Avis favorable sans réserve pour l’entrepôt type-Amazon à Ensisheim

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En dépit des centaines d’avis lors de la relance de l’enquête publique après le confinement, aucune recommandation n’a été émise.

vis favorable, sans réserve, ni recommandation. Le commissaire-enquêteur n’a rien trouvé à redire au projet « Eurovia 16 Project » à Ensisheim près de Mulhouse. Il s’agit d’un immense entrepôt d’e-commerce qui ressemble aux infrastructures d’Amazon, mais dont le loueur reste secret.

« La totalité des contributions demandait l’abandon du projet », synthétise Jean Schelcher, comme il l’indiquait déjà à Rue89 Strasbourg lors de la dernière matinée d’enquête publique, le lundi 15 juin. Aucune observation des citoyens n’avait été émise lors de la première phase de l’enquête publique du 19 février au 20 mars, sur fond d’élections municipales et de début d’épidémie du coronavirus. Mais la procédure avait été relancée de manière rétroactive pour 9 jours en juin, suite au confinement. Et le sujet, peu médiatisé jusque-là, découvert par la même occasion par nombre de Haut-rhinois et militants pour le Climat.

323 observations défavorables

L’avis complet (76 pages)

Les 323 observations du public déplorent principalement la disparition de terres agricoles (247) et l’augmentation de la pollution liée aux transports poids lourds (175). Ensuite, des sujets comme « l’atteinte à la biodiversité », le manque de transparence, des « doutes sur les emplois créés », le « refus modèle Amazon », les « conditions de travail » et la « destruction de l’emploi local » reviennent entre 72 et 50 fois chacun. « Il ressort que les participations déposées par des personnes résidant dans le périmètre d’incidences du projet restent extrêmement limitées », indique le rapport.

Le commissaire-enquêteur répond à plusieurs critiques : « Même en l’absence de réalisation du projet, ces espaces agricoles sont par nature déjà théoriquement « consommés » », car ils font partie du « Parc d’activités de la Plaine d’Alsace (PAPA) » (p.35) ; « Au niveau d’Ensisheim, la A35 est globalement fluide et en capacité à absorber le trafic lié au développement » (p.50) ; « L’évolution du trafic lié au fret aérien ne présent[e] pas de lien direct avec l’évolution de l’activité du e-commerce (p.53) » ; « Le consommateur en ligne a tendance à avoir un impact environnemental moindre que le consommateur traditionnel, tant qu’il n’utilise pas la livraison rapide » (p.59).

« Sur le département du Haut-Rhin, il devient difficile de trouver des terrains de grandes tailles disponibles, avec accès aisé sur les principaux axes de communication routières », note Jean Schelcher, ancien du « Comité d’Actions économiques du Haut-Rhin » (Cahr, fusionné avec l’Adira), dans sa conclusion (p.71). Concernant la recommandation d’avoir des véhicules plus « propres », il estime que « en l’état actuel du parc de véhicules, du différentiel de coût d’achat et du calendrier de mise à disposition […] une telle mesure, […], ne serait à ce stade pas réalisable ».

Des opposants déterminés

C’est désormais au préfet du Haut-Rhin de délivrer l’autorisation environnementale nécessaire pour enclencher la construction du bâtiment. Depuis la demande officielle adressée en septembre 2019, le permis de construire a déjà pu être préparé par les services de la communauté de communes d’Ensisheim.

Du côté des opposants au projet, une cagnotte a été mise en ligne par la CLCV Wittelsheim pour financer de futures actions. À Barr, une première manifestation se tient également samedi 11 juillet contre le projet d’implantation d’Amazon, cette fois-ci confirmé, à Dambach-La-Ville.

 

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venez rejoindre Alternatiba.

cessez d’acheter comme des idiots sur Amazon

 

nous n’avions que 323 observations défavorables, sur une population de
763 204 habitants dans le département du HautRhin en 2020 , soit 0.042 % de la population.

on ne peut rien contre la connerie humaine démesurée.

 

Lettre ouverte au Président et aux préfets pour un moratoire sur les zones commerciales et entrepôts e-commerce

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Ce lundi 06 juillet, plus de 60 collectifs qui luttent contre des zones commerciales et des entrepôts de e-commerce partout en France, ont envoyé une lettre à Emmanuel Macron pour exiger une mise en place effective du moratoire à la fois sur les surfaces commerciales et les entrepôts d’e-commerce ! Découvrez leur lettre ouverte.

La lettre

Collectifs citoyens impactés et opposés aux zones commerciales et entrepôts e-commerce en France

A l’attention de Monsieur le Président de la République, A l’attention de Mesdames et Messieurs les Préfets,

Le 06 juillet 2020

Objet : Ensemble, nous demandons le moratoire promis sur les surfaces commerciales et entrepôts e-commerce 

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Préfets,

Après 8 mois de travail les 150 citoyens de la Convention Citoyenne pour le Climat ont formulé un jugement univoque au sujet des infrastructures commerciales :

« Il est nécessaire de prendre immédiatement des mesures coercitives pour stopper les aménagements de zones commerciales périurbaines très consommatrices d’espace. »

Dans votre discours du lundi 29 juin, nous avons pu vous entendre, Monsieur le Président, répondre aux propositions des citoyens par des axes de travail concrets. Concernant les infrastructures commerciales, vous vous êtes déclaré en faveur de la mise en place d’un moratoire. Nous vous en remercions, une telle mesure constituerait incontestablement un virage historique en France, mais aussi à l’international.

Nous espérons pouvoir compter sur le soutien plein et entier du Gouvernement et de sa majorité parlementaire. Alors que 26 000 emplois des commerces non alimentaires et de proximité seront détruits en 2020, des dizaines de milliers supplémentaires sont menacés par les projets en gestation. Le moratoire doit donc porter sur toutes les infrastructures commerciales de périphérie :

D’une part, conformément à la volonté des citoyens, le moratoire doit intégrer les entrepôts de e-commerce qui aggravent l’artificialisation des sols, font exploser les produits importés et l’empreinte carbone de la France, et détruisent des dizaines de milliers d’emplois dans la grande distribution et les commerces de proximité. Les citoyens de la convention ont entendu les inclure dans cette mesure, mais votre intervention pourrait laisser entendre qu’ils en seraient exclus. Une telle décision ferait peu de cas de la volonté des français, qui sont 78% à se dire favorables au moratoire sur les zones commerciales et les entrepôts de e-commerce 1.

D’autre part, ce moratoire doit porter sur les surfaces commerciales et entrepôts e-commerce qui s’implantent sur des sols déjà artificialisés et doit inclure les projets de transformation de bâtiments existants. Sans cela, nous ne parviendrons pas à limiter les destructions d’emplois et les émissions de gaz à effet de serre. L’empreinte carbone de nos importations est déjà supérieure aux émissions du territoire national.

Nos collectifs se battent chaque jour, sur les territoires, pour préserver les conditions du Monde “plus beau” et “plus humain” que vous avez appelé de vos voeux. Nous estimons que chaque projet commercial qui, par son implantation, son gigantisme ou ses chaînes d’approvisionnement, nierait la crise écologique et détruirait encore davantage le vivant, doit être arrêté.

Nous demandons, par conséquent, la mise en place immédiate du moratoire promis pour tous les projets de zones commerciales et d’entrepôts de e-commerce . Nous réclamons l’arrêt des travaux et la suspension des autorisations en attendant l’obtention de ce moratoire. Celui-ci devra s’accompagner de la possibilité de réhabiliter les zones naturelles déjà défrichées. Nous demandons que l’avenir de nos territoires ne se bâtisse pas sur la surproduction, mais bien sur la production locale et des modes de consommation résilients et respectueux du vivant.

En espérant que vous prendrez les décisions à même de protéger les citoyens, citoyennes, travailleurs et travailleuses, veuillez agréer, Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Préfets, l’expression de notre très haute considération.

Collectifs citoyens impactés et opposés aux zones commerciales et entrepôts e-commerce en France (Contact : collectifspourunmoratoire@gmail.com)

 

La liste des signataires de ce courrier par projet

  • Centre commercial OPEN à Saint-Genis-Pouilly (Ain) Collectif contre-open
  • Centre commercial et de loisirs ZAC à Ferney-Voltaire (Ain) Association Contre un nouveau centre commercial géant à Ferney-Voltaire
  • Centre commercial Opensky à Valbonne (Alpes Maritimes) MySophiaAntipolis (Alpes Maritimes)
  • Plateforme logistique e-commerce Amazon à Dambach-la-Ville (Bas-Rhin) : Le chaudron des alternatives
  • Alternatiba – ANV COP21 Strasbourg Oxfam France Groupe local Strasbourg Zéro Déchet Strasbourg Résistance à l’Agression Publicitaire Strasbourg Les Fédinois contre le GCO
  • Plateforme logistique e-commerce Amazon à Mondeville (Calvados) Attac 14
  • Supermarché, à Daoulas (Finistère) Association de Défense de l’Environnement et du Littoral du Pays de Daoulas (ADEL)
  • Agence de livraison Amazon, à Briec (Finistère) Attac Quimper
  • Centre de tri e-commerce Amazon, projet Argan, à Fournès (Gard) ANV COP-21 Montpellier Attac Alès Cévennes Attac Nîmes Pacte pour la Transition Avignon ADERE association pour le développement de l’emploi dans le respect de l’environnement PRIMA VERA
  • Zone Commerciale des SABLAS à Montaren et Saint Médiers (Gard) Collectif pour la Sauvegarde de l’Uzège Attac Uzège ARRU-Association Recyclerie Ressourcerie Uzège SOREVE environnement, patrimoine, qualité de vie
  • Plateforme logistique e-commerce zone sylva 21 BELIN BELIET (GIronde) Les Amis de la Terre Val de l’Eyre Collectif “Touche pas à ma zone Humide, contre les géants du e-commerce”
  • Surface commerciale, cours de l’école élémentaire Lucien Gayadine, La Rosière, à Lamentin (Guadeloupe) Collectif La Rosière Doubout’
  • Centre commercial Unibail Rodamco Westfield, Projet Euro3Lys, (Haut-Rhin) Collectif Climat 3F
  • Plateforme logistique e-commerce Amazon, Eurovia Project 16 à Ensisheim (Haut-Rhin) Collectif RUCSSA Association de Défense des Riverains de l’Aéroport de Bâle-Mulhouse, ADRA Les Vitrines de Mulhouse ANV-COP21 Mulhouse Alternatiba Mulhouse Alternatiba Soultz
  • CLCV Wittelsheim et Environs MAN 68 Centre Alsace
  • Zone commerciale à Wintzenheim (Haut-Rhin) Association Tiefenbach Environnement
  • Centre commercial Val Tolosa à Toulouse (Haute-Garonne) Collectif Non à Val Tolosa
  • Zone commerciale ECOPARC à St Julien en Genevois (Haute-Savoie) Collectif contre l’écoparc et pour l’Agroparc ATTAC Annemasse genevois
  • Agence de livraison e-commerce Amazon à Annecy-Seynod (Haute-Savoie) Les Amis de la Terre en Haute-Savoie Attac Annecy XR Annecy
  • Centre commercial “Oxylane” Décathlon à Saint-Clément-de-Rivière (Hérault) Collectif Oxygène (34)
  • Centre commercial NEYRPIC à St Martin d’Hères (Isère) Association Neyrpic autrement
  • Agence de livraison e-commerce Amazon à Carquefou (Loire-Atlantique) Justice Climatique Angers Attac44 Alternatiba Nantes GIGNV (Groupe d’intervention des grenouilles non-violentes)
  • Zone industrielle la Jacopière à Sucé-sur-Erdre (Loire-Atlantique) Collectif Jacopière
  • Plateformes logistique e-commerce Amazon – GOODMAN à Loroux Bottereau (Loire-Atlantique) rd115 & bassin de vie Sèvre et Loire / Orée d’Anjou
  • Plateforme logistique e-commerce à Champigny (Marne) Attac Reims XR Reims ANV-COP21 Reims
  • ZACOM de Bodevéno à Pluvigner (Morbihan) Association Paré ! (Pluvigner, avenir, respect, équilibre)
  • Plateforme logistique e-commerce Amazon à Frescaty – Metz (Moselle) les riverains du plateau de Frescaty Attac 57 (Moselle)
  • Zone commerciale de “La Croix Rouge B” à Quaëdypre (Nord) L’Hirondelle des Faux Bourgs
  • Plateforme logistique e-commerce à Illies-Salomé (Nord) Collectif des Habitants du Hameau du Moisnil
  • Centre commercial Leclerc Peyssilieur, est lyonnais (Rhône) Collectif Sauvons nos centres-villes de l’est lyonnais
  • Zone commerciale et logistique SMADEOR. Basse Croisette, Actival à le Val de turdine (Rhône) Collectif Quicury prenons soin de notre territoire
  • Plateforme logistique e-commerce Amazon Lyon Saint-Exupéry à Colombier-Saugnieu (Rhône) Super Local Lyon Fédération FRACTURE Alternatiba ANV Rhône I-buycott
  • Zone commerciale de Béner à Le Mans (Sarthe) Association “Les Riverains et les Amis de Béner
  • Plateforme logistique e-commerce Amazon à Rouen (Seine-Maritime) Action Non-Violente COP21 Rouen Alternatiba Rouen
  • Extension du centre commercial Rosny 2 à Rosny (Seine-Sainte-Denis) Alternatiba Rosny
  • Plateforme logistique e-commerce TERRA 2 ZAC des Portes du Tarn à Saint-Sulpice & Buzet sur Tarn (Tarn & Haute-Garonne) Association Saint Sulpice Active et Citoyenne “Stop TERRA 2”

 

Plateforme d’e-commerce : un avis sans réserve

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Le commissaire enquêteur vient de rendre un avis favorable sans réserve : plus rien ne devrait s’opposer à la création d’une plateforme logistique d’e-commerce à Ensisheim. Michel Habig, maire de la commune, se prépare à signer le permis de construire.

L’enquête publique sur le projet porté par Eurovia 16 Projet à Ensisheim – un bâtiment logistique de 190 000 m² sur 4 niveaux et 16 ha de terrain – aura été étrange. Ouverte le 19 février à 9 h, elle a été suspendue le 20 mars à 12 h 30, pour cause de crise sanitaire. Pendant cette période-là, « nous n’avons reçu aucune personne et aucune motion n’a été portée sur les différents registres », écrit Jean Schelcher, le commissaire enquêteur dans son rapport. « Il restait deux jours, elle a dû être relancée pendant neuf jours. C’est là qu’on a eu quelques manifestations d’humeur… », indique Michel Habig, maire d’Ensisheim et président de la communauté de communes.

Le rejet du modèle de l’e-commerce

Les registres sont à la hauteur de l’humeur. Pendant ces quelques jours, 323 motions sont déposées, dont 312 sur les registres dématérialisés. Toutes « demandaient l’abandon du projet », souligne le commissaire enquêteur. Les contributeurs pointent la disparition des terres agricoles (247 mentions), l’augmentation des gaz à effet de serre dus aux poids lourds (175), l’atteinte à la biodiversité (72), le nom d’utilisateur final tenu secret (72), des doutes sur les emplois créés (68) ou encore le refus du modèle Amazon (63), les conditions de travail (51), la destruction de l’emploi local (51) ou encore des doutes sur la fiscalité (29). Outre les questions environnementales, le commissaire dénombre 278 contributions liées au « rejet du modèle de l’e-commerce lié au nom de la société Amazon ».

Parallèlement, il contextualise. Il rappelle que le projet « représente pour les collectivités concernées une opportunité sur le plan de l’emploi » mais aussi que la création de la zone est « fléchée depuis plus de trente ans », que le projet est accompagné par l’ADIRA et les services du département dans sa partie accès routier et qu’il « vient compléter une zone déjà très attractive ». En conclusion, il considère que « ce projet amène un impact positif pour la collectivité et la population, et ce dans le respect des règles ». Et de prononcer un avis favorable, sans réserve.

Pas une extension ni « un caprice »

Michel Habig est évidemment « satisfait ». Mais il ne comprend toujours pas cette levée de boucliers soudaine : « La zone d’activité fait 100 ha. C’est ce qui est prévu depuis le début. Rien n’a changé, ce n’est pas une extension. D’ailleurs, on n’ira pas plus loin. C’est juste qu’on aménage au fil des demandes. Mais ça ne sort pas d’un chapeau, ce n’est pas un caprice de ma part », martèle l’élu, fier d’accueillir déjà sur cette zone des entreprises comme Bubendorff, Actemium ou THK. Et qui accueillera très bientôt Delticom.

Les emplois promis comptent aussi pour l’élu : « La zone avait été imaginée notamment dans le cadre de la reconversion des Mines de potasse. Puis il y a eu la crise en 2007-2008. Les choses repartaient mais avec la crise actuelle et la remontée des bénéficiaires du RSA, c’est important. On nous annonce au moins 500 nouveaux emplois, aussi bien des postes qualifiés que de manutentionnaires. » Pour lui, ça ne se refuse pas.

« Depuis que le nom d’Amazon est sorti, j’ai l’impression que les gens se réveillent. Mais ça peut aussi bien être Cdiscount ou Alibaba. » Quant aux camions, il balaie l’argument d’un revers de main : « Ils seront à 300 mètres de l’échangeur ! » Maintenant, ce qu’il attend, c’est de « signer le permis de construire ».

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Les opposants, déçus, restent déterminés

Chez les opposants au projet d’installation d’une plateforme logistique d’e-commerce à Ensisheim, l’avis favorable sans réserve émis par le commissaire enquêteur Jean Schelcher passe mal. « Dans nos échanges avec lui, nous pensions percevoir un intérêt et une compréhension », explique Alain Diot, d’Alternatiba Soultz, l’une des associations qui a rejoint le collectif RUCSSA (Réseau urgence climatique et social Sud Alsace), fraîchement créé pour s’élever contre ce type de projet.

C’est avec une certaine amertume qu’Alain Diot constate que toutes leurs remarques et remontées « ont été balayées d’un simple revers de main ». Et d’enfoncer le clou : « Pour moi, c’est un avis pitoyable, au vu du contexte actuel et des préoccupations des Français. Ce projet va à l’encontre des demandes des citoyens, qui veulent un retour à la vie dans les centres-villes. »

Josiane Kieffer, de l’association CLCV, se dit quant à elle « peu surprise de la conclusion de ce rapport, qui est à l’image de la plupart des rapports d’enquêtes publiques ». Ce n’est pas pour autant qu’elle et ses compagnons de lutte vont baisser les bras : « La communauté de communes Centre Haut-Rhin doit se réunir ce mercredi. Nous serons présents pour distribuer des tracts. » Désormais, le collectif est dans l’attente de l’autorisation qui sera probablement accordée par le préfet. Alain Diot avait demandé un entretien au préfet, pour lui faire part de ses craintes. Une demande restée sans suite pour l’heure. « L’Alsace risque de devenir un couloir de distribution de cartons, chargés à bord de poids lourds », prévient-il. Le collectif a déjà annoncé qu’il était prêt à aller en justice.

Audrey NOWAZYK

 

Moratoire sur l’extension des zones commerciales : Macron pris au mot

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Un collectif d’associations s’est rendu à la préfecture de Haut-Rhin, ce lundi 7 juillet à Colmar, afin de réclamer à Emmanuel Macron le moratoire promis aux membres de Convention citoyenne pour le climat sur les infrastructures commerciales en périphérie.

 

Un groupe de sept militants (*) s’est présenté à la préfecture du Haut-Rhin, ce lundi à Colmar, afin de remettre une lettre ouverte à destination d’Emmanuel Macron lui rappelant les engagements qu’il a pris devant les membres de la Convention citoyenne pour le climat, le 29 juin à l’Élysée, en particulier celui d’adopter un moratoire sur l’extension des infrastructures commerciales en périphérie des villes.

Mégaphone en main, Roland Braun, trésorier du Man Centre Alsace, a listé les quatre projets situés à moins de 50 km de Colmar et en totale contradiction avec cette mesure : la création d’un gigantesque centre commercial et de loisirs Euro3Lys à Saint-Louis, l’installation d’un centre logistique Amazon à Dambach-la-Ville, la création d’un entrepôt logistique d’e-commerce de 190 000 m² à Ensisheim et celle d’une infrastructure du même type près de Fontaine, dans le Territoire de Belfort.

« Alors allons-y ! »

Il a rappelé que le chef de l’État avait déclaré aux membres de la Convention citoyenne pour le climat qu’il partageait leur souhait de mettre fin à la bétonisation, précisant que le principe de zéro artificialisation nette avait été inscrit dans le Plan biodiversité. « Eh bien nous sommes là, M. le président, et nous vous prenons au mot : allons-y ! »

Au moment où les Alsaciens se rassemblaient à Colmar, plus d’une soixantaine de collectifs d’associations partout en France déposaient la même lettre à l’attention du président de la République dans leurs préfectures respectives.

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(*) Représentant Alternatiba Mulhouse et Soultz, le CLCV de Wittelsheim et environs, le collectif Urgence climatique des Trois frontières, le Mouvement pour une alternative non-violente (Man) Centre Alsace, Action non-violente Cop 21, l’Association de défense des riverains (Adra) de l’aéroport de Bâle-Mulhouse et les Vitrines de Mulhouse.

SURFER Créé pour s’opposer au projet d’entrepôt d’e-commerce à Ensisheim, le Réseau Urgence climatique et sociale Sud Alsace lance un appel à financement : www.helloasso.com/associations/clcv-wittelsheim-et-environs/collectes/ecommerce-ensisheim

Ce documentaire gratuit vous emmène au cœur de massifs alpins très menacés

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90 % des glaciers alpins pourraient avoir disparu d’ici à 2100, selon une étude publiée dans la revue européenne The Cryosphere en 2019. Forts de ce constat, deux explorateurs scientifiques sont partis à la rencontre de populations locales, afin de comprendre quels sont les enjeux d’une telle situation. Baptisé “Il Faut Sauver…Les Alpes !”, leur documentaire disponible gratuitement nous emmène à la découverte d’une biodiversité menacée.

Les glaciers des Alpes contiennent 100k3 de glace, soit l’équivalent de 400 millions de piscines olympiques. Un réservoir primordial qui s’évapore néanmoins à une vitesse vertigineuse. Une situation à laquelle deux scientifiques se sont intéressés. Heidi Sevestre, glaciologue et Nicolas Plain, scientifique et sportif de haut niveau sont tous deux parti à la découverte des Alpes afin de comprendre les problèmes et partager les solutions pour lutter, à l’échelle locale, contre la fonte de ses géants alpins. Réalisé par Laurent Lichtenstein et Nicolas Plain, en collaboration avec Ushuaia TV et JolieProd, Il Faut Sauver…Les Alpes !, paru le 3 avril dernier, est disponible gratuitement sur Vimeo.https://vimeo.com/378978691

 

une activité humaine néfaste

En parapente, en voiture électrique ou encore à vélo, les deux explorateurs sillonnent une partie des Alpes, et plus particulièrement la vallée de l’Arve, pour s’intéresser à la qualité de l’air, ainsi qu’aux différents facteurs qui engendrent cette pollution atmosphérique importante. Trafic routier, industrie… Les massifs ne sont pas épargnés par l’activité humaine. Une situation entraînant, par effet domino, un déclin conséquent de la biodiversité.

Un documentaire durant lequel les deux scientifiques vont à la rencontre de citoyens directement impactés par ce dérèglement climatique, et qui luttent au quotidien pour que ce précieux environnement ne disparaisse pas au fil des années. Apiculteurs, spécialistes de la qualité de l’air, producteurs, etc. Tous apportent leur pierre à l’édifice afin de protéger leur massif.

Capture d’écran issu du documentaire “Il Faut Sauver … Les Alpes !”.
©capture d’écran / Il Faut Sauver … Les Alpes !

À l’instar des Alpes, l’entièreté des glaciers du globe connaît une fonte vertigineuse. Toujours selon l’étude parue dans The Cryosphere, les glaciers auraient perdu 9 000 milliards de tonnes de glace entre 1991 et 2016.

Un changement drastique ne suffirait pas à faire baisser les températures

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Même si le monde réduit drastiquement les émissions de gaz à effet de serre, l’impact sur le réchauffement pourrait ne pas être visible avant le milieu du siècle, selon des chercheurs qui craignent une réaction boomerang face à des mesures qui paraîtraient à tort inefficaces.

En raison des activités humaines, la planète a déjà gagné au moins +1°C depuis l’ère pré-industrielle, multipliant les catastrophes climatiques. Pour lutter contre ce dérèglement climatique appelé à s’aggraver avec chaque demi degré supplémentaire, les signataires del’accord de Paris de 2015 se sont engagés à réduire leurs émissions pour limiter le réchauffement à +2°C, voire +1,5°C.

Pour le moment, ces engagements des États ne sont pas tenus. Même s’ils l’étaient, “ces efforts pourraient être visibles d’ici le milieu du siècle, mais probablement pas avant”, écrivent les auteurs de l’étude publiée mardi dans Nature Communications.

“La réduction des émissions, nécessaire, est efficace dès le premier jour, mais il faudra du temps avant que nous puissions mesurer cet effet avec certitude”, commente dans un communiqué Bjorn Samset, du centre de recherche norvégien sur le climat Cicero.

Le système climatique est en effet notamment caractérisé naturellement par une importante force d’inertie et une forte variabilité d’une année à l’autre. “Le changement climatiqueprovoqué par l’Homme peut être comparé à un porte-conteneur lancé à pleine vitesse au milieu de grosses vagues. Si vous voulez ralentir le navire, vous pouvez enclencher la marche arrière, mais cela prendra du temps avant de pouvoir remarquer qu’il a ralenti”, poursuit le climatologue.

Ainsi, une baisse importante des émissions pourra se voir immédiatement sur les concentrations de CO2 dans l’atmosphère, mais pas sur la hausse des températures qui est pourtant responsable de la multiplication des événements météo extrêmes.

Même dans les scénarios les plus optimistes, les premiers signes d’un impact sur le réchauffement pourraient être invisibles au moins jusqu’en 2035, selon les chercheurs. Alors patience!, plaident-ils, craignant que ce délai ne provoque un effet boomerang.

Cette réalité “doit être clairement expliquée aux décideurs et à la population, si nous voulons éviter un contrecoup négatif contre des politiques d’atténuation des émissions qui seraient perçues comme inefficaces”, insiste l’étude.

“Cela ne veut pas dire que la baisse (des émissions) n’a pas d’effet. Cela veut simplement dire que nous devons être patients”, insiste Bjorn Samset, appelant dans tous les cas à “limiter le réchauffement autant que possible et aussi vite que possible”.

https://www.linfodurable.fr/environnement/changement-drastique-ne-suffirait-pas-faire-baisser-les-temperatures-18916

 

 

 

 

 

 

 

Des collectifs demandent un moratoire sur les projets de centres commerciaux et logistiques

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Des collectifs demandent un moratoire sur les projets de centres commerciaux et logistiques

 

Lundi 6 juillet, 68 collectifs locaux d’habitants de toute la France mobilisés contre des projets de zones commerciales ou entrepôts de e-commerce ont adressé une lettre ouverte au Président de la République. Une semaine après son allocution à la Convention citoyenne pour le climat au cours de laquelle il s’est déclaré favorable à un moratoire sur les équipements commerciaux, les citoyens exigent l’application « immédiate et sans restriction » de la promesse présidentielle.

 
Lettre ouverte à Emmanuel Macron

Il y a une semaine, les 150 citoyens de la Convention Citoyenne pour le Climat avaient jugé qu’ « il est nécessaire de prendre immédiatement des mesures coercitives pour stopper les aménagements de zones commerciales périurbaines très consommatrices d’espace ».

En France ce sont plus d’une cinquantaine de zones commerciales et d’entrepôts de e-commerce en gestation qui sont concernées. « Rapidement après l’allocution du Président de la République, 68 collectifs citoyens mobilisés face à ces infrastructures sur leur territoire ont décidé d’unir leur voix pour préserver des emplois de proximités, protéger la biodiversité et limiter les émissions de gaz à effet de serre et l’artificialisation des sols dans leur localité », expliquent les associations Notre Affaire à Tous et Les Amis de la Terre. « Ces citoyens et citoyennes qui ont en commun de se battre tous les jours pour mettre fin à ces projets se sont unis afin d’obtenir dans les plus brefs délais la mise en place d’un moratoire ambitieux et cohérent. »

Les signataires précisent que 26.000 emplois des commerces non alimentaires seront détruits en 2020, « car l’e-commerce qui détruit deux fois plus d’emplois qu’il n’en crée, déstabilise le secteur depuis des années ». Ils rappellent enfin que de nombreux projets sont avancés et qu’une dizaine d’entre eux pourraient être autorisés dans les prochaines semaines, tel que le centre de tri Amazon à Belfort. En Ile-de-France, les travaux pourraient même commencer pour étendre le centre commercial Rosny 2.

Les 68 collectifs craignent que d’ici à ce que la mesure soit adoptée, l’Etat valide les projets en cours d’étude, limitant très fortement la portée de la décision future. Ils demandent par conséquent un gel des autorisations environnementales délivrées jusqu’à ce que la mesure soit votée.

Des rassemblements sont par ailleurs organisés devant les différentes préfectures de France à partir d’aujourd’hui et pendant les jours et semaines à venir.

 

Source : Les Amis de la Terre et Notre affaire à tous.

http://www.datapressepremium.com/rmdiff/2005515/diff_2020856060720093520.pdf

26000 emplois des commerces non alimentaires seront détruits en 2020, car l’e-commerce qui détruit deux fois plus d’emplois qu’il n’en créé, déstabilise le secteur depuis des années.
Des dizaines de milliers d’emplois supplémentaires sont directement menacés par l’expansion rapide des géants du e-commerce.

Les entrepôts aggravent également l’artificialisation des sols et font exploser les produits importés et l’empreinte carbone de la France.
Les exclure du moratoire reviendrait donc à faire un pont d’or aux géants du e-commerce et à accélérer la désertification des centres villes dénoncée par le Président.

RÉGION DE GUEBWILLER Le retour de la Vélorution

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RÉGION DE GUEBWILLER

Le retour de la Vélorution

Le collectif Bicychouette, récemment créé pour promouvoir la mobilité à vélo, organisera ce samedi 4 juillet une Vélorution au départ de Soutz. L’occasion de pointer certains points noirs de la vallée du Florival, mais aussi de valoriser la pratique du deux-roues.
Par Audrey NOWAZYK
Retour de la Vélorution, ce samedi, dans le Florival.  Archives L’Alsace

À la sortie du confinement, les associations du territoire se sont concertées pour proposer une manifestation aux habitants de la vallée. C’est tout naturellement que la reprise d’une Vélorution a émergé.

« Nous avons fait le choix de se donner rendez-vous à Soultz, à la MAB, pour mettre en lumière la création de l’association Alternatiba Soultz », souligne Patrice Knorr, membre du Collectif citoyen de Guebwiller.

Pour les associations Roue’Pet, Alternatiba Soultz, le Collectif citoyen de Guebwiller et Florival en transition, qui organisent conjointement cette manifestation sous l’égide du collectif Bicychouette, cette balade – qui reprendra pour l’essentiel le trajet habituel des Vélorutions – sera aussi l’occasion de pointer certains points noirs auxquels se heurtent les cyclistes du secteur, à l’instar de la portion entre le centre aquatique Nautilia et la piste cyclable d’Issenheim.

« Nous laisserons une trace de notre passage à chacune des difficultés rencontrées », mentionne Alain Diot, de l’association Alternatiba Soultz.

« Nous avons l’expertise du terrain »

Pour ces deux fervents défenseurs de la petite reine, cette Vélorution tombe à pic. « Après la crise sanitaire que nous avons vécue, c’est le moment de faire comprendre aux élus l’importance d’aménager cette vallée et d’encourager la mobilité active », soulignent-ils. Ils y voient également l’opportunité de démontrer aux citoyens que la pratique du deux-roues est bonne pour leur porte-monnaie, pour leur santé et pour la planète. « C’est aussi un moyen de locomotion très efficace pour les trajets courts », insiste Alain Diot.

Et Patrice Knorr de rappeler aux collectivités qu’il existe « un lien direct entre l’aménagement des parcours et l’augmentation du nombre d’usagers du vélo ». Mais pour que ces aménagements soient pertinents, les deux membres du collectif Bicychouette sont convaincus que les utilisateurs et les citoyens doivent être impliqués dans ces projets. « Ils ont l’expertise du terrain », souligne Patrice Knorr.

Ce dernier compte par ailleurs saisir deux opportunités : la mise en place du Plan local d’urbanisme intercommunal, « qui doit prévoir un meilleur partage de la route entre les différents usagers », mais aussi le projet de territoire de la Communauté de communes de la région de Guebwiller, « qui devra formaliser une vision plus verte du territoire ».

Patrice Knorr et Alain Diot vont encore plus loin, en espérant qu’une commission citoyenne pourra voir le jour à la faveur du renouvellement de la collectivité intercommunale. En attendant ces prochaines étapes institutionnelles, c’est avec la Vélorution qu’ils comptent faire bouger les mentalités.

Y ALLER Vélorution du Florival, samedi 4 juillet. Rendez-vous à la MAB de Soultz à 9 h 30. Départ à 10 h. Arrivée à 12 h 15 à la mairie de Lautenbach, avec un pique-nique partagé.

https://c.lalsace.fr/culture-loisirs/2020/07/02/le-retour-de-la-velorution

 

 

 

 

 

 

 

Canicule : Végétaliser les villes, « c’est maintenant et c’est encore possible »

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Canicule : Végétaliser les villes, « c’est maintenant et c’est encore possible »

 

 

Les villes, insuffisamment préparées au changement climatique, doivent urgemment intégrer l’enjeu de la canicule. Et se mettre au vert. On fait le point sur les enjeux de la végétalisation.

Une canicule sans précédent pour un mois de juin s’abat cette semaine sur la France, avec des températures qui pourraient dépasser les 40°C. Les épisodes caniculaires se répètent, et nous savons pourquoi. Les climatologues, souvent ignorés ces dernières décennies, sont davantage écoutés aujourd’hui. « Ces périodes caniculaires sont vraiment liées au réchauffement climatique, martèle auprès de France Info Jean Jouzel, climatologue et ancien vice-président du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) (…). Ces vagues de chaleur et ces étés chauds, mais aussi les périodes de sécheresse ou les risques de feux de forêts, il va falloir nous y préparer. D’autant que le réchauffement sera important ».

Alors il faut certes se préparer mentalement à voir se répéter ces périodes caniculaires, inévitables. Mais en parallèle, il faut préparer les villes, où vivront les trois quarts de la population mondiale en 2050. Dans ce contexte, la végétalisation est une solution à la fois indispensable et… complexe.

Des villes plus chaudes que le climat

Rappelons d’abord que s’il fait plus chaud à la ville qu’à la campagne, réchauffement climatique mis à part, c’est en raison de ce qu’on appelle l’îlot de chaleur urbain (ICU). Celui-ci se caractérise par l’observation de températures plus élevées dans une zone urbaine que dans son environnement immédiat. L’écart peut être très important. « En condition de canicule, on peut observer des différences de températures de l’ordre de 8°C en moyenne la nuit entre Paris intra-muros et les zones les plus fraîches de la région », expliquait à l’AFP, lors de la canicule de l’été 2018, Aude Lemonsu, chargée de recherche CNRS au centre de recherche de Météo-France.

La chaleur urbaine naît d’une conjonction de facteurs relevant à la fois des caractéristiques des quartiers (orientation des rues, imperméabilisation des surfaces, albédo moyen) et de ses activités (sources de chaleur supplémentaires comme les transports, les activités industrielles, etc.). « Le phénomène des îlots urbains est dû à l’accumulation d’un certain nombre de facteurs : la densité urbaine, la circulation automobile, la minéralisation excessive et le déficit de végétal et d’eau dans les espaces publics », lit-on également en introduction de Villes et changement climatique – Îlots de chaleur urbains (Editions Parenthèses, 2015).

L’effet d’ICU est connu des experts en conception et gestion de la ville depuis des années, mais « force est de constater que les différentes politiques urbaines sont encore loin de réellement tenir compte de ce phénomène qui nécessite – et nécessitera encore plus à l’avenir si l’on ne fait rien aujourd’hui – une adaptation raisonnée de la ville », regrettait déjà en 2010 l’Institut d’aménagement et d’urbanisme de la région Île-de-France. Or son intensité s’aggrave aujourd’hui dans un contexte de réchauffement climatique.

Les solutions sont de plus en plus identifiées. Elles viennent d’ailleurs d’être résumées par la délégation de la prospective du Sénat dans un rapport (Adapter la France à l’horizon 2050 : urgence déclarée !) rendu public le 16 mai dernier : adapter le bâti, végétaliser, produire du froid. « Dès aujourd’hui, il faudrait adapter le bâti pour lutter contre les îlots de chaleur urbains, a déclaré Ronan Dantec, sénateur et co-auteur du rapport, lors de son examen au Sénat. Cela signifie concrètement intégrer l’enjeu de la canicule dans la culture urbanistique et architecturale, promouvoir la végétalisation des villes, encourager les techniques de production de froid durable, notamment par géothermie, pour éviter la prolifération des climatiseurs ». Ces derniers étant la fausse solution par excellence puisqu‘ils augmentent les effets d’îlots de chaleur en rejetant la chaleur intérieure vers l’extérieur, et en installant un cercle vicieux dans lequel la clim’ est à la fois le remède (parfois nécessaire pour des personnes vulnérables comme les personnes âgées ou malades) et le poison.

Végétaliser, oui, mais comment ?

Repenser la « culture urbanistique et architecturale » pour adapter la ville au changement climatique est un vaste sujet, passionnant et très ambitieux, qui concerne aussi bien l’adaptation du bâti, la rénovation thermique, les techniques comme le revêtement des routes, trottoirs ou toits en blanc pratiqué par exemple en Californie, ou encore l’interdiction de la voiture thermique en centre-ville. La question de la végétalisation semble plus simple à cerner, mais c’est trompeur.

Suffit-il de verdir la ville pour faire baisser le thermomètre ? Il y a quelques années, les grandes villes sont parties de l’hypothèse que l’« évapotranspiration » des arbres et des végétaux pouvait contribuer à baisser la température au sein des îlots de chaleur urbains en période estivale. Leur postulat a été confirmé en menant différentes études, dont certaines sont toujours en cours, à Lyon, ou à Paris.

La végétalisation des parois verticales a fait ses preuves sur le confort thermique à l’intérieur des bâtiments avec un abaissement de 5 à 70 % de la consommation énergétique pour la climatisation, et les effets rafraîchissants de la multiplication des espaces verts sont aussi documentés. Une modélisation effectuée le 8 juillet 2010 à 16 heures dans une rue de Nantes large et haute de 21 m, orientée nord-sud, a établi que la présence de deux façades végétalisées permettait d’abaisser la température ressentie de 0 à 3 °C. Mais en remplaçant celles-ci par deux rangées d’arbres plantés au milieu de la rue, hauts de 9 m et formant un feuillage continu sur une distance de 250 m, on gagne alors… 10 °C, raconte Sciences et Vie.

« Planter ne suffit pas ! »

« Végétaliser, c’est une action “sans regret”, elle apporte une solution à un problème donné (ici le changement climatique) et peut aussi être valorisée par les bénéfices supplémentaires qu’elle offre (biodiversité, bien-être des habitants…). Mais il faut avoir les bonnes actions adaptées au climat local, nous explique Solène Marry, docteure en urbanisme à l’ADEME. L’outil ArboClimat a par exemple été développé par la région Hauts-de-France et l’ADEME pour permettre aux collectivités, aux aménageurs, aux élus de choisir les bonnes espèces d’arbres selon tout un éventail de critères. Planter ne suffit pas ! ».

Site d’ArboClimat

Sur le site d’ArboClimat, qui vante l’arbre urbain comme un « formidable outil pour lutter contre le changement climatique », l’outil se propose de sélectionner des essences selon 6 critères. On y retrouve la lutte contre les îlots de chaleur urbain (la capacité de l’essence à impacter sur le confort thermique d’été par ombrage et évapotranspiration), le stockage de carbone (la capacité de l’essence à stocker le carbone tout au long de sa vie), mais également quatre autres critères : la capacité de l’essence à résister au changement climatique dans un scénario à + 2°C compte tenu de son adaptation au climat et au sol, la capacité de l’essence à participer à la biodiversité en tant qu’hôte ou producteur de nourriture, la capacité de l’essence à stocker ou éliminer des polluants atmosphériques, et la capacité de l’essence à ne pas produire d’allergènes. L’outil ArboClimat rappelle ainsi la multiplicité des critères à prendre en compte pour que la végétalisation soit pertinente et efficace.

On ne plante pas n’importe quelle espèce, et on ne plante pas n’importe où, ni n’importe comment. L’annonce faite par la mairie de Paris, le 13 juin, de la création de « forêts urbaines sur 4 sites emblématiques à Paris » (les voies sur berge, la place de l’Hôtel de Ville, l’arrière de l’opéra Garnier et le parvis de la gare de Lyon), pourtant dans la continuité d’une dynamique active de végétalisation, a ainsi été critiquée par les associations écologistes – au-delà même des accusations d’électoralisme – comme étant un ajout cosmétique pendant que la ville continue d’artificialiser les sols, comme le raconte Le Monde. « Anne Hidalgo veut des forêts urbaines… alors qu’elle a bétonné Paris, s’insurge Pierre Liscia, élu Les Républicains (LR) dans le XVIIIe arrondissement. La Maire de Paris doit résoudre une équation impossible : honorer sa promesse folle de bâtir 10 000 nouveaux logements par an à Paris alors que le foncier disponible est si rare sans détruire le peu d’espaces verts que compte la capitale ».

L’exemple de Paris ouvre le débat de la densification : dans les grandes villes déjà construites, pauvres en espaces verts (selon l’étude Treepedia réalisée par une équipe de chercheurs du MIT aux États-Unis, Paris serait même la ville la moins verte du monde !), où planter des arbres, où végétaliser, quand la pression du foncier est si forte ?

Paris, plus mauvais élève au classement des villes qui comptent le plus d’arbres, d’après Treepedia, outil développé par le MIT Senseable City Lab.

« Même en milieux urbains denses, il y a beaucoup d’interstices, qui sont aujourd’hui minéralisés. Il y a beaucoup de potentiel avec ces espaces-là », explique Solène Marry, qui pilote le projet RECRE, pour « Renaturation des Espaces des Cours vers la Résilience Ecologique ». L’objectif : débitumer les cours d’école pour créer des espaces verts, comme c’est aussi le cas à Paris avec la transformation de trois premières cours d’école « oasis » à l’été 2018. A priori, l’idée semble idéale. En réalité, « c’est quelque chose qui est très peu accepté par les parents : ils se posent des questions sur la sécurité, sur la salissure… Du coup, nous avons la Fédération des parents d’élèves contre nous ».

À l’échelle des collectivités, les freins à la végétalisation sont également à dépasser. « Le premier, c’est la connaissance des phénomènes et une forme d’incertitude : on ne peut pas dire exactement la température que l’on aura dans 10 ans, face à des investissements potentiellement lourds, explique Sophie Debergue, ingénieure expert urbanisme de l’ADEME. Il faut accompagner ces projets en terme d’ingénierie : dans des petites collectivités, il n’y a ni budget, ni moyens humains. Et il y a la difficulté politique de parler de ce sujet : il faut que les élus sachent en parler. Parce que parfois, vous allez contre l’envie des gens

©MerciRaymond

Et si la collectivité ne s’active pas aussi vite que nécessaire… reste l’action individuelle. Celle des ceux qui, d’eux-mêmes, vont réclamer leur droit à végétaliser leur balcon, leur rue, le square d’à côté. « Le citoyen doit jouer sa part. On est convaincus que la ville verte de demain le sera si les citoyens se saisissent du sujet, et si on n’attend pas que les politiques et les urbanistes débétonisent », assure Hugo Meunier, qui a lancé en 2015 Merci Raymond, une entreprise qui conduit des actions de végétalisation. A leur actif, « 5 000 m2 d’espace en milieu urbain végétalisé et 15 000 végétaux plantés dans 8 villes de France.» C’est aussi en 2015 que Paris lançait ses « Permis de Végétaliser », accordé aux habitants qui le réclament lors qu’ils souhaitent végétaliser la voie publique (faire courir une plante grimpante sur un mur, installer une jardinière au coin de leur rue).

« Toutes les 3D des architectes sont très végétales, très inspirantes et vous donnent envie d’y vivre, mais ensuite qui va entretenir ces espaces ? »

« En 2015, quand je parlais de jardinier urbain, ça pouvait faire sourire, poursuit Hugo Meunier, co-auteur de Tous acteurs de la révolution verte (Marabout). Aujourd’hui, c’est accepté, avec toute la communication faite par les villes à la suite de la COP21. Le besoin est né des citadins. Les villes annoncent des “oasis urbaines” parce qu’elles ont des moyens, mais ce ne sera pas suffisant. Toutes les 3D des architectes sont très végétales, très inspirantes et vous donnent envie d’y vivre, mais ensuite qui va entretenir ces espaces ? Les bailleurs ? Les citoyens doivent faire leur part, pour que leur ville soit vivable. »

« Il faut des projets de grande ampleur, renchérit en écho Solène Marry, de l’ADEME. Il faut que toutes les collectivités se mettent en ordre de marche. C’est maintenant, et c’est encore possible.»

https://usbeketrica.com/article/canicule-vegetaliser-les-villes-maintenant-encore-possible

 

Les villes végétalisées sont-elles résilientes ?

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Les villes végétalisées sont-elles résilientes ?

 

Ruelle Laval dans le Plateau-Mont-Royal

A Courbevoie, à l’occasion de la fête des jardins de 2015, l’ensemble des habitants se sont regroupés le long de l’allée des vignerons. L’idée ? Transformer cette allée plutôt banale en promenade plantée. Une initiative qui résonne en échos avec les 46 kilomètres de ruelles vertes constituées à Montréal. A Milan, un hectare de forêt végétale a été déposé sur deux tours. À Kaohsiung City, près de Taïwan, un paysage au coucher du soleil, composé de plus de 10.000 variétés de plantes constitue aujourd’hui la plus grande fresque végétale urbaine.

Au cours des dernières années, les concepteurs de projets urbains comme architecturaux n’ont qu’un mot la bouche : végétaliser. L’année dernière encore, la Ville de Paris lançait un appel à projet nommé “Parisculteurs”. L’objectif ? Remettre la végétation au cœur des villes pour améliorer notre qualité de vie et répondre aux défis environnementaux qui s’offrent à nous. En effet, remettre du vert en ville permettrait de réduire la pollution urbaine et de lutter contre le réchauffement climatique.

Une défi d’ordre majeur ! En effet, dans un article récent, la revue américaine Nature Climate Change annonçait une hausse de 8°C à prévoir dans certaines villes d’ici 2100.

Comme chacun d’entre nous a pu l’apprendre à l’école, “par le phénomène de photosynthèse, les végétaux absorbent le dioxyde de carbone pour rejeter de l’oxygène”. Ainsi, la végétalisation des villes pourrait permettre la réduction de leur empreinte écologique. Pourtant autant, ces projets sont-ils suffisants ? La végétalisation des zones urbaines est-elle une réponse résiliente et durable aux nombreux défis écologiques urbains ? Verdir nos villes suffira-t-il à les “nettoyer” et inverser la tendance ? Si la ville végétalisée constitue une réponse, il semblerait qu’elle ne soit pas une solution en soi.

L’îlot de chaleur urbain : quels risques climatiques urbains ?

L’îlot de chaleur urbain est un phénomène climatique récemment identifié. Au cours des années 70, les premières thermographies infrarouges de la surface de la terre sont réalisées. Celles-ci, comme leur nom l’indique, retranscrivent sur une carte la température en chaque point de la surface de la terre. Sur ces cartes, les scientifiques observent des zones plus chaudes, appelés îlots de chaleur. Celles-ci correspondent à l’emplacement des villes. La désignation “îlot de chaleur urbain” désigne donc cette différence de température qui peut exister entre le centre urbain et sa périphérie.

Cette différence de températures s’explique par divers facteurs, comme la concentration des activités, des transports et de la population ou encore la perméabilisation des sols. Ce regroupement génère, en effet, une production plus importante de dioxyde de carbone (CO2) et autres gaz appelés gaz à effet de serre (GES) qui contribuent à l’amplification du dérèglement climatique. Si rien n’est fait, les épisodes de canicules pourraient alors être plus fréquents et plus marqués en zones urbaines qu’en zones rurales.

Au cours des années, cet écart de températures s’est creusé. De manière générale, il est actuellement estimé entre à 4°C. Pourtant, d’ici 2100, cet écart pourrait atteindre les 8°C. Un record qui avait déjà été enregistré en Île-de-France lors de la canicule de 2003 et qui avait eu pour conséquence une hausse considérable de la mortalité.

La végétation : une solution résiliente et durable ?

Pour lutter contre les îlots de chaleur urbaine, il faut donc agir sur la température en ville, mais aussi sur la qualité de l’air, la pollution contribuant à l’augmentation de la température. Des qualités auxquelles la végétation urbaine semble pouvoir répondre. Pourtant, la végétation urbaine est-elle en capacité de compenser l’ensemble de nos productions anthropiques néfastes ? Plusieurs scientifiques, dont Yves Brunet, ont tenté de répondre à cette question.

A travers leurs relevés et observations, les scientifiques se sont demandés si la végétation d’un espace pouvait représenter un îlot de fraîcheur urbain, et donc, inverser la tendance. Pour répondre à cette question, il faut d’abord prendre en compte la diversité d’expressions de la nature en ville : parcs urbains, alignements d’arbres, façades ou toitures.

Il s’avère que les parcs urbains représentent de véritables îlots de fraîcheur. Plus les parcs sont grands, plus le refroidissement est important. Pourtant, aux alentours des parcs, l’espace urbain ne perd en moyenne qu’un degré. En ce qui concerne les alignement d’arbres, ceux-ci ont également un effet refroidissant sur la ville, notamment par l’ombrage qu’ils fournissent. En fonction des espèces d’arbres, le piéton peut bénéficier d’une baisse des températures allant jusqu’à 2°C. Pourtant, au-delà de 100 mètres, plus aucun bénéfice n’est ressenti.

Pourcentage d'ombrage des différents catégories d'arbres

Les façades et toitures urbaines, elles, n’influent pas ou que trop peu sur la température urbaine. Pourtant, deux bénéfices sont à noter. Leur végétation offre au bâtiment une bien meilleure qualité d’isolation, qui permet une réduction de la consommation énergétique et de l’émission de Gaz à Effet de Serre. Deuxième bénéfice qui s’applique aux piétons cette fois-ci. Les façades végétalisées réduisent le rayonnement solaire, et donc la sensation de chaleur.

Au final, si la présence de végétation en ville est bénéfique, elle ne permet pas pour autant de régler le problème climatique. Si elle réduit localement la température, cette baisse reste relative et ne répond pas au défi posé des 8°C pour 2100. A l’échelle d’une ville, l’exposé de cet article rapporte que si 75% de la surface d’une ville était végétalisée, cela ne ferait descendre la température globale que de 0,5°C. D’autant plus qu’une végétalisation aussi importante de l’espace urbain demande une ressource importante en eau.

Végétaliser les villes pour vivre autrement ?

Alors pourquoi végétaliser nos villes si cela ne représente qu’une baisse substantielle des températures ? La végétalisation de nos villes fait partie de la solution, mais ne constitue pas une solution. Celle-ci permet de soigner, mais non de guérir. Pour y arriver, c’est tout un écosystème que nous devons repenser.

Aujourd’hui, les villes représentent 1% de la surface globale. Pourtant, ces 1% consomment 78% de l’énergie mondiale et produisent 60% des émissions de gaz à effet de serre issus des énergies fossiles. Les villes constituent un déséquilibre entre production, consommation et pollution. Si les écarts se creusent, cela n’est pas uniquement lié au manque d’espaces verts en ville. L’implantation de végétation ne peut donc pas à elle seule compenser l’ampleur de la pollution liée aux activités anthropiques.

Végétaliser sa ville, c’est d’abord améliorer son cadre de vie. Cela permet de créer des espaces de rencontres et de faire évoluer les rapports sociaux en ville. La création d’espaces verts tels que les potagers urbains contribuent actuellement à cela par l’aspect collectif qu’ils revêtent. Dans une moindre mesure, cela permet aussi de faire prendre conscience qu’on peut consommer autrement et donc moins polluer. La végétalisation agit comme un exemple urbain, une preuve que la ville peut se vivre autrement.

Végétaliser sa ville, c’est une pierre posée à l’édifice de la création d’un nouvel écosystème urbain. Végétaliser des rues, comme à Montréal, c’est contribuer à la réappropriation de ces espaces publics, et donc réduire la place laissée aux véhicules motorisés. Verdir nos façades, c’est aussi mieux isoler et moins consommer. Par conséquent, tout cela contribue à la réduction d’émission de gaz à effet de serre en changeant nos comportements.

Sauver la planète c’est agir sur son environnement proche ensemble et vivre autrement globalement. La végétation est un vecteur de changement de l’organisation urbaine. En d’autres mots, la végétalisation relève d’un effet papillon, qui, peut-être, permettra de changer l’ensemble de l’avenir urbain.

Ruelle Laval dans le Plateau-Mont-Royal

Ruelle Laval dans le Plateau-Mont-Royal http://www.soverdi.org/ruelles-vertes/

https://www.demainlaville.com/villes-vegetalisees-resilientes/