Revue de presse Climat #Mai2017

  • -

Revue de presse Climat #Mai2017

logo revue de presse

Ces dernières semaines dans la revue de presse COP & climat, annonce des États-Unis bien sur, mais aussi climat post-élections en France, impacts et mobilisations, avec notamment :

Sortie des États-Unis de l’accord de Paris et déluge de réactions :

Climat : après l’annonce du retrait américain, une onde de choc et des questions – Le Monde – 2 juin ; où l’on revient sur l’annonce de Trump du 1er juin de sortir les États-Unis de l’accord de Paris, les raisons invoquées de “fardeau économique et financier”, et les grandes incertitudes quant aux processus de négociations climat pour la suite. Le Monde revient aussi en vidéo sur ce que va changer cette sortie, sur ses implications financières, tandis que Reporterre y voit une menace pour la paix.

Des réactions à travers le monde, avec une réaction critique en France de toute la classe politique et jusqu’à Thomas Pesquet revenu de l’espace, avec 9 villes ayant illuminé leurs monuments de vert, une pétition de 2,5 millions de personnes en quelques jours remise à l’ONU, et avec la presse internationale qui espère que “le refus de Trump servira de stimulant pour les autres signataires”. Côté ONG, une réaction coordonnée et des pistes de réponses compilées par le RAC, tandis que Maxime Combes et Attac s’intéressent à la question d’une éventuelle sanction des États-Unis.

Comment en est-on arrivés là, avec le Figaro qui revient sur les coulisses de la décision de Trump, l’AFP sur l’historique des revirements des États-Unis sur le climat, ou le Guardian qui révèle que les sénateurs américains ayant réclamé la sortie de l’accord de Paris ont touché 10 millions de dollars du lobby pétrolier.

– Et un déluge de réactions particulièrement fort aux États-Unisla société civile se mobilise contre cette décision, via plus de 1000 organisations, villes, États, entreprises et personnalités américaines unies pour dire “we are still in“. Particulièrement, le milliardaire Michael Bloomerg a promis 15 millions de dollars pour financer les opérations du secrétariat de la CCNUCC à la place de l’Etat, Schwarzenegger a taclé Trump dans une vidéo particulièrement relayée et la ville de Pittsburg citée fréquemment par Trump a dénoncé sa décision et réaffirmé des engagements climatiques.

– D’aucuns relativisent en rappelant que la politique environnementale de Trump était déjà en soi une remise en cause concrète de l’accord de Paris, avec à ajouter récemment la nomination d’un opposant aux renouvelables à a tête de l’agence censée les promouvoir, un décret favorisant les forages offshore ou le détricotage de l’agence de protection de l’environnement.

De Bonn au G7, tour d’horizon des annonces, engagements ou non des autres États :

A Bonn, les intersessions de négociations de mai ont eu une issue plutôt positive malgré le spectre du départ des États-Unis, et ont pu également poser officiellement la question de la place des lobbys industriels dans les négociations climat. A aussi été fixé le lieu de la COP24, fin 2018 à Katowice en Pologne.

Censé prendre la suite de Bonn sur la diplomatie avec les États-Unis, le G7 a révélé des priorités très différentes sur le climat des États participant, et n’a abouti qu’à une déclaration finale où les États-Unis “vont réévaluer leurs politiques climat” et où les 6 autres ont réaffirmé leur engagement à mettre en œuvre l’accord de Paris.

Au niveau des États, une synthèse en infographie montre que 145 États ont ratifié l’accord. Dans le détail, le Canada a présenté un plan de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre plus ambitieux mais qui ne cache pas ses contradictions et retards ; l’Algérie abandonne les gaz de schiste et mise sur les renouvelables et l’efficacité énergétique ; l’Europe devrait respecter ses objectifs 2020 mais de pionnière initiale est plutôt redevenue éleve moyenne et n’a pas pu signer une déclaration commune avec la Chine en réaction à l’annonce de Trump pour des questions commerciales ; la Chine qui apparait comme un leader mais a aussi fort à faire chez elle et a finalisé un accord commercial surprise courant mai avec les États-Unis ; l’Inde s’est engagée à aller au delà de l’accord de Paris ; et la Russie n’a toujours pas ratifié l’accord et ne le fera pas avant 2019…

En France, l’arrivée d’un nouveau président et de son gouvernement au prisme du climat :

Les premiers pas du nouveau président Macron sur le climat plutôt positifs, avec sa réaction rapide à l’annonce de Trump “Make planet great again”, et des gages annoncés ce 6 juin sur une taxe sur les transactions financières et une feuille de route sur la transition énergétique devant inclure l’interdiction des nouveaux permis de recherche d’hydrocarbures, la rénovation énergétique des bâtiments, notamment publics, la révision de la taxe carbone, ainsi que la fiscalité du diesel”. Des flous et des questions demeurent, sur le nucléaire, le CETA, la participation de la société civile, … comme le détaillent cette analyse du Réseau Action Climat ou cet article de Novethic.

– De Nicolas Hulot à Edouard Philippe, beaucoup de questions sur les arbitrages du nouveau gouvernement, comme sur l’aéroport de NDDL ou l’autoroute A45, entre un Premier Ministre “pas très vert” par le passé notamment sur ses choix en tant que député, et un ministre de la Transition écologique et solidaire aux compétences larges, salué et très attendu. L’occasion de s’intéresser aux autres personnalités “qui feront la politique environnementale de Macron” selon Reporterre. 

Les associations ont elles avancé leurs demandes, notamment via une lettre ouverte appelant le nouvel exécutif à l’exemplarité, la fermeté face à Trump et la solidarité dans l’aide aux pays les plus affectés, ainsi qu’un appel -exaucé- à un ministère de l’Environnement élargi. Elles restent vigilantes quant aux actes concrets après les annonces.
L’impact du dérèglement climatique qui s’aggrave et des réflexions sur la façon d’en parler :

Emballement du réchauffement climatique : tous les indicateurs sont au rouge – Bastamag – 11 mai ; où l’on constate avec une compilation d’études que tous les indicateurs utilisés pour mesurer l’ampleur du réchauffement climatique sont au rouge, dont notamment l’accélération de la hausse du niveau de la mer ou un réchauffement global à prévoir de 1,5°C d’ici une dizaine d’années. D’autres indicateurs sont observables comme celui d’absorption toujours plus importantes de CO2 par les plantes, la toundra en Alaska qui libère de plus en plus de CO2 ou la sécheresse qui se profile en France pour cet été.

Comment mieux parler du climat pour sensibiliser ?
Ritimo et Bastamag s’interrogent sur la place et le rôle que se donnent les médias mainstream comme alternatifs sur le climat, là où d’autres comme Al Gore avec son nouveau film ou des artistes contemporains à Venise et New York veulent utiliser l’art-performance pour sensibiliser. D’autres encore publient des graphiques parlants pour représenter l’évolution passée ou future du climat.

Enfin, études et articles reviennent sur de nombreuses choses menacées par le dérèglement du climat, de notre sommeil aux plantations de café, de la taille des nuages à la flore bactérienne, de notre santé à une série d’aliments en pénurie, de la disparition d’une lagune à une légère inondation de la banque de semences mondiale en Norvège.

Et un mois de mobilisations citoyennes qui continuent !

En France, à noter en mai la mobilisation contre les projets de Total de forage au large du Brésil, qui menacent tant l’écosystème local que le climat, et posent aussi la question du respect des droits des populations pour protéger l’Amazonie ; ainsi que le lancement du Grand Défi des alternatives pour recenser et inciter les passages à l’action des citoyens sur la transition énergétique, l’alimentation et la finance éthique.
De nombreux événements sur le climat se préparent pour l’été, des festivals contre l’A45 et l’aéroport de NDDL au camp climat, de l’université d’été des mouvements sociaux à Ende Gelande, …

Le combat contre les projets d’énergies fossiles aux États-Unis, pipelines et terminaux de gaz de schiste s’étend, avec en France la venue remarquée en mai de représentants de peuples autochtones impactés pour dénoncer les financements des banques françaises (et d’autres) jusque dans leurs AG. Une venue qui s’étend et se poursuit avec la tournée Stand Up With Standing Rock pour interpeller dans 7 pays d’Europe les acteurs privés et publics sur ces projets et les en faire désinvestir.

– A travers le monde, le concept d’écocide émerge de plus en plus et pourrait permettre, juridiquement, de protéger le climat et l’environnement.

——
Et en bonus :
Les énergies renouvelables qui progressent mais pas assez vite pour espérer atteindre les objectifs de l’accord de Paris, selon le rapport annuel de REN21 (Renewable Energy Policy Network for the 21st Century), et qui représenteraient pourtant un gisement de 9,8 millions d’emplois au niveau mondial selon l’Agence internationale des énergies renouvelables. Sylvestre Huet revient par ailleurs sur le potentiel de l’énergie solaire, Actu-Environnement sur la montée en puissance en France du financement participatif des renouvelables, tandis que Bruxelles a validé certains systèmes de soutien français aux renouvelables et que l’Ademe publie son rapport d’activité pour 2016 sur la transition énergétique.

Côté fossiles, un bilan énergétique pour 2016 montre un mix énergétique mondial encore trop carboné malgré le recul du charbon, tandis que l’OPEP a reconduit pour 9 mois ses quotas de production.

Économie et climat car la lutte contre le changement climatique est bonne pour la croissance selon l’OCDE. L’occasion de montrer ces entreprises qui avancent… poussées par leurs actionnaires comme à Bhp Billiton, Occidental Petroleum ou Exxon, et de parler de la nouvelle génération “d’investissements responsables”. En France, des énergéticiens comme Engie et EDF vendent des activités d’énergies fossiles, mais sans volonté de les arrêter, sans parler de Total qui fait l’objet d’un livre chargé sur ses manœuvres incontrôlées par les États. Enfin, un nouveau rapport recommande également d’accroître le prix du carbone mais reconnait lui même que c’est un levier insuffisant,

Des nouvelles du CETA, avec 2 décisions de justice désavouant la commission européenne qui devra se pencher sur l’initiative citoyenne européenne Stop TTIP et rappelant le caractère mixte de ces accords qui doivent inclure les États dans les négociations. Côté Canada, le traité a été ratifié, ouvrant la voie à une application provisoire rapide en conflit avec la promesse du nouveau président Macron de réévaluer les effets du CETA.

Villes et climat, avec une étude qui montre que la température des villes les plus peuplées pourrait croître de 8 °C d’ici à 2100 si rien n’est fait, et Reporterre qui balaie plusieurs bonnes pratiques d’adaptation des villes.

Climat et agriculture, avec Alter Eco qui revient sur la baisse de rendements agricoles due au changement climatique qui pourrait devenir massive en Europe, RFI sur le développement de l’agroécologie en Afrique et son financement, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) qui a adopté des directives supplémentaires pour que les États intègrent mieux l’agriculture dans leurs feuilles de route climat, ou encore la France qui publie un guide inédit pour adapter les alpages au climat.

Des scientifiques se penchent sur les émissions de méthane, la concentration de ce gaz plus réchauffant augmentant rapidement dans l’atmosphère depuis 2013, notamment à cause de la décongélation du pergélisol… et d’autres rappellent le rôle de l’eau, de la végétation et des océans dans l’équilibre climatique, tant que l’ONU souhaite la création d’aires marines protégées et mieux étudier les régions polaires.

WTF et climat, alors que du protoxyde d’azote ou gaz hilarant, au pouvoir réchauffant 300 fois plus important que le CO2 (ce qui n’est pas du tout rigolo) s’échappe désormais en quantités importantes de l’Arctique. E-RSE publie par ailleurs une liste des “20 destinations à voir avant que le changement climatique ne les détruise“… et qui nécessitent de faire trois fois le tour de la planète en avion. Dans le prochain numéro, peut être “20 animaux à manger avant qu’ils ne disparaissent”?


557 831 !!

Nombre de personnes ayant participé à un Village Alternatiba ou à une étape du Tour.

Restez informés !

Username:

-> Regarder nos vidéos