Category Archives: Alternatives Territoriales

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Témoignage – Sarah et Arthur, engagé·e·s dans Alternatives Territoriales

Sarah et Arthur Dijon Alternatives territoriales

Sarah et Arthur, 24 ans sont engagé·e·s dans la campagne Alternatives Territoriales dans la ville de Dijon depuis l’été 2018. Voici leur témoignage, réalisé le 30 mars 2019.

Alternatiba : Pourquoi vous êtes-vous engagés dans la campagne Alternatives Territoriales à la base et comment avez-vous entendu parler de cette campagne  ?

Arthur : C’est grâce à la la vidéo de Partager c’est Sympa, sortie en mai 2018 : on l’a tous regardée et on a été une petite dizaine à s’inscrire sur le site via le formulaire dans la vidéo… Edwige a récupéré tout le mailing d’adresses et a proposé qu’on fasse un apéro pour que l’on réfléchisse ensemble à ce que l’on avait envie de faire. Elle connaissait Alternatiba et a pu nous parler un peu de l’association. Au début, pendant l’été c’était des apéros d’une dizaine de personnes, et à partir de la rentrée on s’est attaqué à ce que l’on allait faire et on a commencé à élaborer notre stratégie. On s’est alors penchés sur le plan climat [Plan climat-air-énergie territorial-PCAET].

Est ce qu’il y avait d’autres personnes que vous connaissiez à ce moment-là ?

Sarah : Non on ne connaissait personne d’autre, et personne ne se connaissait. On est tous venus via la vidéo de Partager c’est Sympa. Il y a des gens qui sont venus aux réunions initiales et qui ne sont plus venus au fur et à mesure, tandis que de nouvelles personnes rejoignaient le groupe. Cette vidéo est géniale : elle propose une manière de s’engager rapidement, facilement en dévoilant un objectif précis, local, sur le court/moyen terme.

Arthur : Et puis il y a eu les marches pour le climat qui nous ont fait connaître davantage. Quand on a fait nos journées grand public avec 30/40 participants pour faire du brainstorming, il y avait toujours des gens qui voulaient nous rejoindre.

“On n’a donc pas de leadership, mais des outardes, des personnes qui guident et qui peuvent aussi se mettre de côté pour avoir de la relève.”

Concrètement, ça représente quoi pour vous de s’engager ?

A : On a défini des groupes de travail : l’équipe animation, l’équipe  réseautage, l’équipe accueil des nouveaux… On a donc un groupe communication externe, un groupe réseautage qui fait le lien avec les autres assos du territoire et notamment Alternatiba Dijon qui est beaucoup suivi sur les réseaux et a une newsletter mensuelle, l’équipe communication interne…On fait tous les deux partie de l’équipe communication : Sarah s’occupe des posts sur la page Facebook, et moi je fais surtout de la veille.

S : Ça reste très ouvert, très souple : on tourne beaucoup. Pour compenser l’absence de structure, on a mis en place une sorte de leadership managérial tournant pour avoir quand même une forme de stabilité. On est entre 15 et 20 personnes dans le collectif et on fait des rencontres de travail une fois par mois. Même si on ne voulait pas de leader, il fallait que des personnes nous motivent et nous coordonnent. On a donc instauré depuis depuis deux mois ce que l’on appelle les outardes. Les outardes sont une espèce d’oies sauvages qui vole en V . Il y a toujours une oie sauvage qui est devant, à la pointe. Quand l’oie de tête fatigue, une autre prend sa place. On n’a donc pas de leadership, mais des outardes, des personnes qui guident et qui peuvent aussi se mettre de côté pour avoir de la relève. On est trois outardes à chaque fois. Par exemple, j’étais outarde là pendant deux mois, et je suis fatiguée et…

A : Je vais prendre la relève ! (rire)

S : Mais tout cela reste flexible, tout en répondant à un besoin de structure. On s’est rendu compte que lorsque l’on n’avait pas de structure interne, on n’avançait pas. Au début on avait des groupes de travail sur des thèmes, zéro déchet et pollution de l’air, puis on a vu que le plan local d’urbanisme (PLU) était en train de se monter sur Dijon. Etant donné que c’était la fin de la consultation publique, on en a fait une priorité. Puis on s’est lancés sur le Plan climat, en laissant de côté le reste. En parallèle on a organisé des après-midi ouverts à tous et toutes pour sensibiliser au climat et à l’échelle locale et récupérer des idées, sonder le public… Ce sont des moments importants, même s’ils nécessitent beaucoup d’organisation en amont !

Maintenant, est-ce-que vous avez un objectif défini à atteindre?

A : Le Plan local d’urbanisme (PLU) n’est pas encore terminé, il est soumis au commissaire enquêteur. Mais on a laissé tombé car le début de la rédaction du plan climat commence en juin. On a eu un rendez vous avec Jean-Patrick Masson qui est l’élu écologie environnement pour échanger sur les différentes phases du plan climat, et ça s’est bien passé. Nous avons accepté de suivre une formation sur comment les élus ont réalisé le diagnostic de l’ancien plan climat et comment ils construisent celui-là. Cette rencontre a lieu le 9 avril de 17h30 à 20h, en présence de tous les chargés de mission du plan climat qui réalisent eux-même le diagnostic. Ils ont ainsi pu nous partager leurs méthodes.  Après, en juin ils lanceront la phase de consultation publique pendant 30 jours. Finalement le plan climat sera adopté dans 6 mois avec un an de retard !

S : Pour l’instant, à notre connaissance, le calendrier d’établissement du plan climat est encore un peu flou, la seule échéance qui a l’air à peu près sûre ce sont les élections municipales.

Groupe de Dijon Alternatives Territoriales
L’équipe de la campagne Alternatives Territoriales à Dijon

Est-ce-que vous êtes réellement dans cette co-construction du plan climat, et quelles sont vos prochaines étapes ?

S : On veut voir où en sont les chargés de mission du plan climat dans cette phase de diagnostic, puis on veut prendre le maximum de place, faire partie du groupe qui monte le plan climat. En parallèle, il y a une semaine, on a lancé un questionnaire grand public. A l’issue des deux après-midi de consultation, on a recueilli un certain nombre de propositions pour la métropole de Dijon, comme “plus de bio dans les cantines”, “plus de pistes cyclables”, etc. Il y avait 300 propositions, on les a synthétisées et on en a fait un questionnaire en ligne avec des affirmations, par exemple “je veux 40% de bio dans les cantines d’ici 2025”. On demande alors aux gens d’indiquer sur un échelle de 1 à 5 s’ils sont d’accord ou pas d’accord, l’idéal étant d’avoir le plus de 5 possible et d’identifier les mesures qui font consensus et celles qui sont mal accueillies. On aimerait ensuite présenter ce questionnaire à la métropole  pour montrer l’importance de l’enjeu climatique. Pour l’instant on a environ 300 réponses et ce n’est que le début.

Dans tout le panel de tactiques, vous faites du plaidoyer, rencontrez les élus… est-ce-que vous faites aussi des actions non-violentes (ANV) ?

A : Suite à une formation ouverte à tous et toutes réalisée par les Désobéissants, un groupe ANV-COP21 s’est monté ! Les nouveaux activistes ont fait un die-in sur la place de la République lors de la dernière marche pour le climat, le dimanche 17 mars.  Quelques membres d’ANV COP21 sont aussi à Alternatives Territoriales, ou à Il est encore temps, et on espère qu’il y aura beaucoup d’interactions entre les groupes.

Questionnaire Alternatives Territoriales Dijon
Le questionnaire en ligne lancé par le groupe Alternatives Territoriales de Dijon

Quel est votre point fort dans votre groupe ?

S : D’avoir un bon contact avec la métropole. Ils ont bien accueilli notre démarche et ont accepté notre demande de formation . Après, on sait que ca peut changer. Mais la ville de Dijon et Dijon Métropole font beaucoup de communication sur l’écologie et effectivement, ils ont fait pas mal de choses et sont en légère avance par rapport aux décisions nationales. Ca peut être notre point fort et notre point faible à la fois : depuis que le collectif existe, rien ne nous permet de dire qu’il existe un double langage mais cela ne veut pas dire qu’il n’y en aura jamais.

A : Un autre point fort c’est que l’on accueille beaucoup de monde au moins une quarantaine de personne à chaque événement. On fait des apéros climat tous les derniers jeudi du mois dans un bar et il y a toujours entre vingt et trente personnes aussi !

Qu’est ce que c’est un apéro climat ?

A : On boit des bières (rire) ! On a un thème à chaque fois, et on fait une sorte de speed dating où chacun s’assoit 10 minutes avec une personne et répond à des questions comme “qu’est-ce que tu fais dans la vie de tous les jours pour le climat”, “pourquoi tu t’es investi dans des assos ?”…

S : L’idée est de toucher un public que l’on ne toucherait pas normalement en faisant des après-midi sur le plan climat. Les gens se disent “c’est un jeudi soir, autour d’une bière, dans un bar qui n’est ni associatif ni guindé…” C’est vraiment pour toucher un large public ! Et à chaque fois on récupère des mails, des contacts et des like sur notre page Facebook, ce qui permet d’informer les gens par la suite sur ce qu’on organise. L’idée est aussi de mettre les gens en contact, même si ce n’est pas dans notre campagne, c’est l’occasion de semer des petites graines.

“On fait une sorte de speed dating où chacun s’assoit 10 minutes avec une personne et répond à des questions comme “qu’est-ce que tu fais dans la vie de tous les jours pour le climat”, “pourquoi tu t’es investi dans des assos ?”…”

Qu’est ce que cette campagne vous a apporté personnellement depuis l’année dernière ?

A : L’organisation, l’anticipation, arriver à savoir combien de temps on est prêt à consacrer à un mouvement…

S : À gérer le temps et les gens ! Si tu veux bosser 60 heures par semaine tu peux, mais tu dois aussi pouvoir dire que tu peux pas.

A : À bosser sans cadre en fait ! Ce n’est pas simple de créer un collectif à partir de rien…

S : Et avec des gens qu’on ne connait pas en plus ! Tu apprends à travailler avec des gens qui ne sont pas recrutés, mais des gens qui viennent spontanément, qui n’ont pas le même avis que toi sur des milliers de sujets ! Tu apprends aussi la gestion de conflit…

A : Et à travailler avec toutes les générations ! Certains sont très mails tandis que nous on préfère travailler sur Facebook, ce qui n’est pas évident pour tout le monde.

S : Pour moi, c’est aussi  un accès aux bases de données. Tu vois le Réseau Action Climat (RAC) je connaissais pas avant, mais maintenant je peux aller sur leur site internet ! Je sais que ca existe, je peux le conseiller à des gens !

Est-ce que vous vous êtes dit que cette campagne était trop technique ?

A : Je pense que ca dépend de la formation. On a tous les deux fait une formation d’ingénieur agronome à Rennes, on a travaillé avec des élus et on est habitué aux cadres techniques.

S : Pour moi c’est même ce qui m’a donné envie de m’engager : que ce soit super concret, précis, factuel. “S’engager pour le climat” je ne sais pas ce que ça veut dire, et là au moins c’est très carré ! Et il y a aussi cette dimension politique. Je n’ai aucune connaissance technique d’un plan climat et c’est ce que je voulais acquérir comme savoir-faire. On se rend compte que ce n’est pas si difficile ! Je n’avais pas cette crainte de l’inconnu mais interagir avec une métropole comme Dijon ça peut être impressionnant. Mais ce sont des êtres humains comme nous. Surtout quand on parle de besoins primaires, comme respirer un air pur, circuler, on n’a pas besoin d’avoir des connaissances précises… Et puis ils sont payés pour faire ça ! Donc c’est à eux de faire en sorte que nos propositions entrent dans le cadre légal. Ça ne nous empêche pas d’avoir un avis précis. On y vit, on agit !

A : J’ajouterai que lors de la première réunion avec Jean-Patrick Masson, il nous a dit “vous n’êtes pas obligés de devenir technicien, vous pouvez juste envoyer des idées, c’est à nous -techniciens- de voir si c’est possible ou pas ! Si vous avez des envies, envoyez-les nous ! Et si vous voulez rentrer dans quelque chose de plus technique vous pouvez aussi.” Il nous a mis à l’aise. Mais plus on aura de bons arguments et plus on sera convaincants je pense.

S : Il y a des gens dans le groupe qui étaient paniqués à l’idée de rencontrer un élu. Moi je me disais “ce sont nos élus, encore heureux qu’ils nous reçoivent !” Certains se disent que la politique n’est pas accessible. Pour moi cette campagne vise à faire comprendre que si, la politique c’est une affaire de citoyens. La politique ça doit être accessible. Et on arrive pas comme un cheveu sur la soupe : on est prêt, la campagne est super bien préparée, on a plein d’outils !

““S’engager pour le climat” je ne sais pas ce que ça veut dire, et là au moins c’est très carré !”

Quelles sont vos envies et vos attentes pour 2019 ?

A: Les deux vidéos de Partager c’est Sympa, “on s’est planté” et “on change le game” sorties récemment ont été vues par tout le monde. On va faire une réunion sur nos objectifs, notre manière de fonctionner, les victoires que l’on a eu, comment on continue… La question à se poser est “est-ce que l’on est pas trop dans une lourdeur de cadre et de forme ?” On va faire le point sur ce qu’on a envie de faire et comment on le fait. Après notre objectif reste de mettre le plus d’idées à nous dans le plan climat.

S : Personnellement, j’aimerais qu’il y ait beaucoup moins de voitures à Dijon. Nous avons un gros centre ville avec des petites rues, mais les voitures y circulent toujours. On habite le centre et quand on ouvre les fenêtres on respire les gaz d’échappement ! L’autre truc c’est que j’aimerais bien qu’il y ait plus de 2 000 personnes à la Marche pour le climat car on a jamais dépassé les 1 500 personnes pour la marche…

A :  On aimerait bien sentir qu’on est nombreux à être sensible à l’écologie mais ce n’est pas encore le cas. On a du mal à sortir de notre cercle, à toucher des gens qui ne sont pas déjà impliqués. 

Merci vraiment pour cet entretien ! Je ne sais pas si vous voulez ajouter quelque chose ?

S : Je rajouterai que, en toute honnêteté, ce n’est pas facile de monter un groupe avec des gens qu’on ne connaît pas, avec lesquels on a plus ou moins d’atomes crochus, les mêmes affinités de caractère ou les mêmes valeurs.Mais c’est justement ça que je trouve beau ! L’objectif est tellement important et chacun le porte entièrement à sa façon, qu’on fait en sorte que ça tourne ! Chacun s’adapte. Ça fait vraiment partie pour moi du quotidien de la campagne d’Alternatives Territoriales, cette gestion d’équipe sans cadre. On a lancé des gens ensemble et on va voir ce que ça donne (rire) !


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Pourquoi ils et elles ciblent leurs élu·e·s ?

Ils et elles vivent dans différents territoires en France, sont jeunes ou adultes, travaillent ou sont étudiant·e·s… Et ils et elles se mobilisent au sein d’Alternatives Territoriales : voici leurs témoignages !

Julie et Nicolas d’Aix-Marseille

Portraits Alternatives Territoriales

Nous nous sommes engagé·e·s pour faire bouger les choses dans notre métropole, celle d’Aix-Marseille Provence, qui est à la traîne sur les questions climatiques ! Nous avons rédigé un Livret de 300 propositions pour “Une Métropole à la hauteur des enjeux climatiques” que nous avons remis en mains propres aux élu·e·s métropolitains avec une haie d’honneur de vélos et un concert de sonnettes ! C’est important pour nous de nous mobiliser collectivement pour changer notre ville, tout en poussant spécifiquement pour lutter contre la pollution. Nous poursuivons maintenant le travail de plaidoyer en rencontrant des élu·e·s, en collaboration avec de nombreuses associations locales.

Aurélien et Lilia de Poitiers

Portraits Alternatives Territoriales

Nous avons le sentiment que le dialogue avec l’Etat est impossible, mais que nos élu·e·s locaux, eux, sont peut-être encore accessibles, et plus à l’écoute de leurs concitoyen·ne·s. Nous sommes engagé·e·s dans Alternatives Territoriales pour tenter de combler ce vide de dialogue entre des institutions qui s’éloignent et des acteur·trice·s de territoires qui fourmillent de propositions et d’idées. Cela nous permet de nous former aux processus de décisions au niveau local et de mieux connaître notre territoire, d’aller à la rencontre de celles et ceux qui se bougent.
Nous espérons que nous réussirons à impulser le virage à 180° nécessaire avec des actions immédiates et des projets structurants à long terme. Si en revanche nous demeurons sans réponse forte et rapide de nos élu·e·s, nous sommes prêt·e·s avec nos alliés pour bloquer par l’action non-violente des projets comme celui de la nouvelle autoroute le long de la N147.

Céline de Boucle Seine Nord

Portraits Alternatives Territoriales

Je me suis engagée dans la campagne Alternatives Territoriales car je suis convaincue que la bataille pour la transition se joue d’abord à l’échelon local. C’est pour moi par des changements concrets, inscrits dans le quotidien des gens que l’on parvient à une prise de conscience plus globale. Les élu·e·s locaux sont encore accessibles et sont confronté·e·s à la gestion pratique des problématiques générées par des décisions prises par l’élite politique.C’est donc à ce niveau que j’ai choisi d’agir.
Cette expérience au sein du groupe Alternatives Territoriales T5 Boucle Nord de Seine m’a permis de mieux appréhender le fonctionnement politique ainsi que les enjeux locaux, me donne l’opportunité de pratiquer la communication non-violente et les principes de la gouvernance partagée. Je me suis également formée à la stratégie et à la coordination de groupe.J’espère contribuer à faire grandir le groupe local Alternatives territoriales , à développer les actions directes  et à gagner en visibilité et en efficacité !

Jérome et Clément de Rouen

Portraits Alternatives Territoriales

Révoltés par les engagements politiques peu convaincants pris par les élu·e·s français·es aux échelles locales et nationales, galvanisés par le nombre croissant de citoyen·ne·s souhaitant rejoindre la lutte pour l’environnement, nous nous sommes engagés dans la campagne Alternatives Territoriales pour réorienter les politiques publiques là où nous en avons le pouvoir : chez nous, dans la métropole de Rouen.
Pour nous, un objectif simple, concret mais ambitieux et nécessaire est dans notre ligne de mire : celui de la limitation du réchauffement climatique global à +1,5°C. Pour y parvenir, la métropole de Rouen aura besoin des citoyen·ne·s, de notre soutien, de notre influence, et si cela ne suffit toujours pas, de notre opposition !

Léa et Audrey de Valence

Portraits Alternatives Territoriales

Nous nous sommes engagées récemment dans Alternatives Territoriales pour faire bouger les choses au niveau local, dans notre commune de Valence. En rejoignant la campagne, nous avons pour objectif  d’aider les associations et citoyen·ne·s engagé·e·s à unir leurs forces sur des thématiques pertinentes pour notre agglomération. Cela passe par l’organisation et l’animation des réunions mensuelles. Nous rencontrons ainsi de nombreux·ses acteur·trice·s de la transition écologique, ce qui est très motivant et nous permet en plus d’alimenter le transiscope. Nous souhaitons pour la suite obtenir de la part des candidat·e·s aux municipales des engagements écologiques et sociaux qui soient à la fois forts et ambitieux pour notre territoire.


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Alternatives Territoriales, des plans climat aux municipales !

Marche pour le climat à Marseille, le 8 décembre 2018 – “Elus, que faites-vous pour le climat?”

A l’heure où dans les marches pour le climat, des centaines de milliers de citoyen·ne·s interpellent les politiques sur l’urgence à agir, la campagne Alternatives Territoriales propose une voie concrète et efficace à cet engagement citoyen : se mobiliser pour pousser ses élu·e·s locaux à prendre des mesures à la hauteur du défi climatique. Les groupes engagés dans la campagne se sont donnés un cap stratégique ambitieux lors d’un weekend de travail du 8 au 10 février 2019 ; celui de peser sur les municipales de 2020 afin d’assurer que les élu·e·s de demain soient aussi les artisans de la transition écologique des territoires.

En 2018 : se mobiliser pour des plans climat locaux ambitieux

Lancée en 2017, la campagne Alternatives Territoriales portée par Alternatiba et le Réseau Action Climat France consiste à appuyer les groupes locaux pour que ceux-ci enclenchent la métamorphose des territoires pour répondre à l’urgence climatique. Ce travail de campagnes s’articule autour du plaidoyer, de la communication et de la mobilisation. La campagne a permis d’attirer de nouveaux profils au sein d’Alternatiba/ANV-COP21, et a vu se constituer de nouveaux groupes dans le pays. Les 39 groupes de travail sont devenus des interlocuteurs clés sur le climat, identifiés par les acteurs de leurs territoires ; connus et reconnus par les réseaux locaux d’associations, et pour beaucoup, identifiés par les élu·e·s comme force de proposition dans les politiques climatiques locales.

En 2018, les groupes de travail se sont majoritairement impliqués dans la co-construction des Plans climat air énergie territoriaux (PCAET). Cette planification réglementaire rendait en effet plus facile pour les groupes locaux le fait de demander des mesures ambitieuses en termes de politiques climat locales. Une fois adoptés, ces plans climat permettront de constituer un “plancher bas d’ambition climatique”, c’est-à-dire un socle de mesures adoptées, validées, budgétées, sur lesquelles il n’est pas possible de revenir ; et à partir desquelles rehausser l’ambition climatique des territoires.

Lors du week-end de formation stratégique du 8 et 10 février 2019, les groupes ont été formés pour dialoguer avec les élu·e·s.

En 2019 préparer 2020 et se mobiliser localement pour les municipales et le climat !

Maintenant, il nous faut obtenir des victoires concrètes, et mettre à profit l’expérience de plaidoyer acquise par les groupes pour obtenir des mesures exemplaires et structurantes dans les territoires. Celles-ci peuvent être obtenues dans certains territoires n’ayant pas encore adoptés leurs plans climat ; et pour tous les groupes, la séquence électorale s’annonce comme le gros temps fort de l’année 2019/2020.

En effet, il nous faudra faire du climat un thème central des élections municipales, et pousser les candidats à se positionner, voire les faire s’engager sur des mesures concrètes. Pour cela, une mobilisation citoyenne massive et organisée sera nécessaire, afin de créer le rapport de force permettant de rendre visible l’urgence climatique et les réponses locales qui peuvent y être apportées.

Les groupes de travail Alternatives Territoriales sont tous différemment structurés, ce qui nécessite d’adapter cette stratégie collective. Il est en effet possible de “simplement” mettre le climat à l’agenda des élections municipales dans son territoire ; mais aussi de faire s’engager les candidat·e·s sur des mesures élaborées par son groupes ou par des partenaires. Les campagnes entamées en 2018 devront s’appuyer sur les municipales pour devenir gagnantes, car il s’agit d’un moment politique fort pour mobiliser l’opinion et décisif car il déterminera l’ambition des politiques qui seront mises en oeuvre par la suite. Ces différentes options stratégiques n’empêchent pas de disposer d’outils communs : communication, mobilisation, débats avec les candidat·e·s, lectures des programmes et surtout le suivi de la mise en oeuvre des mesures seront indispensables sur tous les territoires.

Pendant le week-end de formation du 8/10 février, les groupes locaux ont partagé leurs expériences et ont réfléchi à une stratégie commune.

Entre septembre 2019 et mars 2020, la phase de travail sur les municipales sera jalonnée de temps forts permettant de rendre visible l’urgence d’agir sur les territoires. Nos élu·e·s et futur·e·s élu·e·s peuvent et doivent mettre en place les conditions d’un territoire compatible avec l’oLa capagnbjectif de maintenir le réchauffement climatique mondial sous la barre des 1,5°C.


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Cap municipales : Alternatives Territoriales prépare la prochaine phase d’actions !

Week-end de formation Alternatives territoriales
© Clément Tissot – 42 militant·e·s rassemblé·e·s pour la campagne Alternatives Territoriales

Les 9 et 10 février, un week-end de mobilisation et de réflexion a rassemblé 42 militant·e·s de 18 territoires à Montreuil ! Leur objectif ? Se former et définir la stratégie de la campagne Alternatives Territoriales pour 2019 et 2020 !

A l’heure où l’adoption des plans climat (PCAET) par les intercommunalités touche à sa fin, les groupes impliqués dans la campagne Alternatives Territoriales préparent la prochaine séquence d’actions : les élections municipales de 2020. Ce moment fort d’interpellation des candidat·e·s permettra d’engager la transition sociale et écologique sur leurs territoires par la mise en place de mesures climatiques ambitieuses et justes.

Réduire les émissions de gaz à effet de serre à la source, mettre en route une véritable politique cyclable tout en limitant la place de la voiture en ville, renforcer la production locale d’énergies renouvelables, développer massivement une alimentation saine et durable dans les cantines publiques, fixer des objectifs zéro déchet – les solutions existent, mais elles ont besoin d’être portées fortement par les élu·e·s, pour devenir la norme dans les communes et intercommunalités de demain. Les élections municipales peuvent permettre de changer la donne et de rebattre les cartes et métamorphoser les territoires à partir de 2020.

Pour réfléchir à la mise en place de cette nouvelle phase, 42 militant·e·s représentant 18 territoires engagés dans la campagne se sont réuni·e·s pendant trois jours le weekend du 8 au 10 février afin de se former à la stratégie d’action, se munir d’outils permettant de renforcer leurs effectifs, communiquer à grande échelle, apprendre à dialoguer avec les élus locaux : en somme, connaître les leviers d’actions pour enclencher une métamorphose du territoire.

Forts des échanges et des formations de ce week-end, les groupes Alternatives Territoriales iront dans les prochains mois renforcer la structuration de leurs équipes, s’impliquer dans les  mobilisations citoyennes aux côtés d’autres associations et collectifs locaux, aiguiser leur plaidoyer, chiffrer leurs revendications et adopter des feuilles de routes précises pour faire de la bataille climatique un sujet central des municipales.


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Focus sur le groupe de Villefranche-sur-Saône et la campagne Alternatives Territoriales

11 janvier 2019 – Distribution d’un “Appel pour un territoire résilient” aux voeux du maire

Près de 150 000 personnes se sont mobilisées en France et en Belgique le week-end des 26 et 27 janvier pour exiger des politiques plus ambitieuses et plus justes face à l’urgence climatique ; 2,1 millions de citoyen·ne·s soutiennent par leur signature l’Affaire du siècle : 2019 commence sous le signe de la mobilisation climat. Cette dynamique internationale et nationale se traduit au niveau local par la revendication de mettre en place des politiques climatiques adaptées et justes. Zoom sur le groupe Alternatiba – ANV COP-21 de Villefranche-sur-Saône qui participe à la campagne Alternatives Territoriales.

Se structurer et s’approprier le plan climat 

Créé en décembre 2017, le groupe Alternatiba – ANV-COP21 de Villefranche Beaujolais Saône s’est saisi de la campagne Alternatives Territoriales à l’automne 2018. La démarche regroupe à ce jour près d’une quinzaine de personnes. Leurs objectifs ? Convaincre les élus locaux de reprendre le projet de plan climat local (ou Plan Climat Air Energie et Territoires, PCAET) adopté en mai 2018 pour le rendre plus ambitieux avec des mesures locales concrètes, tout en réalisant des actions de sensibilisation sur l’urgence climatique.

Durant le printemps 2018, la première étape a été de s’approprier le plan climat de l’intercommunalité de Villefranche-Beaujolais-Saône puis de le décrypter. Le groupe s’est donc partagé l’étude du document et avec l’aide des outils proposés par Alternatiba et le Réseau Action Climat, a demandé à rencontrer les élu·e·s en charge. Le bilan de cette étude est clair pour le groupe et Anne-Sophie, membre du groupe local, est formelle : “le projet plan climat adopté est loin de répondre à l’urgence climatique. Il ne fixe aucun objectif clair, les actions proposées ne permettent pas de réduire significativement et rapidement les émissions de gaz à effet de serre, ni de limiter la perte de biodiversité sur le territoire…”.  

Être reconnu comme un acteur impliqué

Novembre 2018 – devant le conseil communautaire

A l’automne 2018, la seconde étape est enclenchée : le groupe local rencontre les élu·e·s communautaires en charge du Plan Climat et du développement durable. Les citoyen·ne·s apprennent que le dossier est “en cours d’examen auprès des institutions de l’Etat” et qu’une consultation publique aura lieu plus tard. Il est convenu que le groupe local et la collectivité travailleront ensemble pour que la future consultation publique soit ouverte à toutes et tous et que les propositions soient prises en compte. Lors de cette entrevue, le groupe local remet aux élu·e·s un “Appel pour un territoire résilient” pour les pousser à plus d’ambition et d’actions concrètes. Ce document est également remis à tous les élu·e·s communautaires lors d’une action non-violente menée avec ANV-COP21 devant le conseil communautaire du 29 novembre 2018.

Fin décembre, la position des élu·e·s se fragilise un peu plus.  Le groupe s’active pour organiser avec eux la tenue d’une réunion sur la consultation publique, qui n’est programmée que pour février. En parallèle, l’Etat émet un avis défavorable sur le Plan Climat : l’Agglomération est donc contrainte de revoir son dossier qui devra repasser en vote en Conseil communautaire.

C’est une belle opportunité pour le groupe Alternatives Territoriales de renforcer son plaidoyer auprès des élu·e·s et de la population. 

Allier plaidoyer local et mobilisations

Afin de faire connaître leurs positions et de créer plus de lien avec les autres citoyen·ne·s, le groupe se rend à plusieurs  séances des « vœux du maire » pour la nouvelle année 2019. De Arnas à Cogny, de St Etienne-des-Oullières à Villefranche, de Gleizé à Jassans, pendant une semaine les activistes viennent avec des pancartes et des banderoles où est écrit “élus on compte sur vous, comptez sur nous”. En relayant largement chacune de ses actions sur les réseaux sociaux et en interpellant les maires directement dans leurs posts, le groupe pointe du doigt les mesures qui ne sont pas assez ambitieuses dans les plans climat et fait alors preuve d’être  force de proposition. C’est aussi l’occasion pour le groupe Alternatives territoriales de rencontrer les habitant·e·s et d’échanger sur les mesures locales à porter et qui apportent des réponses concrètes à l’urgence de la situation, soulignée dans le manifeste pour un territoire résilient dont plus de 1 000 exemplaires ont été distribués.

31 janvier – Die-in devant le conseil communautaire 

Pour appuyer ce rapport de force grandissant, le groupe réunit de nouveau 33 militant⋅e⋅s devant le Conseil Communautaire le 31 janvier, pour un die-in symbolique visant à faire prendre conscience aux élu·e·s l’urgence climatique et la nécessité d’investir plus de volonté politique dans le projet clé du plan climat, ce que résume le slogan “élus, votre PCAET est retoqué, #IlEstEncoreTemps d’être ambitieux”. L’action est reprise dans Le Progrès et le Patriote Beaujolais.

Construire la représentativité en créant une coalition d’acteurs locaux mobilisés

2019 a donc commencé par une forte mobilisation du groupe qui a grandi en visibilité et en nombre. Le groupe cherche à renforcer le poids de son positionnement et construit donc actuellement une véritable “Coalition climat”, en contactant les associations et structures localement concernées par la lutte contre le dérèglement climatique : AMAP (2), associations locales de recyclage, de défense du vélo, ou associations sociales soucieuses de leurs impacts écologiques… Une coalition s’est mise en selle, et le groupe sera alors encore plus riche en compétences pour aborder les prochaines étapes : la modification du projet en cours et la consultation du public.

11 janvier 2019 – Distribution d’un “Appel pour un territoire résilient” lors des voeux du maire aux citoyen·ne·s

A la fois force de propositions avec Alternatives Territoriales et force de dénonciation avec ANV-COP21, le groupe de Villefranche-sur-Saône combine différents outils pour atteindre un même objectif : intégrer dans le plan climat des mesures ambitieuses et adaptées au territoire.

  1. obligatoire pour toutes les intercommunalités de plus de 20 000 habitants
  2. Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne



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