Category Archives: Alternatives Territoriales

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Ta Mairie a-t-elle des super-pouvoirs ?

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Voici un petit quizz réalisé pour comprendre le pouvoir de décision des mairies et intercommunalités sur notre environnement quotidien. Alimentation, mobilité, transport, sont autant de thèmes qui relèvent de leurs compétences. Répondez à chacune des situations et découvrez ce que peuvent faire vos élus locaux !

Aujourd’hui, tu souhaites aller à la Marche pour le climat avec tes enfants / neveux
et nièces / enfants de tes voisins … 

Un casse-croûte avant de partir ? Pas de problème : 

a) Tu as acheté ce que tu pouvais dans le rayon bio du supermarché grande surface… Malgré tous tes efforts, il n’y a pas mieux dans
la ville.

b) Pain complet, légumes de saison… Tu as fait tes courses dans le coin des producteurs locaux du marché, ils viennent des 30 km alentour.

c) Les légumes viennent du jardin partagé d’en bas, et le pain est fabriqué
à partir du blé d’un nouveau paysan qui s’est installé grâce
à l’aide de la Mairie.

La Mairie n’a pas le pouvoir absolu de décider quel commerce ou quel agriculteur va s’installer sur sa commune. En revanche, elle peut créer un climat favorable à l’installation des  producteurs locaux et respectueux de l’environnement, par exemple en créant un espace dédié sur le marché, en mettant à disposition un local pour une AMAP ou un magasin de producteurs, en aidant à l’installation de jeunes agriculteurs en milieu urbain…

À midi, ce sera donc légumes de saison aux formes
et couleurs peu habituelles :

a) Les enfants te regardent avec
des gros yeux.
Les légumes ils n’en mangent pas, à la cantine, c’est frites
et steak haché
tous les jours

b) Les enfants
se régalent. Ils ont l’habitude de manger des légumes à la cantine, mais
ils ne sont pas
aussi frais. 

c) Les enfants
sont habitués,
ils connaissent même le producteur de légumes qui vient livrer la cantine.

C’est à la Mairie que revient la gestion des cantines scolaires des écoles (le Département est en charge des collèges et la Région des lycées). Elle délègue parfois cette compétence à l’intercommunalité. Elle peut décider de gérer la cantine scolaire au sein d’une régie publique, ou alors de déléguer à un prestataire privé. Mais même dans ce dernier cas, elle peut et doit imposer des critères de qualité dans ses marchés publics ! 

Attention, dans un marché public, la “préférence locale” est contraire au droit européen. Mais il y a plein de moyens de favoriser les produits locaux quand même, en demandant des critères de qualité, de fraîcheur, ou même d’impact CO2, qui demandent nécessairement une réduction des transports… En tout cas, le mieux pour le climat, c’est le repas végétarien !

Vous souhaitez y aller à vélo :

a) Il n’y a aucune piste cyclable, même toi tu n’oses pas utiliser ton vélo

b) Il y a bien quelques pistes cyclables, mais avec des enfants et les voitures qui nous rasent, c’est bien trop dangereux : 
le peu de pistes qui existent ne sont pas sécurisées, aménagées
ou continues

c) Pas de problèmes, les voies cyclables sont bien séparées de la route et des trottoirs, on peut même prendre
la véloroute !

Dans la plupart des villes, c’est la Mairie qui a gardé la compétence “voirie”. C’est donc à elle que revient la responsabilité de partager les voies publiques équitablement entre automobiles, vélo, piétons… 

À noter : dans l’article L228-2 du code de l’environnement, il est écrit : “À l’occasion des réalisations ou des rénovations des voies urbaines, à l’exception des autoroutes et voies rapides, doivent être mis au point des itinéraires cyclables pourvus d’aménagements sous forme de pistes, marquages au sol ou couloirs indépendants, en fonction des besoins et contraintes de la circulation.”

Le vélo du petit dernier est crevé, et ce n’est pas possible de le réparer dans ton appartement :

a) Aucun commerce ne répare les vélos ici, il faut aller en grande surface
en périphérie

b) Il y a un marchand de cycles en centre-ville, ça va coûter un peu cher mais c’est accessible à pied

c) Il y a un atelier associatif de réparation hébergé par la Mairie au coin de la rue, on peut
y passer !

Comme dit précédemment, la Mairie n’a pas de pouvoir absolu sur la présence ou non des commerces dans sa ville. En revanche, il existe des programmes pour favoriser le commerce en centre-ville, et les mairies ou intercommunalités ont tout pouvoir d’arrêter l’extension des zones commerciales dans leurs documents d’urbanisme (PLU ou PLUi). 

Vous décidez finalement d’y aller en transports en commun :

a) Un bus,
un dimanche ?
La bonne blague !

b) Le prochain bus part à 14h10,
on risque de rater le début de la marche mais on pourra
la rattraper !

c) La ligne est cadencée, il y a un bus tous les quarts d’heure, on ne se pose même pas
la question !

Ce sont généralement les intercommunalités (agglomérations, métropoles…) qui gèrent les transports urbains. Attention au discours facile du “Il n’y a personne qui emprunte cette ligne, ça ne servait à rien de la maintenir”. Au contraire, si la fréquentation n’est pas au rendez-vous, c’est sûrement que l’offre n’est pas adaptée ! Par exemple, le cadencement, même avec une fréquence faible (toutes les heures, toutes les demies-heures…) dans les zones peu peuplées permet aux personnes de s’y retrouver facilement. 

Arrivé·e·s à l’arrêt de bus, vous trouvez…

a) Rien, c’est un vieux panneau,
les horaires
affichés dessus
ne correspondent plus et il n’y a rien pour s’abriter.

b) Un abribus dernier cri, avec une pub pour le nouveau centre commercial qui vient d’ouvrir à l’entrée de la ville

c) Un bel arrêt de bus avec vitres de chaque côté; et à côté des horaires, une information pour la prochaine kermesse de l’école

Le mobilier urbain (abribus, publicités, bancs, poubelles…) est de la compétence de la Mairie, de l’intercommunalité et/ou de la régie des transports. Il est assez facile pour un Maire de passer un marché avec JCDecaux par exemple : “Vous nous installez les abribus, et vous pouvez y mettre de la publicité”. Sauf que cette publicité ne favorise généralement pas les commerçants du centre-ville, incite à la surconsommation, et promeut une certaine image des corps, notamment sexiste. Il est tout à fait possible, et souhaitable, de réduire la place de la publicité commerciale dans l’espace public ! La preuve, Grenoble l’a fait en partie.

En attendant le bus, les petit·e·s se plaignent déjà d’avoir soif et tu as oublié la gourde…

a) Il n’y a pas de fontaine d’eau potable par ici, vous attendrez d’arriver
à la marche pour aller demander
à un commerçant
un verre d’eau

b) Il y a bien une fontaine mais elle est sur la place à un quart d’heure à pied, tu as peur de rater
le bus, dilemme…

c) Une fontaine d’eau potable a été installée récemment par l’intercom-
munalité dans une logique d’accès à l’eau potable pour tous, et de sécurité lors des canicules : les enfants se jettent dessus 

Les Nations Unies ont reconnu les droits humains à l’eau potable et à l’assainissement : chacun doit avoir accès sans discrimination, physiquement et à un coût abordable à un approvisionnement en eau salubre. La gestion de l’eau a été confiée en 2018 aux intercommunalités qui héritent désormais des enjeux sanitaires, d’assainissement et de gestion des risques. Il est de son ressort d’appliquer des mesures plus économes comme récupérer l’eau de pluie ou favoriser les toilettes sèches et plus démocratiques en gardant un pouvoir de décision sur cette ressource sans la livrer à des entreprises privées… et en permettant de s’approvisionner en eau potable dans la rue. “L’eau est un bien commun, et devrait donner lieu à un accès universel, et une gestion collective, transparente, et partagée entre pouvoir public et pouvoir citoyen.” 1

En sortant du bus, tu butes sur une bouteille en plastique vide…

a) Tu la mets comme d’habitude dans
un sac spécial en attendant de trouver une poubelle ; parfois tu trimballes les déchets ramassés pendant un sacré moment…

b) Tu ramasses
la bouteille et la place dans une poubelle à quelques minutes de marche

c) Tu ramasses la bouteille, la place dans la poubelle juste à côté où tu remarques des bacs de tri (même un compost !) et des écriteaux expliquant que le meilleur déchet est celui qu’on ne produit
pas ainsi que l’information d’une tarification incitative à venir.

La gestion des déchets est du ressort de l’intercommunalité. Le maire, lui, a le pouvoir d’installer plus de poubelles publiques ou de lancer des campagnes incitatives au tri et à la réduction des déchets, voire à l’utilisation du compost. La tarification incitative, relativement répandue en Allemagne et en Suisse, est un outil efficace pour inciter à la réduction et au tri des déchets qui se base sur la quantité de déchets produits par personne. L’agglomération de Besançon en est l’exemple incontournable.

En accélérant le pas pour rejoindre la marche, ton regard défile sur le paysage urbain…

a) Tu observes plein de constructions en cours avec des machines et des camions stationnés amenant le béton… Un peu plus loin,
des chantiers
de démolition 

b) Il y a un immeuble en rénovation, tu te penches sur la pancarte qui explique dans des termes compliqués qu’ils désamiantent et isolent l’immeuble

c) La Mairie est en train de réhabiliter totalement l’école des petit.e.s ! Devant, un panneau explique très bien qu’elle sera à énergie positive : matériaux écologiques et locaux, orientation et architecture permettant un maximum d’apports thermiques, murs végétalisés… Tout est fait pour que les enfants aillent en classe dans les meilleures conditions ! Il y a même un appel à souscription pour être actionnaire des panneaux solaires sur le toit  et une présentation de la SCOP (société coopérative d’intérêt collectif) ENERCOOP qui propose de se fournir en énergie verte.

Le secteur du bâtiment est la première source des émissions de gaz à effet de serre en France, environ 30% en 20162. Une partie vient d’émissions directes liées aux consommations d’énergie dans le bâtiment. Mais il faut également considérer les émissions indirectes liées à la consommation d’énergie via les réseaux urbains et ne pas oublier l’industrie pour ses émissions indirectes liées à la fabrication des matériaux et des équipements ! Les solutions sont connues : rénovations intelligentes pour réduire la part de consommation d’énergie directe en s’attaquant dès maintenant aux passoires énergétiques (isolation…) et décarbonisation du mix énergétique en installant pompes à chaleur, réseaux de chaleur urbains, panneaux solaires… Les municipalités ont le pouvoir d’enclencher la bonne dynamique sur leur territoire par des aides financières aux rénovations, des campagnes de lutte contre la précarité énergétique ou d’incitation à se fournir en énergies renouvelables…

Pendant la marche, le groupe Alternatiba que vous venez de rejoindre, interpelle le/ la Maire pour connaître ses engagements pour le climat. Il ou elle répond :

a) “L’environnement ? Ca commence
à bien faire ! ”

b) “Nous avons récemment tracé
de nouvelles pistes cyclables sur les routes, vous avez vu, elles sont belles hein ? Et lisez le journal municipal, vous verrez tout ce qu’on fait pour le développement durable !”

c) “Je pourrais vous citer tout ce que l’on fait, mais le mieux est que nous en parlions ensemble. Vous avez sûrement des propositions que nous pourrions mettre en place avec votre aide”.

Les élus locaux ont des compétences pour lutter contre le dérèglement climatiques, et vous êtes porteurs de solution : l’inclusion réelle et effective des citoyens doit être au coeur de la transition. Mais attention au greenwashing ! La plupart des élus ont maintenant intégré le discours environnemental. Ne vous limitez pas aux belles déclarations ou à quelques actions exemplaires. Demandez-vous ce que les collectivités locales font ou peuvent faire pour accompagner votre transition et celle de toute votre ville et assurez vous qu’elles tiennent réellement leurs engagements ! Le Pacte pour une Transition Citoyenne rassemble des mesures ambitieuses à proposer à vos candidat.e.s et élu.e.s pour les pousser dans cette dynamique. Emparez-vous en !


Bilan :

Vous avez un maximum de a) 

Votre maire n’est absolument pas écolo ! Bien sûr, vous pouvez toujours le faire changer par du plaidoyer ou des actions “coups de poing”, mais surtout, il faut le challenger lui et ses opposants en vue des municipales. Pour que ça change réellement, il faut des engagements clairs de la part des candidates et candidats, et ne plus lâcher le ou la futur-e maire une fois élu-e ! Pour cela, la campagne Alternatives Territoriales et le coup de pouce du groupe ANV-COP21 de votre ville pourront être très utiles.

Vous avez un maximum de b)

Peut mieux faire ! Votre ville commence à bouger, il faut maintenant passer à la vitesse supérieure car nous n’avons plus le temps d’attendre ! Rejoignez le groupe Alternatives Territoriales près de chez vous pour que le prochain mandat soit celui du climat !

Vous avez un maximum de c)

Beaucoup de choses sont faites dans votre ville, mais il ne faut pas lâcher la pression. Les prochaines municipales sont l’occasion d’apporter votre soutien aux actions écologiques mises en place, et de demander leur renforcement ! Vous pouvez aussi partager ce qui marche et ne marche pas avec d’autres villes au sein du réseau Alternatiba !


1Source : Pacte pour une Transition Citoyenne, mesure #10 “Protéger la ressource en eau, en assurer une meilleure qualité et un accès garanti à toutes et tous, en la considérant comme un bien commun, https://www.pacte-transition.org/#pacte

2 Source : Carbone4, 2016 : http://www.carbone4.com/article-batiment-snbc/


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Une journée sans voiture parce que La Rue Est À Nous

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Le Dimanche 22 Septembre accueillait dans Paris la Journée sans voiture dans le cadre du projet Quartier Libre. Cette initiative menée par un collectif de citoyens répond à un besoin de réappropriation de l’espace public. Le groupe local Alternatiba Paris en a profité pour prendre place rue du Faubourg Saint Denis et participer à cet écosystème piéton éphémère.

La voiture, mode de déplacement remis en cause

C’est durant un week-end d’effervescence sociale et climatique, au lendemain de la marche pour le climat et du 45ème mouvement des gilets jaunes et au surlendemain de la marche des jeunes pour le climat, que s’est organisée la journée “Paris sans voiture”. Les revendications des organisateurs s’appuient sur plusieurs constats. D’une part, il est avéré que la pollution a un effet néfaste sur la santé publique, et que la population y est largement exposée dans les agglomérations. L’association Respire alerte par exemple pour réduire la pollution autour des écoles, mettant en avant la dangérosité des émissions de particules fines des transports qui roulent aux énergies fossiles. En second lieu, les voitures prennent beaucoup de place dans l’espace public. D’après Le Monde, dans la capitale, la voiture occupe 50% de l’espace public alors qu’elle ne représente que 13% des déplacements motorisés*. Rien que les places de parkings sur la chaussée représentent 7% de la superficie des voies publiques parisiennes ! Enfin, évidemment, les voitures émettent nécessairement des Gaz à Effet de Serre (à leur construction ou utilisation) et participent au dérèglement climatique. Elles sont ainsi un levier clé dans la lutte pour une réorganisation citoyenne de l’espace public.

La Rue Est À Nous

Il ne faut pas oublier qu’à l’arrivée de la voiture, fin 19ème siècle, les piétons s’étaient révoltés contre cet engin dangereux, bruyant, puant, reflet d’inégalités et terriblement envahissant. L’industrie automobile a gagné la (première ?) bataille et permis à la plupart des gens d’en posséder une pour apaiser les oppositions. Mais depuis, avec l’aboutissement de projets de développement des modes de mobilités douces (parking à vélo, location de vélos et de trottinettes etc.), son usage est de plus en plus remis en question. 

Le groupe local Alternatiba Paris s’est emparé de la thématique : pour ce faire, il s’est rapproché d’autres organisations qui partagent la même vision, entre autres Unicef, le Réseau Action Climat, Paris Sans Voiture, Respire, France Nature Environnement… Pour sensibiliser à cette problématique et pousser les élu·e·s à prendre des mesures, le groupe local Alternatiba Paris va lancer en Octobre #LaRueEstÀNous : une campagne en vue des municipales concentrée sur les thèmes de mobilité, de pollution de l’air et de réappropriation de l’espace public.  L’objectif est de transformer Paris en permettant à chacun·e de respirer un air sain et d’avoir son mot à dire sur l’organisation de l’espace public. Iels demandent que les véhicules motorisés soient l’exception plutôt que la norme : réduire la place de la voiture, permettre le développement d’alternatives pour une mobilité douce accessible à toutes et tous, voilà les deux mots d’ordre de cette campagne. Le Dimanche 22 Septembre, iels ont donc installé un stand sur le “quartier libre du Faubourg Saint Denis.” Étienne, du groupe local Paris, précise : “Nous ne sommes pas dans l’opposition à la voiture et ne voulons pas être dans la culpabilisation des automobilistes. Nous sommes plutôt dans l’optique de proposer d’améliorer l’utilisation des modes de transport alternatifs, tels que les transports en commun et le vélo pour en alléger les flux.” La démarche de leur campagne s’inscrit dans une réflexion plus globale sur la mobilité, qui doit se faire aux prochaines élections municipales.

« La voiture n’est pas un mode déplacement qui a du sens dans les villes. »Étienne, d’Alternatiba Paris

Les motivations du groupe

Le groupe Alternatiba Paris a participé à montrer que l’espace de la voiture peut être utilisé à d’autres fins. Ils ont organisé des ateliers de végétalisation et de construction de bacs, une petite série de jeux pour enfants et surtout un moment de convivialité et de partage. Une fête urbaine s’est ainsi déroulée dans la rue. Pour Valentin, co-organisateur de l’action : « Ce qui m’a énormément plu dans l’organisation de l’action c’est de faire le lien avec les autres assos et avec les riverains en leur proposant, comme Quartier Libre avait pensé, un terrain de jeu et d’expression, de revendication. Une certaine tribune des alternatives festive et engagée. Certains acteurs critiquaient d’ailleurs l’organisation de l’espace urbain sans avoir de sensibilité écologique. Mais nous partagions toutes et tous cette envie d’occuper autrement les rues, ce constat que l’espace urbain est un vrai problème. »

Étienne, lui, ajoute que cette journée sans voiture dans un quartier très motorisé de la ville, c’était une réussite motivante en soi : « Les habitants du quartier nous ont dit que ça faisait plaisir de voir des enfants occuper la rue et de découvrir réellement l’environnement alentour. Avec ce sujet très polarisant malheureusement, certaines personnes s’arrêtaient également pour critiquer. Mais c’était intéressant de débattre avec elles et de comprendre pourquoi elles n’étaient pas d’accord. Ça nous permettait de réfléchir à des réponses à leur donner, à des solutions à apporter. Certes on a parfois le sentiment de perdre en liberté, mais c’est pour gagner en qualité de vie. »

Les élections municipales approchent alors que le GIEC a établi que 50% à 70% des leviers d’action contre le dérèglement climatique se trouvent à un niveau local. Un Kit municipale a été mis en place pour guider les groupes qui souhaiteraient faire pression sur les candidat·e·s et les élu·e·s pour prendre des mesures à la hauteur des enjeux climatiques.

C’est à télécharger en bas de cette page ! https://alternatiba.eu/alternatives-territoriales/

*https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/11/30/a-paris-la-moitie-de-l-espace-public-est-reservee-a-l-automobile_5040857_4355770.html


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Villes en transition : l’analyse de Rebecca d’Alternatives Territoriales

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Le 6 septembre 2019, Rebecca Wangler (Alternatiba), Daniel CUEFF (maire de Langouët en Ile-et-Vilaine) et Marion L’Hour (journaliste) étaient invités sur le plateau de France Culture¹ pour alimenter la réflexion sur les villes en transition. La première moitié de l’émission était consacrée au reportage documentaire sur Totnes, ville pionnière de la transition en Grande-Bretagne. 

Le mouvement des villes en transition, à la source d’un changement  radical

Totnes, situé dans le sud du Devon en Angleterre, veut arriver à l’autonomie énergétique et alimentaire en 2030. L’organisation « Transition Town » et son fondateur Rob Hopkins en ont fait leur laboratoire pour la transition énergétique. Agriculture locale, énergies renouvelables, écologie, y sont devenus les mots d’ordre. La maire, Jacqi Hodgson, a déclaré l’état d’urgence climatique sans attendre les déclarations des décideurs politiques. Sans compter sur le gouvernement pour soutenir les projets foisonnant dans la ville, elle a décidé d’ouvrir la porte à la créativité de ses habitant·e·s pour imaginer des projets répondant aux différents enjeux que soulève le dérèglement climatique. Le modèle « Transition Town » s’implante déjà dans 200 villes et 22 pays.

Rebecca Wangler rapproche la vision du collectif Alternatiba, dont elle se fait le porte-parole, de celle de Transition Town : 
“Le monde alternatif est souhaitable et doit s’organiser dès aujourd’hui car il peut permettre une prise de conscience par la pratique au niveau local. Il est plus solidaire, plus juste, plus durable. Alternatiba organise tous les ans des villages des alternatives pour présenter des modèles d’organisation sociétale résilients : des actions pensées collectivement, où chacun·e participe et trouve sa place, peuvent commencer à pallier les failles du système actuel. Son objectif est de construire un mouvement de masse citoyen en sensibilisant les nouveaux publics à l’urgence climatique et en impulsant de nouveaux comportements individuels ainsi que des projets collectifs qui vont dans ce sens (énergie, alimentation…).”

Evènnement Alternatiba, La Ciota, 2015

 Les collectivités, un fort potentiel d’impact à utiliser

Mais si l’échelle locale est nécessaire pour inspirer les mentalités et commencer à réaliser les changements inévitables, l’urgence climatique entre rapidement dans les compétences² des collectivités. Daniel Cueff est persuadé qu’il vaut mieux faire de l’écologie qu’en parler : il faut montrer pour convaincre. Les actions individuelles, certes nécessaires, doivent se coupler avec des intentions politiques, qui créent le terrain fertile indispensable à leur réalisation. Daniel Cueff a lui-même instauré des cantines bio dans sa commune et a ainsi créé un basculement : des producteurs sont passés au bio, l’offre a augmenté, et le marché s’est renforcé, faisant baisser les prix. De même, au niveau des transports, autre compétence de la collectivité, l’action individuelle se retrouve rapidement bloquée si l’infrastructure ne privilégie pas la mobilité non-polluante telle que le vélo ou les transports en commun. Selon le dernier rapport du GIEC, 50% à 70% des leviers d’action contre le dérèglement climatique se situent au niveau local. Les solutions alternatives doivent devenir rapidement la norme et les collectivités ont un rôle central à jouer. 

Les prochaines élections municipales comme tremplin à la transition énergétique !

Alternatiba a lancé dans ce sens la campagne Alternatives Territoriales pour accompagner les groupes locaux sur les territoires afin qu’ils poussent leurs élu·e·s locaux à mettre en œuvre des mesures ambitieuses pour le climat. Après avoir travaillé sur les plans climat, la campagne se tourne vers l’enjeu électoral. 2020 est l’année des dernières élections municipales pour tenter de rester en dessous des +1,5°C de réchauffement d’ici à 2030 – 2030 étant la ligne rouge fixée par les scientifiques du GIEC. Le Pacte de la Transition, un pacte de 32 mesures ambitieuses pour les collectivités, a été mis au point par le Collectif Citoyen pour la Transition (CTC) dans l’optique que les élu·e·s locaux s’engagent sérieusement pour créer les villes de demain. L’objectif est de faire du climat et de la justice sociale un thème central des élections municipales au niveau local mais aussi dans les médias nationaux.
Le mouvement climat nécessite une mobilisation des citoyen·ne·s en amont des municipales pour tenter de relever le défi climatique !
Retrouvez le pacte sur le site :  https://www.pacte-transition.org/ et rejoignez ou créez un groupe local !


¹Le podcast de France Culture : 
https://www.franceculture.fr/emissions/grand-reportage/totnes-en-grande-bretagne-ville-modele-pour-la-transition-ecologique

²Pour en savoir plus sur les compétences des collectivités territoriales :
https://www.cohesion-territoires.gouv.fr/competences-des-collectivites-locales
https://www.collectivites-locales.gouv.fr/files/files/dgcl_v2/CIL3/tableau_repartition_competences_20180516.pdf


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Vote du public : Alternatiba a besoin de vous !

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Votez pour le monde de demain !

Excellente nouvelle ! Alternatiba a été pré-sélectionné par 1% pour la Planète pour que le projet Alternatives Territoriales soit présenté devant les acteurs clés de la philanthropie environnementale et perçoive peut-être 20 000 euros ! Maintenant c’est à vous de jouer !

1% pour la Planète

1% pour la Planète facilite la levée de fonds des associations et augmente leur impact sur le terrain. Cette organisation offre l’opportunité aux associations environnementales de pitcher leur projet devant des mécènes intéressés par leur thématique. Les meilleurs projets sont financés immédiatement grâce à une levée de fonds opérée par le collectif 1% for the Planet.

Vote du public

Suite à cette pré-sélection, vous les internautes, êtes appelés à voter pour votre projet préféré. Il y a à la clé une bourse potentielle de 20 000 euros pour le projet lauréat. Ce sont les jurys qui sélectionneront les lauréats, mais le vote du public sera pris en compte au moment de la sélection.   

Une bourse de 20 000 euros pour Alternatives Territoriales ?

Remporter le prix du lauréat nous permettrait de porter plus loin le message de l’urgence climatique et des alternatives. Nous allons avoir besoin de vous et de la fameuse énergie collective qui nous porte tant.

Avec le Réseau Action Climat, nous avons mis en place le projet Alternatives Territoriales pour accompagner des collectifs dans un travail de « lobbying citoyen » grâce à de la mise en réseau, des formations, des kits techniques ou encore des conseils personnalisés. N’attendons plus les États, agissons dans nos villes et nos villages !

Si Alternatives Territoriales fait partie de vos projets favoris, nous avons besoin de vous pour : 

Chaque vote compte – avant le 30 septembre 2019

N’hésitez pas à partager cet appel à vote sur les réseaux sociaux, dans vos groupes locaux, auprès de vos connaissances…

Merci pour votre soutien !


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Alternatives Territoriales au Camp Climat !

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Vous l’attendiez toutes et tous avec impatience, voici enfin le programme du Camp Climat 2019 !

Le Camp Climat, c’est 12 jours de formations aux mobilisations à venir pour relever le défi climatique, du 31 juillet au 11 août à Kingersheim ! C’est un moment structurant pour prendre le temps d’échanger, se former – aussi bien à la stratégie qu’aux techniques d’actions non violentes –  ou encore réfléchir à la suite de sa campagne dans un cadre convivial, entouré·e de personnes déterminées. 

Alternatives Territoriales au coeur du Camp Climat 

Pour l’équipe d’Alternatives Territoriales, le Camp Climat est un temps fort primordial ! Si plusieurs week-ends de formations ont d’ores et déjà été organisés pour les groupes porteurs d’une campagne locale, cet été sera l’occasion d’aller plus loin : les militant·e·s et les formateurs·trices y seront plus nombreu·x·ses, les formations plus diversifiées : c’est vraiment l’occasion de faire accélérer sa campagne … ou de la lancer dans la perspective des municipales !

Afin d’appuyer toutes celles et ceux qui voudraient accélérer la métamorphose de leur territoire pour lutter contre les changements climatiques, nous proposons un “cursus Alternatives Territoriales”. Cela signifie qu’un ensemble de formations, proposées dans différents “pôles” (stratégie, campagnes et projets, actions, méthode et fonctionnement) vous permettent de monter en compétences sur tous les aspects nécessaires à mener une bonne campagne. Que vous soyez dans la campagne depuis 2017 ou que vous ayez envie de pousser vos candidat·e·s à être ambitieux pour 2020, nous avons pensé des formations adaptées à votre implication dans Alternatives Territoriales. 

Une approche par rôle : chacun·e peut trouver sa place ! 

Nous vous conseillons de suivre un maximum de formations du “cursus Alternatives Territoriales”, tout en vous incitant à construire votre propre parcours de formation. En effet, le Camp Climat, c’est l’occasion de se “spécialiser” via une approche par “rôle” que l’on peut avoir dans un groupe local. Par exemple en suivant des formations en communication (rédaction d’un communiqué de presse, prise de parole en public, photos, vidéos, réseaux sociaux …) vous deviendrez un·e pro de la communication de masse ; tandis qu’en suivant des formations à la méthodologie et à  l’animation de groupes vous pourrez découvrir les plaisirs de la coordination ! 

Vous aurez bien entendu la liberté de vous inscrire aux modules qui vous plaisent, mais nous avons souhaité vous aider à y voir plus clair en vous dévoilant ce cursus, présenté graphiquement ci-après. 

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Nous vous attendons cet été avec impatience ! 


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