Marie-Noël, Alternatives Territoriales Montpellier

  • -

Marie-Noël, Alternatives Territoriales Montpellier

Marie-Noël est membre du groupe Alternatives Territoriales Montpellier : Cette campagne a donné à notre groupe l’envie, la confirmation qu’il faut aussi travailler au niveau des décideurs·euses. Nous avons ainsi relancé les questions de démocratie participative.

Je m’appelle Marie-Noël, j’ai 68 ans, je suis ancienne chercheuse à la retraite et dans le groupe Alternatiba Montpellier depuis sa formation, c’est-à-dire en 2014 – 2015. Mon passé militant, davantage politique, explique mon intérêt pour Alternatives Territoriales, pour le travail des élu·es et tout ce qui touche au collectif.

Pourquoi as-tu décidé de t’engager avec Alternatives territoriales ? 

C’est le côté très militant, très bien organisé, très efficace, et très convivial qui met l’accent sur le positif et ce qui est encore possible de faire. Je n’aimais pas qu’on tourne trop le dos aux élu·es et quand on a lancé le groupe pour passer de l’action individuelle à l’action collective, ça m’a beaucoup plu, mais je continue à m’investir dans tout le reste aussi, je sors du camp climat là donc je suis un peu sur les rotules (rires) !

Concrètement, quel rôle as-tu dans ton groupe ? 

J’ai eu des rôles variés, mais j’étais presque toujours à la coordination générale, pendant ces 5 ans, parce que j’ai fondé le groupe avec d’autres et je reste très active parce qu’on s’y sent bien. Là je m’occupe plutôt de la communication, de l’animation de réunions, du suivi en général. J’ai bon espoir toutefois de pouvoir bientôt mieux partager tout cela avec de nouvelles forces.

Quels objectifs est-ce que ton groupe s’est fixé ?

On a toujours eu comme objectif général de massifier le plus possible, de sortir de l’entre-soi, par le biais de marches pour le climat, de villages, le premier en 2015 dans un quartier populaire. On s’appuie beaucoup sur notre réseau d’associations partenaires et sur une ouverture à des milieux plus politisés comme les syndicats. Sinon, Alternatives territoriales à Montpellier porte sur deux grands enjeux : la mobilité (tous les flux entre la périphérie et la grande ville, centre de travail) et la préservation des terres. Y implanter des centres commerciaux, comme celui de Decathlon contre lequel on se bat, c’est de la folie pure. On s’intéresse aussi à la représentation citoyenne. 

Quelles mobilisations a fait ton groupe en amont des municipales ?

La campagne ici a été difficile, au niveau technique notamment, avec 14 listes candidates, l’absence de groupe local du Pacte pour la transition, un ancien maire très fermé. Mais on était plusieurs habitant·es de la périphérie intéressé·es par le sujet alors on s’est orienté plutôt vers la communauté de communes, le Grand Pic Saint Loup, voisine de Montpellier. Plus rurale mais dépendante de la Métropole, c’est un cas intéressant pour convaincre les candidat·es qu’iels peuvent faire quelque chose pour le climat sans être des professionnels. 

À petite échelle, on est allé·es à fond dans les marchés et les réunions municipales pour rappeler aux électeur·ices quelques enjeux du climat, les alerter sur les programmes souvent verdis et sur notre enjeu fort dans la commune : l’installation d’un centre commercial Décathlon sur un terrain agricole. Les résultats des élections ne nous ont pas fait trop plaisir parce que la majorité des maires sortant·es ont été réélu·es, ce qui arrive souvent dans les villages.  Maintenant on travaille sur comment poursuivre l’action en créant un groupe actif avec un mélange d’associations et d’élu·es favorables, au niveau de la communauté de communes, car les enjeux qui nous intéressent (l’eau, les déchets, la mobilité, etc) se gèrent à ce niveau là. 

Est-ce que tu as eu des déceptions par rapport à la campagne ou à sa réception dans ta collectivité ? Ou quelles difficultés avez-vous rencontré ?

Sans attaquer de front, on était plutôt bien accueilli·es pour notre posture apartisane. Une déception serait une absence de collaboration avec les associations locales de protection de l’environnement, tout de même à l’écoute et en accord. Un problème récurrent, c’est qu’on n’est pas très nombreux·ses donc on est obligé·es de faire des choix : on espère recruter sur la durée avec le camp climat. Je suis contente parce que je pense que de nombreux groupes Alternatives Territoriales sont dans des grandes villes ou des villes moyennes, et là nous on a fait une expérience d‘action au niveau de villages parce qu’on habitait tous·tes le coin et on a tenté quelque chose avec nos petits bras (rires). 

Quelle a été une de vos victoires selon toi  ? 

Cette campagne a donné à notre groupe l’envie, la confirmation qu’il faut aussi travailler au niveau des décideurs·euses. Nous avons ainsi relancé les questions de démocratie participative. On a joué notre rôle pour participer à un mouvement général et je crois que des maires de petits villages se sont senti·es bousculé·es par la question climatique. 

On a avancé sur la bataille culturelle en rencontrant des gens résignés, désespérés ou indifférents sur les marchés pour leur montrer que ce n’est pas foutu.

 Je vois que maintenant des premiers adjoints sont chargés d’écologie, ça n’existait pas avant. 

Quelles sont les prochaines grandes échéances pour ton groupe ?

On a une action prévue le 25 septembre avec la Confédération paysanne sur la protection des terres agricoles, dans le cadre d’une mobilisation nationale pour lutter contre l’installation d’un centre commercial. C’est l’occasion de marquer le coup si la presse est là et de rappeler les engagements de nombreux·es élu·es sur la protection des terres.

Personnellement, qu’est-ce que cette campagne t’as apporté ? 

Cette campagne est une découverte de la vie politique locale, du travail des élu ·es et des habitant·es de mon territoire, j’ai rencontré beaucoup de gens intéressants sur le plan humain. Et j’ai l’impression qu’on peut faire quelque chose (rires) ! Le plaisir avec Alternatiba c’est de ne pas être tout·e seul·e et d’agir avec des gens avec qui on s’entend bien ! Et à l’inverse un peu de  frustration avec des campagnes nationales comme celles en amont des municipales où on a vu les forces des grandes villes. On n’arrivait pas à en faire autant ici.

Merci d’avoir répondu à toutes nos questions ! Vous pouvez retrouver Marie-Noël et suivre l’actualité du groupe local de Montpellier ici.


Découvrez l’intégralité des autres récits sur notre site internet à la page Témoignages du projet Alternatives Territoriales.


Rechercher sur le site

Reste informé·e !

Abonne-toi et reçois notre infolettre !

Suis-nous sur Twitter