”

Qu’est ce que cette campagne vous a apporté personnellement depuis l’année dernière ?

A : L’organisation, l’anticipation, arriver à savoir combien de temps on est prêt à consacrer à un mouvement…

S : À gérer le temps et les gens ! Si tu veux bosser 60 heures par semaine tu peux, mais tu dois aussi pouvoir dire que tu peux pas.

A : À bosser sans cadre en fait ! Ce n’est pas simple de créer un collectif à partir de rien…

S : Et avec des gens qu’on ne connait pas en plus ! Tu apprends à travailler avec des gens qui ne sont pas recrutés, mais des gens qui viennent spontanément, qui n’ont pas le même avis que toi sur des milliers de sujets ! Tu apprends aussi la gestion de conflit…

A : Et à travailler avec toutes les générations ! Certains sont très mails tandis que nous on préfère travailler sur Facebook, ce qui n’est pas évident pour tout le monde.

S : Pour moi, c’est aussi  un accès aux bases de données. Tu vois le Réseau Action Climat (RAC) je connaissais pas avant, mais maintenant je peux aller sur leur site internet ! Je sais que ca existe, je peux le conseiller à des gens !

Est-ce que vous vous êtes dit que cette campagne était trop technique ?

A : Je pense que ca dépend de la formation. On a tous les deux fait une formation d’ingénieur agronome à Rennes, on a travaillé avec des élus et on est habitué aux cadres techniques.

S : Pour moi c’est même ce qui m’a donné envie de m’engager : que ce soit super concret, précis, factuel. “S’engager pour le climat” je ne sais pas ce que ça veut dire, et là au moins c’est très carré ! Et il y a aussi cette dimension politique. Je n’ai aucune connaissance technique d’un plan climat et c’est ce que je voulais acquérir comme savoir-faire. On se rend compte que ce n’est pas si difficile ! Je n’avais pas cette crainte de l’inconnu mais interagir avec une métropole comme Dijon ça peut être impressionnant. Mais ce sont des êtres humains comme nous. Surtout quand on parle de besoins primaires, comme respirer un air pur, circuler, on n’a pas besoin d’avoir des connaissances précises… Et puis ils sont payés pour faire ça ! Donc c’est à eux de faire en sorte que nos propositions entrent dans le cadre légal. Ça ne nous empêche pas d’avoir un avis précis. On y vit, on agit !

A : J’ajouterai que lors de la première réunion avec Jean-Patrick Masson, il nous a dit “vous n’êtes pas obligés de devenir technicien, vous pouvez juste envoyer des idées, c’est à nous -techniciens- de voir si c’est possible ou pas ! Si vous avez des envies, envoyez-les nous ! Et si vous voulez rentrer dans quelque chose de plus technique vous pouvez aussi.” Il nous a mis à l’aise. Mais plus on aura de bons arguments et plus on sera convaincants je pense.

S : Il y a des gens dans le groupe qui étaient paniqués à l’idée de rencontrer un élu. Moi je me disais “ce sont nos élus, encore heureux qu’ils nous reçoivent !” Certains se disent que la politique n’est pas accessible. Pour moi cette campagne vise à faire comprendre que si, la politique c’est une affaire de citoyens. La politique ça doit être accessible. Et on arrive pas comme un cheveu sur la soupe : on est prêt, la campagne est super bien préparée, on a plein d’outils !

““S’engager pour le climat” je ne sais pas ce que ça veut dire, et là au moins c’est très carré !”

Quelles sont vos envies et vos attentes pour 2019 ?

A: Les deux vidéos de Partager c’est Sympa, “on s’est planté” et “on change le game” sorties récemment ont été vues par tout le monde. On va faire une réunion sur nos objectifs, notre manière de fonctionner, les victoires que l’on a eu, comment on continue… La question à se poser est “est-ce que l’on est pas trop dans une lourdeur de cadre et de forme ?” On va faire le point sur ce qu’on a envie de faire et comment on le fait. Après notre objectif reste de mettre le plus d’idées à nous dans le plan climat.

S : Personnellement, j’aimerais qu’il y ait beaucoup moins de voitures à Dijon. Nous avons un gros centre ville avec des petites rues, mais les voitures y circulent toujours. On habite le centre et quand on ouvre les fenêtres on respire les gaz d’échappement ! L’autre truc c’est que j’aimerais bien qu’il y ait plus de 2 000 personnes à la Marche pour le climat car on a jamais dépassé les 1 500 personnes pour la marche…

A :  On aimerait bien sentir qu’on est nombreux à être sensible à l’écologie mais ce n’est pas encore le cas. On a du mal à sortir de notre cercle, à toucher des gens qui ne sont pas déjà impliqués. 

Merci vraiment pour cet entretien ! Je ne sais pas si vous voulez ajouter quelque chose ?

S : Je rajouterai que, en toute honnêteté, ce n’est pas facile de monter un groupe avec des gens qu’on ne connaît pas, avec lesquels on a plus ou moins d’atomes crochus, les mêmes affinités de caractère ou les mêmes valeurs.Mais c’est justement ça que je trouve beau ! L’objectif est tellement important et chacun le porte entièrement à sa façon, qu’on fait en sorte que ça tourne ! Chacun s’adapte. Ça fait vraiment partie pour moi du quotidien de la campagne d’Alternatives Territoriales, cette gestion d’équipe sans cadre. On a lancé des gens ensemble et on va voir ce que ça donne (rire) !


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