Témoignage de Raphaël, cycliste du Tour Alternatiba

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Témoignage de Raphaël, cycliste du Tour Alternatiba

Le Tour Alternatiba. Comment le résumer ? Impossible. J’y suis allé non pas tant dans l’idée de sauver le monde (encore qu’il ne faut pas négliger l’impact d’un groupe motivé), que poussé par le besoin de faire quelque chose face à ce système fou, face aux destructions de notre environnement et face aux injustices qui y sont liées.

J’y ai découvert des gens portés par une volonté, une détermination, un effort permanent pour créer un mouvement de masse afin de lutter contre le dérèglement climatique. Les triplettes sur lesquels nous effectuons ces 5800km pourraient en être le symbole autant qu’elles le sont de la transition écologique. Il y a dans ce mouvement un pragmatisme qui manque malheureusement à beaucoup de ceux qui veulent un autre monde et qui est aiguillonné par la conscience de l’impact réel que les gaz à effet de serre auront sur notre vie quotidienne.

C’est d’autant plus remarquable que comme le dit Jon Snow dans une métaphore à peine voilée dans la série Game of Thrones : “il est difficile de se mobiliser face à un ennemi que l’on ne voit pas”.

Mais tout cela on ne s’en aperçoit pas tout de suite lorsque l’on rejoint le Tour Alternatiba pour la première fois, car on a en permanence « le nez dans le guidon » avec quelque chose à faire. Monter et démonter les stands, conduire les camions, pédaler chaque jour sur des dizaines de kilomètres, réparer les vélos, préparer les conférences et les formations, rencontrer les organisateurs des étapes et le public venu pour se renseigner sur les alternatives aux changements climatiques… Cela peut être aussi épuisant qu’enthousiasmant et enrichissant.

Un autre aspect important est la vie en groupe, qui permet de découvrir des personnalités parfois très différentes mais rassemblées autour d’un objectif et de valeurs communes. Chaque jour des missions sont affectées à chacun pour le lendemain, afin d’être sûr qu’elles soient réalisées et d’encourager la montée en compétence des militants, mais si quelqu’un est débordé il se trouvera le plus souvent aidé par les autres. Et ceux qui acceptent d’avoir des nuits plus courtes trouveront le temps de faire la fête. Cette attention portée aux participants afin qu’ils ne se sentent pas mal alors qu’on leur en demande beaucoup est primordiale pour moi, car j’ai vu trop de situations où ce n’était pas le cas dans le milieu associatif.

L’extrême organisation du mouvement a d’ailleurs aussi pour but l’efficacité afin d’éviter des situations qui épuiseraient inutilement tout le monde. A contrario il a les défauts de ses qualités, car il est souvent frustrant de quitter des lieux et des personnes extrêmement intéressants, alors qu’ils auraient encore à nous apprendre en tant qu’individus ou en tant que mouvement. La rigidité du planning laisse peu de place aux imprévus et à la sérendipité. Le contre-exemple serait cette fois à Sillery où je me suis éloigné du groupe afin de pouvoir manger sereinement mon repas, ce qui m’a permis en quelques minutes d’échanger avec une mère de famille qui désirait adopter un mode de vie plus conforme avec ses valeurs et n’avait pas vu le stand. Ce court échange l’a amené à s’y rendre et à s’y procurer le guide des lieux alternatifs qui j’espère l’inspirera.

Tel est le prix à payer sans doute pour réaliser deux étapes par jour et toucher le maximum de monde. Et si les journées sont intenses, nombreux sont les militants qui désirent revenir une fois terminée la période sur laquelle ils étaient inscrits, car ils ont goûté à un engagement qui a du sens dans un groupe qu’ils apprécient.


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