Élise, Alternatives Territoriales Lyon

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Élise, Alternatives Territoriales Lyon

Elise est membre d'Alternatives Territoriales Lyon

Je m’appelle Elise, j’ai 26 ans et suis ingénieure dans l’électricité renouvelable en temps partiel afin d’avoir du temps pour mes engagements associatifs. 

Pourquoi as-tu décidé de t’engager avec Alternatives territoriales ? 

Je suis à Alternatiba/Action Non Violente COP21 Rhône depuis fin décembre 2018. À la fin de mes études, en 2018, j’avais vraiment envie de commencer à m’engager sur le climat ou sur des questions sociales, et j’ai entendu parlé de la campagne Plan Climat d’Alternatiba. J’avais eu l’occasion de travailler en stage sur le plan climat de la Métropole de Lyon l’année précédente, donc je me suis lancée !

Concrètement, quel rôle as-tu dans ton groupe ? 

J’ai beaucoup travaillé pendant un an et demi sur les campagnes liées à la pollution de l’air et la mobilité. Actuellement, je suis davantage investie sur l’accompagnement des militant·es : accueil, intégration, formation, etc. 

Quels objectifs poursuit ton groupe et avez-vous réussi à gagner des victoires depuis votre lancement ? 

Nous avions lancé en janvier 2019 une première campagne contre la pollution de l’air, qui demandait entre autres la piétonnisation du centre de Lyon, le développement des transports en commun, etc. 

C’est chouette parce que nous avons eu des victoires comme la piétonnisation du centre qui ont été atteintes en partenariat avec d’autres associations comme Greenpeace ou des assos vélo locales. 

De septembre 2019 à mars 2020, nous avions 2 projets concernant la mobilité : continuer à faire vivre le sujet de la pollution de l’air via une action juridique, et tracer une ligne rouge concernant le projet autoroutier de l’Anneau des Sciences (contournement périphérique Ouest, autoroute souterraine) pendant les municipales. 

Et notre travail a porté des fruits car nous avons obtenu à l’entre deux tour l’abandon du projet autoroutier par Gérard Collomb, le dernier candidat à le soutenir ouvertement, ce qui était une grande victoire ! 

De plus, les Verts sont passés à la Métropole et les politiques de mobilité vont plus dans le sens que l’on souhaite.

Etes-vous actifs sur d’autres thèmes que la mobilité ?

En dehors du groupe Alternatives Territoriales, il y avait aussi une importante campagne Anti-Pub depuis 2019 avec un plaidoyer issu d’une autre asso locale (Plein La Vue), pour la diminution de la place de la publicité et l’interdiction des panneaux numériques. 

Nous avons obtenu cet été un engagement d’interdiction des panneaux numériques par le nouveau président de la Métropole !

Et maintenant une campagne Surproduction/Amazon s’est vraiment lancée localement à la rentrée, pour demander des contraintes juridiques au niveau des entrepôts en lien avec du plaidoyer des Amis de la Terre au niveau de l’Assemblée Nationale, en opposition à un projet de construction proche de la Métropole de Lyon qui fait l’objet d’une action juridique que le groupe suit de près. 

Quelles actions / mobilisations a fait ton groupe en amont des municipales ?

Pour l’Anneau des Sciences (ADS), une première banderole avait été déployée à une marche climat en mars 2019. À partir de septembre, nous avons mené un gros travail de 4 mois pour sortir une série d’infographies. Elle expliquait les impacts du projet, proposait des alternatives, et faisait la comparaison entre les deux. Sur cette base, nous avons ensuite réalisé une campagne d’affichage dans les rues de Lyon, des conférences publiques dans l’Ouest Lyonnais et à l’AlternatiBar-Maison des Alternatives, des actions pour interpeller les candidats et une vidéo humoristique “C’est en construisant n’importe quoi qu’on devient n’importe qui”

Ce lundi 17 février, 15 militant·e·s d’Alternatiba ANV Rhône et du collectif ADS Non Merci ont investi une réunion publique de la liste de Gérard Collomb dans la circonscription Lône et Coteaux. Cette action a eu lieu à Saint-Genis-Laval, commune directement impactée par l’implantation du projet autoroutier dépassé de l’Anneau des Sciences, une aberration écologique dont Gérard Collomb est aujourd’hui l’un des derniers défenseurs.
Crédit photo : Marc Bragagnolo

Nous étions en lien avec le collectif “ADS Non Merci” regroupant d’autres assos écolo et des citoyens impactés par le projet. Tout ce travail a permis de mettre en lumière un projet assez mal connu par les habitant.e.s, la pression est bien montée politiquement et médiatiquement : c’est devenu un des gros sujets des municipales jusqu’à la victoire finale à l’entre-deux-tours. 

Et sur la thématique pollution de l’air ?

Côté pollution de l’air, nous avons mené un travail de fond sur notre plaidoyer, avant de lancer une action juridique pour demander des relevés de mesure dans les cours des écoles. Le travail s’est fait en lien avec Greenpeace qui avaient aussi une action juridique prévue, et avec les parents de l’école Michel Servet, où les enfants doivent parfois rester enfermés dans les classes à cause de la pollution. Ces actions juridiques ont été annoncées via une action devant l’école, pour laquelle nous avons réalisé un clip vidéo qui a bien marché. 

Sur la thématique publicité ?

Enfin sur l’Antipub, c’est principalement les PubBuster (brigade anti-pub) qui ont fait parlé d’eux avec leurs actions et une vidéo. Il y avait aussi eu un recouvrement massif en novembre contre les panneaux numériques. Nous avions également en octobre puis en juin le procès d’un de nos militants qui a été l’occasion de mettre en avant le sujet !

Est-ce que tu as eu des déceptions par rapport à la campagne ou à sa réception dans ta collectivité ?

Nous avions prévu une marche climat (juste avant le confinement) avec toute une mise en scène autour de l’Anneau des Sciences et nous avons dû l’annuler. C’était dur de finir les campagnes ainsi, avec toute l’incertitude autour de la pandémie de Covid-19. D’autre part, nous avons eu des échos des difficultés de militant·es hors Alternatiba/Action Non Violente COP21 Rhône qui portaient le Pacte pour la transition, et qui se sont heurtés à la langue de bois des politiques qui s’engagent en surface mais évitent de rentrer dans le concret. Parfois c’était rageant de voir cette absence de véritable volonté politique dans les déclarations publiques, il est très important de permettre à chacun.e de faire la distinction entre les candidat.e.s qui s’impliquent réellement sur les sujets et celles et ceux qui veulent juste verdir leur image. 

Personnellement, qu’est-ce que cette campagne t’as appris ou apporté ? 

J’ai appris de nouvelles choses en stratégie : comment créer des rapports de force, quels sont les sujets qui “font mal”, l’importance de la communication mais aussi de l’ancrage local. Par exemple connaître un·e habitant·e de l’Ouest Lyonnais bien implanté·e et opposé·e à l’Anneau des Sciences peut permettre de remplir une conférence publique avec plus de 150 personnes alors que l’évènement Facebook n’affiche qu’une dizaine de participant·es.

Ce jeudi 17 janvier, 32 militants ANV-COP21 ont investi de manière non-violente deux cérémonies des voeux afin de sensibiliser les citoyens et d’interpeller les élus. L’action s’est déroulée dans le calme et a permis d’ouvrir le dialogue et d’inviter aux prochaines mobilisations.
Crédit photo : Simon Cavalier

Et sur certains sujets, ce ne sont pas les actions non-violentes flamboyantes qui marchent le mieux, il suffit d’être au bon endroit au bon moment pour attirer l’attention et gêner, comme la conférence de presse de lancement de campagne de Gérard Collomb où nous étions juste devant avec des pancartes contre l’Anneau des Sciences, ou notre action contre la pollution de l’air avec des masques à la cérémonie des voeux des maires l’année précédente qui avait très bien marché et avait lancé le sujet de la piétonnisation. J’ai beaucoup appris sur comment trouver le bon moment, et ça marche très bien au niveau local ! 

Que dirais-tu à quelqu’un qui souhaite s’engager pour la transition écologique et sociale de son territoire, de sa ville ? 

Nous pouvons avoir un véritable impact face à l’urgence climatique, comme le prouve ce que nous avons fait avec Alternatiba/Action Non Violente COP21 Rhône et ce que font beaucoup d’autres groupes locaux et collectifs. La société n’est pas figée, ce n’est qu’une construction humaine, et elle peut donc être changée lorsqu’on agit ensemble. Pour se rendre compte de la force du groupe, on peut rejoindre un collectif comme Alternatiba, ou d’autres associations qui travaillent sur des sujets précis comme la mobilité, l’alimentation, la pauvreté… toute une gamme d’engagements existe ! 50 personnes ou même moins peuvent jouer concrètement sur des élections, sur le développement des alternatives concrètes et opposer une vraie résistance face aux projets destructeurs. 

Merci pour toutes ces réponses ! Vous pouvez retrouver Elise et toute l’actualité du groupe local du Rhône ici.


Découvrez l’intégralité des autres récits sur notre site internet à la page Témoignages du projet Alternatives Territoriales.


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